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"A l'Oraison..." - Mariage d'Aurore et de Sévère Lembrun

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Lun 20 Avr - 22:24
Aurore de Vincôte
"Héritière" d'Altier de Beaulieu
Aurore de Vincôte
Messages : 231
Localisation : Castelcerf
S'amusait-il réellement de la situation ? De ce rapide moment d'indécision qui m'avait saisie en l'entendant m'appeler de son nom ? Cet homme était un mystère dont j'avais résolu de me méfier comme de la peste. D'autant que je ne pouvais m'enlever de la tête le rapide geste qu'il avait fait à ses hommes pour les inciter à répondre aux pathétiques assaillants... Cela avait été à la fois si spontané et si bien millimétré que j'avais des frissons le long de la colonne vertébrale en constatant ces yeux gris et ce petit sourire qu'il posait sur moi en ce moment. Comme si rien de dramatique ne s'était passé. Non plutôt comme si le plan de cette journée se déroulerait à merveille. Son plan. Qu'il avait trouvé pertinent de me dissimuler ! Pour un effet de surprise parfait, pour une réaction tout à fait spontanée et un traumatisme bien réel.
Je lui souris avec douceur, attrapant son bras pour qu'il m'accompagne jusqu'à la piste de danse.
D'une manière ou d'une autre, je le tuerais.



~~~~~~



" Oui Zéphir est un bon petit. Il est tellement dommage qu'il soit sourd... Comme si son mariage était simple, il fallait que son premier né soit... "
Il n'avait pas voulu participer aux polémiques qui avaient entouré la découverte de la tare du garçon. Espoir connaissait trop bien sa sœur pour savoir qu'elle ne lâcherait pas le morceau. Aucun argument ne la ferait flancher. Elle avait protégé Mère. Pourquoi ne le ferait-elle pas pour la chair de sa chair ? Lui était jeune encore, mais il savait qu'il ne pouvait pas se permettre de contrarier Aurore. Elle était sa seule famille proche, son aînée, celle qui avait pris soin de lui, qui l'avait aidé depuis tout petit.


" Je les vois peu et quand j'aurais ma propre famille, j'imagine qu'il sera encore plus difficile de les voir... Agate deviendra aussi belle que sa mère j'en suis sûr. " continua le baugien. Il raffermit sa main sur la taille d'Ambre alors que la mesure s'accélérait.
Oui sa grande sœur était belle. Davantage aujourd'hui qu'il y avait plus de dix ans lorsqu'elle épousa Lestur, se fit-il la remarque en la voyant s'approcher aggrippée au bras de son nouveau mari. Il espérait que ces noces et la vie qui s'annonçait pour elle ici ne seraient pas trop dangereuses... Un soupir rapide s'échappa de ses lèvres à cette pensée.



~~~~~~


La musique s'arrêta quelques instants après que nous arriviâmes au bord de la piste. Espoir raccompagna la jolie artiseuse vers nous.
" Ambre Dardent, je vous présente officiellement mon époux. "


" Mademoiselle ! " répondit simplement Sévère avec une légère inclinaison du buste. Il savait que je travaillais à un rapprochement avec la jeune fille et que je tentais d'en apprendre davantage sur l'Art par ce biais. Il avait des raisons d'être enchanté de la rencontrer.
" Je suis navré. Je vous enlève votre sœur et amie pour cette danse au moins. "


Je ne pouvais m'échapper et sitôt que la musique reprit, il m'entraîna auprès des autres danseurs. Il n'était pas mauvais mais plutôt rouillé. C'était un homme d'action, pas de salon. Il n'avait pas besoin de me regarder pour savoir que je ne souhaitais pas profiter de ce tête à tête pour discuter. Je lui en sus gré. Je profitais de ces virevoltes pour observer ce qu'il se passait dans la salle, offrant le visage d'une femme souriante et légère, faussement heureuse. Au moins n'avait-il pas les mains moites et baladeuses.

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Aurore parle en crimson.

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Lun 20 Avr - 22:51
Eda
Celle qui aide
Eda
Messages : 213
L'homme mécontent se trouva finalement la compagnie d'un troisième verre, abandonné au bout de la tablée. Qu'il ait été entamé par d'autres lèvres que les siennes, il s'en fichait comme de ses premières couches et il en ingurgita le contenu en une inspiration. Assurément, le vin lui montait déjà à la tête et il s'assit finalement sur la première chaise qu'il trouva. Ou plutôt s'y laissa tomber lourdement. Son œil morne se promenait sur l'assistance, ses mâchoires ne desserrant pas. Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire, de ce qu'il convenait de faire mais il était sûr d'une chose : c'était pas possible d'une femme lui fasse fermer sa gueule aussi facilement. Si Lembrun n'était pas intervenu, il aurait réagi ! Oui il l'aurait fait...


Genêt fit remarquer qu'il n'y avait pas dans l'intimité futur du couple marié qu'il faudrait faire face à des difficultés. Cela dit, ce mariage avait été arrosé de sang sitôt prononcé... Si cela n'était pas un mauvais présage, il survivrait sans soucis à cet écueil-ci.
" En effet... C'est le seigneur de Villevieille, Vivant d'Arpent. Il a toujours eu mauvaise opinion de la gente féminine. J'ignore quels sont ses griefs contre ces dames : peut être s'est-il fait éconduire un trop grand nombre de fois ? "
Humble aurait pu ajouter qu'il avait l'alcool mauvais mais il n'était plus certain de la véracité de cette information. Au pire, il serait rapidement raccompagné à la sortie. Il y avait toujours des bras volontaires pour ce genre de besognes un peu viriles.


" Elle est fort gracieuse." reconnut le vieil homme en reportant son attention sur le couple du jour qui évoluait au milieu des danseurs. Sans se tourner spécialement vers Onyx, il adressa la suite de sa réflexion dans sa direction. " Vous devriez tenter votre chance pour une danse avec elle. On ne peut rien refuser à un seigneur de Rippon quand on est une femme sensée. A moins qu'une autre ne trouva grâce à vos yeux ? "


Une jolie servante, les joues constellées de taches de rousseur sous des yeux d'un vert franc, se présenta auprès des trois hommes avec son plateau. Elle souriait timidement mais ne regardait aucun d'eux directement. Elle s'enquit de savoir s'ils avaient besoin de quelque chose et les informa que les premiers plats seraient servis au terme de la prochaine danse. L'information commençait à circuler en ce sens auprès de l'ensemble des convives. Cela annonçait non seulement le début du repas mais surtout un climat relativement plus calme durant lequel le roi pouvait intervenir à tout moment.
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Mer 22 Avr - 15:41
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
Messages : 144
Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Espoir semblait vraiment peiné par l'infirmité de son neveu. Toutefois, elle ne semblait pas le rebuter pour autant et cela rassura Ambre : Aurore lui avait déjà laissée sous-entendre que la surdité de Zéphir provoquait beaucoup d'inconfort, même auprès de sa propre famille ; savoir que le garçonnet pouvait compter au moins sur le soutien de son oncle rendait ce dernier encore plus sympathique, d'autant plus qu'il semblait avoir conscience que le premier mariage de son aînée n'avait pas été une partie de plaisir. La cervienne eut tout juste le temps d'approuver d'un grand sourire les mots de son cavalier sur Agate avant que la mesure ne la force à se focaliser davantage sur ses pas que sur leur conversation.

Sans chercher à se mettre plus que nécessaire en avant, Ambre suivait les mouvements d'Espoir. Attentive à chaque pas de son cavalier, l'apprentie s'y calquait avec aisance et grâce. Concentrée sur les motifs sobres et discrets qui ornaient le pourpoint du baugien, elle n'oubliait pas de tourner la tête avec délicatesse au fil de leurs déplacements sur la piste de danse. Le frère cadet d'Aurore semblait être un habitué car, sans être extravagant, ses pas étaient précis et efficaces. Peut-être fréquentait-il la Cour du Duc Narcisse ?

Finalement, la musique baissa jusqu'à s'arrêter. Espoir vit en premier Aurore et Sévère s'approcher et emmena Ambre jusqu'à eux. Aux mots d'Aurore, la rouquine posa les yeux sur Sévère et le salua en retour, son sourire étirant toujours ses lèvres.

- Je suis honorée de faire votre connaissance, Grand Amiral Lembrun.

Maintenant qu'elle le voyait de plus près, Ambre ne put que constater ce dont elle se doutait déjà : Sévère était bien plus âgé que sa femme et le contraste était d'autant plus visible avec Aurore à ses côtés. Bien qu'il était richement apprêté, la faute à son rôle de marié, il restait très quelconque. La rouquine se fit intérieurement la réflexion qu'elle l'avait sûrement déjà croisée dans le château sans même se douter une minute de qui il s'agissait réellement et sans s'en souvenir tant Sévère ressemblait à d'autres hommes vivant à Castelcerf.
Le Grand Amiral s'excusa finalement, emportant Aurore jusqu'au centre de la pièce pour qu'ils puissent y commencer leur danse, profitant du fait que tous les couples s'étaient arrêtés en même temps que la musique, à l'instar d'Espoir et d'Ambre. Comme presque tous les autres invités, la cervienne observait le couple au centre des festivités ; elle nota assez vite les mouvements un peu raides du cavalier et les pas conventionnels mais élégants de la mariée. Finalement, après quelques instants, un jeune couple à l'autre bout de la salle reprit sa danse là où elle s'était arrêtée. L'apprentie regarda autour d'elle puis tourna son visage vers Espoir, dont elle croisa le regard. L'observait-il depuis longtemps ? La rouquine sentit ses pommettes se réchauffer.

- Si vous le souhaitez, nous pouvons continuer. Je ne sais pas quand le dîner sera servi.

" Il vaut mieux avoir la tête qui tourne de cette agréable façon. "

Ambre rit puis suivit son partenaire. Le hasard de leur placement fit qu'elle vit brièvement Onyx qui était encore entouré de plusieurs personnes. La rouquine inspira longuement afin de ne pas laisser un soupir lui échapper et se calqua sans peine avec Espoir sur la mesure en cours.
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Sam 25 Avr - 16:11
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
Messages : 35
Genêt semblait ravi de trouver un potentiel partenaire supplémentaire pour son œuvre. Sieur D'ovilier était un homme cultivé mais il n'était pas noble. Le regard d'Onyx apporterait un réel plus aux écrits car le constat viendrait de l'intérieur même de cette caste qui avait tous les avantages mais refusaient les devoirs qui en découlaient. Il ne fallait pas réfléchir bien loin pour trouver un exemple flagrant de ce manque... La situation en dehors de ces murs était criante de cette sinistre vérité. Ils trinquèrent donc ensemble à ce futur partenariat et la conversation dévia d'elle-même sur la reine de la soirée : Dame Aurore !

De petites boutades échangées entre les deux nobles pimentèrent cette conversation et l'homme de lettres bien qu'en retrait se joint quand même à la discussion en ayant remarqué le petit manège qu'il s'était passé devant l'intervention des mariés sur un groupe de jeunes enivrés. Onyx avait également noté ce comportement déplacé et dit :

« Oh, si le jugement de notre hôte est aussi prompt à s'abattre sur ses pairs que sur le peuple, ces jeunes gens n'oseront pas commettre d'impair.

