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"A l'Oraison..." - Mariage d'Aurore et de Sévère Lembrun

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Ven 6 Mar - 11:44
Aurore de Vincôte
"Héritière" d'Altier de Beaulieu
Aurore de Vincôte
Messages : 231
Localisation : Castelcerf
21 Oraison 1045
Pierres Témoins

Il y avait eu des morts la veille au Bourg mais nous avions maintenu le mariage comme si de rien n'était. Nous étions responsables de ces assassinats et de ceux qui suivraient. Car il en viendrait d'autres, c'était obligé. L'allumette avait été grattée, le feu allait continuer à se propager jusqu'à ce qu'une faute plus lourde que les autres soit commise et que le jeu s'arrête de lui-même. En m'habillant et m'apprêtant ce matin, je n'arrivais pas à m'enlever de la tête que dans la ville en contrebas, on ne pouvait pas faire comme si de rien n'était. J'avais envoyé un billet à mes agents pour leur recommander la prudence dans leurs actions. Il n'était pas question de faire du zèle, car encore moins que d'ordinaire, nous ne pourrions leur venir en aide. Des mesures allaient être prises, c'était une question d'heures désormais. Le roi et ses conseillers avaient-ils passé une nuit blanche ? Ou avaient-ils décidé de voir comment se déroulerait cette nouvelle journée avant de prendre des décisions ? Je ne le savais pas et je ne pouvais pas le savoir. J'étais coincée dans mes appartements, entourée d'une armée de femmes pour me préparer pour mon « beau jour ». Zéphir s'était enfermé dans sa chambre, étourdi par tant d'agitations autour de lui. Agate passait de bras en bras alors qu'elle ne réclamait que les miens, de plus en plus fatiguée par l'effervescence ambiante.
Vers midi, je mis tout le monde dehors d'une voix plus énervée que je ne l'aurais voulu. Je pus manger en paix, avec mes enfants et seulement Jonquille pour faire le service. Du coin de l’œil, j'observais ma robe suspendue auprès de la fenêtre après les ultimes retouches que la couturière y avait apportées. Sous le pâle soleil de ce triste Oraison, sa couleur crème était semblable à du blanc. La pluie neigeuse nous faisait l'honneur d'une accalmie mais le chemin jusqu'aux Pierres Témoins serait toujours boueux. Puisqu'elles étaient presque voisines du château, cela avait semblé logique de célébrer l'union auprès d'elles. En un mois d'été ordinaire, cela aurait été une bonne idée même si s'y rendre sous le soleil brûlant d'Oraison aurait pu déplaire à quelques dames sensibles. La météo contraria nos plans ; seule la famille proche se rendrait auprès de pierres pour la cérémonie et ensuite nous regagnerions le château pour célébrer cette gracieuse et merveilleuse union arrangée auprès du reste des invités. Cette belle robe claire au décolleté rond et aux manches larges serait pour ce moment-là, pour l'apparat. Il serait dommage de la salir. Et elle n'était clairement pas assez chaude pour l'extérieur.

De ma famille, étaient venus mon frère, mes cousins Puissant et Droit et leurs épouses. Mon oncle n'avait pu se déplacer, Bauge et tout qui s'y jouait encore réclamant sa présence. Ce fut au bras d'Espoir que je me rendis aux Pierres. Zéphir tenait la main à Jonquille qui portait également Agate. Nous étions tous emmitouflés dans de chaudes capes et mes mains fines revêtaient des gants épais. Le froid était saisissant, l'air chargé d'humidité qui s'infiltrait dans chaque recoin de mon être. La famille de Sévère était déjà sur place, ainsi qu'une quinzaine d'hommes en armes qui surveillait les alentours. On n'était jamais trop prudent. Et nous le fumes justement à raison.

Les vœux furent échangés et au moment, où nous nous apprêtions à regagner le château après les embrassades et félicitations d'usage, un groupe de manants se présenta, armés de piques et de couteaux. Ils nous coupaient le chemin pour rentrer.
Comment surent-ils qu'il y avait ici, à cette heure, des gens de la cour, de la noblesse ? Ce mariage n'était pas un événement majeur pour le commun ; aucune grande annonce n'avait été faite pour le signaler à la population du Bourg.
Je dardais celui à qui j'étais unie depuis quelques minutes à peine d'un regard lourd. Était-ce son idée ? Était-ce prémédité ? Pour rajouter au dramatique, à la dissension entre nobles et gens du peuple ? Oserait-il vraiment mettre mes enfants en danger ?
Les hommes de Sévère n'attendirent pas le signal de leur commandant pour se placer entre eux et nous, la main sur la garde de leur épée. Les invectives de ces va-nu-pieds ne laissaient aucun doute sur leurs intentions. Nous étions des privilégiés et ils entendaient bien nous les enlever nos privilèges, car ils ne crèveraient pas la bouche ouverte sans rien faire.

Jonquille tremblait comme une feuille et je la pris contre moi en même temps que mes petits. Espoir s'était placé devant moi, mes cousins devant leurs épouses qui se serraient l'une contre l'autre. Ils n'attendirent que l'instant où l'un des hommes se lança pour tirer leurs épées et aller à l'affrontement. Le cri de Vif qui échappa à Zéphir lorsqu'il sentit le premier homme mourir me déchira le cœur. Droit regarda brièvement dans notre direction à ce moment-là. Tous les vifiers l'avaient forcement entendu. Comment être sourd à cette complainte ? Était-ce que Sévère me le reprocherait, comme Altier l'aurait fait ? Par Eda, ce massacre était-il vraiment nécessaire ? Mon fils, si sensible à la vie, devait-il forcement en être le malheureux témoin et garder gravé en lui la puissance de la mort ? Si jeune ?
J'aurais pu regarder tout ce qui se passait, j'en avais la force mais mon attention entière était tournée vers les femmes et enfants qui se trouvaient avec moi. Agate et Zéphir pleuraient. Jonquille, du haut de ses quinze ans, avait la tête enfouie contre mon épaule, luttant pour ne pas crier à chaque bruit qui lui parvenait. Mes cousines ne savaient pas où regarder, quoi faire et elles s'étaient rapprochées de moi, la seule qui semblait tenir le coup tandis que les hommes se battaient à quelques pas de nous.  

La terre boueuse allait pouvoir boire le sang de nos assaillants. Par la force du désespoir qui les avaient poussé à se rendre sur ce tertre pour s'en prendre à des nobles avec femmes et enfants, ils avaient réussi à blesser quelques uns des nôtres mais ils furent tous éliminés. Morts d'avoir tenté leur chance. Morts salement, la bouche ouverte sur la boue, les tripes déchiquetées par la lame plus affûtée d'un homme expérimenté à se battre. Un certain plaisir à ce massacre facile se lisait sur les traits des gardes de mon Amiral d'époux. Sévère donna des ordres pour que le lieu soit nettoyé puis revint vers moi, dépassant Espoir qui s'inquiétait.

" Nous n'avons rien. " répondis-je froidement à sa question. Non, nous n'allions pas bien ; je ne pouvais pas mentir là-dessus. " Rentrons ! "
Mes trois oiseaux agrippés à moi, je le dépassais sans un regard, contournant les corps qu'on commençait à amonceler.

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Aurore parle en crimson.

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Sam 7 Mar - 17:38
Aurore de Vincôte
"Héritière" d'Altier de Beaulieu
Aurore de Vincôte
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Localisation : Castelcerf
Salle de bal
Fin d'après-midi

Il était prévu dès le départ que les enfants resteraient les appartements avec Jonquille et Perçante. Je n'avais pas envie de les quitter après ce qui s'était passé. J'avais volontairement retardé le moment de recevoir celles qui devaient m'habiller afin de passer du temps au calme avec eux. Longtemps, je les tins contre mon cœur sans parler, les apaisant de ma respiration et de mon Vif. Mes amours... Mes tendres petits innocents...

Puis Sévère finit par venir me chercher et nous descendîmes tous les deux jusqu'à la salle de bal. Nous ne parlâmes pas durant le chemin. Je gardais pour moi mes soupçons, tâchant cependant de ne pas trop le regarder afin d'épargner à ma morgue l'envie de se manifester trop précipitamment ; nous aurions l'occasion d'en parler en privé, j'en étais persuadée. J'y tâcherais s'il n'osait.
La comédie du jour n'était pas terminée et même si je brûlais d'envie de serrer encore et encore mes petits trésors contre moi, je me devais d'être la jeune mariée ravie et comblée qu'on attendait que je sois. Que pouvait-on attendre de moi, malgré le bain de sang de ces manants qui avait entaché les réjouissances... ? Après tout, tout avait fini pour le mieux pour nous. Les misérables avaient été tués par les valeureux hommes qui nous accompagnaient, redorant les brillantes valeurs de la famille et offrant à mon très cher époux un instant de bravoure que mon cœur de jeune femme fragile n'avait pu qu'apprécier.

Comme il était de coutume, les convives étaient arrivé avant nous, profitant déjà du vin et de la musique et pouvant commenter les événements qui s'étaient produits aux Pierres loin de nos oreilles. Car nécessairement, cela se savait déjà. Trois heures environ s'étaient écoulées depuis l'incident regrettable...
Il était prévu que le roi fasse une apparition dans la soirée, car après tout Lembrun était son Amiral en chef et c'était son château que nous occupions pour célébrer cette union. Les nobles de tous les Duchés déjà présents à Castelcerf étaient conviés aux noces. Bien peu d'autres avaient fait le chemin, à l'exception des membres de ma famille. Les temps ne se prêtaient guère aux festivités mais dans cette grande salle aux lourdes tentures bleus et or, aux tapisseries murales colorées, il faisait bon et chaud. Le feu léchait de grosses bûches dans les différentes cheminées que comptait la pièce. Les tables avaient été disposées auprès de l'une d'entre elles, libérant de l'espace pour les danseurs à côté de la petite estrade montée pour les musiciens. Les serviteurs muets et discrets rasaient les murs durant leurs déplacements, qui pour porter un verre à son maître, qui pour ajuster la chaise de sa maîtresse ou pour porter un message à un seigneur.

Espoir se tenait devant la porte de la salle de bal lorsque nous l’atteignîmes enfin. Je sentais qu'il souhaitait me dire quelque chose mais l'instant était mal choisi. Les serviteurs attendirent le signal de Sévère pour ouvrir grandes les portes afin que nous fassions notre entrée en tant que jeune couple marié devant ce parterre de nobles duchéens. Passant à côté de mon cadet, je lui serrais rapidement la main, l'assurant d'un sourire qu'il pourrait me parler ensuite. Je me rendais compte à cette seconde seulement, que j'étais heureuse qu'il soit là.

Sous les applaudissements qui nous accueillirent, je réalisais également que me voilà officiellement et aux yeux de tous, l'épouse d'un homme de près de trente ans mon aîné. Je lui tenais le bras et souriais, parcourant la foule du regard, alors que nous nous avancions au milieu d'elle. La fête se passant en intérieur, messieurs et dames avaient pu passer des tenues dignes d'un mois d'Oraison, toutes somptueuses avec leurs brocards à motifs floraux ou leurs couleurs pétillantes. C'était un autre standing que mon mariage en Labour, je ne pouvais pas médire là-dessus. Je n'étais pas une reine mais j'en avais un peu la saveur en bouche devant l'étalage de richesses que les nobles de la cour de Castelcerf savaient déployer pour les grandes occasions. On pourrait presque oublier le désastreux contretemps sanglant de l'après-midi. Si tout un chacun n'y allait pas de ses félicitations à mon mari pour sa vaillance.

Petit à petit, alors que les musiciens reprirent leur répertoire léger, suspendu pour attirer l'attention sur nous, je m'écartais de Lembrun et lui de moi, vaquant à nos rencontres et salutations chacun de notre côté. Lorsque viendrait l'heure du dîner, il serait temps de m'asseoir à ses côtés. L'idée me hérissait par avance le poils ; sa présence me serait-elle désagréable de la sorte tant que je n'aurais pas eu le fin mot de notre mésaventure aux Pierres ?

