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Dans la famille Sangréal, je demande... [10 Espoir 1045, Pointe Bleue]

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Dim 2 Sep - 19:46
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
Messages : 165
Localisation : Castelcerf, en théorie
La terre ferme. Enfin. La terre de Labour. Sa Terre, son pays natal. C’était purement psychologique, la neige n’était pas plus fine ni plus froide que de l’autre côté du Lac, mais Liberté affichait un sourire radieux. Alors que, la pirate très grassement récompensée, elle remontait avec l’assassin l’avenue qui menait de la place du marché aux vivres vers le cœur commerçant de la ville haute, elle rayonnait en retrouvant les odeurs typiques de son duché. Là, le pain de sarrasin était cuit avec des graines de sésame noir grillées. Ici, la taverne sentait autant la pomme que le vin de vigne.

Et, partout, on parlait labouran.

Les rênes de Coquelicot à senestre, Sibel dont elle tenait la laisse, lâche pour ne pas trahir son changement d’identité, dans la main droite, ils passèrent la place. Liberté donnait à Capuche les indications sur les directions à suivre, connaissant par cœur le chemin vers la Faculté que l’on discernait au loin, à l’extrémité nord de la ville. Soudain, elle s’arrêta.

« Oh, là. Faisons un détour, je veux du vin chaud et des biscuits à la cannelle ! » elle attrapa la main de l’assassin pour le tirer vers une ruelle qui déboucha sur une place circulaire ornée d’une fontaine à l’eau gelée.

Partout, bien organisés en deux demi-cercles séparés d’une allée plus large, des baraques en bois vendaient des friandises, des boissons chaudes, des jouets, des rubans, de l’artisanat local. Les fêtes de Changement étaient finies mais le folklore qui allait avec mettrait encore un peu de temps à disparaitre. Au nez, Liberté se dirigea à droite de l’allée centrale, presqu’au bout. La baraque était tenue par une quarantenaire et son fils, adolescent. Sur un feu, une marmite de vin de pomme agrémenté d’épices et chauffé était gardée à la bonne température, tendis que diverses gourmandises étaient présentés dans des paniers d’osier.

La rouquine salua la marchande et commanda deux grogs de vin chaud avec une rasade de gnôle (la version ‘adultes’), que l’adolescent leur servit dans deux grandes tasses en terre cuite peintes. Tout en poursuivant la conversation, dans la langue du coin, la jeune femme avoua après avoir été démasquée comme étant ‘de la capitale’ rentrer chez elle maintenant que son travail sur la côte est terminé. Finalement, elle paya et tendit le sac en papier plein de biscuits à son compagnon avant de reprendre sa route.

« Désolée, ça ne doit pas être évident de ne pas bien comprendre les gens. Le patois d’ici ressemble assez au duchéen mais vers Belcastel, c’est une langue complètement différente… » elle sourit et tendit sa chope pour trinquer avec Capuche. « Bienvenue à Labour, en tous cas. »

Alors qu’ils revenaient vers l’artère principale, un brouhaha et un mouvement de foule lui fit hausser les sourcils puis soudain, elle ferma totalement son vif. Devant eux passa alors un cortège de soldats encadrant une femme d’une beauté… flamboyante, le port altier et le sourire délicat, les manières pleines de grâce, accompagnée de deux adolescents blonds. Le premier, enthousiaste et énergique, faisait quelques acrobaties sur sa monture pour serrer quelques mains tendues. L’autre était plus réservé mais son sourire franc et quelques gestes timides de la main suffisaient au peuple qui saluait avec enthousiasme leur duchesse et ses deux derniers enfants.

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Dim 9 Sep - 20:42
Capuche
Assassin redouté
Capuche
Messages : 184
Localisation : Castlecerf / Great Iguana
Après un périple plus ou moins sans histoire, nous parcourons enfin les terres de Labour. S'il m'est déjà arrivé de passer une ou deux fois par ces contrées, je n'avais encore jamais eu le loisir de les visiter en période hivernale et je dois avouer que la Neige sied particulièrement bien au décor que nous parcourons.

Liberté était si heureuse de se sentir à nouveau chez elle qu'il aurait été bien dommage de lui imposer de se promener en livrée de servante ou de ménestrel. Elle arborait donc une tenue typiquement labouranne pour l'occasion. Un manteau de voyage gris doublé d'une fourrure blanche, mais qui curieusement savait mettre en valeur sa joliesse juvénile. Elle avait cependant conservé sa perruque pour veiller à ne pas être reconnue.

Pour ma part j'avais décidé de retrouver également ma vraie peau et avais opté pour une version hivernale de mon équipement habituel. Ainsi avais-je décidé de porter un épais manteau à capuche gris sombre, une écharpe, ainsi qu'une demi-cape doublée d'une fourrure blanche au niveau des épaules. Les protections en cuir recouvrant mes bras et mes jambes étaient également doublées de fourrure pour me protéger du froid mordant de ces contrées.

Et je dois dire que je ne regrette pas mon choix. Malgré l'animation des rues que nous arpentons et la bonne humeur évidente de liberté, il n'y a que cet attirail pour me permettre de faire encore illusion et jouer l'invincible chaperon. Le soleil et le cocotier de Great Iguana ne m'ont jamais autant manqué...

Malheureusement, je sens qu'il va falloir que je m'arme d'encore plus de courage tant je sens que Liberté fera tout pour rendre le trajet jusqu'à la faculté le plus long possible... Trop heureuse de redécouvrir les sensations et odeurs de chez elle, elle se prend, à présent de vouloir déguster du vin chaud et des biscuits à la Cannelle, au risque de parler à toujours plus de monde et de se faire reconnaître.

Je soupire... Et puis je cède. Je dois dire qu'une boisson ne serait finalement pas pour me déplaire...

Liberté nous prend alors deux chopes en s'adressant aux marchands dans un patois que je ne maîtrise pas et après la première gorgée, j'ai déjà la sensation de renaître. N'ayant pas moyen de m'exprimer verbalement, je me décide alors à me dérider quelque peu. Dans un sourire et un signe de tête, j'adresse une expression de satisfaction à l'adolescent qui nous a servi, tout en lui montrant le breuvage.

La jeune femme me tend alors le sachet de biscuits et en profite pour s'excuser du fait que je sois un peu perdu à côté d'elle qui semble tellement à son aise. Je ne m'en offusque pas et je trinque donc avec elle avant de lui répondre.

"Au moins, vos boissons et vos biscuits sont accueillants."


Je me garde de lui dire que je connais déjà un peu son pays ainsi que Belcastel. Si l'occasion se présente, elle le verra par elle même.

Alors que nous revenons vers une grande avenue pour reprendre notre route, nous apercevons une foule se masser autour d'un bien étrange cortège encadré par des soldats que nous reconnaissons immédiatement, comme tous les locaux présents.

Montée sur un cheval brun, vêtu d' une cape en velours émeraude doublé de fourrure noire, reposant sur la croupe de sa jument, Dame flamboyante, la propre mère de Liberté, avance fièrement, entourée de ses deux fils que j'identifie comme étant Tumulte et Eclatant.

Le premier sur une monture à la robe grise, portant un manteau noir rehaussé de vert et une armure de cuir dessous, cabriole et salue la foule. Quand le deuxième plus réservé sous sa belle armure de cuir blanc se contente de faire des signes de loin.

Nous nous faisons aussi discrets que possible afin de ne pas être reconnus et nous éloignons alors quelque peu afin d'être plus tranquilles. Je trouve malgré tout la situation ironique et je ne peux m'empêcher de profiter de la situation pour tester un peu le caractère de la jeune femme.

"Le destin est étrange... si tu te révélais maintenant, tu apparaîtrais aux yeux de ton peuple comme une héroïne qui s'est sauvée toute seule, sans l'aide de ta famille. Cela pourrait diminuer l'influence de ta mère, et augmenter la tienne pour jouer la partie selon tes règles !"


"Mais le roi saura où je suis. J’apparaîtrai donc coupable aux yeux de ceux qui me soupçonnent. Ils penseront que j'avais peur de la justice. Je vais jouer selon mes règles, à savoir avec l'appui de ma famille, celle du sang et celle du lignage. Avec toi. On va trouver cet assassin, on le ramènera pieds et poings liés et il lavera mon nom devant la Cour. Et je ferai ça 'seule', aussi seule que possible."

Elle ne se laisse pas embobiner et cela ne peut que m'arracher un sourire. Même face à une situation qui pourrait influencer ses émotions, elle conserve la tête froide. Ou alors, je ne suis décidément pas très bon dans le rôle de mauvaise conscience qui pousse au vice.

je me permets cependant de lui rappeler un détail

"Tu es déjà désignée coupable. Depuis la minute même où tu as quitté ta chambre à Castlecerf. Personne ne sera dupe non plus de là où tu te caches."

"Peu importe, c'était inévitable. J'ai déjà parié sur le gros lot."


À cette conclusion, je lui adresse alors un sourire tout en posant ma main contre son épaule.

"Bonne réponse... Alors, ne restons pas là. Il me semble que tu es attendue ailleurs."