Et Humble d'ajouter son commentaire sur la personne en question. Un noble répondant au nom de Vivant d'Arpent. Un misogyne notoire... La dernière remarque d'Ovilier prononcée, Onyx ne sut dire si c'était un constat sous forme de question ou un trait d'humour et ne tint pas à le commenter.

« En effet, on pourrait rajouter qu'il a également l'alcool facile mais c'est un trait commun à cette famille. Ils sont épicurien dans l'âme... Mais l'excès nuit en toutes choses. »

Tirant un trait sur ce personnage qui ne valait pas la valeur de cette conversation, d'Ovilier asticota légèrement le cadet Hurlevent en lui disant que vu sa position sociale, il devrait en profiter pour inviter la mariée à danser. Il sourit à cette remarque et n'avait pas besoin de regarder bien loin pour voir certaines femmes qui devaient le regarder en cachette, espérant être invitée par lui à danser.

« Et priver l'Amiral d'une danse avec sa femme ? Avez-vous vraiment le bonheur de ce couple à cœur Sieur D'Ovilier ? Il ne sera pas écrit dans le compte rendu de Genêt qu'un Hurlevent a enlevé la mariée à son époux. »

Et puis il attirerait systématiquement toute l'attention sur lui alors que c'était la soirée de Lembrun et celle de la Dame de Vincôte. Ça n'aurait nullement dérangé son frère mais lui préférait la discrétion.

De son côté, Serwin avait également repéré le manège de ce groupe et surveillait les faits et gestes de chacun d'entre-eux. Quand il reçut la remarque de son ancien partenaire, il répondit :

« Je n'ai pas attendu que tu me le demande pour les avoir à l’œil. Allons Genêt... Profite de la conversation avec ces messieurs et laisse faire les professionnels.»

Il ne mettait nullement en doute les compétences de son ami sous couverture, il lui faisait simplement comprendre qu'il n'avait pas besoin que l'on lui dise ce qu'il devait faire. Ce métier, il le connaissait bien pour le pratiquer depuis sa plus tendre enfance. Il avait suivi un entraînement intensif que beaucoup d'hommes auraient abandonnés. Il se tenait prêt à intervenir quitte à utiliser l'Art pour le faire dormir dans un coin de la pièce. Personne ne se douterait de son intervention et ils penseraient tous qu'il a abusé de la boisson sans avoir pu gérer correctement. Est-ce que ça jetterait à bas la réputation de cet homme ? Certainement. Les nobles étaient implacables entre eux et chaque fait pouvant faire tomber un pair était une arme à avoir dans sa manche pour plus tard. Du côté de Serwin, il n'en avait cure. On était responsable de ses actes ! Celui-là agissait tout simplement comme un enfant. Une petite punition sous forme de camouflet public pourrait peut-être lui rendre la monnaie de sa pièce.

Quand la serveuse vint annoncer qu'après cette danse, les premiers plats arriveraient, ils remercièrent la demoiselle et Onyx répondit qu'il n'avait besoin de rien d'autre. La musique reprit quand les mariés arrivèrent et commencèrent à danser. Il était évident que l'homme n'avait suivi que les bases de cet art. Juste assez pour ne pas paraître maladroit lors des bals. C'était un militaire et non un courtisan. Dans tous les couples qui évoluèrent autour d'eux, le hasard voulu mettre en face du regard du cadet Ripponais l'apprentie Artiseuse Ambre qu'il avait rencontré il y a quelques lunes de cela. Elle évoluait avec un homme qu'il ne connaissait pas et semblait plutôt douée pour cet art.
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Dim 26 Avr - 16:36
Sans Nom
PNJ
Sans Nom
Messages : 77


"Je souhaite que vous disiez vrai seigneur Hurlevent... Un imbécile aviné, pour gâcher un bal, c'est encore pire qu'une souris dans le gâteau de mariage !"

Acquiessant aux propres remarques d'Onyx et de Humble, l'assassin fini par porter sa coupe de vin à ses lèvres, avant de conclure cette parenthèse avec cette phrase emplie de Cynisme :

"Si la noblesse est vertu, alors elle se perd par tout ce qui n'est pas vertueux; et si elle n'est pas vertu, alors c'est finalement bien peu de chose."

Il nota dans un coin de sa mémoire cette maxime qui figurerait très certainement en bonne place parmi ses "Caractères de la Cour et des Grands".

De son côté Serwin n'avait pas attendu l'aval de son ancien compagnon d'armes pour s'intéresser à cette source de nuisance potentielle. Ainsi envoya-t-il gentiment Genêt sur les roses afin de lui faire savoir qu'il se tenait déjà prêt à intervenir au moindre pépin.

Bien loin de se formaliser de l'irrévérence de l'espion, le jeune chef assassin se contenta simplement de sourire intérieurement avant de répondre :

*Merci, cela me rassure.*

Dans le même temps une jeune femme allouée au service s'était présentée à eux afin de les avertir de l'arrivée prochaine des plats sitôt après ce premier épisode de danses.

Au delà de contenter les estomacs, cela annonçait surtout l'arrivée prochaine du Roi ainsi que son très probable discours. Il devait donc se tenir prêt à enregistrer ses paroles tout comme les éventuelles réactions à ces dernières.

Remerciant la demoiselle, il fit alors savoir à ses deux compagnons :

" Si les plats sont servis, alors le roi ne tardera pas à faire son entrée... Désolé pour vos projets de danse et pour le message que je léguerai à la postérité.

J'ai bien peur qu'il nous faille pour le moment abandonner le ballet au profit de la politique.
La nuance est subtile, j'en conviens !"
ajouta-t-il dans un trait d'esprit.

Genêt choisit cependant de ne pas quitter la proximité de ses deux nouveaux compagnons de soirée, se tenant simplement prêt à sortir son livre et à écrire dès la première apparition du roi. Il faisait également confiance à sa grande mémoire pour enregistrer absolument tout ce que sa plume ne serait pas en mesure de saisir durant toute cette soirée.



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Lun 27 Avr - 22:57
Eda
Celle qui aide
Eda
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Les notes s'envolaient avec légèreté, les unes après les autres, mélodie harmonieuse et rythmée afin d'offrir aux danseurs la mesure à leurs pas. Les robes tournoyaient, les couleurs se mêlaient sur la piste de danse, dans une humeur constante d'allégresse. L'insouciance accompagnait les convives de ce mariage, comme il était généralement de coutume en pareille occasion. Les événements joyeux se faisaient rares et chacun tâchait d'y trouver son bon plaisir, par une conversation distrayante, une danse ou de l'alcool. Dans presque tous les esprits néanmoins se trouvait l'insidueuse et vicieuse petite graine qui leur rappelait que sitôt ce bal fini, la magie cesserait d'être et le quotidien froid d'un été disparu reprendrait. Peut être était-ce pour cela qu'ils souhaitaient en profiter encore davantage, faire que l'instant ne s'arrête pas trop vite ?
Les dernières cordes achevèrent leur chant. L'ordre avait été donné de stopper la musique, le temps que chacun se mette à table. La mariée et son époux donnèrent le signal en regagnant leur place à la table principale. Sitôt assise, Aurore se saisit rapidement d'un verre qu'elle porta à ses lèvres comme si cela faisait un moment qu'elle n'avait pas bu. Lembrun resta pour sa part debout, saluant les hôtes qui prenaient place à portée de sa voix.

Il fallut de longues minutes pour que chacun s'installe selon son rang dans cette large tablée. Le protocole était connu de tous et les échanges de place n'auraient lieu qu'après le service, lorsque les musiciens reprendraient leurs couplets dansants.
Les serviteurs, discrets et invisibles, évoluaient autour de tout ce beau monde, aidant certains à s'installer, apportant des carafes d'eau, rajustant des assiettes. Yeux et oreilles au service du silence, ils étaient aux premières loges des messes-basses qui s'échangeaient entre voisins, des connivences et des échanges de regards entre les convives.

L'Amiral prit la parole, sa voix portant sans effort comme l'homme habitué à commander qu'il était. Son discours était conventionnel mais emprunt d'un ton grave. Après les remerciements d'usage, il prit le temps d'évoquer brièvement les malheurs qui accablaient les Duchés, demanda que chacun eut une pensée pour ces pauvres gens qui souffraient en silence et sur ces mots laissa la parole à sa femme.
Aurore de Vincôte, aujourd'hui épouse Lembrun, se leva et annonça d'une voix teintée d'émotions que ce repas qui allait leur être servi ne serait pas grandiose, non pour de simples raisons d'économie, mais par dessein d'en offrir une part aux autres résidents du château. Les morceaux qui ne seraient pas présentés sur ces tables étaient en train de nourrir en ce moment même les soldats qui œuvraient vaillamment à leur sécurité à tous, les serviteurs et les gens de peu qui, tous les jours, travaillaient dans ce lieu. Ceux dont ici chacun ignorait les noms et les visages mais qui méritaient eux aussi de manger à leur faim. Elle évoqua Labour où elle avait appris la valeur essentielle de la solidarité, et Bauge auquel son cœur resterait à jamais attaché. Bauge qui souffrait aujourd'hui jusque dans les rues cerviennes. C'étaient là les raisons de sa décision de ce soir, soutenue par son époux.
Elle leur souhaita un bon appétit et réitèra une nouvelle fois les remerciements de Sévère avant de s'asseoir à nouveau. Par le hasard d'un ballet parfaitement orchestré, les victuailles entrèrent à ce moment-là, embaumant les airs de leurs fumets. Le poisson était principalement à l'honneur, bouilli ou fumé. Le gibier offrait des pièces de chevreuil et des oiseaux. Les plats étaient tous servis en même temps, mêlant salé et sucré, gourmandises et veloutés. Le vin était baugien bien entendu mais légèrement coupé à l'eau pour que l'allégresse ne monta pas trop vite. Les tables les plus éloignées de celle des mariés, celles de la noblesse moins fortunée puis des invités plus ordinaires étaient servis en dernier mais avaient la possibilité d'avoir de la bière à la place du vin plus fortement coupé.

Vivant d'Arpent l'avait regardée parler avec une hargne alcoolisée mais s'était abstenu de tout commentaire. Les réactions autour avaient été diversement mitigées à cette annonce. Plusieurs saluèrent l'initiative, d'autres l'approuvèrent plus discrètement, ne souhaitant pas s'afficher d'une quelconque manière. On comprenait l'idée mais l'approuver pleinement était autre chose. Les femmes affirmaient plus volontiers leur sympathie que les hommes, reconnaissant la noblesse du geste de cette nouvelle arrivée à la cour. Des bouches conclurent parfois que cela aurait dû être un discours de reine mais qu'à défaut de grives, il fallait se contenter de merles.
Ils savaient tous le contexte qui était le leur. Ils savaient tous que le roi viendrait sous peu. Mais tous mangèrent avec appétit comme si le monde, ce soir, leur appartenait et que la parenthèse ne se refermerait pas de sitôt pour faire exploser leur bulle dorée.
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Mer 29 Avr - 12:45
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
Messages : 144
Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Ambre et Espoir ne discutèrent pas davantage, trop occupés à danser. Le sourire n'avait pas quitté les lèvres de l'apprentie et, pour éviter de trop penser à Onyx ou d'être tentée de le regarder un peu trop intensément, elle essayait de se vider l'esprit en se concentrant sur ses pas, ce qui fonctionnait relativement bien. Déjà qu'il suffisait de peu pour que la cervienne pense au ripponais, le savoir dans la même pièce qu'elle n'arrangeait rien... La rouquine se laissa donc guider par son cavalier, évoluant dans la salle de bal. Sa robe bleu nuit bougeait avec beaucoup de fluidité au fur et à mesure des mouvements du duo mais vint finalement le temps de s'arrêter. Ambre eut le sentiment que cette danse avait été bien courte et salua Espoir. Celui-ci lui adressa un dernier sourire charmeur avant de rejoindre sa sœur et de s'asseoir à ses côtés. Ambre quitta également la piste de danse, rejoignant Gaillard qui ne s'était pas éloigné de son siège et qui regardait partir les messieurs avec qui il avait joyeusement conversé jusqu'à présent. Les deux artiseurs s'installèrent et la jeune fille retrouva sa bavarde voisine de tout à l'heure. Cette femme ne cessait-elle donc jamais de parler ? Par chance, la prise de parole de Sévère Lembrun coupa rapidement court à toute discussion.