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Mar 10 Mar - 21:25
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
Messages : 144
Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
La grande salle de réception de Castelcerf avait été somptueusement préparée pour l’occasion : Sévère Lembrun avait enfin trouvé chaussure à son pied et venait de se marier. Le Grand Amiral du Roi était, disait-on, tombé sous le charme de la nièce d’une connaissance baugienne venue le visiter au début de l’année, faisant peu de cas de son veuvage et de ses deux enfants. Le fameux héros de guerre dont la réputation s’était construite bien avant la Guerre Rouge semblait enfin décider à fonder une famille, pour le plus grand bonheur de la Cour.
Pour l’occasion, les bûches crépitaient dans les cheminées, du bon vin était servi, une troupe de danseurs suivait le rythme des musiciens dont la musique accompagnait délicieusement les discussions. Il y avait du monde pour célébrer l’union de Sévère et d’Aurore, presque tous les nobles habitant encore à Castelcerf en fait ; bien que le château se fût quelque peu vidé de ses habitants inquiets pour leurs terres suite au tremblement de terre, il restait suffisamment de personnes pour correctement remplir la salle de bal. Celles-ci parlaient essentiellement du tragique événement des Pierres Témoins où les mariés et leurs proches avaient été pris à parti par des paysans vindicatifs mais cela, Ambre ne l'écoutait que d'une oreille.

La jeune fille était assise à sa place, son verre de vin à la main ; peu friande d’alcool, elle en avait siroté quelques gorgées mais était loin d’avoir terminé contrairement à Gaillard qui, assis à sa droite, venait de finir sa coupe et discutait passionnément avec deux hommes venus l’aborder.
La jeune fille avait répondu à l’invitation personnelle d’Aurore et fut surprise lorsque en entrant dans la grande salle, elle trouva Gaillard en train de rire à la blague d’un interlocuteur. En voyant la rouquine se diriger vers lui, l’homme s’était momentanément écarté du groupe dans lequel il se trouvait pour pouvoir lui parler, l’enjoignant à toujours rester à portée de vue et vigilante. Ces derniers jours, de terribles exactions avaient secoués le bourg : des rixes mortelles entre réfugiés, des soldats assassinés, d’autres blessés, des viols perpétrés sur des sœurs d’Eda… cette atrocité en particulier a eu pour effet que toutes les femmes devaient à présent rester dans la forteresse royale. Ambre ressentait une pression supplémentaire sur les épaules, une pression que Gaillard était loin d’alléger : les apprentis étaient particulièrement surveillés et protégés, la cervienne n’aurait même pas été étonnée que Gaillard ait été diligenté par Dame Puissante pour la surveiller puisque la rouquine avait prévenu sa Maîtresse d’Art de sa présence à l’événement. Quoi qu’il en soit, Ambre savait que l’artiseur allait garder un œil sur elle. Une fois que la bourgeoise eut assurée l’homme de sa pleine attention pour cette soirée, ce dernier l’avait galamment amené avec lui pour la présenter à celui avec qui il discutait à ce moment-là.
Présentée comme apprentie artiseuse et consœur de Gaillard dont la présence auprès du Roi  avait été maintes fois remarquée, Ambre bénéficia rapidement d’une relative petite aura de célébrité qui la gênait plus qu’autre chose. Elle faisait toutefois bonne figure, arborant un petit sourire aimable et, après de longues minutes de bavardages, elle était parvenue à s’installer à sa place et y avait trouvé une voisine très désireuse de papoter avec elle, si désireuse qu’elle accaparait toute la parole. La rouquine l’écoutait donc, toujours avec le sourire, mais son esprit était ailleurs.

Toutes les dames portaient de somptueuses robes d’été aux couleurs vives et chatoyantes. Les âtres diffusaient une chaleur telle que celle que l’on s’attendait à trouver en plein mois d’Oraison et les nobles invitées ne s’étaient pas faite prier pour faire tout comme, ignorant superbement le triste climat au dehors. Ambre, elle, portait également une belle robe d’été signée Fortuné Lagneau, cependant, celle-ci était bleue nuit. Depuis le début du mois, la cervienne était en deuil et, même si elle considérait que venir en noir à un mariage n’était pas correct, elle n’avait pas eu le cœur à se montrer vêtue de rose ou de jaune.
Niklaus était revenu des Montagnes, sourd et seul. Il ne restait plus grand monde de sa caravane et celle-ci s’était installée dans la campagne en périphérie de la ville afin d’éviter le centre-ville en proie au crime. Dans la mesure de leurs moyens, Auburn et Strict leur avait apporté un peu d’aide mais Ambre doutait qu’ils puissent continuer avec les restrictions. La jeune fille ne pouvait plus aller voir ses parents et s’inquiétait pour eux. Chaque jour, elle regardait en direction du bourg, ressentant le besoin de revenir dans la maison familiale, de serrer ses parents dans ses bras, elle, leur dernière-née, leur dernière enfant en vie. Seulement, il lui était à présent interdit de combler ce besoin et elle devait faire avec.

Soudain, les portes de la salle de bal s’ouvrirent en grand pour laisser entrer Sévère Lembrun et Aurore, sa toute nouvelle épouse. Ambre posa son verre de vin et se leva, applaudissant comme tout le reste des convives, son sourire de circonstance toujours accroché aux lèvres. Le moment dont elles avaient finalement assez peu parlé était enfin arrivé. La mariée affichait un sourire radieux, tout du moins, il semblait l’être depuis l’emplacement de l’apprentie. Cette dernière observa également l’Amiral dont les lèvres étaient tout juste soulevées au coin mais son regard vert revint rapidement sur la mère de Zéphir et d'Agate qui s’était dirigée vers un premier groupe de dames qui la félicitait chaleureusement. Ambre adressa un regard à Gaillard puis se dirigea doucement vers Aurore, se mêlant un peu à la foule qui cherchait à l’approcher. L’apprentie fit preuve de patience : elle ne voulait pas bêtement jouer des coudes avec des femmes pressées de s’approcher de l’épouse du grand Amiral Lembrun.
En attendant son tour, son regard parcourut la salle et, à l'opposée, elle reconnut soudainement une personne : il s'agissait d'Onyx Hurlevent. Comment avait-elle fait pour ne pas le remarquer plus tôt ? Était-elle si troublée par tous les récents chamboulements qui lui accaparaient l'esprit ? Ambre déglutit et, machinalement, toucha le bracelet de sa parure en agate bleue puis passa la main dans ses cheveux pour vérifier si ses tresses étaient restées en place comme il fallait. Elle avait dû faire preuve d'ingéniosité et demander l'aide de Leïvna pour parvenir à se coiffer correctement malgré sa faible longueur mais était parvenue à un résultat plutôt honnête.

Lorsque la foule se dispersa enfin un peu, la rouquine s’approcha et son sourire s’étira assez naturellement : elle savait le peu de cas qu’Aurore donnait à cette célébration mais il n’en semblait rien tant elle affichait un visage dont la sérénité était communicative. Difficile de penser également qu’elle et ses proches avaient été attaqués sur le chemin des Pierres Témoins.

- Toutes mes félicitations, Dame Aurore. Qu'Eda bénisse votre union et vous apporte bonheur et prospérité.

Ambre savait qu'Aurore se serait contenter de moins que ça mais elles avaient un public et celui-ci était extrêmement attentif. La rouquine se fit la réflexion qu'elle avait tout de même bien progressé puisque quelques mois plus tôt, elle n'aurait sûrement jamais osé prendre la parole au milieu d'une telle foule, même pour des congratulations aussi simples et génériques.
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Mar 10 Mar - 22:53
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
Messages : 35
Les jours passaient et se ressemblaient pour ainsi dire tous. Depuis que la situation s'intensifiait dans les rues, les réunions pleuvaient. Onyx avait à peine le temps de se reposer ou de se nourrir. Il était primordial de voir comment gérer la crise. Les greniers à grains allaient bientôt être ouvert pour permettre de nourrir la population mais la décision tardait à arriver. Sans vraiment savoir d'où venait le blocage, tous s'attendaient à ce que cela permette un peu aux puissants de souffler. Plus personne n'osait sortir dans la ville. D'ailleurs, les grilles étaient fermées et aucune autorisation n'était délivrée. La garde avait des ordres stricts. La sécurité des nobles passait au-dessus de tout. Juste n'avait pas envie de perdre l'un de ses semblable tout comme il avait perdu sa Maîtresse d'Art. Sans doute que toutes les pertes qu'il avait subi en peu de temps le rendait un minimum parano.

Cela ne dérangeait pas trop l'ambassadeur de Rippon. L'accès à la bibliothèque était toujours autorisé si pas encouragé. Il fallait bien que les gens s'occupent. En ces temps troublés, Onyx donnerait tout ce qu'il a pour un peu de détente. Depuis combien de jours n'avait-il pas dormi une nuit complète ? Entre les réunions concernant la crise, les petits arrangements pour faciliter la vie à tel famille ou service à percevoir de telle autre, il y avait encore les réunions quotidiennes qu'il avait via l'Art avec Rippon. Le cadet de la fratrie Hurlevent était fatigué physiquement mais également moralement. Heureusement, le Roi avait décidé de laisser ses conseillers se reposer à l'approche du mariage du Commandant de sa flotte. Comme une partie était conviée aux festivités, il avait certainement pensé que cela ferait mauvais genre si une partie de l'assistance piquait du nez après le deuxième plat.

Plume était dans tous ses états, il vérifiait pour la dixième fois au moins que la tenue était prête, qu'il avait préparé le rapport qu'il devrait envoyer par pigeon en Rippon, qu'il avait bien écrit la lettre adressé à un Baron quelconque d'Haurfond pour une quelconque histoire d'arrangement afin de faciliter l'approvisionnement de nourritures dans les duchés côtiers. Il était comme un chien atteint de la rage. Onyx n'en pouvait plus de le voir sautiller d'un côté à l'autre de la pièce pour faire et refaire les mêmes choses.

« Plume, c'est bon maintenant. C'est la dixième fois au moins que tu fais les mêmes vérifications. Cesse de paniquer comme ça, tu vas faire une attaque. »

C'était un secrétaire compétent et heureusement qu'Onyx l'avait parce que Plume avait un esprit de synthèse et une prodigieuse mémoire. A partir du moment où il avait lu un document, il savait le répéter de mémoire quasi à l'identique. Le jeu n'était plus marrant mais Onyx avait essayé plus d'une fois de le coincer sans jamais y parvenir. Le dénommé Plume s'assit donc dans un coin l'espace de deux minutes. Plus un bruit, le calme plat. Que cela faisait du bien. Puis d'un coup, le scribe se leva comme s'il venait de se faire piquer par un moustique et s'exclama qu'il avait oublié quelque chose. Mais non, il n'avait rien oublié. Il était juste stressé. C'était un bon élément mais qui gérait pas bien le stress. Ce qui était étrange, c'est que quand la masse de travail était moins importante, son stress augmentait. A croire qu'il ne se sentait pas bien quand il n'y avait quasi rien à faire. Il avait des côtés étranges mais Onyx l'appréciait quand même.

« Laissez-moi lui faire boire une petite décoction de mon cru et il sera détendu comme jamais Mon Seigneur. »

Onyx eut un petit sourire parce qu'il s'attendait à ce que Serwin lui sorte une remarque de ce style. C'était l'homme à tout faire que son Duc de père avait voulu absolument lui mettre dans les pattes pour sa sécurité. Il n'était jamais très loin du cadet Hurlevent et en même temps, il était invisible. Est-ce que les espions du Roi l'avaient déjà repéré et étaient au courant de son rôle ? Peut-être que oui, peut-être que non. Ce qui était certain, c'est qu'il y avait de grandes chances pour que Serwin se soit amusé avec eux. Il était comme ça, c'était plus fort que lui. Il fallait qu'il teste les gens pour pouvoir se rendre compte de ses capacités personnelles. Il pouvait ne pas dormir s'il ne savait pas s'il était moins bon ou au contraire meilleur que quelqu'un d'autre. Il était profondément joueur mais jamais au détriment de sa mission. C'était un professionnel avant tout mais lorsqu'il avait du temps pour lui, il se cherchait systématiquement un challenge à relever. Comme par exemple sortir du château alors que ça n'était pas permis... Il l'avait déjà fait trois fois et s'en vantait auprès d'Onyx lorsqu'ils n'étaient que tous les deux. Un autre de ses passe-temps était de s'amuser à faire peur à Plume. Il faut dire qu'il était suffisamment inventif dans sa manière de le houspiller pour que ça fonctionne à tous les coups.

« Non Serwin, notre but n'est pas de le plonger dans un profond coma pour les deux jours à venir. J'avoue que ça nous ferait des vacances mais nous en avons trop besoin pour nous permettre celà. »

Au fur et à mesure de la conversation qu'avaient Serwin et Onyx, Plume passait de la peur au soulagement en quelque secondes. Il allait leur claquer entre les pattes s'ils continuaient ainsi.