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"Si tu sais à quoi ces gens ressemblent, tu pourras te fondre parmi eux.
Si tu sais ce qu'ils veulent, tu pourras les acheter.
Si tu les comprends, tu pourras les prévoir."
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Lun 17 Sep - 19:39
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
Messages : 165
Localisation : Castelcerf, en théorie
Oh, elle n’était pas vraiment attendue. Tout le contraire même. Et sa mère étant sur place, ce qui n’était pas du tout prévu, elle sentait qu’elle allait avoir droit à une leçon en bonne et due forme. Mais quoi qu’en dise Capuche, même s’il n’y avait pas d’amour ou d’affection entre elles, Liberté avait du respect pour la Duchesse qui avait toujours fait preuve de discernement pour son peuple et d’une grande loyauté envers une terre qui, à l’origine, n’était pas la sienne. Flamboyante n’était ni une rivale, ni une ennemie dans l’esprit de la jeune fille. Même si elle était dure et partiale avec ses enfants.

Haussant les épaules sur les conclusions que l’assassin semblait tirer de leur échange, elle le laissa les guider vers l’ancienne forteresse militaire et son imposant temple d’El et d’Eda. Une partie du Fort qui, au Nord, gardait la ville d’une potentielle invasion Béarnoise, avait été reconvertie en demeure ducale. Le reste constituait la Faculté de Médecine fondée par ses aïeux, le temple, désacralisé, ayant été aménagé et reconverti en Hôpital et Maison Médicale. Ainsi, ils ne tardèrent pas à passer les remparts primitifs de la première ville pour entrer dans le calme des beaux quartiers de Pointe Bleue. Les maisons y étaient plus grandes, plus luxueuses. Les colombages et encorbellements étaient peints dans un camaïeu de bleus allant du gris-bleu ardoise accordé avec les tuiles des toits de la ville au turquoise le plus extravagant. Çà et là étaient semés des manoirs à l’architecture plus moderne, rappelant la ville haute de Bourg-de-Castelcerf.

Immédiatement, l’ambiance de chahut chaleureux et commerçant du cœur de la ville changea pour quelque chose de plus feutré, de plus calme. Une grande avenue menait droit vers le temple qui s’élevait, immaculé, dans la neige. Les cloches des deux tours carrées sonnèrent midi comme ils s’engouffraient sur l’avenue. Chemin faisant, la rouquine finit son vin de pomme chaud, glissa sa tasse dans son sac et piqua dans le paquet de biscuits, par gourmandise car elle savait bien qu’on leur servirait un repas chaud une fois arrivés à la Faculté.

Ils atteignirent cette dernière par l’imposante herse et le pont levis, pénétrant dans une cour pleine d’hommes et de femmes de tous âges, portant parfois des uniformes les distinguant comme apprentis ou internes de leurs spécialités respectives, soit de simples écharpes ou ceintures aux couleurs vives pour les enseignants. Liberté s’adressa à l’un des gardes, prenant volontairement un accent plus prononcé que celui des habitants de la ville, qui, comme elle, n’en avaient pas ou peu quand ils devisaient en langue commune :

« Bonjour, Dame Inspirée est-elle disponible ? Nous avions rendez-vous, mon frère et moi, mais la neige nous a retardés. »

L’homme, portant l’uniforme de la ville (à savoir sur sa vêture du noir de Labour un tabard écartelé de blanc et de bleu vif, avec sur le cœur deux loups rampants noirs se faisant face et encadrant une forteresse bleue) fronça les sourcils.

« Je vais envoyer un gamin. » Il siffla un adolescent d’une dizaine d’années qui portait sur ses chausses noires le pourpoint vermillon des apprentis médecins. Laissant ses camarades à contrecœur, il vint se poser près du garde. Grand et mince, il avait les cheveux châtains et les yeux d’un bleu pâle particulièrement perçants. « Lesage, tu as gagné un tour dans la salle des professeurs. Cette demoiselle demande le professeur Inspirée. De la part ?...

- De Mélisse Flammeciel. J’avais rendez-vous pour la cécité qui m’a prise suite à une épidémie qu’elle avait traité chez moi, en verdissante 1044. »

L’enfant, sans montrer d’émotion quelconque, tourna les talons.

« Venez, je vais vous faire patienter dans la salle de garde. Inutile que vous retombiez malade. »


Serrant le bras le Capuche, elle se laissa guider. Bien qu’elle soit chez elle, Liberté ne pouvait s’empêcher d’être un peu stressée. Un soldat prit leurs montures pour les conduire à l’écurie et l’homme les engagea à suivre un autre de ses compagnons d’armes. Bientôt, l’odeur du ragoût de bœuf aux carottes et du vin, du feu qui brûlait dans l’âtre les enveloppa. Sans doute réconfortante pour Capuche, la chaleur soudaine poussa la rouquine à se défaire de son manteau qu’elle posa à côté d’elle.

« Parfois, j’envie les artiseurs, » soupira-t-elle dans un murmure. « Il y a trop de monde pour que j’arrive à isoler ma tante. J’espère qu’elle comprendra le message... »

On leur offrit à boire et, pour Capuche, une assiette copieuse de ragoût avec une bonne claque dans le dos. Un mot d’excuse pour la demoiselle car il ne fallait pas que les patients mangent avant une consultation. Elle n’eut donc droit qu’à une infusion légère de verveine citronnée et d’ortie.

« Mange, je t’en prie, » lui murmura-t-elle pour qu’il ne refuse pas l’hospitalité des gardes par égard pour elle.

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Mar 18 Sep - 18:05
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Localisation : Castlecerf / Great Iguana
N'ayant plus rien à faire sur les lieux du cortège, nous nous éclipsons afin de rejoindre au plus vite l'académie de médecine.
Nous arrivons bientôt en vue d'une ancienne et imposante forteresse. A son aspect extérieur, j'ai peine à croire que cette dernière puisse désormais être entièrement dévouée à l'instruction et aux soins. Il semblerait pourtant que ce soit le cas, je savoure d'ailleurs l'ironie de la situation quand j'apprends que les deux grands temples d'El et d'Eda qui se situaient à l'intérieur avaient été reconvertis. Qui a dit que sciences et religion ne faisaient pas bon ménage ?

Je profite en tout cas de la visite. Nous finissons à peine de grignoter quand nous arpentons l'avenue menant vers le grand temple et que nous entendons les cloches sonner midi. Peut-être n'était-il pas raisonnable de manger à une heure si proche du repas que l'on va probablement nous servir une fois sur place...

Nous arrivons enfin à la faculté de médecine. En découvrant le nombre d'étudiants qui s'y trouvent, je reste un moment songeur. Les Sangréals sont des gens malins. Peu nombreux sont les seigneurs encourageant aussi ouvertement l'instruction de leur population. Mais un peuple instruit et solidaire devient une force politique redoutable quand les autres royaumes autour estiment qu'une population ignare est plus facile à contrôler...

Liberté finit par demander à l'un des gardes de prévenir inspirée de notre arrivée. Pour attirer son attention, elle ajoute un détail que sa tante seule sera en mesure de comprendre.

En attendant des nouvelles de cette dernière, nous sommes conduits à la salle de garde et je sens une angoisse montante chez Liberté... Je pose alors ma main contre la sienne qui serre mon bras afin de lui offrir un peu de réconfort. Quand nous arrivons sur place, une délicieuse odeur de ragoût nous attend, ce qui ne pouvait pas mieux tomber pour soulager mon corps transi de froid. Je ne suis donc pas l'exemple de Liberté en me découvrant et je ne suis que trop ravi de faire honneur à la table de la faculté malgré ce que nous avons mangé avant de venir.

Liberté quant à elle ne peut s'empêcher d'exprimer à nouveau ses doutes.

« Il y a trop de monde pour que j’arrive à isoler ma tante. J’espère qu’elle comprendra le message... »


"Ne t'en fais pas... Le message était bien assez clair. Peut-être cela manquait-il même un peu de naturel à mon goût ! Un conseil qui te servira plus tard : si tu veux transmettre un message par l'intermédiaire de quelqu'un qui ne doit pas le deviner, pousse-le à te poser des questions pour mieux diluer les informations dans son cerveau."

Alors qu'on vient à peine de me servir le ragoût, que liberté m'enjoint d'ailleurs à manger, je sens contre ma cuisse la tête de Sibel qui se pose pour me regarder avec de grands yeux humides. Dans le même temps, je sens contre mes jambes un frottement ainsi qu'un miaulement parfaitement identifiable.

"Regarde qui radine à l'heure du repas !"

Amusé, j'offre alors une caresse à la chienne et laisse monter Thémis' directement sur la table. Je prends alors une assiette sale à côté de moi pour y disposer quelques petits morceaux de viande avant de laisser le chat voir si le menu lui convient. Dans le cas contraire, il en sera quitte pour chasser ou voler sa nourriture en cuisine. J'offre également un morceau à la chienne.

"Ce n'est pas très bon pour l'éducation de Sibel, mais elle n'a pas eu le temps de manger beaucoup depuis ce matin... Thémistocle est déjà mal élevé !
C'est bon, vous consentez à me laisser quelque chose maintenant ? "


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Sam 22 Sep - 13:45
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
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Localisation : Castelcerf, en théorie
Liberté rit aux commentaires de Capuche (et de Thémistocle, qu’il n’entendait pas) quant à la nourriture prodiguée par les gardes et leur appétence pour leurs compagnons à quatre pattes. A tâtons, elle coupa un autre morceau de pain et le plongea dans la sauce, faisant s’asseoir la chienne au pied de son blanc avant de le lui donner.