Le Grand Amiral parla brièvement, remerciant tous les invités venus assister à son mariage et évoquant rapidement la triste situation que connaissait le Duché et le pays. Ces mots ne jetèrent pas un froid car ils étaient emplis de solennité et dictés avec calme mais il eut été exagéré de dire que tout le monde était à la fête. Lorsqu'Aurore se leva pour parler à son tour, rien que sa voix trancha nette avec celle de son époux. La mariée faisait preuve de davantage d'émotions, en particulier lorsqu'elle mentionna la distribution du repas à toutes les petites mains du château, celles qui faisaient en sorte que tout tourne comme il fallait. La voisine d'Ambre sauta sur l'occasion pour dire à l'apprentie à quel point la mariée était bien généreuse, un exemple pour tous ! Encore une fois, la rouquine fut sauvée d'un interminable monologue, cette fois par l'arrivée du repas.

Bien qu'une partie était distribuée aux soldats et aux domestiques, il en restait largement assez pour remplir les panses de tous les invités. Délaissant le gibier au goût fort, Ambre mangea essentiellement du poisson et également un certain nombre de délices sucrés. Gaillard s'était taillé une belle part de chevreuil ; il en était de même pour la voisine d'Ambre qui, trop occupée à savourer son mets, ne parlait plus du tout. L'artiseur aborda l'apprentie par le biais de l'Art, lui faisant remarquer que la pie bavarde ne cessait de jacasser que lorsqu'on lui donnait de quoi se sustenter. Ambre sourit à la remarque de son aîné et tous deux discutèrent grâce à leur magie tout en mangeant, échangeant sur la qualité du repas et quelques autres sujets tout aussi banals.
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Jeu 30 Avr - 0:19
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
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Genêt avait une certaine vision des nobles et de la noblesse en général et elle n'était absolument pas flatteuse. Soit, il avait le droit de pense ce qu'il voulait. Il écouta néanmoins ce compagnon de discussion quand il affirma que si le repas allait être servi, le Roi n'allait pas tarder à venir. Il préparait déjà son matériel et attendait la suite des événements. De son côté, Onyx ne parlait plus beaucoup, il se contenta de faire des sons plus que des paroles. Il regardait Ambre évoluer sur la piste et la demoiselle était un ravissement. Ce qui n'empêcha pas Serwin d'intervenir :

« Enfin, on fait attention à cette sublime créature jeune maître. Je vous avoue que j'ai dû mal à faire correctement mon travail avec d'aussi jolies femmes dans les parages. »

Ne décidant pas de répondre à la provocation, Onyx laissa le soin à Serwin de penser ou faire ce qu'il voulait. De toutes manières, il n'avait aucun pouvoir dessus, cet homme n'obéissait qu'à ce qu'il voulait. A se demander comment son père faisait pour se faire obéir de lui. Le signal pour passer à table vint quand la musique s'arrêta et que les mariés se dirigèrent vers les tables. Prenant place à la table d'honneur, chacun s'installa où il devait en respectant un ordre strict. De par sa position, Onyx se trouvait assez prêt de la table d'honneur. Il était sur l'une des tables à côté de celle des mariés et il n'y avait que quatre personnes à sa droite ayant été jugée plus importante. Cela lui allait très bien, s'il avait dû choisir, il serait aller se mettre à côté de D'ovilier ou de l'ambassadeur de Rippon. Malheureusement pour lui, il était entre Probe Montellonde, l'un des nombreux fils du Duc et de la Duchesse de Béarn et Honnête Sombreval qui était l'un des grands frères de l'héritière d'Haurfond.

Une fois tout le monde installé, il écouta le discours de l'Amiral et ne put s'empêcher de penser :

*Quel immonde petit porc laineux ! Il se moque bien du sort des moins nantis.*

Les paroles de cet homme le rendait malade et il tenait son couvert en le serrant de toutes ses forces pour se contenir et ne pas lui rire au nez. Le Duc de Rippon comptait sur lui, il ne devait pas déraper même si l'homme n'était pas apprécié dans son duché. Ensuite vint le discours de la mariée, elle parla du fait que le repas allait être moins riche que d'ordinaire et apprit à ses convives que de la nourriture allait être distribuée aux soldats en remerciement de leurs efforts. Si le geste était louable, le cadet Hurlevent ne put s'empêcher de penser à ceux qui crevaient dans les rues.

Les plats arrivèrent et il prit en petite quantité mais n'avait pas très faim. Serwin dû s'en rendre compte parce qu'il lui dit qu'il devait faire honneur au repas, il était beaucoup trop bien mis pour que l'on remarque qu'il ne touchait pas à son assiette. Se forçant, il se mit à manger un peu de chaque plat. S'il n'y avait que ça, ça irait mais Probe était tout content de se retrouver à côté d'Onyx et se dit qu'il serait le principal interlocuteur qu'il aurait durant ce repas. La soirée allait être longue... Que vienne le Roi et vite se dit le Ripponais.
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Jeu 30 Avr - 19:33
Aurore de Vincôte
"Héritière" d'Altier de Beaulieu
Aurore de Vincôte
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Localisation : Castelcerf
Je picorais plus que je ne mangeais réellement. Espoir à ma droite avait meilleur appétit et mon époux, puisqu'il me fallait l'appeler ainsi, était davantage friand de poissons que du reste mais se sustentait raisonnablement.
Puissant et Droit avaient fini par redescendre, seuls, comme mon frère m'avait prévenue. Je m'étais levée pour les accueillir et les accompagner jusqu'à leurs places, prenant des nouvelles de leurs épouses. Celles-ci s'étaient plus ou moins assoupies au coin du feu, calmées mais pressées de regagner la sécurité de leurs demeures. Tous s'étaient trouvés bien heureux de ne pas avoir emmenés les enfants dans ce voyage. Mais aucun d'eux deux n'eut un mot pour mes petits à moi et je notais ce manquement dans ma mémoire.


" Tu devrais manger plus... "
Sa main se posa sur la mienne alors que je portais mon verre à ma bouche. Le liquide m'inspirait bien plus que toutes ces victuailles grasses et épaisses que les serviteurs amenaient devant nous.

" C'est un noble baugien qui me retient de boire du vin ? " répondis-je avec amusement. C'était facile avec lui. Il m'énervait mon petit frère, comme un frère savait bien le faire j'imagine, mais il avait de bons côtés quand même.


" Le Baugien sensé sait qu'il faut éponger pour profiter plus longtemps d'un bon vin. " me murmura-t-il avec connivence et malice. Dans sa main, un petit pain chaud et croquant pour soutenir ses propos. Je m'en saisis et mordis dedans à pleines dents.


Je délaissais volontairement Lembrun qui faisait de même avec moi, discutant de choses forts sérieuses avec ses voisins.
Quelques personnes à portée de mes oreilles m'apostrophèrent également, me parlant de choses et d'autres. Je feignais fort bien l'intérêt pour tout ce qu'ils me racontaient, les gratifiant de sourires polis et de réponses plus ou moins réfléchies ou toutes faites suivant la banalité de la conversation. Autant de la table d'honneur se tenaient l'élite de la noblesse. Des gens qui ne me connaissaient pas - et dont j'ignorais beaucoup- mais qui avaient appris la bienséance, intimant qu'il fallait s'entretenir avec l'hôtesse d'un repas.


" Il arrive dans quelques minutes. " me chuchota-t-il à l'oreille. Sentis-je une légère impatience dans sa voix ou l'imaginais-je pour la ressentir à l'instant où ces mots furent prononcés ? Nous allions bientôt savoir si le plan avait fonctionné ainsi que nous l'avions pensé.

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Aurore parle en crimson.

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Sam 2 Mai - 18:46
Sans Nom
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Sans Nom
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La musique s'était tue, annonçant alors aux invités qu'il était désormais l'heure de passer à table. Pour Genêt en revanche, c'était le rappel que sa présence ici se justifiait avant tout par son travail.

Promettant de retrouver ces derniers à l'issue du repas, le jeune chef assassin prit alors aimablement congé de Onyx Hurlevent ainsi que du Sieur d'Ovilier afin de regagner la place qui avait été désignée comme la sienne.

Un peu en retrait de l'assemblée, un pupitre avait en effet été disposé à l'attention du scribe afin de permettre à ce dernier de transcrire plus confortablement durant toute la durée de présence du roi.

Le confort était sommaire, et il n'y avait que peu d'opportunité de conversation, pourtant, Genet n'était pas mécontent de son sort. De là où il se trouvait, il avait pleine vue sur toute la tablée ce qui le plaçait véritablement en situation de témoin privilégié des évènements et des conversations. Par ailleurs, les organisateurs avaient eu l'amabilité d'installer en retrait de sa position un petit espace où avaient été disposés pour lui quelques mets et boissons afin de lui permettre de profiter également du repas.

Ouvrant son livre de notes sur le pupitre et aiguisant ses plumes et fusains, l'assassin commença d'abord par un rapide dessin du plan de table nommant et positionnant la plupart des têtes connues. Puis il prit la peine de consigner le discours des mariés, bien qu'il ne s'agisse pas là d'une obligation directe pour lui. Mais quitte à faire un récit pour le roi, autant le resituer le plus exactement possible dans son contexte.

Il savoura d'abord l'ironie du discours de sévère, qu'il pensait certainement bien plus préoccupé par sa nuit de noces prochaine que par le sort réel des nécessiteux qu'il se permettait de nommer.

Aurore s'adressa à son tour à l'assemblée pour faire un discours dans la même veine. Même s'il faisait preuve d'un peu plus d'empathie à son égard en raison de son sort d'épouse qu'il jugeait peu enviable, Genet préférait ne pas se faire trop d'illusion quant à sa sincérité vis-à-vis de l'aumône qu'elle consentait à ceux qui ne participaient pas au repas ce soir. Mais après tout... C'était le geste qui comptait.

Il aurait été bien plus étonnant qu'aucune parole, même hypocrite, n'ai été prononcée afin de commenter la situation politique et sociale actuelle.

Alors qu'il notait, la jeune serveuse qu'il avait croisée tout à l'heure vint soudain le tirer de sa concentration. Discrètement, elle lui glissa alors à l'oreille "qu'il" allait bientôt arriver et de se tenir prêt.