« Nous continuerions bien à nous amuser au détriment de Plume Mon Seigneur mais il va bientôt être l'heure de se rendre au mariage. Connaissez-vous les mariés ? »

Onyx déposa l'ouvrage qu'il lisait l'instant d'avant et répondit :

« Pour quelqu'un qui connaît mes allées et venues ainsi que les personnes à qui je parle, cette question me ferait penser que tes compétences sont surévaluées. »

Un mince sourire se dessina sur le visage de Serwin et il répondit :

« C'était juste pour faire la conversation. Je sais très bien que Dame Aurore vous est inconnue et que son mari a eut par le passé quelques vives altercations avec votre père concernant la Marine Rippone. Il aurait souhaité que vos navires passent dans le giron de la Marine Royale mais notre Duc s'y est toujours opposé. »

« Je suis toujours étonné de l'étendue de tes connaissances concernant ce qu'il se passe dans ce monde. Est-ce que tu es mon garde du corps ou un espion prêt à vendre nos secrets ? »

« Oh vous savez... Pour l'instant, personne n'a mis le prix qu'il fallait pour que je vous vende donc... C'est que je dois être votre garde du corps Mon Seigneur. »

Onyx rigola de bon cœur. Cela ne lui était plus arrivé depuis quelques jours et lui fit grand bien. Il ne doutait pas un seul instant de la fidélité de Serwin à sa famille. Mais il était vrai que ce dernier avait son franc parler et qu'il n'hésitait pas à chatouiller son employeur de temps à autre. Peut-être qu'Ardent y aurait trouvé quelque chose à redire mais cela plaisait beaucoup au jeune artiseur.

« Ton nom n'était pas sur le carton, tu m'en vois navré mais je vais devoir y aller seul. »

« Comme si j'allais vous laisser dans une salle pleine de monde sans surveillance. Je trouverais le moyen de rentrer, vous le savez aussi bien que moi. Il ne m'est encore jamais arrivé de faire défaut à votre père, ça n'est pas aujourd'hui que ça va commencer. Vous ne vous débarrasserez pas de moi aussi facilement. »

Avec un faux air fataliste, Onyx laissa ses épaules s'affaisser et répondit :

« Ah bon, j'aurais au moins eut le mérite d'essayer. »




* * * * *





Les nobles et bourgeois les plus influents de la capitale étaient réunis dans cette vaste salle de bal. Comme il était de coutume, les invités étaient arrivés avant les hôtes histoire de pouvoir bavarder un petit peu et profiter des victuailles. Il n'avait pas fallu longtemps à ce pauvre cadet Hurlevent pour voir débarquer certains nobles qui voyaient là une occasion de briller en société une fois de plus en s'affichant avec l'un des jeunes nobles les plus en vue. Cela n'enchantait guère Onyx mais il commençait à avoir l'habitude même s'il détestait toujours autant avoir l'attention des gens. Après tout, ça n'était pas lui l'attraction de la soirée, c'étaient les mariés.

*Vivement qu'ils arrivent* pensa-t-il.

Chacun y allait de son commentaire sur le mariage du jour. Certains avançaient qu'ils connaissaient bien la famille de la dame ou celle du monsieur. Et voilà que certains souvenirs remontaient à la surface. Il y avait des rires et beaucoup d'anecdotes. Ne connaissant pas la mariée et très peu le mari, Onyx se contenta d'écouter. Après tout, il apprendrait peut-être des choses utiles. Alors que la conversation battait son plein, le Baron de Turlac s’immisça tout doucement dans le groupe et sa venue coupa court aux souvenirs pour se pencher sur les événements du matin même. Chacun y allait de son commentaire en pestant sur les petites gens qui ne manquaient pas de culot de s'attaquer ainsi à une famille qui célébrait ses noces. Comme il s'y attendait, l'avis d'Onyx allait bientôt être demandé.

« Et vous mon cher Onyx, que pensez-vous de tout cela ? »

Onyx regarda un à un les nobles qui formaient leur petit groupe et s'arrêta sur le Baron de Turlac vu que c'était lui qui avait posé la question. Sa réponse fut somme toute assez simple...

« Il est regrettable d'avoir ainsi, à la vue des enfants, commis ce genre d'atrocités. Certes, les petites gens voulaient sans doute en découdre. Mais ils sont poussés par la faim. Ils sont prêts à  commettre des folies tout simplement pour survivre une journée de plus. N'allez pas me faire croire que des hommes aussi entraînés que les hommes de l'Amiral n'auraient pas su se défaire de leurs adversaires sans faire couler tout ce sang devant ces femmes et leurs enfants. Les pauvres petits, je n'imagine même pas l'était de leurs mères. Elles doivent être effondrées. »

Il venait à peine de terminer sa phrase que les portes s'ouvrirent et que les applaudissements retentirent. Les mariés venaient d'entrer dans la salle. Comme les autres, Onyx s'avança pour voir leurs hôtes mais il resta néanmoins en retrait. Comme à son habitude, il n'aimait pas attirer l'attention et de là où il était, il pouvait apercevoir Aurore et son mari sans pour autant attirer les lumières sur lui. Serwin aurait peut-être été content de voir qu'il faisait attention à ses mises en garde. A peine avait-il pensé à cela que sa voix retentit juste derrière lui :

« Pas mal comme coin. Donnez-moi votre verre et prenez-en donc un autre. Et à titre d'information jeune maître, sublime rousse à 11h. La petite Dardent semble faire de grands progrès. On dirait presque qu'elle est à l'aise. »

A peine Onyx se retournait pour voir Serwin que ce dernier avait disparu dans la pièce. Mais comment pouvait-il faire ça ?
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Dim 15 Mar - 19:03
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La journée avait pourtant bien commencé... Pour peu que cette formule ait encore du sens dans le contexte bien morne qui s'était abattu sur la ville et dans l'ensemble des duchés depuis plusieurs semaines déjà.

Mais au milieu des tensions entre vifiers et artiseurs, des attentats, de la menace de famine, de l'afflux de réfugiés, de l'insécurité grandissante dans les rues et de tout le travail qui l'attendait au bureau des assassins, on pouvait tout de même affirmer qu'un mariage faisait normalement partie des évènements joyeux. À plus forte raison quand il était prévu que le roi y fasse une apparition publique. Événement qui se faisait rare depuis ce fameux jour...

Bien introduit auprès du tout Castlecerf, notamment pour la qualité de sa plume, Genêt avait en conséquence obtenu l'autorisation d'assister au bal en vue d'en retranscrire les temps forts qu'il pourrait retransmettre à la population. Une tâche bien plus symbolique qu'à réelle valeur historique, mais qui avait au moins le mérite de ne pas accaparer un scribe officiel du château.

Qu'y aurait-il eu de si réellement important à transmettre aux générations futures ? La mariée était belle, le mari était vieux. L'homme aurait de la chair fraîche dans son lit, la femme goûterait aux joies d'un mariage sans amour, mais d'un héritage précoce... L'important était surtout de montrer à la population que si la noblesse s'amusait et que le roi se déplaçait, alors tout n'allait pas si mal...

A s'imaginer la cérémonie Genet s'était demandé ce qui pouvait être le plus triste... La mariée ou bien les pierres qui étaient témoins de tant hypocrisie ?

Pour le jeune chef des assassins de Castlecerf, sa présence au bal se justifiait donc surtout par l'opportunité d’agrandir sa clientèle tout en affinant ses relations auprès de la noblesse : "Comment, mais vous ne connaissez pas Sieur Genêt ? C'est lui qui a rédigé les lettres que j'adressais à mon épouse, à l'époque où il me fallait encore la séduire !" ; " Votre père souhaiterait retranscrire ses mémoires ? Il faut absolument que je vous présente quelqu'un..."

Telle était la manière dont aurait dû se dérouler la journée... Mais hélas, le destin en avait bien évidemment décidé autrement...

*********************

Inutile de préciser que les "temps forts" n'avaient finalement pas manqué durant ce mariage. À tel point que Genet en venait à se demander s'il n'était pas sous le coup d'un quelconque mauvais sort pour se retrouver ainsi une nouvelle fois à se faire le chroniqueur de cérémonies ayant tournées au bain de sang

Mais ce qui le perturbait davantage, c'était l'apparent détachement de la noblesse après un tel massacre. Si ce qu'on lui avait rapporté était vrai, le sang répandu devant les pierres témoins avait des airs de sacrilèges à ses yeux. Mais ce qui le révulsait tout particulièrement, c'était le sang répandu en présence de femmes et d'enfants...


Pourtant, bien loin d'être freinés par les évènements de la matinée, tous s'étaient rendus à la salle de bal du château où devait se tenir la partie plus "festive" de ce mariage.

Lorsque les portes de la salle s'ouvrirent et que les mariés furent accueillis sous les applaudissements mondains, l'assassin eut l'impression d'entrer dans une toute autre dimension.
Tant de faste et d'insouciance quand hurlait la misère dehors... Les gens présents dans cette salle avaient-ils au moins conscience du caractère éphémère de leur situation en ces temps troublés ?

Pour Genêt, la tentation était grande de planter tout ce beau monde et de retourner au confort sommaire, mais tellement plus réel du bureau en centre-ville... Mais le patron n'apprécierait certainement de passer à côté d'une telle opportunité d'obtenir des informations sur ce qu'il se passait à la cour...

Pour cela, il fallait toutefois adresser la parole à l'un de ces nobliaux enfarinés et pour le moment, il devait bien s'avouer qu'il n'en avait aucune envie... Du moins pas avant d'avoir pu boire une coupe de vin, apte à faire descendre cette aigreur qui lui tenaillait l'estomac.

Une initiative heureuse, puisque c'est au moment où il alla se servir un verre que ses yeux remarquèrent un visage qui lui était familier au milieu de la foule. Une vision qui eut d'ailleurs pour effet de faire disparaître toute l'amertume qu'il avait cumulée jusque là.

Avait-il bien vu celui qu'il avait pensé voir ?

Il devait en avoir le cœur net. C'est donc avec un léger sourire aux lèvres, que le jeune homme se déplaça au milieu de la masse des convives pour mieux se dissimuler au regard de celui qu'il voulait approcher.

Quand il choisit le moment opportun pour se montrer, sa cible était alors en galante conversation avec une jeune et fort pigeonnante demoiselle en charge du service. Clairement, il s'agissait bien de la personne à laquelle il pensait. Et L'instant était parfait.

Approchant à pas de chat jusque dans son dos, il l'interpella alors en falsifiant le timbre de voix très particulier d'une personne qu’eux seuls pouvaient connaître.

" Mille furies ! On roucoule au lieu de s'entraîner, apprentis ?"


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Dim 15 Mar - 19:11
Eda
Celle qui aide
Eda
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Les musiciens jouaient une mélodie simple et calme. Les mariés venaient de faire leurs entrées et il serait temps plus tard d'entamer des compositions plus entraînantes avant que le dîner ne soit servi.

Les serviteurs s'étaient mis en retrait, attendant eux aussi que le manège ne se tarisse pour circuler à nouveau auprès des invités, invisibles mais disponibles. Tout un art que ces hommes et femmes-là maîtrisaient en général bien, sélectionnés spécialement pour cette qualité précieuse.

Sévère comme Aurore prirent le temps d'accueillir les remerciements qu'on leur adressait, chacun y allant d'un bon mot sur la hardiesse de l'Amiral ou la mise raffinée de son épouse. Les éclats de voix se firent plus sonores autour du commandant de la Marine bien que ce dernier resta parfaitement maître de lui-même. Visiblement, la plupart des nobles ici présents ne partageaient pas l'opinion du fils Hurlevent et trouvaient l'action des hommes de Sévère à glorifier.
"S'en prendre à un mariage ! "
" A des femmes et des enfants..."                                               "Quelle honte ! "
" Ils ont mérité ce qui leur est arrivé ! "                                                     "Des sauvages sans loi... "

Le mépris était perceptible dans chacune de leurs paroles. Les discussions qui s'étaient contentés jusqu'à l'arrivée du nouveau couple d'être discrètes se faisaient plus ouvertement désormais. Les dames et les plus jeunes semblaient mal à l'aise avec ce sujet épineux et se regroupaient entre eux pour évoquer des choses bien plus frivoles.
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Dim 15 Mar - 19:11
Aurore de Vincôte
"Héritière" d'Altier de Beaulieu
Aurore de Vincôte
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Localisation : Castelcerf

On me félicita dix, vingt, je sais plus combien de fois ; et je les remerciais en retour avec ce sourire de façade sur les lèvres. Faire semblant n'était pas difficile quand on en prenait l'habitude. Si certains s'en rendirent compte, ils pouvaient aisément penser que c'était uniquement lié à cette horrible agression dont nous avions été victimes. Quelle dame ne serait pas choquée d'avoir du assister à une telle effusion de sang ?