« Voilà, les torts faits à son éducation son réparés. Même si, oui, je n’aime pas qu’elle mange en même temps que les humains. »

La rouquine laissa passer un silence, l’assassin se restaurant, en gratouillant sa chienne derrière les oreilles. Une femme garde vint s’asseoir vers elle, elles discutèrent un instant de l’éducation des canidés jusqu’à ce qu’un de ses collègues ne vienne les chercher, leur indiquant qu’ils étaient effectivement attendus.

Reprenant le bras de son ‘frère’, Sibel en laisse et le chat blanc les suivant en faisant les détours que bon lui semblait, ils furent menés non pas dans les salles d’auscultation mais vers la partie du fort transformée en logements et bureaux pour les permanents. Inspirée logeait dans un manoir à deux pas de là, mais le bureau où ils furent introduits donnait sur un boudoir et une salle de repos malgré tout.

La femme qui les attendait, debout face à la fenêtre, était grande, mince et nerveuse malgré son âge. Celui-ci n’avait pas entaché son charme : Inspirée assumait les fines lignes blanches qui se mêlaient à ses cheveux blonds -ce même blond qu’elle partageait avec ses jumeaux et certains de ses neveux-et les quelques rides qui apparaissaient sur son visage n’en masquaient pas la régularité. Ni le tempérament évident de la quarantenaire, particulièrement visible dans son regard franc aux teintes de bleu, de gris et de vert selon la lumière.

« Merci, vous pouvez nous laisser Major, »
répondit-elle au garde qui referma la porte derrière eux.

Sa voix grave était chaude mais autoritaire. Un soulagement certain prit Liberté qui le cacha comme elle put. Flamboyante n’était pas (encore) au courant.

' Le Lignage salue le Lignage, ma tante,' fit-elle passer en douceur par le vif.
'Et le Lignage est heureux de t’accueillir de nouveau,' s’entendit-elle répondre comme les pas du soldat s’éloignaient dans le couloir.

Sa tante qui s’était approchée de la rouquine avec un sourire l’attira dans une étreinte qui lui fit échapper un glapissement de surprise.

« Tantine ! »


Sibel aboya mais ne fit rien d’autre pour soulager sa maîtresse qui rendit immédiatement à sa tante son étreinte.

« Je suis si soulagée que tu ailles bien, petite. » Elle la relâcha et fit mine de l’examiner, tournant son visage qu’elle avait pris au menton entre son pouce et son index. « Tu n’es pas blessée ? »
« Non. »
« Bien. » Enfin, elle donna son attention pleine et entière à Capuche, son regard perçant le détaillant de la tête aux pieds. « Que je sois damnée si vous êtes ce que vous dîtes ! Mais merci de nous avoir ramenée ma nièce, » ajouta-t-elle avec un sourire franc.

Gardant le bras de liberté, elle fit signe à Capuche de la suivre dans le boudoir. Simple mais confortable semblaient être les maîtres mots pour décrire la pièce. Le tapis en laine dans un camaïeu de bleus était accueillant et agrémentait deux canapés en forme de coissant de lune au velours bleu nuit. Des peaux étaient jetés sur ces derniers et un feu ronflait dans la cheminée. Le reste du mobilier était simple, sans fioritures mais élégant : une table à manger, ronde, pour quatre à six personnes, un coffre et une bibliothèque pleine à craquer.

« Qui êtes-vous donc, jeune homme ? Et pas de mensonges avec moi. »


Liberté laissa Capuche se débrouiller tout seul avec l’inquisition de sa tante, défaisant ses bottes et son manteau pour mieux s’installer sur l’un des canapés et enlever sa perruque qui commençait vraiment à la gratter par endroits.

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Ven 28 Sep - 18:47
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Localisation : Castlecerf / Great Iguana
Je suis interrompu dans mon repas par l'arrivée d'un homme nous faisant savoir que nous sommes attendus.
Laissant là mon assiette et nos nouveaux compagnons de table, je me lève alors pour m’apprêter à suivre le garde en compagnie de Liberté.
Cette dernière s' accroche alors à mon bras et reprend la laisse de sa chienne, de mon côté, un simple claquement de doigts me suffit pour alerter Thémistocle, qui se met à nous suivre à petite distance.

Nous arrivons alors à un bureau ou j’aperçois une femme de dos à la fenêtre. Je n'ai pas besoin d'informations complémentaires pour comprendre de qui il s'agit.
Lorsque cette dernière se retourne, je découvre une femme d'âge mûr, d'une grande élégance, malgré les marques discrètes laissées par les années et qui, de mon point de vue, ajoutent à son charme.

Après s'être retournée et avoir très probablement déjà reconnu sa nièce, cette dernière demande au "Major" de nous laisser.

Quelques secondes de silence passent... Sûrement une émotion causée par les retrouvailles que je n'ose pas briser pour le moment. Puis le ton devient soudainement moins solennel quand la "tantine" de Liberté se prend soudainement d'étreindre sa nièce.

Émouvant, je suppose.

Pour ma part, je reste parfaitement stoïque et à ma place. Il faut dire que bizarrement, je me vois mal m'immiscer au milieu de ce câlin.
Lorsque Sibel se met à aboyer, je lui prodigue alors une caresse rassurante pour lui faire comprendre qu'il n'y a pas d'agressivité dans l'air.

Dame inspiré porte enfin son attention sur moi. Elle me remercie chaleureusement d'avoir ramené sa nièce, même si elle me fait savoir qu'à présent, je risque d'avoir peu de chance d'être crédible en tant que frère supposé de sa visiteuse.

Pour plus d'intimité, elle nous entraîne alors dans le boudoir et comme je m'y attends, sa première question est de me demander qui je suis.

Je ne peux alors m'empêcher de réprimer un sourire aussi amusé que charmeur et de répondre du tac au tac :

"Ne craignez-vous donc plus d'être damnée ?"


En effet, si on m'a présenté indirectement à elle comme étant le frère de la jeune femme venue la rencontrer, je n'ai absolument pas eu le temps ni l'occasion de pouvoir prétendre être quoi que ce soit devant elle. Ainsi, cette question sonnait un peu comme déplacée par rapport à sa remarque de tout à l'heure.

Mais depuis quand les femmes de science craignent-elles la damnation divine ? La légèreté s'étant installée, je poursuis alors sans mensonge comme elle me le demande.

"Je suis Capuche... Vous avez déjà compris, j'imagine, que je n'étais pas du genre à délivrer les princesses en détresse uniquement pour la beauté du geste ? "

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Dim 30 Sep - 21:31
Liberté Sangréal
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Liberté Sangréal
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Localisation : Castelcerf, en théorie
Être damnée ? Oh, non, Inspirée ne le craignait pas. Elle n’était pas une femme très croyante de manière générale : sa jumelle Idoine l’était assez pour eux trois, avec Intrépide. Le rire franc qui répondit à sa remarque en disait aussi long que les mots à Capuche qui fut invité à s’installer sur le second canapé, tante et nièce se partageant le premier.

« Tu as engagé un assassin, Lilibel ? Hum... pas idiot... »
demanda-t-elle à sa nièce qui rougit sous le surnom plutôt intime.

La rouquine -redevenue rousse sans sa perruque- fit non de la tête.

« Il s’est engagé tout seul quand il a essayé de m’éliminer comme meurtrière présumée de la maîtresse d’Art. Mais Capuche n’est pas idiot et il a accepté de m’écouter à la place. On cherche le véritable assassin. C’est un vifier, lié à un essaim de frelons. »

Inspirée fronça les sourcils mais ne répondit pas immédiatement. Les Pies s’agitaient beaucoup. Le Lignage, à Labour, était en alerte pour éviter que cette mauvaise engeance ne s’implante sur leur territoire. Mais les implications politiques étaient bien plus graves.

« Nous sortons d’une Guerre, mais ces fous veulent mettre le pays à flots et à sang. Retrouver l’assassin prendra du temps, vous ne pouvez pas rester ici indéfiniment, Capuche l’Assassin. » Elle planta son regard décidé dans celui de Capuche. « Toutefois, je parle au nom de mon frère, vous serez dédommagé pour nous avoir ramené ma nièce et pour garder le silence sur tout ce qui vous a été dit ou ce que vous avez pu voir, comprendre ou déduire au contact de Liberté. »

Médecin, mais pas non plus isolée de la politique. Bien au contraire. Inspirée faisait partie des gens que l’on n’attendait pas dans ce domaine mais qui pouvait facilement se déplacer, aussi à ce titre entendait-elle bien des choses. Bonnes ou mauvaises.

« Capuche, notre accord tient toujours. Mais je devrai pouvoir te joindre. »

Un sourcil haussé de la part de sa tante posait toutes les questions auxquelles ils auraient à répondre.  Ce n’était pas tant que Liberté ne savait pas tenir sa langue mais que comme son père, comme Éclatant, Inspirée était de sa famille à double titre : par le sang et par la magie. La jeune fille était détendue et clairement en confiance, bien que les signes soient peu perceptibles, ils étaient bien là.

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Lun 1 Oct - 19:53
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Localisation : Castlecerf / Great Iguana
La dénommée Inspirée apprécie le trait d'esprit et me répond par un rire communicatif. Les présentations étant faites, elle m'invite à m’asseoir sur l'un des canapés. Je suis immédiatement rejoint par Thémistocle qui bondit alors sur le dossier pour le longer et venir me rejoindre.