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Dim 3 Mai - 16:23
Eda
Celle qui aide
Eda
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Derrière la table des mariés, les portes s'ouvrirent et un silence de plomb s'installa peu à peu dans l'assistance. Les notes de musique s'étaient tues depuis de longues minutes, se rendirent compte certains. Mais tous occupés qu'ils étaient à manger, boire et discourir, ils n'en étaient pas aperçus avant. Depuis la table d'honneur jusqu'à celles des moins bien lotis, tous s'arrêtèrent. Les gestes se suspendirent, les regards se tournèrent vers ces lourdes portes que des gardes en livrée royale encadraient désormais. On se leva ; les serviteurs disparurent contre les murs, redevenant des ombres.

Alors il entra et un froissement de tissus indiqua que dames et messieurs s'inclinaient pour le saluer. Ils ne relevèrent la tête qu'après une grosse minute et ils purent découvrir le dernier visage de sa Majesté Juste Loinvoyant. Les mariés et leurs familles s'étaient décalés afin de laisser leur table à disposition pour l'intervention du roi. Il se tenait debout, les mains à plat sur le bois. Bien peu l'avaient revu depuis la tentative d'assassinat du début d'année. La stupeur se lut sur leurs visages. Ils furent bien en peine de la maîtriser, de la contenir tant le contraste avec l'image qu'ils avaient gardé de leur souverain était saisissant. Bien que sa posture fut droite, fière et déterminée, il paraissait flotté dans ses vêtements sombres, visiblement amaigri. Ses joues étaient creusées, ses yeux cernés, ses lèvres sèches. Des zébrures blanches parcouraient même sa chevelure noire, toujours courte et désormais terne. Son regard sombre était impénétrable et contrastait avec son aspect physique qu'il fallait bien qualifier de déplorable. Il aurait été étonnant qu'il n'en ait pas conscience lui-même. Son corps n'avait pas réussi à se remettre complètement de sa blessure, luttant contre ce souffle qui lui manquait parfois, contre ces douleurs qui lui vrillaient la poitrine régulièrement.

La respiration qu'il prit avant de parler fut sifflante, mais seuls les plus proches purent l'entendre. Toutes les oreilles étaient suspendues à ses lèvres. Voilà des heures qu'il était enfermé avec ses conseillers. Ils avaient exposé rapports et conclusions hâtives ou réfléchies, émis des avis, prodigué les conseils qu'il attendait d'eux. Ce qu'il s'était passé dans le Bourg, ce qu'il s'était produit aux Pierres Témoins un peu plus tôt dans la journée ; il avait fallu tout analyser, tout comprendre pour pouvoir prendre une décision.

Alors il parla. De cette voix forte et claire qu'on lui connaissait. Il rappela succinctement les faits, les condamna et fit tomber le couperet.
L'ensemble du château serait confiné jusqu'à nouvel ordre. Hormis les gardes qui effectueraient des patrouilles dans le Bourg pour assurer la sécurité des habitants, plus personne n'était autorisé à entrer ou sortir de l'enceinte. Tout contrevenant serait automatiquement sanctionné, quelque soit son rang. Aucun passe-droit ne serait accordé.
Afin de ramener la paix en ville, un couvre-feu serait instauré, en plus des patrouilles quotidiennes que mèneraient conjointement l'armée royale et le guet. La justice du roi ne laisserait pas le peuple s'en prendre à ses représentants sans sévir. Elle ne la laisserait pas davantage s'entretuer. Les responsables d'exactions de toutes sortes seraient traqués et sévèrement condamnés. L'heure était à l'entraide, pas à l'individualisme ; à la raison, pas aux conflits.
Il entendait bien le fait que ses sujets, petits ou grands, aient peur pour leur avenir et il allait œuvrer dans les prochaines semaines à améliorer durablement leur sort. A l'heure actuelle, il ne pouvait se prononcer sur les termes exactes de toutes ces actions. Chacun ici pourrait être mis à contribution pour le bien du royaume. L'objectif était que les besoins essentiels de la population du Bourg soient couverts aussi rapidement que possible, sous réserve d'une amélioration des conditions de sécurité au sein de la cité royale. Il insista sur ce point. Sans respect, nul salut. Ses paroles seraient reportées au Bourg et une liste des sanctions serait établie avant le lever du jour pour tous les contrevenants à la paix royale.
La guerre avait frappé jadis ces côtes. Nombre d'hommes valeureux s'étaient battus et avaient péri pour que Cerf et les Duchés soient préservés de la folie des hommes de l'Est. Il n'était pas question de laisser les tourments naturels détruire le ciment qui les avait maintenu à flot tous ensemble. La guerre était terminée ; elle ne pouvait reprendre parce que les hommes n'avaient pas confiance en leur roi. Il n'agissait jamais que pour le bien de son peuple et s'il fallait prendre le temps de le lui rappeler, il s'y attellerait. Les Loinvoyant ne s'étaient jamais laissés abattre par le sort ; ils avaient conquis ces terres, instauré un royaume fier et il entendait poursuivre leur œuvre. Il se montrerait digne et juste, honorant son nom et celui de ses ancêtres pour ramener l'unité au sein du Royaume.
Les temps étaient durs et ils le seraient vraisemblablement encore tant que la Nature n'aurait pas repris son rythme normal. Il leur faudrait apprendre à vivre avec les privations, avec les restrictions, avec les disettes probablement si cela était amené à durer trop longtemps. Mais les Baugiens, Haurfondois, Labourans, Ripponais, Béarnois et Cerviens étaient des battants. Les guerres ne les avaient pas mis à genoux, les maladies ne les avaient jamais abattues, la peur ne les avait pas privé de vivre ; ils se tiendraient debout encore sur ces terres qui étaient les leurs bien des années, des siècles après cet épisode. Un peuple fier garde la tête haute face à l'adversité, il plie mais ne rompt pas sous les coups du sort, car il tire sa force de son nombre, de son unité et de sa détermination.

Il n'eut pas terminé de reprendre son souffle à ces ultimes phrases que les applaudissements emplirent l'air. Cet exercice l'avait épuisé mais Juste n'en montra rien. Il maîtrisa le tremblement de ses mains crispées contre le bois de la table. Il retint dans sa poitrine les expectorations que ses poumons lui hurlaient d'expulser. A la place, il gratifia d'un long regard sombre l'assistance devant lui, prenant le temps d'enregistrer les visages de ceux qu'il voyait le mieux. Il ne pouvait pas être faible. Il ne serait pas un roi faible. Son corps pouvait le mettre au plus mal, son esprit restait aiguisé et prêt à combattre. L'ennemi se tapissait dans les ombres autour de lui, il sentait son venin tenter de s'insinuer en lui mais il lutterait encore et encore. Vifiers, traîtres, peuple en colère, il les maîtriserait, les abattrait les uns après les autres et montrerait que le Cerf pouvait être un animal redoutable lorsqu'on l'acculait.

Il leva la main pour réclamer le retour du silence. Il se tourna alors vers les hôtes de cette soirée, s'excusant de son interruption avec un sourire poli. Il les félicita pour leurs noces et leur assura ses meilleurs vœux avant d'annoncer qu'il lui fallait se retirer. La mariée se proposa de le raccompagner, offrant son bras à l'illustre personnage avec un discret sourire. Elle ne pouvait laisser son souverain s'esquiver comme un voleur, dit-elle de sa jolie voix. Et il ne pouvait refuser ce privilège à une aussi charmante dame en un jour si important pour elle, répondit le monarque. Aurore Lembrun s'inclina gracieusement devant lui et se saisit de l'avant-bras qu'il lui tendait. Ensemble, ils regagnèrent la grande double porte par laquelle il était entré. Ils la dépassèrent, se masquant à la vue des invités. Un serviteur se présenta alors pour remplacer la jeune femme et soutenir son roi. Celui-ci se tenait encore droit mais il sentait ses jambes flageoler. Avoir eu une femme à ses côtés, pendant ce court laps de temps lui rongea soudain le cœur d'une douloureuse nostalgie qu'il tenta de dissimuler à la Baugienne. Celle-ci, poliment, s'inclina une nouvelle fois, lui assurant tout son soutien et sa foi en lui. Au terme de cette ultime référence, le regard de cette inconnue était à la fois souriant et inquiet. Ses derniers mots « Prenez-soin de vous, Majesté...» avaient été murmurés mais ils planaient encore dans l'air après son départ, comme l'odeur de son parfum délicat de fleurs.
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Mer 6 Mai - 11:58
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Lorsqu'Ambre se releva et vit un peu mieux le Roi pour la première fois depuis des mois, elle contint sa surprise en inspirant et expirant profondément et lentement une paire de fois. A sa gauche, elle entendit sa voisine prendre une inspiration choquée un peu plus bruyante ; lorsqu'elle coula un regard sur sa droite, elle constata que Gaillard n'avait pas du tout tressailli ou exprimé un quelconque étonnement. En l'assistant régulièrement au cours des derniers mois, l'artiseur avait vu la dégénérescence de Juste Loinvoyant de près, il connaissait déjà ce visage fatigué, il n'avait aucune raison d'être déconcerté par l'apparence de son souverain.
Ambre, elle, n'avait plus vu le Roi depuis un bon moment : elle avait été absente lors des funérailles de la Reine, clouée au lit par une fièvre tenace ; les événements de ce jour funeste sur bien des points lui avaient été conté après coup. Elle éprouvait beaucoup de peine à voir Son Altesse ainsi, surtout lorsqu'elle se remémorait la première fois qu'elle l'avait vu, lorsqu'elle s'était installée à Castelcerf avec les apprentis un an et demi auparavant. L'audience avait été brève mais elle avait été marquante pour la jeune femme : Juste Loinvoyant était alors fatigué, sortant de la Guerre Rouge, mais il était encore en bonne forme, entouré d'Eliée Ormblanc et de la Reine Prudence. Aujourd'hui, il n'était plus que l'ombre de ce qu'il était lorsque la cervienne l'avait vu de ses propres yeux la première fois.

Lorsqu'il prit la parole, pourtant, il semblait soudain moins fatigué. Sa voix portait jusqu'au bout de la salle, audible de tous. Après avoir rappelé les tragiques événements récents, il ordonna le confinement de tous les habitants de Castelcerf. Ambre baissa les yeux sur ses mains : cela ne changeait rien pour elle puisque les femmes n'étaient plus autorisées à sortir du château depuis quelques jours déjà mais cette annonce n'empêcha pas sa mélancolie de se réveiller de nouveau, ses pensées tournées vers ses parents restés au bourg.
Le bourg, d'ailleurs, Juste Loinvoyant n'allait pas l'abandonner. Couvre-feu, sécurité, besoins des habitants, rien ne serait laissé au hasard. A ces mots, l'apprentie releva les yeux : elle faisait confiance à son souverain pour protéger ses sujets, pour protéger ses parents.
Il exhorta, enfin, à l'union, celle qui leur avait permis de tenir pendant la Guerre Rouge. Cette dernière achevée, il ne fallait pas en commencer une autre dans nos propres rues, dans nos propres maisons, car la Nature s'était exprimée d'une très violente façon. Il reconnut que les temps à venir allaient être durs mais que le peuple des Duchés était fort, déterminé, fier. Qu'ensemble, ils traverseraient ces épreuves.