" Ma chère Ambre ! Je suis ravie de vous voir ! "
Enfin un visage que je prenais plaisir à voir devant moi. Faisant fi des autres qui se rapprochaient pour me saluer et me présenter leurs meilleurs vœux, j'attrapai le bras de la jeune artiseuse et l'entraînai, dans le froufrou de nos robes, vers un serviteur tenant un plateau de verres de vin.

" J'ai besoin d'un verre. " lui expliquai-je succinctement avant de me servir et de l'enjoindre à faire de même.
J'en aurais bien eu besoin de plusieurs mais je ne pourrais pas sombrer dans l'ivresse ce soir. Alors, je portais rapidement mais élégamment l'alcool à mes lèvres et n'en but qu'une gorgée, certes un peu longue.

Je pris le temps de détailler la jeune femme qui se trouvait avec moi et je souris devant l'élégance dont elle faisait preuve. Les circonstances n'étaient pas idéales pour elle mais elle était venue malgré tout.
" Cette coiffure vous va terriblement bien. Merci d'être venue malgré... "
J'eus un sourire tristement sincère pour elle. Cette pauvre enfant enchaînait les mauvaises nouvelles et les deuils.

Espoir nous rejoignit quelques instants plus tard. Il n'avait pas eu le temps de me parler que les invités s'étaient interposés. Mon changement de direction avait fait comprendre à tous que la soirée continuait et que chacun était libre de vaquer à ses occupations sans plus de formalisme. Cela avait été peut-être prématuré mais j'en avais cure.
" Comment tu te sens ? " commença-t-il après que j'eus fait les présentations. Mon hochement de tête voulut tout dire et il enchaîna en expliquant que nos cousines s'excusaient mais qu'elles ne viendraient pas ce soir. Puissant et Droit restaient un peu auprès d'elles et pensaient descendre pour le repas.


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Aurore parle en crimson.

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Lun 16 Mar - 22:05
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
A peine Ambre avait-elle fini ses congratulations qu'Aurore exprima sa joie de la voir, lui attrapant le bras pour l'emmener à quelques mètres du groupe de femmes dans lequel elles étaient plus ou mois coincées. L'artiseuse suivait la principale intéressée de cette soirée non sans mal, surprise par son accroche. L'apprentie jeta un regard derrière elle pour constater que, si certaines invitées étaient restées coites devant la soudaine effusion d'amitié de la noble baugienne pour la rouquine, d'autres leur adressaient des regards plus médisants. La rouquine n'eut pourtant pas le temps de penser à tout ce que cela était susceptible d'engendrer puisque Aurore lui expliqua brièvement le pourquoi de cette soudaine fuite. La bourgeoise songea à son verre encore à moitié plein resté à sa place mais prit une coupe à l'instar de la mariée et en bu une petite gorgée. La mère d'Agate et Zéphir semblait assez éprouvée ; Ambre mit ce petit abattement sur le compte de la cérémonie ainsi que de l'incident des Pierres Témoins puisque l'apprentie savait que les enfants étaient présents. Quelle peur Aurore avait du ressentir en se voyant cernée, elle, ses enfants et ses proches venus de Bauge...

La mariée félicita la bourgeoise pour sa coiffure plutôt astucieuse et la remercia également pour sa présence. La noble dame était tout à fait au courant du fait que Perle ne reviendrait finalement jamais des Montagnes et Ambre lui offrit un aussi beau sourire que possible.

- Merci à vous pour l'invitation.

Un homme s'approcha d'Aurore : celle-ci le présenta comme étant son frère cadet, le fameux Espoir dont Ambre avait entendu parler quelques fois. La rouquine le salua comme il se devait puis, tandis que le frère discutait à voix basse avec son aînée, la cervienne regarda derrière elle, comme piquée par un sentiment étrange : Gaillard la fixait, surveillant où est-ce que la mariée avait emmené aussi soudainement sa protégée.

- Tout va bien Gaillard.

L'homme sourit et retourna vaquer à ses occupations, non sans laisser entendre à la cervienne qu'il serait, de toute manière, jamais bien loin. Un demi-sourire aux lèvres, la rouquine se retourna vers Aurore et son frère et dit sur le ton de la plaisanterie :

- Mon protecteur a cru que vous vouliez m'enlevez, Dame Aurore.
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Mar 17 Mar - 15:13
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
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Depuis que le maître de la fête était rentré avec son trophée, tout un chacun jouait quasi des coudes pour le féliciter et lui présenter ses respects. Ça n'était absolument pas le genre d'Onyx. Être ainsi agglutiné au milieu de tout ce monde n'était pas pour lui plaire. De plus, quand il entendit les commentaires de ses semblables, il fut intérieurement écœuré de voir à quel point ils étaient égoïstes. Comment pouvait-il supporter ce monde dans lequel il évoluait ? Un monde d'illusion et de faux semblants où il fallait toujours tenter de piéger son prochain pour obtenir une information, avoir un peu plus de pouvoir, se mettre en valeur. C'était tellement loin de ce qu'il était au plus profond de lui-même. Certes, il faisait partie de ces gens et avait donc appris à jouer leur jeu. Mais il ne le faisait pas par plaisir. C'était surtout par nécessité parce qu'il aidait ainsi son duché et son peuple mais également sa famille. Comment pouvait-on faire étalage de temps de luxe quand le pays allait si mal ? Était-ce une manière de montrer aux autres que la crise n'avait pas de prises sur eux ? Était-ce parce qu'ils s'en moquaient ? A écouter toutes les remarques qu'il entendit sur l'incident des Pierres Témoins, il pencha pour la deuxième solution. Que n'aurait-il pas donné pour se retrouver dans une bibliothèque et profiter de sa calme ambiance d'étude ?

N'étant pas le genre de personne à se diriger vers les autres, il attendit bien sagement que l'attention sur les hôtes se dissipe et en profita pour se mettre dans un coin où il pourrait observer les gens. Qui parlait avec qui ? Qui était plutôt d'humeur rieuse ou anxieuse ? Qui désirait vraiment être là et qui n'attendait qu'une chose, le moment du repas pour pouvoir s’éclipser ? Il était loin d'avoir le don de Serwin pour déterminer tout cela mais parfois les gens montraient plus qu'ils ne le pensaient. Il suffisait simplement d'être un fin observateur. Onyx décelait ce genre de chose mais il avait besoin de parler avec les gens. C'était dans l’interaction avec son prochain qu'il pouvait faire des merveilles. Pour le coup, il ne faisait qu'écouter d'une oreille distraite les conversations qui se tenaient près de lui, il répondait parfois. Son regard après s'être attardé sur le marié se dirigea vers la mariée et Ambre. Cette jeune artiseuse qu'il avait aidé dans sa quête pour retrouver sa bague. Elle semblait bien connaître Dame Aurore.

De son côté, Serwin parlait avec une fille s'occupant du service. Il n'y avait rien de mal à s'amuser un peu de temps en temps même en mission. Voyant que le jeune seigneur n'était pas en danger, il pouvait s'octroyer un petit instant qui se rapprocherait un peu d'une pause mais c'était mal connaître l'animal. De ce babillage sans importance, il en profitait pour zieuter partout et pourquoi pas soutirer l'une ou l'autre information au passage. Après tout, les domestiques étaient souvent des mines d'informations fort utiles.

Il fut interrompu par une voix qui semblait être celle de son ancien mentor mais c'était impossible. Il ne serait jamais venu ici à la capitale pour un mariage somme toute pas d'importance majeure. Se retournant vivement avec un grand sourire, il répondit :

« J'ai vu de la lumière alors je suis entré Maître ! »

La fille avec qui il parlait s'en alla et faisant mine d'être déçu, Serwin dit :

« Tu n'es pas très gentil avec les copains. Je voulais peut-être m'arranger pour la retrouver un peu plus tard. Tu m'as gâché mon coup ! »

Il but une gorgée de son breuvage avant d'ajouter à voix basse :

« Il me semblait bien que j'allais t'apercevoir dans ces festivités. Ta plume est surestimée mon cher ami. Ils auraient dû dépenser un peu plus pour avoir un beau témoignage de leur amour. »
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Dim 22 Mar - 16:06
Sans Nom
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Genet ne s'était pas trompé. À peine eut-il prononcé ces mots, que l'individu eut un bref sursaut avant de se retourner avec un grand sourire. Celui-ci fut aussitôt rendu par le jeune chef de bureau, sincèrement ravi de retrouver ainsi une vieille connaissance.

Serwin n'avait pas changé... Déjà du temps de leur formation commune à Great Iguana, celui-ci arborait un esprit joyeux et avait la boutade facile. Fidèle à lui-même, c'est donc par une plaisanterie qu'il répondit à celui qui venait ainsi de le surprendre. Au grand désespoir de l'accorte demoiselle qui s'en alla sans demander son reste.

C'était un peu le résultat espéré par l'assassin qui la regarda partir, avec un sourire aimable. L'heure n'était plus aux conversations frivoles.

"Pas maître... Mentor seulement.

Et estime-toi heureux ! S'il avait réellement s'agit du maître, celui-ci aurait aussitôt pris ta place pour discuter avec elle ! Avec moi, tu conserves une chance de reprendre ta conversation exactement là où tu l'avais laissé."


Comme l'espion d'Onyx pouvait s'en douter, ces derniers mots venant de Genêt pouvaient complètement être pris au pied de la lettre. En guise de salutation, l'assassin invita son interlocuteur à trinquer avec lui, avant de l'imiter et porter sa coupe de vin à ses lèvres. Il l'imita également en baissant le ton de sa voix afin de rendre leur conversation un peu plus confidentielle et s'économiser ainsi l'énergie que lui aurait coûté de créer une bulle un peu plus intime autour d'eux.

"Ma plume a été jugée largement suffisante pour narrer à la plèble l'incroyable apparition du roi à un mariage ou sera dévorée en nuit plus de bouffe qu'elle ne pourrait en espérer en un an de labeur..."


Il marqua un silence, qui appuyait davantage sa désapprobation vis-à-vis de tout ce qu'il se passait autour d'eux. Puis retrouvant un léger sourire, il décida de revenir vers des sujets plus léger

"Il m'a bien semblé aussi voir le nom de ton nouvel employeur dans la liste des invités, mais je ne pensais pas que tu te risquerais à t'inviter toi-même... Je suis malgré tout heureux de te revoir. Cette absurde sauterie avait un goût de cendre à mes lèvres avant de t'y apercevoir.

J'imagine que toi et moi sommes ici plus ou moins pour les mêmes raisons ? Que dirais-tu de nous entraider et de me présenter à tes nouveaux amis ?"



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Lun 23 Mar - 13:04
Eda
Celle qui aide
Eda
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Onyx Hurlevent restait seul dans son coin, du moins, il n'y resterait pas longtemps. Un jeune homme comme lui ne devait pas le rester ; c'était du gâchis purement et simplement. Mais se jeter sur lui comme la misère sur les réfugiés du Bourg n'était pas poli, donc subtilement des groupes se rapprochaient de lui, espérant gagner par leurs conversations son attention. D'un côté, des demoiselles jeunes et bien pomponnées, aux élégantes tenues mettant en valeur leurs atouts pigeonnants ; de l'autre, des jeunes hommes bien nés dont les discussions se voulaient intellectuelles, tournées vers la poésie et la rhétorique mais lorsqu'on y prêtait l'oreille étaient plutôt dignes d'étudiants mal renseignés que de personnes réellement cultivées. Ce serait au groupe le plus efficace pour se rapprocher du cadet de Rippon.
A moins qu'il ne soit sauvé de ce guet-apens par une âme généreuse et désintéressée : le sieur d'Ovilier se présenta à ses côtés une coupe à la main.
« Préférez-vous entendre des babillages inutiles ou des bêtises plus grosses que des montagnes ? »
Le vieil homme de Labour souriait. Cet homme de lettres se distrayait de ce mariage. Observer le genre humain évoluer dans ce château, lors d'un événement de ce genre, était une occupation intéressante dans son quotidien.