*Tu as oublié de présenter Thémistocle le Cha'ssassin... Donne-lui de l'amour pour qu'il te pardonne !*

Lorsque le chat arrive à hauteur de mon épaule, je l'accueille par une caresse de l'index sous le menton, qu'il semble particulièrement apprécier.

*Contemplez l'étendue de mon pouvoir femmes !*

Lorsque j'apprends l'affectueux surnom de Liberté, je ne peux m'empêcher de lui adresser un regard accompagné d'un sourire lourd de sens. Elle me connaît suffisamment pour comprendre qu'il s'agit typiquement du genre de dossier qu'il ne faut surtout pas que j'apprenne. Avec de bonnes chances de devenir un sujet de plaisanterie récurrent, "Lilibel" sera désormais le nom de code que j'utiliserai pour les messages que j'adresserai à la rouquine.

La conversation devient cependant immédiatement sérieuse lorsqu’est évoqué l'assassinat de la maîtresse d'art et notre quête de son assassin.

Inspirée élargit même le problème à l'ensemble des Pies, tout en me faisant savoir que l'objectif que je poursuis sera long. Une allusion à peine voilée pour me faire comprendre que ma présence en Labour sur le long terme poserait problème. Ce en quoi elle n'a pas tort... Ici, je ne pourrai rien faire alors que mes cibles sont très vraisemblablement à Castlecerf.

La noble dame me fait cependant savoir que je serai rétribué pour avoir ramené Liberté chez elle et pour m'assurer mon silence sur les secrets de sa famille.
La jeune rousse conclut alors en précisant qu'elle pourra me joindre en révélant, volontairement ou non, l'accord passé entre nous. Subtilité qu'évidemment sa tante remarque...

Je réponds d'abord par la plaisanterie cynique qui me caractérise avant de poursuivre plus sérieusement.

" Cette fois-ci, je ne le fais pas pour l'argent... Mais rassurez-vous, nul homme ou femme dans les duchés et en dehors de votre famille n'apprendra que vous surnommez votre nièce Lilibel !

Il me faut cependant vous avouer que j'ai conclu un accord avec elle en contrepartie de mes efforts. C'est là la seule rémunération que je demande et j'espère que votre famille saura l'y aider."


J'ajoute alors tout en soutenant le regard d'Inspirée, qui ne relâche pas un instant sa pression, comme si elle désirait sonder mes pensées véritables.

" Je ne recherche pas l'assassin de la maîtresse d'Art uniquement pour innocenter votre nièce. Aussi étrange que puisse vous paraître cette information, et bien que vous ne deviez certainement pas la porter dans votre cœur, Eliée Ormeblanc était une amie chère.

Je ne désire pas seulement retrouver le bras qui l'a exécuté. Je désire également la tête de celui qui a pensé son meurtre.
Cela me demandera de pouvoir approcher les Pies ainsi que de nombreux vifiers... Je n'imagine pas cette tâche réalisable sans une aide du Lignage, avec qui il semblerait que j'ai désormais des ennemis communs."

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Si tu sais ce qu'ils veulent, tu pourras les acheter.
Si tu les comprends, tu pourras les prévoir."
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Jeu 8 Nov - 14:33
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
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Liberté sourit en entendant le chat, sa tante elle se tint parfaitement coite. Le chat pouvait hurler tout ce qu’il voulait, elle ne bougerait pas d’un iota face à un étranger. La quadragénaire écouta le récit de l’assassin sans répondre, observant sa nièce discrètement pour voir comment celle-ci se comportait aux dires de Capuche. La rouquine avait eu une chance inouïe ou un sacré talent pour détourner cet homme recherché dans tous les Duchés de sa résolution première et en faire son complice. Mais nul doute, aussi, que le prix à payer serait élevé or Inspirée ne le comptait pas nécessairement en pièces d’or.

Hochant gravement la tête, le médecin se cala un peu mieux dans le canapé. Elle restait droite cependant, une sorte de noblesse dans le maintient qui n’avait rien de calculé ou de rigide. A force, cela devenait naturel.

« Vous ne pourrez pas rester ici indéfiniment. Nous retrouverons l’homme. Tu l’as, n’est-ce pas ? Demanda-t-elle à sa nièce qui hocha la tête paresseusement, comme un gros chat qui aurait trouvé l’endroit idéal pour la sieste. Grave, Inspirée hocha la tete et reporta son regard vert et perçant sur Capuche. Nous vous contacterons.
- Je dois m’en charger, tu le sais tantine ?
- Je sais, mais ta mère… »

Liberté haussa les épaules, fataliste. Elle aurait préféré la savoir à Belcastel, où elle aurait été auprès de son père et de Syldrunn qui devait se sentir bien seule, mais si quelqu’un pouvait intervenir pour Labour de manière efficace à la Cour, c’était bien Flamboyante.

« Flamboyante flamboiera, mais je resterai libre de mes actes, » conclut-elle avec un sourire moqueur. « Le Lignage retrouvera ce meurtrier et Capuche m’aidera à le faire comparaître face au Roi. Il aura sa vengeance en voyant l’homme souffrir mille morts et l’honneur des Sangréal sera lavé. »

Si tout se passait bien. Ce qui n’était pas joué d’avance, ils le savaient sans doute tous les trois, d'ailleurs le médecin fronça les sourcils, moyennement convaincue par l'optimisme de la rouquine. Après un silence, Inspirée mit le doigt sur un point d’achoppement que Liberté préférait taire.

« Et quand s’arrêtera la vengeance, s’il n’a pas agi seul ? Les Pies sont bien plus organisés que nous nous plaisons à la croire, avec nos œillères. Je ne vois pas comment, autrement, ils parviendraient à de tels méfaits. N’atteint pas la Maîtresse d’Art du Roi ou son frère qui veut... »

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Dim 18 Nov - 15:36
Capuche
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Faire comparaître les coupables de la mort d'Eliée devant le roi... Une perspective bien idéaliste à laquelle je ne crois guère. Même si cette première option réglerait beaucoup de choses et que j'ai l'intention de tout faire pour qu'elle se concrétise.

Je ne pense pas que les Pies soient un gibier si facile à capturer... Si cela avait été le cas, j'aurai moi-même réglé cette histoire sans avoir à recourir à une aide extérieure.

Face à un ennemi puissant, les choses ne peuvent généralement se terminer que d'une seule manière... Dans le sang. Je me garde bien de le faire savoir à Liberté, mais si nous parvenons au moins à tuer les assassins d'Eliée et à apporter les preuves de l'innocence de la jeune Sangréal en haut lieu, le contrat sera à mes yeux considéré comme largement rempli.

Je garde le silence pour une deuxième raison. Plus d'une fois, la volonté de Liberté m'a pris par surprise alors... pourquoi ne pas s'accorder la faiblesse de rêver à une issue heureuse ?

Mais cet élan d'optimisme est vite balayé par Inspirée avec un discours beaucoup plus terre à terre. Et comme il se trouve que je partage également son point de vue, j'ignore comment sera pris ce que je m'apprête à dire. Pour une Sangréal, comme pour l'autre.

"La colère est contraire aux préceptes de mon ordre... Donc, en ce qui me concerne, la vengeance s'arrêtera là où s'arrête le contrat qui me liait à la maîtresse d'Art : "trouver la personne qui à ordonné sa mort ainsi que son exécutant et les mettre hors d'état de nuire". Ne restera plus ensuite que le contrat qui me lie à votre nièce -à savoir : prouver son innocence - et l'attachement que je lui porte.

Tout le reste est intrigues politiques sur lesquels il m'est interdit d'émettre un jugement. Par conséquent, vos problèmes ne seront les miens que si un nouveau pacte le stipule. Mais en contrepartie, je peux contribuer à ôter vos "œillères" une fois de retour à Castlcerf."



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Jeu 22 Nov - 16:06
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
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Localisation : Castelcerf, en théorie
Inspirée fonça un instant les sourcils tandis que Liberté se taisait. Aucune des deux femmes n’avait le pouvoir d’engager leur famille, l’une car elle avait depuis longtemps renoncé à ce privilège, l’autre car elle ne l’avait pas encore ou n’était pas certaine de vouloir en faire usage pour le moment. La quadragénaire observa sa nièce qui tout à coup se raidit et elle ne comprit que trop bien pourquoi. Avec un soupir, elle se leva et les laissa tous les deux.

« Je parlerai à mon père. Je suis tentée de t’engager sur un contrat indéterminé, avoir des yeux et des oreilles partout dans les duchés est important. Savoir c’est avoir le pouvoir de négociation, »
elle se releva et épousseta sa tunique, les épaules tendues. « Accompagne-moi dans le bureau, s’il te plaît. Tu pourras peut-être négocier un contrat encore plus rapidement qu’avec moi... »

En effet, au même moment, on frappa et Inspirée ouvrit immédiatement la porte. Les politesses échangées auraient pu l’être avec un double de Liberté tant la voix de la seconde femme ressemblait à celle de la jeune femme, avec moins de douceur peut-être.

« Où est cette idiote, Inspirée ? Inutile de me la cacher je sais reconnaître la présence de ma fille, même si elle n'a pas l'Art, » demanda la voix-jumelle en entrant.