Ambre se joignit à la salve d'applaudissements. Malgré ses joues creuses et ses cheveux grisonnants, Juste Loinvoyant était encore fort et conscient de son rôle. La cervienne n'avait aucun doute sur sa capacité à traverser cette crise. Après avoir fait cesser les applaudissements, le Roi se tourna vers les mariés et ils discutèrent. Naturellement, Ambre était trop loin pour entendre quoi que ce soit mais, comme tous les invités, elle vit clairement Dame Aurore se présenter au Roi d'une révérence millimétrée et l'accompagner pour sa sortie. L'apprentie était impressionnée par la maîtrise de son amie : elle n'avait trahi aucune inquiétude, aucun stress à approcher d'aussi près le Roi. Ambre enviait toujours autant son assurance.
Autour d'elle, la rouquine entendit plein de petits murmures monter des tables les plus proches : il n'y avait pas qu'à elle que l'épouse Lembrun avait fait forte impression en prenant le bras du Roi. Après tout, la dernière femme à l'avoir fait était la Reine Prudence... mais même sans être une Reine, il fallait reconnaître que Dame Aurore en avait tous les atouts en terme de grâce et de présence... le Grand Amiral ne laissait rien paraître, était-il jaloux ?... pourquoi le serait-il après tout ? Le Roi ne fréquentait plus le beau monde de la Cour depuis fort longtemps, entre la Guerre Rouge et son deuil... mais peut-être qu'aujourd'hui marquait la fin de cette retraite ?...

La cervienne tourna la tête vers Gaillard lorsque celui-ci lui demanda verbalement si tout allait bien. Ambre hocha la tête et, par le biais de l'Art, lui précisa simplement avoir été impressionnée. L'artiseur eut un petit rire pour toute réponse. Il riait des mots de l'apprentie mais également des spéculations qui montaient et grossissaient tout autour d'eux. Décidément, il suffisait d'un rien pour que les gens se mettent à prendre des vessies pour des lanternes.
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Mer 6 Mai - 18:48
Aurore de Vincôte
"Héritière" d'Altier de Beaulieu
Aurore de Vincôte
Messages : 231
Localisation : Castelcerf
Alors que je revenais dans la salle après ce tête à tête avec notre cher souverain, je croisai le fils Hurlevent qui allait tenter une entrevue auprès du roi. Je le saluai d'un sourire en inclinant la tête.
Je revins vers mon époux et nos familles qui regagnaient la table. J'avais pris l'initiative de raccompagner Juste sans en avertir au préalable Lembrun. J'avais besoin de me faire une opinion personnelle du personnage.

J'avais entendu dire que le roi n'était pas au mieux de sa forme. Et personnellement, je ne l'avais jamais vu avant ce jour. Donc je ne pouvais pas être surprise de son apparence physique. Mais je ne pus m'empêcher de me demander comment un tel homme pouvait être encore en vie. Pour avoir été à quelques centimètres de lui, pour avoir senti ses muscles contre mon bras tandis que nous marchions, avoir entendu sa respiration, j'avais beaucoup de mal à croire que cet homme-là soit en capacité de gouverner. Son discours digne d'un chef de guerre, l'énergie dans sa voix prouvaient pourtant le contraire... Dans son cas, clairement, l'esprit surpassait le corps. Sa volonté en imposait sur le reste. C'était admirable d'avoir autant de force mentale. Bien peu en étaient capables. Cela en faisait un adversaire bien particulier... Il faudrait soit l'assaillir encore pour briser son esprit, soit terminer le travail et viser ce corps défaillant.
J'avais aussi vu quelque chose dans ses yeux sombres... Il avait eu une expression à la fois lasse et mélancolique en me regardant. Cela m'intrigua et me toucha presque un peu. On l'avait dit très épris de sa reine, profondément touché par sa disparition. Était-ce lié à cela ? Pensa-t-il à elle en ma rapide compagnie ? Si j'avais moyen de creuser la question, qu'est ce que cela m'apporterait ?

" Alors ? "
Nous nous rasseyames, invitant les invités qui n'avaient pas pris cette peine à faire de même.
" Quoi donc ? " fis-je avec innocence. Ce n'était pas comme s'il y avait beaucoup à dire sur ces quelques brèves minutes. Je n'avais aucune information à lui fournir qu'il ne soit pas en mesure de connaître lui-même d'une autre manière. S'il s'attendait à recueillir mon avis sur le personnage, il pourrait attendre un moment.

Partout, les discussions reprirent, exclusivement tournées sur le discours du roi. Le cloisonnement au château déplût à ces messieurs qui voulaient profiter de la chasse. Les dames frémissaient en imaginant les soldats faire leur courageux travail de surveillance et certaines craignaient qu'ils soient pris à parti comme le furent les hommes du Guet. Cela continua sur les répressions de ce côté, sur les promesses d'un avenir meilleur de l'autre. On se demandait comment le roi espérait remplir les citernes et les greniers. Plusieurs parlèrent de Béarn et d'un mariage...
Je baladais mon regard autour de nous quand je crus capter l'attention de ma petite artiseuse plusieurs tables plus loi. Je lui souris. Qu'il me tarde que la soirée avance !

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Aurore parle en crimson.

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Ven 8 Mai - 18:22
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
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Les plats s'enchaînaient et les discussions allaient bon train. Onyx fit preuve de toute sa patience légendaire pour supporter les mièvreries de Probe Montellonde qui avait autant de conversation qu'une pie bavarde.. Il était fatiguant parce qu'il ne s'arrêtait jamais de parler. Il était étonnant d'ailleurs de voir que dans son assiette, la nourriture descendait quand même. Comment faisait-il cela ? Alors que l'un des rejetons du Duc de Béarns parlait à côté de lui, Onyx se rappela soudain les paroles de son père à lui... Il se trouvait près du feu et entendait Hardi se plaindre d'une réunion quelconque. Évidemment, il en était venu comme il le faisait toujours à parler des gens du duché du Nord. Cette fois là, il avait dit que ces gens étaient soit bouffi d'orgueil soit stupide et que dans les deux cas, ils étaient aussi intéressant que la neige qui recouvrait leurs terres. Pour le coup, il n'avait pas tout à fait tord, Onyx ne jugeait jamais ses pairs mais il fallait reconnaître que Probe n'était guère intéressant. Se doutait-il qu'il avait été envoyé à la Capitale pour donner des vacances à ses parents et lui faire croire qu'il était important ? Sans doute que non.

De l'autre côté, le calme d'Honnête tranchait drastiquement avec le plus jeune. Il ne parlait jamais pour ne rien dire mais économisait ses paroles. C'était rafraîchissant et enrichissant. Au fond, Rippon et Haurfond s'étaient toujours assez bien entendu et les gens de là-bas étaient des personnes capables et pondérées. Tout à coup, la musique s'arrêta mais avec l'autre qui piaillait comme un oiseau, le cadet Hurlevent ne l'avait pas remarqué. Les grandes portes s'ouvrirent et les serviteurs du Roi entrèrent pour encadrer la porte et lui faire une haie d'honneur. Juste Loinvoyant fit son entrée et se dirigea vers la table d'honneur là où les mariés se retirèrent pour lui laisser la place. La réaction des gens autour d'Onyx fut celles de gens étonnés, scandalisés, choqués. Leur souverain n'avait plus été vu en société depuis les événements concernant la Reine. Beaucoup n'avaient donc pas vu sa longue descente aux enfers. Malgré son apparence faible, il gardait son esprit fort et c'est pour cela qu'Onyx l'admirait.

Plus jeunes, Juste avait toujours été celui qui tempérait l'esprit moqueur d'Ardent et protégeait systématiquement Onyx qui se défendait comme il pouvait. Ces souvenirs étaient chers au coeur du jeune Ripponais et il estimait profondément son Roi et son cousin même si en âge, il était plus proche d'Ardent que de lui-même. Leur camaraderie était plus prononcée mais Juste avait toujours gardé une certaine affection protectrice envers son plus jeune cousin.

Le Roi fit son discours et annonça les nouvelles mesures. Couvre-feu, interdiction de quitter le château. Il prenait des décisions fortes mais pensait au bien de son peuple. Ainsi, la franche modérée avait quand même réussie à se faire entendre. Onyx en était très content. Quand il eut fini son discours, les applaudissements se firent entendre et Onyx se joignit à eux pour saluer son monarque. C'est alors qu'il sortit de la salle après avoir félicité les mariés. Il n'était pas sorti que les première remarques se firent entendre. Les gens se turent directement quand Onyx les toisait du regard. Qui étaient-ils donc pour le juger ? Ils ne seraient pas capable de supporter la moitié des épreuves qu'il avait traversé.

Décidant de se sortir de cette nasse de médiocrité, il suivit le trajet que venait de prendre son cousin et la mariée. Il passa la porte et déjà, Aurore rebroussait chemin, ils se croisèrent, elle lui sourit et fit de même. Il ne lui avait encore rien dit mais la soirée n'était pas terminée, il faudrait bien à un moment qu'il lui accorde un peu de son temps pour lui sortir les banalités habituelles.

« Majesté ? » appela-t-il Juste

Le Roi se retourna et vit son cousin. Onyx attendit qu'Aurore ait passé la porte pour parler. Il regarda son Roi et lui dit :

« Beau discours Majesté, vos paroles sont sages et j'espère que vos nobles verront tous les efforts que vous faites pour les guider vers le droit chemin. »

Juste acquiesce mais ne sourit pas vraiment. L'espoir du jeune homme ne semblait pas être partagé. Sans doute faudrait-il voir ce que cela donne avant de se réjouir. Il avait beau le voir lors de certaines réunions et s'être habitué à cette apparence, Onyx avait mal quelque part de le voir ainsi.

« Cousin, je.. Si je puis faire quoique ce soit pour vous rendre la vie un peu plus agréable, je.. Dites le moi. Je suis conscient du rôle que nous avons à tenir chacun de notre côté mais je.. Je n'ai jamais eu l'occasion de vous remercier pour ce que vous avez fait pour moi quand nous étions enfants. Je ne veux que votre bien vous le savez.. Prenez soin de vous cousin et n'hésitez pas à m'appeler si jamais vous avez besoin d'une oreille amie. La politique prend beaucoup d'importance et ne laisse pas de répit mais accordez-vous quand même ces moments. Il en va de votre santé. »

« Je sais tout cela Onyx... Mais la fonction dépasse l'homme. Il sera temps de se reposer lorsque la paix sera revenue. »

Onyx quand il n'était pas dans le cadre de son rôle d'ambassadeur avait toujours du mal devant Juste. Il y avait tellement de force en lui, tellement de courage. Il se sentait toujours comme le petit garçon qu'il était alors. Il appréciait son Roi mais il appréciait encore plus son cousin. C'était sans doute maladroit mais il n'y avait personne d'autre qu'eux en cet instant mis à part celui qui tenait le bras du Loinvoyant. Après tout, il était permis de s'en faire pour les membres de sa famille.