Les conversations continuaient du côté de l'Amiral mais celui-ci s'en esquiva pour laisser les nobles palabrer entre eux sans avoir à donner son opinion. Il rejoignit des amis à lui, ayant vu que son épouse s'était éloignée elle aussi. Brun de Bonne-Eaux faisait partie du nombre de ces messieurs qui partagèrent un verre avec Lembrun, attablés à demi à l'une de tables. Ils discutaient à voix basse, discrets en comparaison des autres énergumènes.
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Lun 23 Mar - 17:09
Aurore de Vincôte
"Héritière" d'Altier de Beaulieu
Aurore de Vincôte
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Localisation : Castelcerf

Tandis que je m'entretenais avec mon frère, je vis Ambre jeter un œil vers un homme plus loin. Il me sembla reconnaître en lui un des compagnons d'Art du roi. Elle me confirma à demi cette supposition en m'indiquant que son protecteur s'enquérait encore de sa sécurité. Décidément, celui-ci était sacrément sur la défensive, pensai-je... Les apprentis étaient-ils des êtres si rares et précieux que cela qu'elle ne puisse faire un mouvement sans être surveillée ?

" Mais bien sur que je vous enlève ; c'est ma prérogative de mariée. " affirmai-je haut et fort avec un grand sourire.
Espoir s'amusa de me voir ainsi enjouée.
" Tu as donc décidé de t'amuser à tes noces ma chère sœur. "
" Exactement ! Puisque j'y ai pas le choix, autant en faire un moment agréable. "
C'était tellement loin de ce que je souhaitais profondément mais la soirée ne faisait que commencer. En tachant d'y prendre plaisir, elle devrait se dérouler sinon plus rapidement, tout au moins, moins péniblement.

Je jetais un œil autour de nous, avalant une nouvelle gorgée de vin. Des groupes s'étaient créés comme il était de coutume dans ce genre de grands événements. On ne se mêlait qu'à ceux qu'on connaissait déjà, on restait dans sa zone de confort. Mon époux avait lui-même rejoint des connaissances à lui, laissant les esprits fiévreux s'envenimer seuls au sujet du massacre des pierres Témoins. Oui ce nom me semblait étrangement tout trouver...
Je fis la moue en constatant leur véhémence. Il fallait que cela cesse, pour ne pas contaminer l'assistance entière. Comment étais-je sensée profiter sinon ?

" Suivez-moi ! " dis-je à mes deux compagnons mais sans prêter attention au fait qu'ils m’emboîtent réellement le pas, je me rendis auprès des musiciens.
" Jouez quelque chose d’entraînant, de joyeux, de distrayant. Je veux voir les gens danser et non parler politique et meurtre et... Maintenant ! "


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Jeu 26 Mar - 0:39
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Ambre rit à la réponse taquine d'Aurore : quitte à se retrouver coincée avec une personne, la mère de Zéphir et d'Agate apparaissait comme un choix tout à fait raisonnable et sympathique aux yeux de l'apprentie. Il n'en était pourtant rien ce jour-là car les deux femmes étaient entourées d'un nombre de personnes conséquent venus célébrer les noces de la noble dame avec le courageux Amiral. Ce dernier était d'ailleurs vanté dans la majorité des conversations qui parvenaient aux oreilles du petit groupe que la cervienne formait avec Aurore et son frère : la mort des hommes venus houspiller les mariés et leurs proches, fut-elle sanglante, était loin d'être considérée comme regrettable dans l'assemblée. Ces discussions enflammées repoussaient Ambre et elle n'était pas la seule puisque plusieurs personnes s'éloignaient des individus les plus expressifs pour former d'autres groupes plus discrets, aux visages fermés.

Naturellement, Aurore semblait également avoir remarqué le changement d'ambiance et enjoignit son frère et la rouquine à la suivre. Tous deux lui emboîtèrent le pas en constatant que la grande brune se dirigeait assez vite vers le coin de la salle où les musiciens se produisaient à un rythme lent. A l'ordre de la mariée, les artistes ployèrent la nuque puis, en quelques instants, se concertèrent et entamèrent un nouveau morceau aux notes plus enjouées et sonores. Il fallut un petit moment encore avant que les premiers couples n'osent poser les pieds sur la piste de danse.

Son verre de vin toujours à la main, Ambre regarda les premiers pas des invités. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas dansé. Cela lui manquait terriblement. Elle ne pouvait pourtant pas danser seule et qui l'inviterait donc ? Gaillard, peut-être, et encore, l'apprentie n'en était pas sûre ; de plus, il y en avait bien un avec qui elle mourrait d'envie de se rapprocher mais en un coup d’œil, la cervienne constata qu'il semblait très accaparé par d'autres nobles et qu'il ne l'avait, a priori, pas remarqué. Ambre contint un soupir peiné et se retourna vers Aurore.

- Aimez-vous danser, Dame Aurore ?
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Ven 27 Mar - 15:43
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
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Qu'il était étrange de retrouver l'un de ses anciens acolytes dans ce genre de cérémonie. Serwin était content de voir Genêt et ce dernier semblait avoir fait pas mal de chemin vu qu'il le corrigea quand il l’appela Maître. Ainsi, c'était un Mentor, il dirigeait donc un bureau. Certainement qu'il aurait eu le même genre de promotion s'il était resté dans la Guilde. Malheureusement ou heureusement, il en avait décidé autrement. Dans un coin de sa tête, il savait qu'il ne serait jamais complètement libre. Il avait prouvé qu'il ne trahirait jamais les secrets de ses anciens Maîtres mais il savait qu'il y aurait toujours un moment où il se sentirait surveiller, épier... Du moins, il pouvait se satisfaire que ce genre de mission ne serait pas donné au premier venu parce qu'il fallait être plus qu'une recrue pour pouvoir arriver à surprendre Serwin. Donc, il avait de grandes chances de repérer ses anciens camarades avec lesquelles il s'était entraîné.

« C'est pas faux... Il me fait penser à un lion quand il agit de la sorte. Tu vois le genre ? Le gars envoi ses troupes rameuter de la fille et quand il n'a plus qu'à se pencher pour leur parler, il écarte de son aura ses disciples pour apparaître comme un grand seigneur. Un peu comme les lionnes qui chassent et le mâle qui profite de la pitance mise à disposition... »

Il laissa échapper un petit rire en pensant à Capuche. Il appréciait cet homme et le respectait profondément. On pouvait trouver certaines de ses actions douteuses mais il avait néanmoins une sorte de code, des valeurs. Serwin avait beaucoup appris à ses côtés.

Quand Genêt répondit à la pique concernant sa plume, on pouvait sentir sa désapprobation. Il était un ardent défenseur du peuple et ce depuis toujours. L'homme au service d'Onyx s'en était, par le passé, pas mal amusé.

« Ah oui, j'avais presque oublié tes nobles sentiments envers les plus démunis. Que c'est rafraîchissant de voir que ça n'a pas changé. Surtout en ces temps troublés ! »

Dans un geste mi moqueur mi compatissant, Serwin tapota l'épaule de son ami. La discussion passa ensuite à Onyx Hurlevent. Pas étonnant, il aurait ainsi de quoi dire au Maître. Une sorte de lettre qui dirait quelque chose comme : J'y ai croisé Serwin et il travaille pour Onyx Hurlevent. Aucune crainte à avoir, il ne parle pas de son passé. Devons-nous chercher à entrer en contact avec lui pour pouvoir profiter de son influence ? L'homme à tout faire des Hurlevent ne pensait pas trop se tromper sur la teneur de ce courrier.

« Oh tu veux parler du jeune homme que je surveille ? Il n'est point mon employeur très chère. C'est mon occupation du moment dirais-je. »

Il vit du coin de l'oeil qu'un homme s'approchait d'Onyx et fouilla dans sa mémoire prodigieuse le nom de cette personne avant de continuer à parler avec Genêt :

« Je pourrais te le présenter oui mais je ne suis pas censé être présent mon jeune ami. Comme tu l'as deviné, je me suis invité ici. Maintenant, rien ne t'empêche de t'approcher de lui pour parler, je lui ferais les présentations de là où je serais. »

De son côté, Onyx regardait les groupes se former tout en écoutant la musique. Il vit l'Amiral se séparer des gens avec qui il parlait pour se mettre dans un coin discret et retrouver ses amis. Il entendait beaucoup d'âneries concernant ce qu'il s'était passé le matin même. Décidément, tous semblaient accepter que le peuple se fasse massacrer de la sorte. De plus, ils faisaient tous comme si le Royaume allait bien en ayant mis leurs plus beaux atours. Certes Onyx s'était plié au protocole en  ne mettant pas des chiffons mais il n'avait pas dépensé de sommes extravagantes dans sa tenue. Elle était de circonstance mais n'arborait aucun motif compliqué ou hors de prix. Ils avaient convenue avec sa famille que l'argent irait pour aider le peuple avant tout.

Se faisant la réflexion qu'il allait beaucoup s'ennuyer mais qu'il devrait faire bonne figure, une personne bien connue à la Cour l'apostropha en lui demandant ce qu'il préférerait entre un bavardage inutile et un autre guère mieux. Cette boutade fit naître un sourire amusé sur les traits du Ripponais. Sieur d'Olivier était un homme très cultivé et parler avec lui était toujours un plaisir. Onyx se sentait chanceux quelque part d'attirer l'attention d'un tel homme de lettres.

« Parce que vous êtes capable de babillages inutiles et de dire des bêtises plus grosses que des montagnes ? Vous êtes un homme pleins de ressources. »

Une fois de plus, l'humour Hurlevent vint piquer gentiment son nouvel interlocuteur. Tandis que les deux hommes entraient dans une discussion passionnante sur ce mariage et ce que faisaient les gens, la musique devint plus rapide et entraînante. Quelque minutes plus tard, les premières personnes se dirigèrent vers la piste de danse et cessèrent de parler politique.

Dans un coin de la pièce, Serwin se tourna vers Genêt et lui demanda avec un petit sourire en coin :

« Tu veux danser grand fou ? »
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Mer 1 Avr - 17:56
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Genêt, pourtant toujours si respectueux de la guilde et des ses figures fondatrices, n'avait pu s'empêcher d'esquisser un sourire amusé à la description très imaginative et un brin irrévérencieuse de Capuche proposée par Serwin. Malgré tout le respect qui lui était dû, il fallait bien avouer que le maître de la Guilde des Duchés récoltait là ce qu'il semait.

D'ailleurs, lui-même en prit quelque peut pour son grade lorsque lorsque fut évoqué sa trop grande empathie vis-à-vis des plus démunis. Une certaine compassion qui, il fallait bien l'avouer, était difficilement compréhensible aux vues de ses activités d'assassin.

Par ces piques volontairement provocantes, l'espion d'Onyx Hurlevent marquait clairement son émancipation vis-à-vis de la guilde, ce qui convenait tout à fait au jeune chef de bureau. Celui-ci ne cherchait pas de toute manière à faire une quelconque pression sur son ancien camarade, en lui jetant son passé trouble en pleine face. Il était simplement content de le retrouver et voyait plutôt en sa présence une occasion de rendre cette journée d'observation beaucoup plus intéressante.

Malheureusement, Serwin botta rapidement en touche en lui faisant savoir qu'il lui serait difficile de se montrer ouvertement, puisqu'il ne bénéficiait pas d'invitation en bonne et due forme... Celui-ci se montrait cependant disposé à aider Genêt à se présenter lui-même si cela était nécessaire.

Souhaitant également renvoyer cette attention à ami, Genêt précisa alors simplement.

" Si tu restes à mes côtés, tu sais que personne ne sera en mesure de remarquer que tu n'as pas ta place ici... Mais soit.
Je comprends et respecte ton choix de ne pas tricher à un jeu qui t'amuse par nature ! "


Il avait conclu sa phrase en lui adressant un sourire doux et sincère. Car tel était justement sa propre nature.

Dans le passé, Serwin et Genêt formait un duo bien mal assorti, mais qui pourtant fonctionnait bien : l'un roublard et actif ; l'autre posé et réfléchi. Cela n'aurait pas déplu au chef de bureau de reformer pour un temps cette équipe. En souvenir du bon vieux temps...

Mais ce bon vieux temps était révolu et l'assassin allait donc devoir se débrouiller comme un grand aujourd'hui. Et ça tombait bien, une opportunité venait justement de s'ouvrir avec l'apparition d'une figure qui ne lui était pas inconnue dans la partie.