Un « Maman ! » de protestation retentit de la voix d’un adolescent qui finissait juste sa mue. Liberté sourit et jeta un coup d’œil à Capuche -dans sa direction approximative-, sans le voir.

« Prêt pour la réunion de famille ? »
demanda-t-elle avant de tirer la porte. Elle entra et fit une petite révérence avant d’échapper une exclamation de surprise quand la main de sa mère la gifla sans ménagement, la faisant tituber.

« Flamboyante ! »
cria Inspirée, outrée, secondée par deux « Maman ! » des jumeaux. Mais la Duchesse n’en avait cure. Elle fixait Liberté avec froideur, son visage aux traits aussi beaux qu'une statue de marbres figé dans une expression glaciale et condescendante.

« Vous êtes une idiote doublée d’une incapable, Liberté. Des années à travailler à l’entente avec la couronne, à établir la place de Labour au conseil et en quelques mois vous ruinez la réputation de votre Sang et de tous vos sujets ! »

Eclatant contourna sa mère pour prendre sa sœur dans ses bras. Les salutations entre eux étaient muettes et la jeune fille glissa ses doigts dans la tignasse blonde de son frère.

« J’ai fait au mieux, Madame ma Mère. Je n’y peux pas grand-chose si le Roi, dans sa folie aveugle de poursuite des Pies, ne sait pas faire la différence entre la coïncidence et la culpabilité. Je me chargerai donc de lui ramener son coupable. Avec l’aide de Capuche. »

Elle espérait que l’assassin trouve les mots pour convaincre et apaiser sa mère. Ce qui n’était pas chose facile. La Louve de Labour, comme elle était affectueusement surnommée de son peuple, avait des aspects de dragon farouche plus souvent qu’on ne se l’imaginait. Le regard vert, intense, de l’Artiseuse détailla longuement l’assassin qu’elle connaissait de nom.

« Capuche, hum ? L’assassin recherché pour, si je ne m’abuse, la coquette somme de cinq mille pièces d’or ? » elle s’assit dans l’un des fauteuils comme s’il s’était agit d’un trône.

Ses robes émeraude aux biais noirs brodés d’or, les bijoux d’or, délicats et fins, ses cheveux remontés en un chignon de boucles et ne nattes complexes donnaient un ensemble aussi majestueux que raffiné. Bien qu’ayant selon toute logique au moins la quarantaine, difficile de lui donner plus de trente ans. La magie de l’Art préservait ses traits sculpturaux et son corps aux courbes à peine moins généreuses que celles de sa fille. Celle-ci attrapa l’assassin à tâtons et le poussa en avant. A lui de se vendre intelligemment. Liberté garantissait l’aide du Lignage, en grande partie, mais Flamboyante était un morceau de pouvoir politique sous forme humaine.

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Dim 2 Déc - 18:14
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Ayant exposé ma position aux deux Sangréal, je leur laisse le soin de méditer mes propos. Évidemment, je ne m'attends pas à avoir un engagement total de la famille, uniquement en m'adressant à Liberté et à sa tante qui n'ont pas la main mise sur Labour. Du moins pas encore en ce qui concerne la plus jeune...

Mais au moins suis-je désormais introduit. Inspiré quitte alors le canapé pour me laisser discuter avec la rouquine.

Cette dernière évoque la possibilité d'établir un contrat avec son père, sur une durée indéterminée. Évidemment, elle comprend déjà tout le bénéfice qu'elle pourrait tirer de mon propre réseau d'information, alors que suis bien loin de lui en avoir révélé l'étendue. Peut-être d'ailleurs devrais-je freiner ses ardeurs sur ce sujet...
Si je veux bien vendre des informations qui ont de la valeur, je n'ai pas l'intention de mettre à disposition d'un duché la machine qui m'a permis de les obtenir. Chaque famille a ses petites recettes secrètes et je protège jalousement les miennes.

Ainsi, je ne peux que répondre avec humour à sa remarque.

"Tu te rends compte de tout l'argent que je vais honteusement extorquer à ta famille avec une telle gamme de services ?"


Nous n'avons pas le temps de poursuivre que la jeune femme se lève à son tour, visiblement tendue, et me propose contre toute attente de négocier avec un intermédiaire plus direct, en nous rendant au bureau.

Ce revirement soudain d'attitude m’interpelle, mais ce n'est pas la première fois que j'y assiste. Ainsi, j'en déduis une nouvelle diablerie liée au Vif et suis déjà curieux de voir qui elle annonce.

Alors je me lève aussi et je dois dire que je ne suis pas déçu.

La porte s'ouvre et j'assiste à l'entrée fracassante de Flamboyante, la propre mère de ma protégée. Cette dernière est accompagnée de ses enfants, qui semblent d'ailleurs avoir bien du mal à contenir la bouillante matriarche.

Ainsi nous avons été repérés... Une demi-surprise avec cette clique de magiciens.

Une gifle claque soudainement. Avec une telle violence qu'elle semble raisonner encore dans toute la pièce. Je ne montre aucune émotion face au geste, mais je peux au moins retenir Liberté avec un bras protecteur que je place dans son dos lorsque je la vois chanceler. La contenance dont elle fait preuve malgré une telle volée est impressionnante.

Flamboyante exprime alors tout son amour pour sa fille et la joie qu'elle éprouve de la revoir libre. Curieux spectacle que de voir Liberté se faire ainsi accueillir par sa propre génitrice... Heureusement pour elle, ses frères semblent bien plus réceptifs à de "joyeuses" retrouvailles.

Mon nom tombe enfin... Et je comprends que moi aussi je vais devoir prendre part à la conversation. La jeune rousse m’entraîne en direction de la femme comme s'il allait me falloir affronter un dragon. Ce n'est peut-être pas si éloigné de la vérité... Si seulement un dragon, comme n'importe quel monstre en ce monde était en mesure de me faire peur.

Alors puisqu'on semble l'attendre de moi, je m'avance vers la mère de Liberté. Je me rends compte que toutes les personnes présentes dans cette pièce semblent ployer sous son écrasante personnalité, mais ce n'est certainement pas un cadeau que j'ai envie de lui faire. Il faut dire que j'ai un atout auquel elle ne s'attend pas et qui devrait au moins éveiller sa curiosité à mon égard. Je n'ai absolument pas à m'inquiéter de son art.

Je m'arrête alors devant elle et je la jauge à mon tour. Il fallait s'en douter quand on sait à quoi ressemble sa fille, mais je la trouve extrêmement belle. Dommage qu'elle ai visiblement le caractère qui va avec...

Je me tiens debout alors qu'elle est assise. S'attend-elle à ce que je mette genou à terre ? Liberté sait très bien que cela n'arrivera pas.

" Je n'ai rien à répondre à propos de cette absurde prime sur ma tête.
Mais j'ai envie de croire que si vos gardes ne m'ont pas encore mis en pièce, c'est parce que vous souhaiteriez peut-être vous faire votre propre idée de ma valeur réelle. J'espère que vous n'êtes pas déçue."


refusant de ployer le genou, mais non dénué de politesse, je lui adresse alors une courtoise révérence pour la saluer.

" Je suis honoré de vous rencontrer en personne Dame Flamboyante. Si je me présente devant vous aujourd'hui, c'est parce que je pense que la crise qui secoue le royaume n'est déjà plus en mesure de se résoudre par des moyens politiques.

Dans cette logique, il était préférable que je vous ramène votre fille avant qu'un spadassin, autre que moi, ne soit venu l'égorger dans sa chambre."

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Mar 29 Jan - 11:28
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
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Installée, Flamboyante ignora totalement les autres membres de sa famille présents dans la pièce. Les jumeaux s’étaient faufilés dans le dos de Capuche et avaient fait asseoir Liberté, que sa tante examinait. Elle s’était profondément mordu la lèvre sous le choc de la gifle maternelle, et connaissant la carnation fragile de sa nièce, Inspirée alla fouiller dans un coffre pour en sortir un onguent à base d’arnica.

La Duchesse ne s’attarda pas sur la fermeture à l’Art de l’assassin. Elle n’en était même pas surprise : c’était une sécurité diablement nécessaire pour ce genre de métier. Un sourcil élégant se haussa aux premières paroles de Capuche alors que Liberté grimaçait dans son dos. Les fanfarons n’avaient jamais beaucoup ébloui Flamboyante.

« Pour votre gouverne, le prédicat honorifique pour s’adresser à une Duchesse est ‘votre Altesse’, » commença-t-elle froidement. « Gardez donc les ‘Dame’ que vous pensez si courtois pour les jolis cœurs et la petite noblesse que vous irez égorger dans leur chambre. »

Elle croisa une jambe sur l’autre, les coudes sur l’accoudoir, les mains lâches reposant sur le haut de sa cuisse. Définitivement, songea Liberté, fanfaronner n’était pas une bonne idée. Et qu’elle s’en mêle n’aiderait sans doute pas les choses. Elle envoya quelques ondes apaisantes vers sa mère, de la manière la plus discrète qu’il soit, mais elle savait cette-dernière bien au fait des capacités du Lignage et donc sur ses gardes. Étonnement, ce fut Tumulte qui vint se placer aux côtés de l’assassin.