« Je ne vous retiendrais pas plus longtemps Majesté. Passez une bonne soirée et une bonne nuit. »

« Passe une bonne soirée et une bonne nuit également Onyx. »

L'instant n'avait pas duré longtemps mais il avait eu le mérité d'exister. Pour deux minutes, les barrières étaient tombées et ça n'était pas un Roi parlant à son banneret mais simplement deux hommes de la même famille discutant. Au moins maintenant, il lui avait annoncé en personne qu'il serait prêt à lui venir en aide. Laissant cet homme partir avec tous ses soucis, Onyx regagna la salle. Avant d'ouvrir la porte pour entrer à nouveau, il s'encouragea mentalement à survivre à cette soirée.
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Sam 9 Mai - 18:33
Sans Nom
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Sans Nom
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Étrange position que celle de Genêt. Du haut de son pupitre, il voyait tout le monde, entendait l'ensemble des conversations, et pourtant, il ne pouvait participer à aucune d'entre elles et personne d'ailleurs ne semblait le remarquer. De par sa fonction, il faisait désormais partie des meubles. De ceux que l'on autorise à voir, mais qui n'étaient plus autorisés à s'exprimer pour le moment.

De toute manière, il se serait bien gardé de le faire. On apprenait généralement bien plus en se contentant seulement d'écouter plutôt que de parler.
L'arrivée du roi était imminente et comme à chaque instant précédent un discours important, les remarques et les spéculations plus ou moins discrètes allaient bon train.

Puis les portes situées à l'arrière des mariés s'ouvrirent et tous, nobles comme serviteurs se levèrent. Cette entrée solennelle eut pour effet d'instaurer un silence particulièrement lugubre au sein de l'assemblée. Le roi venait de faire son entrée.

Le jeune chef de Bureau avait alors ouvert prestement son livre de note pour commencer à en noircir les pages, s'évertuant à décrire avec le maximum d'exactitude l'ambiance et les réactions au sein de la salle.

Juste Loinvoyant en imposait encore. Mais la première chose qui frappa l'assassin fut de voir à quel point l'homme semblait physiquement épuisé. Il était difficile de concevoir que le pouvoir puisse ainsi reposer entre les mains d'un homme aussi frêle. Pourtant tout dans son regard indiquait chez celui-ci une détermination et une force de caractère dont peu de personnes au sein de l'assistance pouvaient encore se vanter.

Quelques chuchotements inquiets sur la faiblesse actuelle du roi parvinrent aux oreilles de Genêt. Pourtant, lui voyait en sa simple présence ce soir et en tous les efforts qu'il déployait pour paraître digne une preuve de grande force et de courage. Étant-lui même de constitution fragile, c'était en tout cas une attitude que lui-même était en mesure de comprendre et respectait profondément.

Le discours que prononça alors le roi conforta le jeune homme dans cette impression qu'il ressentait et il veilla bien à en noter chaque mot.

Les mesures étaient strictes, mais également raisonnables dans une certaine mesure. Celles-ci constituaient certainement un bon compromis entre la fange la plus vindicative et la plus raisonnée du Conseil du Roi. Quoi qu'il en était ces, dispositions étaient vraisemblablement nécessaires en cette période troublée, même si la prudence devait rester de mise.

Restreindre la liberté de circulation, c'était un moyen de faciliter le travail des hommes chargés du maintien de l'ordre et de limiter les conflits ouverts, mais c'était également un terrain propice à la montée des colères silencieuses et à l'émergence de complots.

Pour la guilde des assassins, cette période allait très certainement signifier un regain d'activité et la possibilité pour eux de se diversifier, même s'il fallait très certainement composer avec le couvre-feu qui venait d'être imposé ainsi que les patrouilles en ville.

Malgré les mesures liberticides, Juste Loinvoyant avait tenu malgré tout à rappeler l'unité et la fierté des cerviens face à l'adversité. Cette même unité qui avait permis de tenir face au fléau des pirates rouges et qui devait leur servir encore aujourd'hui pour surmonter la crise. Mais ces paroles empreintes d'optimisme et de patriotisme allaient-elles être entendues ?

Du point de vue d'un assassin, le monde des puissants était une jungle ou fleurissaient complots, mensonges, trahisons et intérêts personnels. Son métier consistait d'ailleurs largement à entretenir cette jungle. Était-il encore possible de revenir à l'unité pour retrouver une certaine stabilité ?

Lorsque le Roi eut terminé, une salve d'applaudissements vint ponctuer ses propos. Le souverain semblait solide sur ses appuis, mais il ne faisait aucun doute que l'exercice avait dû lui demander un effort considérable.

La mariée prit alors le soin de raccompagner ce dernier jusqu'à la sortie. Un acte qui évidemment fut largement remarqué et commenté. Puis se fut Onyx Hurlevent qui s’éclipsa afin de s'entretenir brièvement avec le roi.

De son côté Genêt referma son livre de note pour le ranger dans sa besace. Il n'y aurait plus rien de notable à retranscrire ce soir. Dans le cas contraire, sa mémoire serait un support largement suffisant pour lui permettre de profiter un minimum du reste de sa soirée.

Quittant son pupitre, il décida alors de faire honneur à la collation qu'on lui avait préparée avant d'envisager de regagner la compagnie des autres invités.




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Sam 9 Mai - 19:03
Eda
Celle qui aide
Eda
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Lorsque les portes se refermèrent, chacun avait déjà repris sa place pour continuer le repas. Les discussions allaient bon train, ici sur le discours du roi, là sur son apparence, par là sur son caractère, ici encore sur la délicate attention d'Aurore Lembrun... Chacun avait quelque chose à dire et petit à petit, à mesure que défilaient les plats, les conversations reprirent les tournants ordinaires d'un banquet de noces.

Il ne fallut pas attendre que chacun ait achevé de se remplir la panse pour que la musique reprenne, que des invités se lèvent pour rejoindre la piste de danse ou un recoin plus tranquille pour des discussions badines. Des places se libérèrent aux tables et d'autres vinrent les remplir, remplaçant les absents sans plus de soucis du protocole.


[HRP : comptez que vous êtes libre de vous déplacer comme vous le souhaitez.
L'information importante de la soirée a été jouée. Le reste est ici du "dînette", je mettrais peut-être des petits trucs pour vous donner du grain à moudre, si le besoin s'en fait sentir.]
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Jeu 14 Mai - 13:52
Aurore de Vincôte
"Héritière" d'Altier de Beaulieu
Aurore de Vincôte
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Localisation : Castelcerf
L'appétit n'était toujours pas au rendez-vous. Mon estomac était trop contrarié pour apprécier n'importe lequel des mets servis ce soir. Je n'allais pas me forcer à ingurgiter davantage de ces plats gras et riches. Même les friandises sucrées ne m'inspiraient pas vraiment.

Je lui touchais le bras pour le faire se tourner vers moi, avant de lui glisser à l'oreille : " Je reviens. "
Je n'abandonnais pas mon frère, puisqu'il était en pleine discussion avec nos cousins mais au moins ne serait-il pas surpris de ne plus me voir à ses côtés.
Les convives commençaient à se lever un peu partout et j'en profitais pour suivre leur exemple. Je pris mon verre avec moi ; il n'était pas encore vide et c'était bien la seule chose que ma gorge ne rechignait pas à avaler.

Je choisis de remonter l'aile où se trouvait mon apprentie artiseuse. Bien entendu, je fus arrêtée à de multiples reprises durant ma pérégrination. Répondant avec un charmant sourire, je me montrais flattée et un brin gênée des compliments qu'on me faisait. Pour mon discours, pour mon service au roi, ma grâce, ma robe ou mon teint. Cela variait suivant la personne qui s'adressait à moi. Il fallait rester polie, courtoise et nullement pressée de mettre un terme à la conversation, quelque soit le niveau de celle-ci. J'étais le centre de l'attention de tout un chacun ; je devais m'en sentir comblée et honorée. Il était vrai que j'étais plus facilement abordable que Sévère qui portait bien son nom, effrayant par sa réserve ceux qui ne le fréquentaient jamais. Son seul cercle d'amis et connaissances s'approcherait de lui, là où j'avais l'aisance de m'accorder à chacun.

" Oh que c'est aimable à vous ! " répondis-je avec une pointe de candeur à la remarque de mon interlocuteur qui me certifiait avec aplomb que je n'aurais pu choisir meilleure couleur pour ma robe. Je jetais un coup d'œil rapide à sa femme qui n'appréciait guère le compliment qu'il me faisait là, ni le regard qu'il posait sur mon décolleté. Ça tombait bien ; cette mégère était du genre à me regarder de travers dès que Zéphir était dans les parages. Je m'attardais donc un peu plus à ce badinage par pur esprit de vengeance gratuite. Il me racontait des choses dont je n'avais cure mais je restais pendue à ses lèvres, un sourire accrochée aux miennes et n'accordant plus une seconde d'attention à sa dame qui s'enfila trois gâteaux et un verre de vin pour faire passer sa contrariété.

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Aurore parle en crimson.

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Sam 16 Mai - 18:41
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
La tension était retombée suite au départ du Roi mais les discussions avaient repris de plus belle, tout comme le dîner. Gaillard et Ambre reprirent leur repas et leur discussion par le biais de l'Art là où ils l'avaient laissé mais, rapidement, la volubile voisine de la jeune femme chercha à discuter de nouveau et détourna l'attention de la rouquine. Ambre eut du mal à faire semblant de suivre le soliloque à sa gauche et à poursuivre sa discussion par l'Art en même temps mais Gaillard, un sourire amusé aux lèvres, ne laissa pas l'apprentie tranquille, arguant que c'était un bon entrainement de concentration. La cervienne profita du fait que sa voisine était en train de mâcher un morceau de poisson pour glisser un regard peiné à l'artiseur : fallait-il vraiment travailler au beau milieu d'un mariage ? Avant de se retourner vers sa bavarde de voisine, Ambre croisa le regard et le sourire de Dame Aurore, de nouveau installée à la table d'honneur. La rouquine lui rendit son sourire et, après un petit soupir, se plia à l'entrainement surprise que son aîné malicieux avait trouvé bon de lui imposer pour tromper son ennui.

Les minutes s’égrenaient lentement, tout du moins, c'était le sentiment qu'avait la cervienne en tendant l'oreille poliment à sa voisine qui lui parlait avec insistance du Roi. Dans le même temps, Gaillard occupait l'esprit de l'apprentie avec des sujets simples ; il connaissait suffisamment le niveau d'Ambre pour savoir s'adapter et ne pas noyer son esprit dans une conversation trop complexe qui la détournerait complètement du monologue qu'elle entendait à sa gauche. La cervienne parvint à répondre à l'exigence de l'artiseur non sans peine mais lorsqu'elle vit Aurore se lever et se diriger doucement vers elle, elle demanda à arrêter : elle voulait bien travailler autant de temps que nécessaire pour s'améliorer, mais, ce soir-là, elle voulait surtout essayer de se changer les idées. Gaillard lui laissa sous-entendre qu'ils reprendraient l'exercice prochainement et se tourna vers son voisin. Profitant d'une pause dans la discussion solitaire de sa voisine, Ambre s'excusa et se leva pour rejoindre Dame Aurore, échappant par la même occasion au bavardage rébarbatif de la femme et à l'insistance de Gaillard pour travailler son Art. La jeune fille prit son verre à moitié vide avec elle et se dirigea vers son amie qui s'était arrêtée près de quelques invités.