Dans le même temps, la musique en fond s'était faite plus entraînante, justement pour débarrasser les hommes d'esprit des conversations assommantes de la jeunesse insouciante. C'était donc l'occasion rêvée pour tenter une approche.

Refusant, non sans gêne l'invitation de son ami à danser, il le salua brièvement puis dirigea alors en direction d'Onyx et surtout de son interlocuteur du moment.

Attendant poliment une pause dans la conversation, il finit par intervenir timidement.

"Monsieur d'Olivier ? Pardonnez-moi de m'imposer de la sorte, mais je tenais absolument à vous saluer en vous ayant reconnu !"


à Onyx, il fit également une discrète révérence gênée

" Seigneur Hurlevent !"

Revenant au premier de ces messieurs, Genêt s'exprima alors :

" Nous entretenons un échange épistolaire au sujet de mon projet d'ouvrage dédié aux caractères de la cour et des grands. Me reconnaissez-vous ?"


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Ven 3 Avr - 21:01
Eda
Celle qui aide
Eda
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" Je crains de ne jamais parvenir à être à la hauteur de celles et ceux qui pratiquent cet art quotidiennement. " répondit l'homme de lettres. Son ton n'indiquait pas s'il était sérieux ou s'il plaisantait.
Son regard se posait sur ces groupes d'imbéciles heureux. Le monde autour d'eux partait en lambeaux et ils se paraient tels des oiseaux pour une danse nuptiale. Parfois il leur enviait leur insouciance, n'arrivant pas à se rappeler s'il l'avait été autant qu'eux en sa jeunesse. Les années, les lectures et les rencontres avaient façonné l'homme curieux et sophistiqué qu'il était aujourd'hui. Voilà longtemps qu'il ne posait plus sur l'humanité un regard parfaitement naïf. Il se prenait à croire encore en l'Homme quand il rencontrait des personnes comme cette petite ménestrelle baugienne ou ce chevalier d'Haurfond au cœur brave et pur. Heureusement.


Le jeune Hurlevent était lui aussi à part dans cette soirée. Moins à l'aise avec la frivolité que son aîné, il ressemblait à Humble par certains côtés, préférant rester en retrait et observer que de se retrouver au cœur d'une foule, le pressant de conversations frivoles, licencieuses, polémiques ou simplement ennuyeuses.
Ils se mirent à enchaîner en cherchant des ressemblances entre certains convives et des figures romanesques.


Un jeune homme blond à la figure juvénile se présenta à eux, timidement. Profitant d'un intermède dans la discussion, il s'introduit auprès des deux nobles en se présentant comme le correspondant épiscolaire du seigneur Labouran. Celui-ci hocha la tête en le restituant rapidement. Le sujet sur lequel l'inconnu travaillait était très intéressant et prenant.


" Genêt donc." fit-il avec un petit sourire entendu.
" Enchanté de faire votre connaissance en personne. Vous venez prendre note de l'intervention de notre bon roi ? Je crains que nous n'ayons connu jusque là qu'un prélude à plus de rigueur et de fermeté. "


Même durant la guerre rouge, il ne lui avait pas semblé que cela fut aussi difficile. La combinaison de conditions climatiques imprévisibles, de violences et de rébellions, couplées à la paranoïa qui gagnait le roi Juste et à la peur ambiante des habitants pour leur avenir donnait un cocktail dangereux et dur à maîtriser. L'attaque aux Pierres Témoins d'une famille célébrant simplement une union allait marqué l'histoire autant que le viol de ses malheureuses prêtresses et le meurtre de ses officiers urbains.
" Qu'ils profitent donc de leurs derniers tours de piste. Et nous avec, messieurs. Et nous avec... " termina le vieil historien en buvant une longue gorgée à son verre.


Autour d'eux, les premières invitations pour danser amenaient des couples à évoluer ensemble sur les airs joyeux et entrainants des musiciens. Cela tournait, évoluait, changeait de partenaires dans un tourbillon de volants colorés.
L'idée de la mariée avait eu le mérite de calmer un peu les choses et de donner une occupation à ceux qui se montaient la tête. Les hommes parlaient du moins à voix plus basse et ne partageaient plus haut et fort leurs considérations sur la situation désastreuse qui frappait les Duchés.
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Sam 4 Avr - 10:51
Aurore de Vincôte
"Héritière" d'Altier de Beaulieu
Aurore de Vincôte
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Localisation : Castelcerf
" Oh oui j'aime ça ! C'est un art idéal pour faire tourner des têtes. " répondis-je en forçant légèrement mon allégresse. Je n'avais pas la tête complètement à ça pour le moment.

" Dansez donc tous les deux pour commencer. J'ai quelques petites choses à faire. " dis-je en les abandonnant rapidement pour me rendre auprès de mon époux.

Mon frère était un jeune homme plein de charmes. Les yeux clairs, les cheveux mi-longs. Plus grand que moi mais aussi svelte. Il avait l'élégance sobre d'un noble de province et le port altier des hommes de ma famille. Il ne valait peut être pas un Onyx pour son esprit, son nom ou l'intensité de son attraction mais les dames tournaient néanmoins la tête lorsqu'elles le croisaient. Et lui en avait conscience. Je savais les ravages de ses sourires et ses yeux pétillants. Il eut été étonnant qu'il ne me ressembla pas sur ce point, au vu du magnifique exemple de couple heureux que furent nos parents. Peut-être aurait-il plus de chance que moi dans son mariage.

~~~~~~


Espoir s'inclina légèrement face à Ambre, en lui tendant la main. Un sourire étirait ses lèvres, creusant de charmantes fossettes à ses joues.
" Vous avez le choix de refuser, mademoiselle. La mariée a bien des largesses le jour de ses noces mais elle ne peut forcer des gens à danser s'ils ne le souhaitent pas. "
Son regard indiquait que lui le désirait. La jeune femme en face de lui était fort jolie. Tourner et virevolter en sa compagnie serait assurément un plaisir.
Il ne se doutait pas que cela était un test que donnait sa sœur à la jeune artiseuse.

~~~~~~


Ils auraient probablement le temps d'en enchaîner plusieurs des danses avant que j'atteigne mon objectif. Évidement, j'étais le centre d'attention de bien des gens qui arrêtaient leurs conversations pour m'apostropher, me féliciter, me demander mon avis sur tel sujet ou telle chose, tombant du ciel pour moi.
Je ne dis preuve d'aucune impatience avec aucun d'entre eux, les remerciant, flattant leur apparence ou leur ego, répondant avec un éternel sourire bienveillant à leurs sollicitations. Je passais ainsi de longues minutes auprès de matrones qui encensèrent ma toilette - ces mêmes qui détournaient les yeux lorsqu'elles voyaient mon fils ou qui faisaient des commentaires désagréables sur nous-, des jeunes gens fort élégants dont les parfums me chatouillèrent très fortement les narines et dont la conversation se résumait à comparer leurs prouesses aux armes - sous-entendu au lit, au vu des oeillades appuyés de certains qui louchaient aussi sensiblement sur mon décolleté. J'en esquivais plus subtilement d'autres et réussir à rejoindre le groupe de nobles que je visais.

Je me faufilais aussi élégamment que mes jupons me le permettaient entre deux d'entre eux, prit le verre des mains de mon nouveau voisin de droite en lui souriant poliment.
" Ne comprenez-vous pas ? Mon message était peut-être trop subtil pour vous. Celui de mon époux également... Cessez. Immédiatement. "
Je ne haussais pas la voix. J'étais fort charmante et polie. Ce beau sourire dont j'étais fière éclairait mon visage. Mes yeux pourtant passaient de l'un à l'autre de ces bedonnants bonhommes, enregistrant leur visage et leurs réactions.


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Sam 4 Avr - 14:29
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Aurore répondit avec beaucoup d'enthousiasme à la question d'Ambre mais s'éclipsa rapidement, laissant sa jeune amie et son frère derrière elle pour slalomer entre plusieurs petits groupes de personnes qui l'abordèrent spontanément dès que la baugienne passa à leur portée. La nouvelle mariée semblait quelque peu agitée, était-ce encore à mettre sur le compte de l'incident des Pierres Témoins ou alors était-ce la soirée qui l'agaçait ? Difficile à dire tant la noble dame savait conserver les apparences derrière un aimable sourire. Dans un contexte plus calme et intime, Ambre aurait sûrement pu espérer une confidence d'Aurore mais ce n'était clairement pas le moment idéal.

Espoir attira l'attention de l'apprentie artiseuse en s'adressant à elle, légèrement incliné, la main tendue. L'instant permit à Ambre d'observer un peu mieux le cadet de son amie et de constater que chez les Vincôte, la beauté et l'élégance semblait être une coutume plutôt bien respectée. Elle qui voulait danser, elle était plus que servie avec ce cavalier-ci.

- Ne vous inquiétez pas, vous ne me forcez en rien. s'empressa de répondre la cervienne, les pommettes rosies par l'intense regard du petit frère d'Aurore. Ambre regarda son verre de vin puis chercha un endroit où le poser. Un serveur passa non loin d'elle à point nommé et recueillit la coupe de l'apprentie. Cette dernière le remercia d'un sourire et put donc prendre plus sereinement la main d'Espoir.

Tous deux joignirent la piste de danse et, si la cervienne ne le regardait pas franchement, elle restait attentive aux mouvements de son cavalier. Aussi, ses premiers pas furent un peu hésitants mais, rapidement, Ambre sut se caler sur la danse qu'avait impulsé Espoir. Stricte avait initié ses trois filles à diverses danses de salon et de fêtes, des danses en couple et des danses en groupe ; Ambre était bien heureuse de s'être montrée douée dans ce domaine. Progressivement, son corps se délassait de ses tensions et ses pas se faisaient plus souples et plus gracieux. Un silence restait pourtant posé entre la cervienne et Espoir. La jeune femme, rassurée par la répétition et la justesse des mouvements, leva les yeux du haut du torse du baugien vers son visage, sans toutefois plonger franchement son regard dans celui de son vis-à-vis.

- Vous avez donc fait le trajet depuis Bauge pour rejoindre votre sœur ? Cela a du être un long voyage.
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Mar 7 Avr - 13:07
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
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Ce petit aparté avec son ancien complice était rafraîchissant et amenait beaucoup de souvenirs agréables à Serwin. Cet homme droit proposa au troublion de le cacher via l'Art afin de ne pas se faire repérer. L'idée était tentante mais s'il avait voulu, il l'aurait utilisé lui-même. Le chef de bureau de la capitale connaissait quand même bien son ami parce qu'il savait que c'était un jeu pour lui. Le garde du corps d'Onyx répondit quand même :

« Tout juste, tu n'y penses pas voyons. Se servir de notre don rendrait les choses trop simples... Il faut pimenter la vie pour se sentir vivre. »

Il avait proposé son aide à Genêt pour prévenir le noble qu'il allait avoir de la compagnie. Ca n'était pas un refus de le présenter lui-même. Simplement, il ne reconnaissait pas le cadet Hurlevent comme son patron. Ca n'était pas à lui qu'il avait proposé ses services, c'était au Duc de Rippon. De ce fait, son employeur n'était pas l'ambassadeur de ce duché mais son plus haut représentant. Il n'était pas certain que son ancien ami ait compris les choses dans ce sens.

Genêt aperçu une connaissance près d'Onyx et décida de tenter sa chance. C'est ainsi que les deux compères se séparèrent non sans un geste de la part de Serwin qui feint d'être triste de voir son ami lui refuser une danse. Tant pis, il aurait d'autres occasions. Il lança un petit message d'Art en direction du fils Hurlevent :

« Vous allez bientôt faire la connaissance d'un homme ayant beaucoup de qualités et d'une certaine façon qui a pas mal de points communs avec vous. Il s'agit de Genêt, l'homme qui doit relater ce qu'il se passe à ce mariage. Amusez-vous bien. »

De son côté, Onyx prenait de plus en plus de plaisir à cette soirée. La conversation qu'il tenait avec ce vieux bonhomme était exquise et les rires sincères. C'est que l'activité proposée était fort ludique. Comparer les personnes présentes aux figures importantes de la littérature était un exercice qui aurait semblé difficile à plus d'un seigneur. Prévenu via l'Art par son homme de main, Onyx tourna la tête vers ce nouvel arrivant qui venait vers eux et avait eu la politesse d'attendre un trou dans la conversation pour tenter sa chance. Ce Genêt donc fit une révérence légèrement tendue à son encontre et le noble répondit par un signe de tête. Il écouta bien poliment l'échange verbal entre ces deux hommes. Ils faisaient donc un échange épistolaire sur le caractère des grands de la Cour ? Intriguant ! Quand le Seigneur d'Olivier demanda si le jeune homme venait prendre note de ce que dirait le Roi à cette fête, il fit un petit commentaire sur la possible fermeté qui allait une nouvelle fois s'abattre sur eux.

