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Mar 23 Juin - 15:30
Lune de Forge
Forgienne en pleine reconstruction
Lune de Forge
Messages : 454
Localisation : Castelcerf
Les choses se déroulèrent rapidement. Trop pour qu'elle ait le temps de réfléchir. Lune laissa parler son instinct qui lui hurlait de ne pas laisser faire, de ne pas se laisser faire sans se battre. Il n'était pas question qu'elle soit une victime. Ils l'avaient saisi par les bras quand elle avait envoyé son genou dans les parties de leur camarade. Elle entendit Thuaaldi crier et crut voir son ombre s'en prendre à l'un de ses agresseurs. Celui-ci n'eut pas besoin de grand chose pour se débarrasser de cet insecte qui le dérangeait. Quand il abandonna un instant son compère pour s'occuper de la brune, la forgienne en profita pour se tourner vers l'assaillant restant et chercha à reproduire sa précédente action. L'homme ne se laissa pas surprendre et bloqua son genou d'une poigne ferme, déséquilibrant la jeune femme même s'il s'exposait davantage à recevoir ses poings en plein visage. La blonde le griffa, plus par hasard que par volonté délibérée en tentant de se retenir quand elle se sentit partir en arrière. La troisième paire de mains l'avait saisi à la poitrine puis à la taille et l'entraîna à terre. Elle se débattait comme une diablesse entre leurs mains conjointes qui l'allongeaient au sol et tentaient de l'y maintenir. L'un d'entre eux s'installa au dessus d'elle, pesant de tout son poids sur ses jambes et son abdomen, concentré à relever prestement ses jupes. Elle sentit le petit vent glacé picoter ses jambes, le sol froid contre ses fesses et des mains étrangères frôler sa peau. Il s'appuyait d'une main sur son ventre, y mettant tout son poids, tandis qu'il délaissait ses chausses de l'autre main. Elle en avait le souffle coupé mais se refusait à arrêter la lutte. Elle tenta de mordre les mains de l'autre qui le tenaient encore, elle remuait comme un poisson sur la rive, essayant de libérer ses jambes ou ses bras pour frapper à nouveau. Elle avait l'impression que sa tête tournait, qu'elle s'épuisait pour rien mais il n'était pas question que cela soit facile, qu'ils en retirent tout le plaisir qu'ils espéraient.

Puis la pression sur son bassin disparut d'un coup. Les mains sales sur ses jambes. Celles maintenant ses bras. La chaleur âpre de ces autres corps en rut, cette odeur de foutre dans l'air et par répercution le goût de bile au fond de sa propre gorge. Tout disparut. Lune reprit sa respiration, portant sa main à sa robe pour la remettre sur ses jambes alors qu'elle se redressait.
Quand elle vit la montagne qui s'occupait de frapper les trois hommes qui s'en étaient prises à elles, elle comprit sans avoir besoin d'y voir net de qui il s'agissait. Olaf était venu à leur secours. Qu'Eda en soit louée ! Elle se remit debout et le laissa finir de passer ses nerfs sur ces misérables hommes. La jeune femme se porta auprès de la mère de famille et l'aida à se relever, passant son bras derrière ses épaules pour la soutenir. Elle avait une furieuse envie de se joindre à l'outrilien pour achever la correction.

" Allons-y... Ils ont compris le message. " dit-elle finalement sans s'émouvoir de leur sort. Réessayeraient-ils ? Elle en était malheureusement persuadée. Quand on se sent moins qu'un homme, relégué à une vie misérable, sans percevoir la moindre nuance d'amélioration pour l'avenir, pourquoi respecter les règles ? Pourquoi ne pas prendre ce qu'on désire au moment où on le désire ? À manger. Une femme. Un bien quel qu'il soit. Par certains côtés, elle repensa aux forgisés... Sauf que ces hommes-là avaient toute leur tête et ils agissaient en pleine conscience, franchissant la limite entre le bien et le mal sans faire grand cas de la morale.