Le regard porté devant elle, Ambre ne remarqua pas qu'elle passait derrière un des nobles qu'Aurore et Sévère avaient vertement envoyé sur les roses plus tôt dans la soirée. Vivant d'Arpent n'avait pas plus remarqué la présence de la rouquine et, lorsqu'il se leva, il ne prit nullement la peine de regarder derrière lui en reculant sa chaise. La jeune fille fut surprise et n'eut pas le temps d'esquiver le petit choc provoqué par la rencontre fortuite entre sa jambe et le pied du siège. Si cela ne lui fit pas particulièrement mal, cela suffit à la déstabiliser et, si l'apprentie parvint à rester debout, elle ne put empêcher le reste de son vin de se renverser parterre, éclaboussant le bas de sa robe, les chausses du seigneur d'Arpent ainsi que celles du domestique qui se tenait bien droit contre le mur, deux pas devant elle. Les mains crispées sur son verre à présent vide, Ambre ne bougeait plus, les pommettes rosissant à vue d’œil, au comble de la gêne. En levant les yeux, elle vit d'abord le serviteur qui, remis de la surprise, cherchait rapidement du regard de quoi éponger la flaque de vin, mais une voix sonore à sa gauche surprit la cervienne.

- Vous pouvez pas faire attention ?!

Le verre ramené contre son ventre, Ambre se tourna vers le seigneur d'Arpent. Il faisait la même taille que la jeune femme mais était légèrement voûté ; une de ses mains tenaient fermement le dossier de son siège tandis qu'il regardait le bas de ses chausses. Lorsque le noble releva les yeux, il constata que ce n'était pas une domestique qui se tenait devant lui mais la vision de l'apprentie en robe d'été ne parut pas le troubler pour autant ; qu'importe qui s'était mis en travers de son chemin, cette personne allait essuyer sa frustration. La bouche entrouverte, Ambre mit un peu de temps avant de retrouver sa langue.

- Je-je vous prie de m'excusez, v-vous avez reculé votre chaise et...

- Comment ?! Vous... sous-entendez que c'est de ma faute ?!

Les pommettes rouges, Ambre fut incapable de répondre lorsqu'elle croisa le regard assassin du seigneur d'Arpent, d'autant plus que tous les invités à proximité s'étaient également retournés pour savoir d'où venait tout ce tapage et fixaient les deux protagonistes. L'artiseuse redoutait de telles scènes, autant dire qu'elle avait mis, malgré elle, les deux pieds dans le plat.
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Lun 18 Mai - 1:38
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
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L'entrevue avec son cousin ne l'avait pas forcément rassuré parce qu'il avait senti tous les efforts qu'il fournissait pour paraître l'homme qu'il était encore il y a quelques années. Malheureusement, les derniers malheurs avaient eu raison de son corps mais pas de son esprit.

*Encore heureux, Juste est quelqu'un possédant un mental d'acier !*

Il était revenu à sa place entre l'Haurfondois et le Béarnois pour terminer son repas. Il avait quand même fait un signe de tête à Genêt quand il était revenu de son entretien privé. La position de cet homme devait être légèrement inconfortable. Il donnait un peu l'impression d'être un invité que l'on ne voulait pas vraiment mais que l'on était obligé d'avoir. Nul doute qu'il avait dû écouter le discours du monarque Loinvoyant sans en louper une parole. Il avait peut-être posé sur son parchemin l'une ou l'autre réflexion entendue après.

Maintenant que la musique revenait peu à peu, les convives étaient libres de circuler à nouveau. Heureusement, Onyx ne savait pas s'il aurait tenu jusqu'au bout. De plus, les incessantes remarques moqueuses de Serwin ne l'avaient en aucun cas soutenu. Ce diable d'homme semblait énormément s'amuser au détriment du cadet Hurlevent. Il y était également allé gaiement en compliments concernant la jeune artiseuse qui semblait également beaucoup s'amuser avec sa voisine de table d'après lui.

« Pourquoi faut-il toujours que tu en viennes à parler d'elle Serwin ? Les femmes ont-elles un pouvoir si grand sur toi ? »

Via l'Art, Onyx sentit que la question avait légèrement piqué la fierté de cet homme qui semblait si sûr de lui et qui montrait surtout que rien ne pouvait l'atteindre.

« Elle n'est qu'une femme très chère, ça n'est pas Eda réincarnée. Certes, elle a tous les atouts à son avantage. Elle est jeune, belle et dotée si pas d'une grande intelligence, je ne la connais pas assez pour en juger, elle semble avoir soif de connaissance. Après tout, elle s'est lancée dans une pratique très codifiée et complexe. »

Tout en disant cela, il profita d'une parole de son voisin pour tourner la tête vers lui et diriger son regard sur elle. Ce fut bref et déjà, il revenait à son interlocuteur. Voyant maintenant que la mariée s'était déplacée pour aller parler à ses invités, Onyx fit de même. Il n'avait pas encore présenté ses respects ni à Dame Aurore ni à Lembrun. Il se garda dans un coin de la tête qu'il devrait quand même les féliciter, c'était la moindre des choses. Il se déplaça donc dans la salle en faisant un signe de tête à l'une ou l'autre personne le saluant, il s'arrêta pour dire quelques mots à l'Ambassadeur Ripponais puis continua son périple. Il n'avait pas encore arrêté son choix mais il se disait que de retourner vers d'Ovilier serait nettement plus intéressant.

Tout à coup, il vit devant lui à quelques mètres, Ambre qui venait de percuter la chaise de ce bon Vivant d'Arpent. Ce dernier s'emporta évidemment tout de suite et était bien décidé à faire un exemple de la pauvre artiseuse. Onyx ne voyait pas le visage de la jeune rouquine, il était dans son dos mais imaginait bien qu'elle ne devait pas être au mieux.

« Sérieux, si vous n'intervenez pas, je le couche sur la table devant tout le monde ! »

« Non, Serwin, tu n'interviens pas. Tu n'es pas censé être là ! »

« Alors faites quelque chose bon sang ! »

« Bien, bien, je vais voir ce que je peux faire... »

Il s'approcha de la scène de l'incident. Il y avait déjà un valet qui nettoyait comme il pouvait le vin tombé au sol. Il y en avait un peu sur la robe de la demoiselle ainsi que sur les chausses du petit noble boudeur. Arrivant donc dans le dos de l'apprentie artiseuse, Onyx dit :

« Allons allons, mon cher Arpent. Calmez-vous, ça n'était qu'un accident. Regardez-là, elle ne sait plus où se mettre. Soyez indulgent, ça n'est pas ainsi que l'on parle à une demoiselle. »

Qu'il n'aimait pas être ainsi le centre de l'attention même si ça n'était pas toute la salle mais qu'une petite partie. Néanmoins, il était intervenu et avait décidé de la jouer de manière diplomatique. Si son interlocuteur ne comprenait pas le message, il se verrait forcé de jouer de sa position de membre d'une des familles majeurs des Six Duchés face à un homme qui était moins bien loti. Son regard était tourné vers le Seigneur d'Arpent et il y avait juste ce qu'il fallait de politesse. Ça n'était pas un coutumier du fait mais s'il fallait se faire obéir, il en était tout à fait capable.

Il se tourna vers un valet et lui demanda de s'occuper d'Ambre pour qu'elle ne soit plus dans le champ visuel de son bourreau. Il serait toujours temps par après de lui demander comment elle allait.
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Ven 22 Mai - 20:03
Sans Nom
PNJ
Sans Nom
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Malgré toute l’attention et la quantité de nourriture qu’avaient veillé à lui laisser les servants au mariage, Genêt ne s’était contenté que d’un frugal repas. Il fallait avouer qu’un repas sans compagnie n’était pas non plus des plus appétissant. Heureusement celui-ci fut tout de même égayé par l’arrivée surprise de Serwin, spécialement grimé en larbin pour venir lui servir un verre.

À cette vue, et connaissant le caractère plaisantin de l’ex-apprenti, le chef assassin n’eut alors qu’une remarque, accompagnée d’une grimace méfiante : « Dois-je m’inquiéter pour ma santé déjà fragile ? »

Cette question, très certainement légitime en d’autres circonstances, avait alors permit aux deux anciens camarades d’échanger un rire avant de prendre le temps de discuter un peu.

Ce fut l’occasion de prendre des nouvelles l’un de l’autre et de leurs connaissances communes. Ils en profitèrent également pour échanger quelques informations et jauger la « température » de la salle avant de finalement vaquer chacun à leurs occupations respectives.

Son travail officiel terminé, Genêt n’avait plus forcément beaucoup de raison de s’attarder. Au pire songeait-il à échanger encore quelques mots avec Humble d’Ovilier ou le seigneur Hurlevent avant de prendre congé de la réception, si plus rien d’intéressant ne se déroulait jusque là.

Ce projet fut toutefois compromis par l’arrivée d’un noble, de sa femme et de son fils bien décidés à lui tenir la jambe pour encore quelques longues minutes. Ces derniers étaient désireux de marier leur progéniture à un parti intéressant aussi bien pour l’influence de leur famille au sein de la cour que pour leur portefeuille. Mais encore fallait-il parvenir à séduire dans les formes la gente dame pour décrocher un accord commercial mariage digne de ce nom. Le genre de tâche pour laquelle la plume de Genêt était justement réputée.

Le seul léger problème… C’est que le seigneur souhaitait voir immédiatement avec lui les détails de son projet alors que l’assassin disposait d’ordinaire d’un bureau pour ce genre de commande. Celui-ci n’avait donc absolument aucune envie de prolonger cette soirée en écoutant les demandes d’un client considérant qu’un commerçant était nécessairement à son service, quelle que soit l’heure de la journée. Tout l’enjeu allait donc consister à envoyer le malandrin sur les roses sans pour autant le braquer pour conserver sa clientèle…

Le mieux allait certainement être d’utiliser l’art, mais encore fallait-il trouver les bons mots pour que cela reste discret avec la présence d’inconnus autour d’eux.

Tandis qu’il écoutait mollement l’individu et sa petite famille, son regard parcourait la salle et se posa en particulier sur la mariée. Celle-ci par sa prestance et son attitude dégageait une aura qui ne cessait de l’intriguer. Comment réussissait-elle à garder un si beau sourire quand personne d’intelligent ici n’était dupe sur les sentiments réels qui se dégageaient de cette union ? Il devait bien lui reconnaître un certain courage, à moins qu’il ne s’agisse simplement d’un grand sens du devoir…

En la voyant ainsi accaparée par ses invités en mal d’attention, il s’amusa d’ailleurs intérieurement. Se disant que lui-même était curieusement en train de découvrir une expérience probablement très similaire à la sienne. À la différence près que lui n’était pas contraint de suffoquer sous l’étreinte d’un insupportable corset.

Heureusement, le miracle qu’il espérait eut lieu au moment où un esclandre faillit bien éclater tout près d’eux. Une jeune demoiselle était venue troubler les soûleries de quelqu’un qui ne s’était déjà que trop fait remarquer ce soir. Aussi, sa voix qui tonna au milieu de l’assistance avait eu le don d’attirer tous les regards vers eux.

Un instant, Genêt pensa bien intervenir lui-même, ce qui lui aurait permis de se libérer de sa conversation tout continuant à agir en parfait gentilhomme. Mais Onyx Hurlevent fut le plus rapide et vint s’interposer entre la demoiselle et le malotru pour calmer la situation.