« Maman, cet homme nous a ramené Liberté vivante. Et à votre connaissance, la Cour et le Roi ne savent pas où elle se trouve. Cet avantage que vous saurez sans doute exploiter vaut bien de passer sur l’étiquette, ne croyez-vous pas ? »

Il fallait de l’aplomb pour faire face à la duchesse quand elle n’était pas de bonne humeur, même pour ses enfants. Tumulte pourtant avait toujours semblé totalement insensible à tout ce qui pouvait bien lui arriver. Si Intrépide et Chance pouvaient se montrer tête brûlée, le seul non-mage de la famille était encore pire.

« Cela pourrait… Si les assassins agissaient de bonté de cœur et gratuitement. Ce qui n’est pas le cas. Que voulez-vous ? Quel marché ma fille a-t-elle conclu avec vous ? » demanda-t-elle.

Elle semblait s’être un peu radoucie, bien que son port reste celui d’une reine. La pauvre Prudence, enceinte ou non, avait toujours fait pâle figure quand Flamboyante et/ou Ambitieuse Montellonde étaient dans les parages. Pas étonnant dès lors que le Roi ait autant de mal à tenir ses ducs sous contrôle… et qu’il ait une telle méfiance envers leurs enfants. Les Montellonde léchaient les bottes des Loinvoyant pour plus de pouvoir, mais les Sangréal… Ils toléraient de parfois bien vouloir complaire aux volontés du trône.

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Dim 24 Fév - 18:12
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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S'il y a bien une chose de certaine quand on l'observe, c'est que la maîtresse de la maison Sangréal sait porter son nom à merveille... Comme prévu, la duchesse fait montre d'un tempérament de feu.

À peine ai-je voulu la saluer qu'elle me renvoie aussitôt dans les cordes. Cela ne présage rien de bon pour la suite... Si elle était en mesure de le faire, je pourrais presque sentir le poids du regard de Liberté dans mon dos. Mais je pourrais certainement deviner ses pensées actuelles. La connaissant on devrait être sur quelque chose du genre : "Mais arrête donc de te conduire comme un idiot !"

À sa décharge, c'est effectivement le genre d'image que j'adore renvoyer. Pourtant, en ces instants, je ne saurai être plus sérieux.


Quelle opinion la duchesse a-t-elle de moi ? Je pense qu' elle doit éprouver autant de respect pour mon activité, que je n'en éprouve moi-même pour le titre dont elle souhaiterait que je la gratifie. Comment lui en vouloir ?

C'est pourquoi je ne m'amuse ni ne m'offusque de sa remarque. Je me redresse simplement après ma révérence et je conserve un visage parfaitement flegmatique lorsque je lui réponds.

" Je connais le protocole."


Cette remarque me permet de clarifier ma position sans alourdir le propos. Ce n'est ni le lieu ni le moment. J'ai compris qu'elle est le maître en ces lieux, elle comprend que je ne suis pas l'un de ses sujets. Le combat "noblesse contre anarchie" aura tout le temps de reprendre plus tard, en dehors de ces murs.

Contre toute attente, c'est le moment que choisit l'un des enfants de Flamboyante pour intervenir. En plus d'apprécier le geste -qui devait certainement lui coûter à lui aussi-, ses paroles avaient le mérite de résumer une situation que j'aurai certainement eu plus de mal à faire entendre moi-même. Je lui adresse un signe de tête pour le remercier, même s'il n'avait certainement pas agi pour mes beaux yeux.

Elle me pose alors de nouvelles questions. Cette fois, je suis en mesure de lui répondre en personne.

"Je désire de l'aide et des informations pour affronter les Pies... Que j'échange contre mon aide et mes informations sur ce qu'il se passe à Castlecerf ou contre vos propres ennemis. Il me semble qu'il existe des marchés plus malhonnêtes."


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Lun 11 Mar - 18:31
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
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Localisation : Castelcerf, en théorie
A entendre sa première réplique, Liberté se demanda s’il y avait un mur contre lequel se taper la tête, là, tout de suite. Elle savait qu’il venait de tout ruiner. Manquer de respect à sa mère n’était pas du tout le bon moyen d’obtenir quoi que ce soit de la Duchesse, qui parmi ses défauts avait une conscience (trop) aiguë de son pedigree long comme le bras et de ses propres qualités personnelles.

Refusant que la situation ne dégénère au-delà du réparable entre eux, la jeune femme soupira, blasée. Blasée de voir que ni l’un ni l’autre n’étaient capable de parler comme les adultes qu’ils étaient tout de même censés être. Blasée de voir Capuche, surtout, refuser de faire bonne figure en ployant devant une Duchesse (personne ne lui demandait plus qu’une révérence convenable et un titre adapté, de plus, ce n’était pas une simple petite noble de deuxième rang qui le demandait). Le visage fermé, elle tâtonna jusqu’à effleurer son dos et posa finalement une main ferme sur son épaule, appuyant doucement dessus. Doucement, mais sans faiblir.

« S’il te plaît, Capuche, » murmura-t-elle derrière lui, une ombre de la fatigue morale qu’elle ressentait dans sa voix un peu blanche, presque fraîche.

Heureusement, l’assassin obtempéra. Et elle lui rendrait justice en saisissant le tremplin qu’il lui offrait pour renvoyer les flammes de la Louve de Labour dans son museau. C’était à elle de faire face à Flamboyante, pas à l’assassin qu’elle avait embauché pour éviter de finir sous sa lame.

« Voilà, votre Altesse, est, je l’espère, comblée de tant de déférence. Pouvons-nous passer à des sujets plus sérieux et discuter en adultes au lieu de jouer la comédie de qui a le plus de pouvoir dans la pièce ? Tante Inspirée nous offrait le thé, peut-être pourrions-nous abuser ? »

Elle tourna sa tête vers sa tante qui retenait un sourire et les invita tous à passer au salon. Flamboyante fusillait sa fille du regard mais ne répondit pas. Liberté n’était pas dupe une seconde, elle lui ferait payer cet affront. Sa mère pourtant si elle prit la place de la jeune fille auprès du feu, ne releva pas le reste. Éclatant guida sa sœur sur le second canapé et avec son frère alla chercher d’autres sièges.

« Que l’on soit clairs, je n’ai pas besoin d’un assassin, ni d’un espion. Je pourrais envisager d’en employer un de plus, voilà tout. M’est avis que vous avez plus à gagner à m’avoir comme employeur que moi à vous payer pour des informations que j’obtiens sans doute déjà par mes propres moyens, » le prévint Flamboyante qui se laissait servir par Tumulte.

Liberté posa sa main sur le bras de Capuche. Du calme. Elle le toucha par le vif, l’apaisant en douceur. Capuche devait garder son calme intérieur et les idées claires, il devait garder son orgueil sous bride.

« Vous n’avez pas de mains et d’oreilles partout, notamment au sud, Madame ma mère. Toutefois, personne ne sous-estime vos moyens ici. Et pour trouver l’homme que nous cherchons, nous en aurons sans doute besoin. »

Elle laissait Capuche, tacitement, lui expliquer toute la situation alors que récupérant sa tasse de thé des mains de sa tante, elle s’appliqua à le siroter. Ses épaules, ses gestes pourtant mesurés, étaient cependant très tendus. Plus encore qu’elle ne l’était à la Cour. Le soufflet qu’elle s’était pris à l’arrivée de Flamboyante cuisait encore douloureusement sa peau rougie.

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Sam 23 Mar - 15:43
Capuche
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La duchesse de Labour a beau être flamboyante, je ressens une atmosphère glaciale s'installer définitivement entre la dirigeante et moi-même. Trop de tempérament de part et d'autre de la barrière... Heureusement Liberté fait le choix d'intervenir.

Une occasion pour moi de répondre au caprice de la trop impétueuse femme rousse tout en lui faisant comprendre que ce n'est pas envers elle que va mon engagement.

Elle a beau connaître mon passé, Liberté n'a visiblement pas conscience de ce qu'il me coûte de courber l'échine lorsque je ne suis pas déguisé. Mais je n'aime pas l'idée de la trahir de manière aussi absurde... Alors je m'exécute et on passe à autre chose.

La jeune femme propose ensuite de poursuivre la discussion de manière plus détendue autour d'un thé. Je suis on ne peut plus d'accord, même si je commence à prier pour qu'un petit malin ait remplacé l'eau par du rhum en notre absence.

À peine sommes-nous installés que Flamboyante me gratifie d'une nouvelle pique. La situation est si tendue que Liberté ressent la nécessité de saisir mon bras, très certainement dans le but de m'apaiser. Un geste que j'apprécie, mais une précaution inutile. J'avais déjà renoncé à ma fierté mal placée à la seconde où elle s'était rappelée à moi face à sa mère. Autant jouer le jeu jusqu'au bout désormais.

" Votre Altesse... Pas un instant je n'ai eu la prétention de pouvoir vous offrir ce que vous ne possédiez déjà. Je n'ai pas non plus l'intention d'insulter votre intelligence en me présentant à vous en étant plus que Capuche l'assassin."


Lorsque je suis servi à mon tour, je porte la tasse de thé à mes lèvres. Mes prières n'ont pas été exaucées et l'eau chaude ne s'est définitivement pas transformée en alcool. Il n'y aura donc pas de miracle pour me tirer de là si je dépasse à nouveau les bornes.