« C'est malheureusement fort possible... Les conseillers qui ont son oreille sont tournés vers la répression et le contrôle. La franche modérée a plus de mal à se faire entendre. »

Cette partie modérée des Seigneurs du Royaume, Onyx en était un des plus illustres représentant à la Cour. Il ne la dirigeait pas mais ses conseils étaient forts appréciés et attendu. Malheureusement, le Roi, son cousin, n'écoutait que trop rarement leurs conseils.

« Le caractère de la Cour et des grands ? Quel sujet d'étude. Qu'a-t-il donné jusqu'à maintenant ? »

Onyx regardait ce nouvel interlocuteur non comme un noble regardant un inférieur mais comme un égal qui semblait doué d'autant de réflexion et de connaissances que lui. Un pair, on pourrait dire. Néanmoins, un détail attira son attention. Du moins, si l'on pouvait considérer la Reine de la soirée comme un détail. Elle semblait mécontente du comportement de certains nobles et venait en personne y remettre bon ordre. C'est vrai qu'elle était exquise et nul doute que son grand frère aurait profité du moment pour l'approcher et la faire danser. Peut-être que s'il faisait de même, elle accepterait mais ça attirerait l'attention sur eux, ce qu'il ne souhaitait pas. Même en se faisant discret, il attirait déjà les regards des gens.

Se tournant vers le Sieur d'Olivier, il chuchota :

« Mon cher, au vu de l'âge de son mari, vous auriez pu avoir vos chances en négociant bien. »

Il ne souhaitait pas manquer de respect à ce vieil homme, il faisait une petite touche d'humour. C'était également un commentaire bien caché sur la délicate coutume qui voulait que le mariage soit un arrangement et non un amour véritable entre les deux partenaires. Il était noble pourtant mais il n'approuvait pas cette pratique. Y avait sans doute moyen de concilier les deux.
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Sam 11 Avr - 17:59
Sans Nom
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Genêt ne doutait pas un instant que d'Olivier le reconnaîtrait sur le coup, mais il fut véritablement ravi de constater que le plaisir de cette rencontre en personne était partagé. Démontrant une nouvelle fois sa grande sagacité, celui-ci identifia d'ailleurs immédiatement la raison pouvant justifier la présence du jeune scribe à une fête de mariage d'ordinaire réservée à la noblesse.

Avec l'entrain d'un écuyer que rencontrait pour la première fois le chevalier qu'il admirait, le blondinet adressa à son tour une révérence au vénérable lettré avant de lui répondre.

"Croyez-moi, tout le plaisir est pour moi ! Vos anecdotes et vos propres réflexions sur les événements dont vous avez été témoins me sont d'une aide précieuse pour mon ouvrage !

Et vous avez parfaitement deviné l'objet de ma présence. Je m'apprête d'ailleurs certainement à effectuer d'un moment à l'autre la tâche pour laquelle j'ai été invité !"


Dit-il en tapotant la belle sacoche de cuir qu'il portait en bandoulière. Cette dernière contenant son précieux livre de notes ainsi que tout le nécessaire pour le compléter au moment où le roi ferait son intervention.

Les paroles de l'érudit étaient cependant bien sombres et teintées de vérité... Tout comme lui, ce dernier ne se faisait aucune illusion sur la tournure que semblait prendre le royaume. Les actes qui s'étaient produits aux pierres témoins en étaient d'ailleurs la preuve.

Le seigneur Onyx répondit d'ailleurs dans ce sens, montrant alors que parmi les jeunes invités de la noblesse ne se cachait pas que des imbéciles drapés de superficialité.

Ne pouvant que partager leur point de vue, Genêt rapprocha alors la coupe à ses lèvres pour répondre sur un ton se rapprochant de celui de la confidence.

" L'amertume vous sied bien mal, Monsieur d'Olivier... Si en des temps de folie la sagesse n'est plus de mise, cette dernière sera en revanche primordiale pour reconstruire le royaume après la tempête... Cette nécessité à elle seule justifie que nous résistions aux vagues. "


Son ton s'était voulu encourageant, même s'il comprenait le pessimiste du vieil homme.

Heureusement, l'intervention du seigneur Onyx vint détourner le propos de ces tristes perspectives. Flatté que celui-ci s'intéresse à lui tout comme à son travail, le jeune chef de bureau profita du passage à point nommé d'un larbin avec un plateau pour attraper une coupe de vin et la tendre à son interlocuteur qui n'en avait toujours pas.

Il lui répondit alors :

" Eh bien, il s'agit ne s'agit que d'un modeste recueil de remarques, sous forme de maximes, de réflexions ou de portraits décrivant les différents caractères et les mœurs de la noblesse de notre temps. En espérant que ceux-ci serviront aux générations futures pour en tirer les leçons qui s'imposent.

En langage littéraire, ce procédé d'écriture s'appelle également des Caractères. Vous en déduirez donc pour quoi j'ai choisi ce nom pour mon ouvrage."


Essayant de ne pas être trop technique, et ne sachant pas forcément à quel genre d'individu il avait réellement affaire, il trinqua avec lui avant de poursuivre :

" En tant qu'épistolier de nombre de courtisans, je ne manque pas de matière, parfois croustillante d'ailleurs... Et Monsieur d'Olivier est un observateur de premier choix pour m'apporter le savoir me faisant défaut.

Mais n'étant pas noble moi-même, j'ignore s'il serait bien prudent pour moi d’émettre devant vous un jugement sur mes observations.
À dire vrai, je ne pense même pas que cet ouvrage sera publié mon vivant !"
conclut-il plaisantin.

Il avait pris le risque de lui détailler grossièrement la nature de l'ouvrage, car il faisait avant tout confiance à d'Olivier qui n'avait pas pour réputation de fréquenter des imbéciles. Mais il préférait tout de même rester prudent. D'autres pouvaient prendre ombrage qu'un roturier se permette ainsi d'écrire sur un milieu n'étant pas sensé être le sien.

En tendant ainsi la perche, il serait alors en mesure de juger davantage à quel genre d'homme il avait affaire.

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Lun 13 Avr - 14:08
Aurore de Vincôte
"Héritière" d'Altier de Beaulieu
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Ils me regardèrent tous, la mine pantoise. Non seulement ils ne s'attendaient pas à mon intervention mais ils eurent besoin de quelques instants pour saisir où je voulais en venir. J'attendais patiemment que la lumière s'allume dans leurs têtes.

" Vous nous voyez navrés Madame Lembrun... Nous ne pensions pas à mal. "

" J'aurais dit que vous ne pensiez pas tout court... " souris-je poliment à celui qui prit la parole en premier. " Des pauvres gens sont morts. Des femmes et des enfants sont traumatisés d'avoir assisté à pareille démonstration de sauvagerie. Dois-je vous rappeler que mes enfants dorment seuls en ce moment même pour que je sois présente ici avec vous ? Il me semblait simplement courtois de ne pas remuer le couteau dans la plaie du cœur d'une mère. "
J'étais plus amère que je ne l'aurais voulu mais je restais parfaitement maîtresse de moi-même en apparence. C'était tout un art et il me faudrait un autre verre de vin pour m'en remettre.

~~~~~~

La jeune rousse eut besoin de se mettre un peu en train mais elle s'avéra une bien bonne partenaire. Espoir était ravi de cet intermède. S'il n'en montrerais pas davantage que sa sœur, l'événement des Pierres Témoins l'avait chamboulé également. Il lui tardait de pouvoir en parler avec Aurore et de s'assurer en personne que son neveu et sa nièce allaient bien.

Ce fut elle qui rompit le cérémoniel silence qui les entourait dans leurs pas.
" Cela fait de la route mais par voie fluviale, cela est assez rapide finalement : entre trois et cinq jours suivant la météo. "
Il ajusta sa main sur la taille de la demoiselle. L'air était suffisamment tranquille pour se permettre une discussion.
" J'étais déjà venu début Grain pour assister aux fiançailles. J'avais pensé rester au départ car les routes ne sont guère sûres et la Cerf et de la Vin pas très agréables avec cette météo... Mais Bauge étant... ce qu'elle est actuellement, laisser mon domaine plus de deux lunes n'était pas une bonne idée. "

En tournant suivant la mesure, il constata où se tenait son aînée.
" Je n'aimerais pas être à la place de ces messieurs... Ils peuvent avoir toute l'assurance qu'ils veulent du fait de leur âge et de leur rang, ils feraient mieux de se faire discrets à l'avenir. "

~~~~~~


Je sentis une main venir se placer au creux de mes reins. Ce geste si familier me surprit et me déconcerta également.
" Il me semble que c'est assez clair maintenant... Vous ne voudriez pas contrarier davantage la mariée le jour de ses noces ?"

L'arrivée de Sévère et son ton détaché achevèrent de conscrire ces nobles. Ils bedrouillèrent quelques mots indistincts et s'écartèrent de nous, s'éclatant en de plus petits groupes, incertains encore sur leurs destinations.
Sa main n'avait pas quitté ma taille. Il ne la retira que lorsque je me tournais vers lui.
" Je m'en sortais très bien sans vous. "
" Je sais. Je venais vous proposer de danser madame Lembrun."

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Lun 13 Avr - 14:58
Eda
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" L'amertume est l'apanage des gens de mon âge. " rétorqua non sans malice Humble. " Du moins, laissons le croire à tout un chacun..."
Le sexagénaire avait appris au fil des années que l'image que l'on renvoyait aux gens ne tenait qu'à peu de choses : son âge, son rang, son apparence... Pour beaucoup ici, il était un homme de lettres ne représentant en aucun cas une menace pour quiconque. Pourtant, s'il l'avait voulu, il disposait de beaucoup d'atouts dans sa manche.
Le découragement ne faisait pas partie de ses habitudes comme le souligna Genêt mais il avait l'œil assez expert sur le monde pour assurément prévoir le malheur qui guettait les hommes de ce royaume. Tout ce qui avait eu lieu avant ce jour, tout ce qui s'était produit depuis l'éruption conduirait à des temps bien sombres. Ce n'était peut être pas le meilleur des moments pour se laisser aller au pessimisme et le vieil homme laissa les deux plus jeunes discourir un instant ensemble. Le scribe expliquait en quoi consistait son travail de recherche et de compilations tandis que d'Ovilier promenait son regard gris sur la salle. Dame Aurore en avait apparemment terminé avec ce qu'elle avait à dire et son mari l'avait rejointe, la tenant par la taille et l'amenant finalement jusqu'à la piste de danse. La petite remarque lancée par le fils Hurlevent à cet instant tira un petit rire amusé au Labouran.
" Effectivement... Dommage que je ne fasse plus depuis longtemps un parti intéressant pour quiconque. " C'était le moins que l'on puisse dire à son sujet... Fort heureusement Blanche n'avait cure de son patrimoine. Ils avaient l'un et l'autre passer l'âge de ces enfantillages.
"Je ne connais guère Dame Aurore mais elle semble avoir un bon caractère... A mon avis, l'Amiral n'a pas trouvé là une simple petite femme docile. Non, je n'aurais pas tenu le rythme avec elle, j'en ai peur. " continua-t-il sur le même ton de la plaisanterie.




Les hommes dispersés par l'action conjointe des époux Lembrun allèrent rejoindre d'autres connaissances qui leur firent parfois une remarque, ou d'autres fois s'en abstenirent pour se lancer dans des sujets de conversation plus légers.
L'un d'entre eux cependant avait très mal pris l'intervention de la jeune noble. Il vida très rapidement deux verres coup sur coup. Le serviteur à qui il prit les coupes le regardait avec un air légèrement surpris puis dépité. Il s'écarta rapidement avant qu'il ne put s'en servir un troisième. Il chuchota un mot à un de ses collègues lorsqu'il le croisa. Celui-ci secoua la tête en signe d'assentiment et continua sa route. L'information avait été notée et circula petit à petit parmi le personnel de service.
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Lun 13 Avr - 21:23
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Espoir ne s'était pas départi de son sourire lorsqu'il commença à danser avec Ambre puis lorsqu'il apporta une réponse à sa question. La cervienne avait étudié de manière assez générale la géographie des Duchés mais elle n'avait pas tout à fait conscience des distances et du temps que cela pouvait prendre pour les parcourir - hormis pour le chemin entre Bourg-en-Castelcerf et Turlac qu'elle connaissait un peu mieux que le reste.