Elle entraîna Thuaaldi vers l'entrée de la ruelle, n'attendant pas de savoir si son mari les suivrait immédiatement. Sitôt qu'elles franchirent cette limite, regagnant un peu de lumière grâce aux feux de camps disséminés un peu partout autour d'elles, la blonde se tourna vers sa compagne de mésaventures et la regarda droit dans les yeux en lui serrant la main.
" Tout va bien, d'accord ? Tu vas rentrer chez toi avec ton mari. Retrouver tes enfants. Les serrer fort contre toi. Puis tu vas respirer un grand coup et oublier. Car il ne s'est rien passé de grave. OK ? "
Fort heureusement ! Il s'en était fallu de peu...

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Mar 30 Juin - 17:25
Thuaaldi Shran
Médecin de Bord sur Caminata
Thuaaldi Shran
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Localisation : Caminata / Cerf









Thuaaldi Shran




Thuaaldi savait que lorsque son époux n’était pas un enfant de coeur, mais c’était un aspect de son caractère qu’elle préférait souvent oublier. Ce soir, c’était de sa faute si il laissait libre cours à ses pulsions les plus violentes et elle ne ferait rien pour le retenir.
Elle ne ferait rien car ces hommes avaient voulu leur faire du mal et faire du mal à son amie qui ne méritait, ô combien, pas ce genre de traitement. Elle ne ferait rien, car elle était en colère et que tout était de sa faute. Elle ne ferait rien, car elle était incapable de bouger.

C’est Lune qui la sortie de sa torpeur en l’entrainant hors de la ruelle. L'ilienne suivi comme l’aurait fait un mouton derrière son chef de troupeau jusqu’aux abords extérieur de la place du marché.

Les feux de camps éparses faisaient danser des ombres douloureuses sur le visage de la blonde et donnaient à ses yeux une intensité que Thuaaldi ne lui avait encore jamais vu. La forgienne serra sa main un peu plus fort pour appuyer ses mots, ce qui eut pour effet de réveiller la médecin qui serra alors la forgienne dans ses bras.

Pardonne moi mon amie, je t’en supplie pardonne moi.

Lune pouvait sentir les bras de Thuaaldi encore tremblant des suites de leur agression.

ll ne faudra rien dire aux autres... à personne... pour Olaf, je t’en supplie.

Elle se recula, libérant Lune de son accolade et leva les yeux pour la regarder bien en face: des gouttes salées perlaient au seuil de ses iris.

lls n’en ressortiront peut être pas tous en vie...il ne doit pas avoir d’ennuis, pas à cause de moi... je t’en supplie.

Comme pour témoigner de la véracité de ses propos, Olaf sortit à son tour de la venelle tout en tentant de dissimuler ses mains ensanglantées. Il posa un bras protecteur sur la taille de son épouse tout en enjoignant les deux femmes à quitter les lieux avec lui.

Il faut y aller

Un seul regard échangé lui suffit à leur faire deviner qu’ils devaient éviter de croiser la garde.
En effet, l’un des trois agresseurs gisait mort la nuque brisée, le second perdait beaucoup de sang à l’arrière du crâne et ne se relèverait pas si personne ne lui apportait les soins appropriés. Le troisième gisait inconscient et se remettrait sans doute des coups qu’il avait reçu mais oserait il porter plainte sachant que s’il dénonçait Olaf, celui-ci dénoncerait aussi l’attaque dont Lune avait été la victime ?
Dans une ville où il n’était qu’un réfugié parmi d’autres, sa voix serait elle seulement entendue ?

Alors que quelques heures plus tôt Thuaaldi se battait bec et ongles pour obtenir justice pour un enfant et sa mère éplorée... voilà qu’elle fuyait les lieux, espérant secrètement que personne ne tiendrait compte d’un double homicide sous le seul prétexte que ce n’était que des réfugiés...
La vie à parfois un humour des plus discutable pour vous mettre face à vos propres contradictions.