"Vous avez raison. J'ai besoin de votre aide. En retour je vous présente la seule force digne d'intérêt pour vous que je possède : un réseau de communication rapide et performant à travers l'ensemble des duchés.

Les espions et les diplomates sont soumis aux lourdeurs de la situation géopolitique. En tant qu'apatride, il s'agit d'une contrainte dont ma guilde est totalement affranchie par nature. Je suis convaincu que vous sauriez tirer parti de cet avantage en cas de nécessité."


je marque une pause. J'ai l'impression de me répéter et au final est-ce vraiment de l'espionnage ce que j'avais à offrir de mieux à Eliée ? Non... bien sûr que non. Au final je cherche à négocier sur ce qui devrait me paraître comme une évidence.


"l'autre chose que je puis vous offrir. La seule en fait... C'est moi. Tant que je serai lié par contrat aux Sangréal, mes compétences seront votres."

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Sam 11 Mai - 14:25
Liberté Sangréal
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Flamboyante hocha la tête et sourit, bien plus clémente. Les choses étaient claires, maintenant, ils pouvaient donc commencer à parler affaires. Elle s’installa de manière plus détendue pour écouter l’assassin, laissant Liberté souffler. Les négociations se passèrent bien : Flamboyante allait voir pour rassembler une troupe de confiance au cas où le Lignage ne puisse leur faire parvenir de chasseurs de tête expérimentés.

« Pour le moment, vous êtes sous contrat avec nous. Tant que ma fille n’est pas réhabilitée, le véritable meurtrier exécuté vous travaillez pour elle. Naturellement, vous serez payé. Par la suite, j’ai une idée… mais nous en parlerons en temps voulu. »

Le prix de Capuche, s’il était raisonnable, serait immédiatement accepté. De toute évidence, la rouquine mère connaissait les prix d’un excellent assassin. Elle se leva puis marqua une pause, se retournant pour percer Liberté du regard. Toute aveugle qu’elle soit, la jeune fille le sentit car elle releva la tête, un air poliment curieux sur le visage.

« Liberté, la reine a été assassinée à deux pas de Flétribois où elle devait séjourner pour la fin de sa grossesse. L’attaque d’un chien enragé. L’acte est très étrange, apparemment le chien aurait ignoré plusieurs personne pour ne la mordre qu’elle… Évidemment, votre nom est sur toutes les lèvres d’autant que vous avez disparu au même moment de la Cour. Votre nom ne vous protégera pas de tout, mademoiselle ma fille. »


Le choc se lisait clairement sur le visage de la jeune fille qui pâlit brutalement. Sa mère n’était pas dupe, elle n’y était pour rien, là n’était pas le problème. Les Pies sans doute avaient frappé. Délibérément. Ils avaient tué la Reine.

« Et… le bébé ? » demanda-t-elle, serrant sa tasse de thé désormais vide.

« Mort. Il a été contaminé et n’a pas survécu. »

« Douce Eda... »

Flamboyante les abandonna là, les jumeaux embrassant leur sœur, Éclatant lui murmurant quelque chose à l’oreille qui parvint malgré tout à lui tirer un petit sourire. Ils serrèrent la main de Capuche et la pièce se vida. Inspirée à son tour prit les choses en main. Liberté logerait chez elle, à quelques rues de là. Capuche pouvait rester s’il le souhaitait mais il serait sans doute plus utile à leur famille à Bourg-de-Castelcerf… Quelques minutes plus tard, Mélisse, un bandeau de gaze de soie blanche sur le regard accompagnée de son frère étaient poussés hors de la faculté de médecine avec un parchemin de recommandation, des médicaments et moult conseils prodigués à haute voix par un médecin ferme et décidé à tenter cette guérison.

La jeune fille tira Capuche jusqu’à la maison de sa tante où elle toqua, pour se faire ouvrir par diligente qui ne la remit pas. Elle tendit à l’intendante le rouleau donné par sa tante et une heure après le départ de Flamboyante, chacun d’eux étaient confortablement installés dans une chambre tout confort, un bain fumant, du thé, une collation et des vêtements propres (et locaux) à disposition. La rouquine ne se fit pas prier pour prendre un bain fumant. Quand elle frappa à la porte de Capuche en milieu d’après-midi, la jeune femme semblait plus labourane qu’elle ne l’avait jamais été.

Sa robe de laine rouge écarlate avait des galons vert sapin à broderie or et blanc présentant des motifs de fleurs hivernales au bas de la jupe et sous la poitrine de la jeune femme. L’encolure en V, très profonde et doublée d’hermine, laissait voir l’avant plein d’un corset tendu de satin vert sapin. Une tenue digne d’une bourgeoise, mais dans laquelle la jeune femme était tout à fait à l’aise, quand bien même la couleur de ses cheveux n’était pas idéale pour celle de la robe. La longue tresse heureusement était enroulée en couronne autour de sa tête pour finir dans un chignon piqué d’épingle aux perles qui brillaient sous la lueur des lampes qui, déjà étaient allumées.

« Capuche ? » appela-t-elle en frappant à la porte.

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Sam 25 Mai - 0:58
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Localisation : Castlecerf / Great Iguana
Un peu de détente... Ayant profité d'une toilette ravigotante et venant d'allumer un feu dans l'âtre, je profite de la douce chaleur de ma chambrée pour me reposer sur le lit. Encore torse nu, je laisse Thémistocle dormir sur mon ventre et je caresse doucement ce dernier tandis que je fixe le plafond et tente de faire le point sur les récents évènements.

Finalement, les négociations ne se sont pas si mal passées au vu de la tension qui régnait en début d'entretien... Comme en amour, la moindre offense peut faire boule de neige et avoir des conséquences cataclysmiques. Mais si l'un des deux ravale sa fierté et fait un pas vers l'autre alors on peut espérer amorcer le dialogue. C'est ce qu'il s'est passé lorsque j'ai accepté de me plier au "protocole"... Mais que Liberté ne se leurre pas, c'était la première et dernière fois que j'agissais de la sorte.

Bon sang... il m'aurait été tellement plus simple d'empoisonner discrètement le thé et d'imposer mes conditions en échange de l'antidote pour tout le monde... Canaille dirait de moi que je me ramollis.

En revanche, cela ne m’empêchera pas de chercher un autre moyen futur de plaire à la duchesse. Il serait idiot de ne pas chercher à faire fructifier notre rapprochement improbable. Comme un petit poème glissé sous sa porte cette nuit, au nez et à la barbe de ceux censés la protéger... Un défi qui m'amuserait assez moi-même, histoire de me remettre dans le bain.

Ultime enfantillage avant de replonger dans la noirceur.

L'annonce surprise de la mort de la reine et de son enfant à venir nous a fait l'effet d'un coup de catapulte. D'un autre côté... C'était peut-être bien là le début des réactions que j’espérais suite à notre "fausse revendication". Je me garderai cependant d’émettre cette réflexion à Liberté qui n'aurait certainement jamais souhaité la mort d'une innocente, enceinte de surcroît...

Personnellement, je n'ai pas ce genre d'états d'âme. Déjà, parce que rien ne prouve que la mort de la reine soit bien le fait des pies. En la matière, seuls des soupçons subsistent. Ensuite, s'il s'agit bien d'un assassinat, rien ne nous permet d'affirmer qu'il ai un quelconque lien avec nos propres actions. Cette lettre n'était qu'un pari et seul l'examen des messages échangés à travers la ville pourra me dire s'il me sera utile ou non.



Quoi qu'il en soit, ma décision est prise. Je reprends la route du duché de Cerf dès que ma mission auprès de Liberté arrive à son terme. D'ailleurs peut-être est-ce déjà le cas ?... Qu'est-ce qui l'empêche de repartir directement avec sa famille à présent qu'ils sont réunis ? Dans cette éventualité, mes affaires sont déjà prêtes de toute manière.

Après tant de temps passé ensemble, mon rôle se cantonne-t-il à simplement disparaître de sa vie comme j'y suis entré ?

Comme pour me conforter dans cette décision, j'entends toquer à ma porte et à la voix, je reconnais instantanément ma visiteuse.
Thémistocle se réveille d'un coup et me laboure les abdominaux en bondissant de sa position...

Heureusement il en faut plus pour venir à bout d'un assassin de ma trempe. Je me lève donc pour accueillir la jeune femme. Je constate que cette dernière a fait bien plus d'effort que moi pour soigner son apparence. Une chance pour moi qu'elle soit aveugle...

"Hey ! je ne m'attendais pas à ta visite. Entre donc !"

Pour plaisanter, je lui dis alors :

"Un instant, j'ai cru qu'il s'agissait des Spadassins de ta mère. Il semblerait que mon charme légendaire ne soit plus ce qu'il est !"

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Si tu sais ce qu'ils veulent, tu pourras les acheter.
Si tu les comprends, tu pourras les prévoir."
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Mer 5 Juin - 13:45
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
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Localisation : Castelcerf, en théorie
La rouquine entra et à la dernière réflexion de l’assassin, elle se retourna à demi pour lui lancer un sourire taquin. Elle était désormais clairement détendue, le stress des heures passées avec sa mère ou sa tante, à attendre le verdict de son évasion ne paraissaient plus. Sans doute que même au palais, pendant sa captivité, elle n’avait jamais vraiment réagi comme ça.