Le spectacle avait tout de même eu le mérite d’être suffisamment attrayant pour ses interlocuteurs pour permettre à genêt de prendre congé de ses derniers en leur glissant avec un léger coup de pouce d'Art :

« Il serait sûrement préférable de poursuivre vous et moi cette conversation dans un cadre plus intime… Passez demain à mon bureau, nous pourrons alors prendre tout notre temps pour écrire une lettre digne de ce nom ! »

Sur ces mots, il profita alors du mouvement de quelques curieux pour s’éclipser. La mariée quant à elle semblait toujours aux prises avec ses propres obligations, ce qui donna au chef assassin une envie un peu folle. Une idée qui tenait davantage du caprice que du raisonnable.

S’approchant alors discrètement, il toussota lorsqu’elle sembla avoir fini sa partie de conversation afin de signaler sa présence. D’un geste timide, mais accompagné d’un regard aussi doux qu’amical, il présenta alors son registre tout en s’adressant directement à Aurore -désormais- Lembrun.

« Bonsoir Dame Lembrun… Pardonnez-moi de vous arracher ainsi à votre conversation.

Il serait nécessaire que les époux valident également le récit que je fais de cette journée avant de pouvoir me retirer. »


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Sam 23 Mai - 10:44
Eda
Celle qui aide
Eda
Messages : 213
" Qui fout des incapables pareils dans ce château ? "
Appartement Vivant ne calculait pas immédiatement qu'il n'avait pas à faire là à une servante mais bien à une autre invitée de la noce. Que quelqu'un se précipita à leurs pieds pour éponger le vin qui s'était répandu par terre ne le fit pas tiquer davantage. Il avait continué à enchaîner les verres bien qu'il air également emmagasiné une dose non négligeable de nourriture également. Devoir partager sa pitance avec les misérables du château, ça lui faisait mal. S'il pouvait leur éviter des restes supplémentaires, il se goiffrerait jusqu'à plus faim. Le liquide aidait bien à faire descendre tout cela mais aussi à ne pas rendre plus claires ses idées.
A force de boire, l'envie de pisser se fit sentir et c'était pour cela qu'il tirait sa chaise en arrière afin de se lever, bousculant Ambre Dardent, dont il ignorait tout.


Qu'elle ne sache pas où se mettre tandis qu'il la sermonnait renforçait son idée qu'elle n'était que du menu fretin, du petit personnel. Et puis, qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire qui elle était de toute façon ?!
Pourtant quelqu'un vint prendre sa défense. Le visage rouge du seigneur d'Arpent fixa, hagard, Onyx pendant quelques instants. Dans sa cervelle embrumée par les vapeurs d'alcool, cela moulinait sec. Il n'arriva qu'au bout d'une grosse minute à associer le visage et le nom du jeune homme qui s'adressait à lui. La teneur des paroles qu'il lui tint était un peu flou dans l'emportement qui était le sien alors mais le ton était conciliant, posé et ce fut à peu près tout ce qu'il retenut. Cela et que c'était le cadet Hurlevent qui lui parlait.


Ce n'était peut-être pas une servante maladroite finalement, se dit-il. L'idée de présenter ses excuses ne lui traversa pas l'esprit. Raclant sa chaise d'un geste brusque pour la remettre sous la table, il lança un regard autour d'eux, découvrant qu'un étrange silence s'était installé dans le périmètre. Il claqua son talon au sol et s'éloigna pour aller faire ce qu'il comptait faire avant que cette fille aux cheveux roux ne l'interrompe. Elle eut d'ailleurs droit à un regard sombre et dédaigneux avant qu'il ne lui tourne le dos.
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Dim 24 Mai - 19:20
Aurore de Vincôte
"Héritière" d'Altier de Beaulieu
Aurore de Vincôte
Messages : 231
Localisation : Castelcerf
Les babillages, en tant que mère d'une toute jeune demoiselle, je connaissais. Certaines conversations se voulant mondaines me faisaient le même effet. C'était parler pour parler, sortir des suites de sons et de mots pour sembler intéressant. Je tachais de prêter un peu attention à ce qu'on me disait. Tout était bon à savoir dans un monde comme celui-ci, même les plus infimes informations avaient leur importance pour celui ou celle qui savait les exploiter. Je prendrais ici surtout plaisir à emmerder l'épouse qui avait décrété que je n'appartenais pas au même monde qu'elle, n'en déplaise à son mari qui lui semblait me trouver très à son goût. Raison de plus pour faire durer l'inintéressant monologue dont il m'affublait. Je me delectais en mon for intérieur du regard glacé et furieux que madame nous adressait à tous deux.

Un peu plus loin, dans la direction que je m'évertuais d'atteindre avant qu'on ne m'arrêta tous les deux pas, un léger esclandre s'éleva. Je reconnus la tignasse rousse de ma douce Ambre et l'affligeant seigneur de Villevieille qui s'en prenait à elle pour une raison qui m'échappait depuis mon point d'observation. J'allais prendre congés pour m'interposer et remettre ce goujat à sa place une fois de plus mais je fus précédée par le sauveur idéal pour mon apprentie : le bel Onyx. Je la laissais donc à ce troublant tête à tête dès que D'Arpent tourna les talons. Me retrouvant en galante compagnie à mon tour, puisque ce fut à ce moment là qu'intervint auprès de moi le scribe de la soirée. Celui chargé de consigner les propos du roi pour la postérité. Une de ses dernières apparitions en public très probablement, il ne fallait pas la louper !

" C'est fort injuste. Vous connaissez mon nom mais j'ignore le vôtre cher Scribe. " répondis-je d'abord en souriant.
Il avait l'air jeune et sage mais il n'était pas dénué d'un charme certain. Il me fit un peu penser au cadet Hurlevent d'ailleurs, bien que son rang soit bien moindre, ses cheveux couleur du soleil et ses yeux comparables aux miens. Sûrement le côté intellectuel.

" Dois-je signer sans lire ou puis-je jeter un œil à votre plume d'abord ? "
Je mis ma main sur son épaule, me tournant complètement vers lui et l'entraînai un petit peu plus loin des tables où le brouhaha sera difficilement surmontable si je devais me concentrer pour lire.

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Aurore parle en crimson.

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Lun 25 Mai - 22:15
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Lorsque une voix reconnaissable s'éleva dans le dos d'Ambre, cette dernière se crispa davantage malgré le ton calme et les paroles diplomatiques du jeune Hurlevent. L'apprentie due faire un certain effort pour ne pas se retourner tout d'un coup vers celui qui, malgré lui, prenait un rôle de sauveur. L'intervention du cadet de Rippon semblait avoir tant surpris le noble enivré que celui-ci resta muet comme une carpe à dévisager le grand brun, comme s'il cherchait où est-ce qu'il l'avait déjà vu. Cela laissa largement le temps à Onyx d'attirer une domestique pour que celle-ci puisse s'occuper d'Ambre.

Les joues toujours un peu rouges, la cervienne ne se fit pas prier et obtempéra lorsque la domestique lui fit signe de la suivre, s'éloignant aussi vite que possible de l'ignoble personnage et de toute l'attention que leur esclandre avait attirée. Elle voulait bien reconnaître qu'elle avait manqué de poigne sur sa coupe mais ce malotru ne pouvait-il pas faire attention à ce qui l'entourait ? Un simple coup d’œil derrière lui aurait pu lui épargner le désagrément du vin sur ses belles chausses jaunes. La domestique s'était emparée de la coupe vide de l'artiseuse pour la poser sur un plateau et s'était déjà agenouillée pour essayer de rattraper les taches de vin qui maculaient le bas de sa robe. Par chance, le tissu étant déjà de couleur bleu sombre, les éclaboussures n'étaient pas aussi visibles que celles sur la tenue du sire d'Arpent.

En temps normal, Ambre aurait été un peu gêné à l'idée d'être aidée par une domestique, elle qui avait toujours trouvé un moyen de se débrouiller seule ; seulement, le fait que la demoiselle s'obstinait à éponger l'odeur et le liquide qui imprégnait le tissu de sa robe lui laissait le temps de réfléchir à ce qu'elle allait pouvoir dire à Onyx. Il n'était pas question de bégayer alors que tous les invités à proximité attendaient la suite de l'affaire, l'oreille tendue ! Non, il fallait faire simple. L'apprentie remercia du bout des lèvres la domestique et, sitôt que celle-ci se soit relevée, la rouquine retourna en direction des invités, en direction d'Onyx, un aimable sourire aux lèvres, les pommettes encore un peu roses. Le cadet de Rippon semblait justement se diriger vers elle, cette vision aida les épaules de l'artiseuse à se décrisper.

- Je vous remercie pour votre aide, Sire Onyx. Votre intervention est tombée à point nommé.

Tous deux se trouvaient légèrement en retrait du gros de la foule mais quelques invités restaient tout de même à portée d'yeux et d'oreilles. Ambre faisait des efforts pour que son regard ne papillonne pas sur ces personnes bien curieuses et gardait donc les yeux fixés sur Onyx. Sa toilette était de très bonne qualité tout en restant sobre, ce qui contrastait avec bien des nobles assis aux autres tables qui arboraient des couleurs plus criardes. Quant à Onyx en lui-même... la cervienne ne s'attarda pas sur la question. C'était prendre le risque d'afficher son trouble et elle en avait déjà bien assez fait pour ce soir.
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Hier à 18:24
Sans Nom
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Sans Nom
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Genêt était parfaitement conscience des portes que pouvaient lui ouvrir son visage angélique et son sourire empli de douceur. Celui-ci dégageait une aura qui inspirait la confiance et on ne remettait que rarement en cause ses paroles charmantes mêlées à une dose retenue, facilement prise pour de la timidité.

Là encore, la magie avait su opérer. Aidé de la diversion provoquée par Onyx et son malotru, la belle Aurore ne fut pas bien difficile à convaincre d’abandonner ses interlocuteurs pour s’intéresser à la demande du « Scribe ».

Celle-ci lui demanda de se présenter à elle, non sans souligner avec Ironie le déséquilibre évident qu’il y avait pour elle d’être connue de tous quand elle ne connaissait pas le nom de tous ses invités. Le sourire de l’assassin s’élargit alors afin de lui répondre également par un trait d’esprit :

« Ceux dont le nom est connu de tous ont pourtant une vie bien plus intéressante que ceux qui ne sont personne !

C’est d’ailleurs pour cette raison que je me suis choisi un nom de plume : Genêt pour vous servir ».


Après une rapide salutation polie au couple délaissé, il se laissa volontiers accompagner, main sur l’épaule, jusqu'à un lieu un peu plus convenable pour discuter. En chemin il répondit alors à ses dernières interrogations sur un ton se rapprochant à la fois de la malice et de la confidence.

« C’est une excellente question, il est possible que j’aie quelque peu exagéré la nécessité de cette formalité… »

Devinant la surprise de la mariée, il conclut alors, plaisantin :

« En revanche, je sais reconnaître un sourire de convenance face à une conversation insipide !
Cela m’a donné envie d’essayer d’offrir un peu d’air à la reine du Bal ! »


Offrant tout de même son registre de notes à la lecture de la jeune femme, il précisa enfin d'un ton amical :

« Vous pouvez vous sauver si vous le souhaitez. Mais si ma compagnie ne vous dérange vraiment pas, je ne refuse jamais une critique constructive ! »

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