Il était vrai que de grands fleuves partaient des Duchés de l'Intérieur pour se jeter dans la mer, fief ancestral des Duchés côtiers. La Vin alimentait le lac de Tuur au bord duquel la ville de Turlac prospérait, lac qui se vidait ensuite dans la Cerf dont l'embouchure était très proche de la capitale. En y pensant, cela formait une route plutôt directe jusqu'à Castelcerf.

Ambre garda le dos droit tandis que la main de son cavalier glissa légèrement sur son tour de taille ; elle sentait chaque changement de position et de pression à travers sa robe plutôt fine. Le rose était tenace sur ses pommettes, la rouquine essaya de s'en débarrasser en se concentrant sur les paroles d'Espoir, les yeux fixés sur sa main posée sur l'épaule de son partenaire de danse.

Bauge était sûrement le duché que l'apprentie connaissait le moins bien. Bien qu'elle fréquentait Aurore depuis quelques temps à présent, elles ne s'étaient jamais penchées sur la question de ce Duché de l'Intérieur. Perse n'en disait également pas grand chose à l'époque où elle était encore en vie. Ambre savait que la famille ducale régnante, les Aiglevif, avait été décimé voilà plusieurs années par une succession de morts et d'accidents et que Narcisse était le dernier survivant d'une glorieuse lignée élevée à ce rang voilà des siècles. Il avait semblé à la cervienne que le Duc baugien soulevait des réactions très mitigées mais elle n'avait jamais envisagée de pousser sa curiosité un peu plus loin, se contentant d'en apprendre suffisamment pour ne pas commettre d'impair ou dire d'idioties. La rouquine était donc bien incapable de concevoir ce qui pouvait menacer Espoir si celui-ci était absent de son domaine deux lunes d'affilées.

Le jeune homme changea de sujet au gré d'un mouvement circulaire. Intriguée, Ambre attendit d'avoir le bon angle pour lever les yeux dans la même direction : la mariée était finalement parvenue à son objectif, un groupe d'hommes qui semblaient se trouver dans un grand inconfort. Le sourire de la rouquine s'élargit légèrement.

- Dame Aurore a une très grande présence et un don certain pour se faire entendre. Je la trouve admirable.

Ambre eut tout juste le temps de voir Sévère Lembrun se rapprocher de son épouse avant que la suite de la danse ne lui coupe la vue. Elle reposa les yeux sur Espoir, au niveau de son menton.

" Merci pour elle. " répondit-il avec un grand sourire et les yeux pétillants. " Elle est admirable oui... Avoir une sœur comme elle est à la fois une chance et... " Il sourit toujours mais changea de sujet, avec un léger soupir. " Vous la connaissez depuis qu'elle est arrivée ici alors ? "

L'apprentie cilla, un peu surprise par ce revirement mais se contenta de répondre :

- Nous nous sommes rencontrées dans les jardins au début du printemps. Depuis, nous avons eu quelques occasions pour discuter. J'ai eu la chance de rencontrer Zéphir et Agate au cours d'une promenade, ce sont de très beaux enfants, très gentils.

Il était pourtant normal que les petits ne soient pas là : trop de monde, trop d'agitation, trop de bruit pour Agate, trop de regards pour Zéphir. Sans compter l'incident de l'après-midi... non, il valait mieux que les enfants restent dans les appartements de leur mère pour ce soir.
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Jeu 16 Avr - 0:39
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
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Genêt répondit à la remarque pessimiste du plus âgé du trio. Sans doute que les temps qu'ils vivaient actuellement étaient bien sombres mais D'ovilier avait certainement dû en voir d'autres. Faisait-il si peu confiance aux puissants ? Des temps de folie disait-il et besoin de sagesse pour tout reconstruire par après ? Oui, c'était une bonne remarque. Il fallait résister à la vague et se permettre d'espérer. En bon Ripponais qu'il était, il avait l'habitude des voyages en bateau ! Il supportait donc bien le tangage et supporterait tout aussi bien les courants négatifs qui s’abattraient sur eux. Le combat ne lui faisait pas peur. C'était une joute d'idées et non d'épées. Il était conscient que le combat était difficile mais il lutterait de toutes ses forces pour faire fléchir la politique du Roi dans la bonne direction. Onyx était persuadé qu'à un moment, Juste entendrait ses sages paroles.

« Je viens de Rippon et les vagues ne nous font pas peur ! Certes la folie prime sur la sagesse mais croyez-moi, nous n'avons pas encore baissé les bras. Nous espérons bien adoucir ses décisions avant qu'il ne faille effectivement reconstruire le pays de bout en bout. Ce volcan a déjà fait assez de dégâts et il est temps que la noblesse se retrousse les manches et participe à l'effort commun. C'est d'en haut que doit venir l'exemple ! »

Une fois de plus, il montrait sa profonde conviction et le sens du devoir dont il se sentait investi. Bien sûr, il n'était pas Duc et ne le deviendrait jamais. Ce simple fait mettait un léger coup d'arrêt à l'influence qu'il pouvait avoir en politique. Néanmoins, il ne baissait pas les bras et n'hésiterait pas à s'épuiser à la tâche pour que tout bouge dans le bon sens. Tandis qu'il parlait, il avait accepté le verre que lui tendait Genêt et le remercia.

Écoutant avec un grand intérêt en quoi consistait le travail de Genêt, il se dit que cette soirée réservait bien des surprises. Si l'on lui avait dit plus tôt dans la journée qu'il y aurait le Sieur d'Ovilier ainsi que cet homme, il se serait fait une joie de participer à ces festivités. Dans les faits, il était venu parce qu'il savait qu'il serait attendu par tous et que s'il avait décliné l'invitation, ça aurait été un message fort et négatif d'une des familles les plus puissantes. Ce genre d'incident était bien sûr à éviter et il fallait parfois faire des concessions pour arriver à ses fins. Il comptait bien attraper son cousin quand ce dernier ferait acte de présence pour lui glisser deux, trois mots.

« Intéressant, très intéressant ! Je comprends tout à fait pourquoi le regard de notre estimé d'Ovilier vous était nécessaire. Espérons que la jeunesse vous entende et fasse mieux que la génération actuelle. »

Malgré les explications, Onyx sentait une certaine fatalité dans les propos de son interlocuteur. Comme si ce dernier estimait qu'il travaillait sans doute, un peu, pour rien parce que personne ne voudrait publier ses écrits.

« Allons, allons... A vous également la fatalité ne vous sied guère. Je reconnais facilement que mes semblables sont parfois doté d'une fierté mal placée mais ça n'est pas une raison pour ne pas accepter la critique quand elle est constructive et ne cherche pas à blesser. »

Il but un peu dans son verre et continua :

« Si vous le permettez, faites m'en parvenir quelques pages. Je suis certain que ce travail doit être remarquable et je paierai sa publication s'il le faut ! Ainsi, vous pourrez avoir le plaisir de voir vos écrits dans les mains de nombreux lecteurs de votre vivant. »

A peine eut-il fini cet aparté avec le jeune scribe qu'Onyx fit une remarque sur la mariée et le potentiel parti qu'elle aurait pu être pour d'Ovilier. C'était une boutade et il y répondit par une boutade.

« Vous n'êtes plus dans la force de l'âge mais il reste néanmoins en ce bas monde des femmes attirées par un esprit bien fait. Ne perdez pas espoir. »

D'ovilier ne connaissait pas bien la reine du bal ? Onyx non plus mais il vit l'occasion de poursuivre sur la lancée de ce que venait de dire cet esprit brillant concernant le fait qu'il ne tiendrait sans doute pas la cadence.

« J'avoue que je ne la connais pas non plus. Mais Sieur Lembrun va vite se rendre compte qu'il a beau avoir navigué sur toutes les mers, il va avoir besoin de plus qu'un bon pied marin pour résister à cette houle. »
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Dim 19 Avr - 16:12
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Finalement, le seigneur Hurlevent se révélait être un individu bien plus intéressant que Genêt ne l'aurait cru aux premiers abords. En plus d'être visiblement cultivé, celui-ci semblait également faire preuve d'un recul et d'un esprit critique salutaire aux vues de sa condition de Noble. Pour preuve, il ne semblait d'ailleurs nullement s'offusquer d'apprendre qu'un roturier se permette de scruter ainsi les mœurs et les usages de la Cour, se doutant pertinemment que la vision de l'écrivain serait loin d'être objective.

Onyx proposa même au jeune chef de bureau d'apporter sa contribution à la parution de son ouvrage. Pour ce faire, il lui demandait alors de lui faire parvenir quelques pages afin de se faire une idée de la qualité du travail.

Il s'agissait d'une proposition généreuse, pour tant est qu'il ne s'agissait pas d'une fourberie. Mais Genêt avait bon instinct et était tenté de croire l'homme sincère. De toute manière, même s'il faisait semblant d'accepter par politesse, cela ne l'engageait strictement à rien pour la suite. Du moins pas sans certaines vérifications au préalable.

S'il s'agissait d'un piège, sieur d'Ovilier se ferait par ailleurs une joie de le prévenir sur les intentions réelles du seigneur, une fois qu'ils seraient à nouveau en privé.

Mais l'heure n'était pas pour le moment à la méfiance et aux spéculations douteuses. L'assassin passait finalement un bien plus agréable moment qu'il ne l'aurait cru en choisissant cette mission. Souriant à son interlocuteur, il l'invita à trinquer avec lui avant d'ajouter avec malice :

" C'est une offre très généreuse ! Et si sieur d'Ovilier répond de vous, alors ce serait un plaisir d'apprendre à vous connaître davantage pour vous faire participer au projet ! Je serai curieux d'apprendre le point de vue que vous portez vous-même sur vos semblables !"

Il but une gorgée de son verre avant de poursuivre :

" Et je ne suis pas fataliste. Simplement pragmatique. Je ne crains nullement la publication ni les représailles combien même si j'utilisais un pseudonyme.

Toutefois, je suis également patron d'une entreprise d'importance en dehors de mes activités d'écrivain et je ne souhaite donc pas que les gens que j'emploie aient à souffrir de la vindicte de quelques nobliaux à l'ego outragé.

La considération que je leur porte ainsi qu'à leur famille m'oblige donc à un minimum de mesure dans mes actions."
conclut-il dans un sourire révélant une sincère douceur chez le personnage." Conclut-il dans un sourire révélant une sincère douceur chez le personnage.

Le sujet étant clos, les propos qui suivirent tournèrent bien vite autour des "jeunes" mariés, si ce mot conservait bien un sens eu égard de la différence d'âge entre le mari et son épouse. Onyx s'étant même permis une boutade à sieur d'Ovilier sur ses potentielles chances avec la Belle de Vincôte, si ce dernier avait bien voulu s'en donner les moyens. Ce à quoi l'homme de Lettres répondit par la négative, avouant simplement qu'il n'aurait pas été à la hauteur. Onyx en rajouta enfin une couche en affirmant que le seigneur Lembrun aurait lui aussi fort à faire.

Tout le sel de la conversation était alors de savoir si les deux hommes parlaient de caractère ou bien de performance physique, ce qui amusa énormément le Mentor assassin qui se contentait cette fois d'écouter.

Ses yeux quant à eux restaient posés sur la jeune femme qu'il trouvait, il devait bien l'admettre, d'une beauté envoûtante. Malgré la plaisanterie, il éprouvait une certaine compassion pour le destin de celle-ci qu'elle n'avait probablement pas elle-même imaginé de cette manière.

Il put donc la voir recadrer vertement un groupe de jeunes Nobles visiblement trop bavards, ce qui eut le don de jeter un certain froid autour d'eux malgré l'ambiance musicale qui était pourtant destinée à réchauffer l'atmosphère. L'un d'eux, clairement piqué au vif, partit alors de manière abrupte, ce qui ne présageait rien de bon pour permettre à la soirée de se dérouler sans nuages, surtout si l'alcool venait s'en mêler par la suite.

Il fit alors remarquer à ces deux comparses :

"En parlant de houle... Espérons que ce bal se poursuive sans plus de vagues !"
dit-il en suivant l'homme du regard.

Par le biais de l'art, il s'adressa toutefois à Serwin.

*Je sais que je n'ai pas d'ordres à te donner, mais est-ce qu'il te serait possible de garder un œil sur ces messieurs ?*



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