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Mer 1 Juil - 15:30
Lune de Forge
Forgienne en pleine reconstruction
Lune de Forge
Messages : 454
Localisation : Castelcerf
La jeune femme la prit dans ses bras, encore tremblante et la forgienne la serra à son tour pour la réconforter. Elle s'en remettrait bien mieux qu'elle, comme si c'était une chose ordinaire de manquer de se fzire violer dans une rue sombre. Ce n'était pas la première fois qu'un homme tentait de la prendre de force. Mais contre ces trois-là, elle n'aurait eu aucune chance de s'en sortir sans dommage. Il ne fallait mieux pas y penser... Pourtant la médecin y pensait et elle lui demanda pardon.

" Te pardonner ? De quoi ? D'avoir écouté ton cœur de mère en voulant réchauffer celui d'une autre ? Ne te culpabilise pas. Je ne t'en veux pas. "
La vie était rude. Voilà des années que Lune le savait. Elle y était même confrontée depuis sa naissance même si certains aspects lui étaient apparus plus durement depuis la guerre. C'était ainsi. Elle n'allait pas blamer Thuaaldi de l'avoir emmenée dans cette ruelle. Ce n'était pas elle qui avait donné ordre à ces hommes de les suivre. Elle n'était pas responsable de la lubricité des autres, pas plus que de leur morale.

En revanche, quand elle lui demanda de n'en parler à personne, la trentenaire savait qu'elle ne pouvait le promettre. Elle ne pourrait taire ce qu'il s'était passé à Adroit. Elle comprenait néanmoins la crainte de sa compagne. Il ne fallait pas que son mari soit reconnu responsable de la mort de leurs agresseurs si celle-ci se produisait.

" Il n'aura pas d'ennui. Je t'en fais la promesse. "
Les perles au coin des yeux de la shamane n'étaient pas nécessaires pour que Lune sache ce qui était le mieux à faire. Elle avait besoin de son amant, de lui confier ce qu'elle avait ressenti mais ni lui, ni elle ne dénoncerait l'homme grâce à qui le pire avait été évité. Le chasseur s'en voudrait de n'avoir pu la sortir de ce mauvais pas lui-même mais jamais il ne causerait de problème à celui qui avait fait ce qu'il fallait. Peu importait là que des hommes soient morts. Elle ne voulait même pas le savoir. Ils n'existaient plus déjà à ses yeux.
L'aspect de l'outrilien quand il réapparut ne laissait que peu de doutes sur l'issue désastreuse de la confrontation entre l'époux furieux et les agresseurs de sa femme. La plupart des gens comprendraient sans peine son excès de fureur. Si elle en avait été capable, la cervienne aurait bien aimé les corriger elle-même.

" Par ici !" indiqua la blonde en les enjoignant à la suivre par des chemins détournées. Elle avait appris à connaître cette ville finalement, se dit-elle. Elle était loin d'en connaître tous les recoins mais les abords de la place du marché étaient assez souvent fréquentés pour qu'elle puisse faire prendre des rues tranquilles au couple.
Elle marchait deux pas devant eux et se dirigea instinctivement vers le manoir où ils habitaient tous les trois. Elle les raccompagnait plus qu'elle ne rentrait car elle souhaitait en réalité retrouver l'homme qu'elle aimait. Dire qu'un an plus tôt, même six mois plus tôt, elle se serait contentée de sa solitude, observant les étoiles toute la nuit durant pour combattre les cauchemars qui l'auraient envahie après un tel événement. Là, si elle en faisait, elle ne serait pas seule pour les affronter.

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Aujourd'hui à 18:46
Thuaaldi Shran
Médecin de Bord sur Caminata
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Thuaaldi Shran




La médecin avait honte. Honte de fuir les lieux, honte d’avoir entraînée son amie dans cette situation, honte que Olaf ait encore dû se salir les mains, honte de baisser les bras pour aider cette mère dont l’enfant avait disparu... Qui le chercherait maintenant ?

Elle qui voulait sauver le monde, sauver les gens d’eux même, était ce soir la victime de son propre entêtement.

Elle ne dit pas un mot sur le chemin du retour, sentant dans la poigne de son mari toute la colère qui l’habitait encore. Il était en colère contre ces hommes qui les avaient attaqués, mais aussi contre elle et elle le savait.
Il lui avait dit de ne pas aller sur le marché, que c’était dangereux, mais elle n’en avait fait qu’à sa tête comme toujours. Ils se disputeraient sans doute, il partirait fâché pour prendre l’air et reviendrait la serrer dans ses bras au bout de quelques heures, parcequ’il l’aimait et qu’elle aussi l’aimait à l’infini.

Lorsqu’ils arrivèrent au manoir, Thuaaldi entendit les éclats de rire des jumeaux, ils jouaient sans doute avec Brunille qui bien qu’elle dise le contraire, aimait à s’occuper d’eux de temps à autre, Olaf n’aurait pu trouver mieux pour les garder en sécurité pendant leur absence.

ll faut que je nettoie ça avant de monter, les petits ne doivent pas savoir... et toi aussi. dit elle en frottant ses lèvres puis en indiquant d’un geste de main celles de son colosse de mari.

Il y avait un point d’eau près de l’entrée, il servait principalement pour les visiteurs ou les marins qui devaient se nettoyer pour ne pas trop salir l’intérieur. Thuaaldi prit un linge et le trempa dans la bassin pour l’appliquer sur sa bouche. Une grimace douloureuse déforma ses traits, ce bougre ne l’avait pas loupée.

Lune, tu veux partager notre repas ce soir ? proposa t’elle à son amie pensant qu’elle ne voudrait pas rester seule après une telle mésaventure. Elle, en tout cas, n’aimerait pas se retrouver seule confrontée à ses souvenirs encore trop frais, et elle savait que Ondine et Embrun avaient un don incroyable pour faire s’envoler les idées noires.

" Non, restez plutôt en famille ce soir. C'est aussi bien pour toi. Je n'ai pas très faim de toute manière. Mais merci pour l'invitation. " répondit Lune.

D’accord, si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas. Bonne soirée alors.

Thuaaldi n’essaya pas de convaincre davantage son amie, les désastreuses conséquences de son entêtement étaient encore trop récentes et ce soir au moins, elle serait plus mesurée dans ses actes et ses propos.

L’ilienne parvint à retirer l’essentiel du sang qui avait séché sur son visage et entreprit d’essuyer les mains de son mari.
Elle tamponna ses poings avec douceur, découvrant les dégâts que lui même avait reçu.

Elle s’arrêta un moment, remontant son visage vers celui de Olaf, elle serra ses mains calleuses entre les siennes dont la blancheur contrastait avec le teint buriné de l’ancien esclave.

La dernière fois que j’ai eu à faire ça, tu avais aussi sauvé mon honneur... et nous n’étions pas encore mariés.

L’homme la regarda dans les yeux, le regard adouci par ce souvenir.

Je te présente mes excuses, j’aurais mieux fait de t’écouter aujourd’hui... Merci de nous avoir sauvées.

Le colosse baissa la tête jusqu’à ce que son front soit tout contre celui de sa femme.

Je détruirais le monde pour toi chuchota t’il amoureusement.

Mais oui, tu aurais dû m’écouter... tu devrais toujours m’écouter, ce n’est pas faute de te le dire! ajouta t’il sur un ton plus moqueur tout en se redressant.

Cette petite pique glissé avec affection eut le mérite de faire sourire Thuaaldi qui se dressa sur la pointe des pieds pour jeter ses bras au cou du géant.

Je t’aime... mon grand barbare.

Ils s’embrassèrent, elle accrochée au roc qu’il était pour elle, lui l’enveloppant tel le joyaux qu’elle représentait pour lui.







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