« Pour qu’il s’amoindrisse, il faut encore qu’il ait été ! » persifla-t-elle dans une moquerie gentille qui s'ornait d'un grand sourire provocateur. « Mais ne t’inquiète pas, nul autre que mon père n’a eu assez de charme pour faire céder Flamboyante. Tu devrais toujours t’en sortir avec les filles de cuisine de Castelcerf. »

Elle percevait le chat qui avait été dérangé et qui, désormais, cherchait à retrouver le confort qui lui avait été volé par son arrivée. Fermer son vif ne servait à rien avec cette bestiole, elle en ignora les récriminations et réflexions lancées à ‘haute voix’.

« Plaisanterie mise à part... » Elle lui adressa une révérence sobre mais sincère. « Je te remercie d’avoir cédé face à elle. Je me doute que ce n’est pas dans tes habitudes, puisque tu ne reconnais aucun rang. »

Elle savait qu’il l’avait fait pour elle. Heureusement qu’il avait bien voulu courber l’échine, aussi factice que soit ce geste. Flamboyante ne ferait jamais rien pour aider sa fille, au contraire. Être clairement l’allié de Liberté ne constituait pas nécessairement un avantage quand on se présentait face à elle. Mais pour le moment, un statu quo était scellé. Il ne restait plus à la jeune fille qu’à mener à bien sa part du contrat, ce qui ne serait pas une mince affaire.

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Dim 16 Juin - 16:09
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Localisation : Castlecerf / Great Iguana
Même s'il ne s'agissait pas d'un spadassin, je constate avec plaisir que Liberté ne semble pas déterminée à m'arracher les yeux elle-même. Je n'aurais peut-être pas parié là-dessus il y a encore quelques heures au vu de l'attitude que j'avais choisi d'adopter devant sa bouillante génitrice.

Elle semble au contraire bien plus détendue que face à sa famille, et se permet même de répondre avec malice sur la prétendue infaillibilité de mon charme.

Un sourire provoquant aux lèvres, j'ajoute alors : "Si seulement tu savais profiter du plaisir d'un homme qui se présente à toi sans sa chemise..." ...Cela me ferait certainement un de mes plus agréables et glorieux souvenirs. Malheureusement, ce n'était pas vraiment le genre de la maison. Il me faudrait donc me cantonner aux filles de cuisine et aux souvenirs d'un temps révolu.

Elle m'invite à revenir vers un sujet plus sérieux, j'en profite pour aller moi-même me rhabiller, même s'il s'agit là d'une précaution guère nécessaire pour elle.

J'ai alors la surprise de la voir m'adresser une révérence ainsi que des remerciements pour mon changement d'attitude soudain face à sa mère. Un privilège que j'imagine assez rare et qui a ainsi le mérite de mettre un peu de baume sur le souvenir cuisant que cette action me laissera.

Face à cette attitude, j'exprime à mon tour un petit soupire amusé et bienveillant.

"Liberté... Quelle manière délicate de tourner les excuses ! "


Ne refermant même pas la chemise que je viens de passer, je m'approche alors d'elle et je pose mon index sous son menton pour l'inviter à relever la tête. Nous sommes désormais très proches physiquement... Avec cette nouvelle proximité, il me serait facile de définitivement me venger en lui volant un baiser et de clore ainsi ce sujet.

Au lieu de cela, je décide de lui faire savoir à ma manière que son pas en ma direction m'a touché.

" Tu sais... Cela n'avait rien à voir avec le rang... J'ai déjà courbé l'échine. Plusieurs fois, et longtemps. Seulement..."


Délicatement je saisis sa main et je guide cette dernière jusqu'à mon flanc, sous le tissu de ma chemise ouverte. Là elle peut sentir sous ses doigts une série de marques, très légèrement boursouflées et caractéristiques. Je poursuis alors sur le ton de la confession :



" ...Toutes les personnes devant qui j'ai mis genoux à terre ont laissé leur marque sur ma peau. Absolument toutes... Que ce soit par l'encre ou par le fouet.
C'est ça la vraie raison pour laquelle je ne ploie pas le genoux..."


Bien entendu, elle connaît mon passé d'esclave et se doutait que ce dernier avait été violent. Je ne lui avais cependant jamais permis d'en avoir une image aussi tangible depuis notre première rencontre, pas plus que je n'avais de nouveau évoqué le sujet. Tout simplement parce qu'il s'agissait là d'un point douloureux pour moi.

Voulant revenir malgré tout vers un peu plus de légèreté, j'ajoute alors en lui souriant.

" Je ne dis pas que plus jamais de ma vie je ne serais capable de le faire... Peut-être existera-t-il un jour un dirigeant vraiment digne de voir à quoi ressemble le sommet de mon crâne ?

Sera-t-il d'ailleurs vraiment capable de le voir ?..."





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Sam 22 Juin - 21:21
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
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Localisation : Castelcerf, en théorie
La jeune femme ne prolongea pas la révérence. Elle l’entendait toucher du tissu, sans doute s’habillait-il. Il faisait chaud dans la chambre, car la rouquine avait prévenu Diligente que leur invité était du genre frileux. La domestique avait rajouté un brasero sous la fenêtre en plus du feu qui brûlait dans l’âtre. Elle, dans l’écarlate de sa robe en laine, avait presque chaud.

Liberté ne chercha pas à esquiver le contact, comme elle le faisait habituellement quand ce n’était pas elle qui l’amorçait. C’était l’image même de la confiance qu’elle avait appris à avoir en l’assassin. Elle ne sursautait plus, ne grimaçait plus. Son regard éteint se posa calmement sur le visage qu’elle ne voyait pas comme il prenait sa main pour la poser sous son torse.

Elle ne dit rien, ne bougea pas de toutes les explications. Puis, doucement, elle commença à le regarder, à sa manière, allant jusqu’à lui tourner autour et poser ses deux mains sur son dos durement marqué par la vie. Ses gestes étaient légers pour ne pas être invasifs, sans même qu’elle ne sache qu’ils pouvaient par la même être tout à fait sensuels. Elle revint face à Capuche et posa ses deux mains à plat sur ses pectoraux.

« Tu sais que ce n’est pas mon genre, je t’assure que ce n’est pas non plus celui de ma mère. Elle prend plaisir à dominer les gens. Psychologiquement. Le reste ne l’intéresse pas. » Sa main glissa sur la première cicatrice qu’il lui avait montrée. « Je ne cautionne pas la violence. Tu le sais. J’aimerais... »

Elle soupira. C’était un rêve d’enfant. Un rêve fou. Un idéal qui n’avait aucune chance d’advenir. Elle eut un sourire triste et releva la tête vers lui.

« J’aimerais un monde où les Hommes ne chercheraient pas à se dominer les uns les autres, à en asservir d’autres, où il n’y aurait pas de violence, pas de combats, pas de guerres, pas d’esclaves. Mais ce n’est qu’un rêve. Pourtant, je me battrai toute ma vie pour tendre vers ce rêve. »


Elle se recula.

« Je venais cependant pour t’inviter à sortir ce soir. Diligente a dû te donner des vêtements labourans bien chauds. Éclatant m’a fait parvenir mes instruments, on doit se retrouver dans une auberge fréquentée par les étudiants et la bourgeoisie aimant la musique, il y a souvent d’excellents ménestrels... »
Elle pencha la tête de côté et lui sourit. « Tu en es ? »

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Dim 14 Juil - 15:55
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Je profite allègrement de la situation pour le simple plaisir de sentir les mains d'une femme sur mon corps. Il faut dire que le voyage ne m'a pas donné beaucoup d'occasions d'aller rechercher un peu de contact humain, à la manière où je l'entends...

Pourtant, alors que je pensais que Liberté allait se retirer rapidement, cette dernière prend le temps de me "regarder" à sa manière. Elle fait parcourir ses mains sur mon corps, prend le temps de me tourner autour, fait glisser ses doigts contre ma peau et ses meurtrissures...

Se rend-elle compte de la sensualité de la situation ? Me fait-elle un petit cadeau pour avoir finalement accepté de jouer son jeu devant sa mère ? Il y a longtemps que j'ai arrêté les pronostics avec elle... Ainsi je me contente de la laisser faire en silence, jusqu'à ce qu'elle finisse par se planter devant moi, ses mains sur mon torse.

Elle semble un peu mieux comprendre mon point de vue...
Du moins, elle tente de me rassurer sur la nature véritable de sa mère, et sur la sienne par la même occasion.

Elle me fait alors part de sa vision du monde. Ou plutôt celui qu'elle rêverait de construire si elle en avait un jour les moyens. Un monde où la violence serait proscrite et où les hommes ne chercheraient plus à se faire la guerre ou se réduire en esclavage.

Un simple rêve... Une utopie. Y croit-elle vraiment ? Elle ne m'a jamais paru idiote et encore moins ingénue. Ce n'est qu'un idéal, finalement partagé par tout le monde et appliqué par personne.

En réponse à cet aveu, je pose alors ma main contre sa joue pour y prodiguer une caresse affectueuse de mon pouce.

" Oui, vouloir briser le cycle où les gros poissons mangent les petits est un rêve...
Des dirigeants il y en a de toutes sortes. Des guerriers, des faibles, des cruels, des justes... Jamais aucun ne cherche ou ne parvient à stopper cette roue.

Mais parfois il arrive quelqu'un d'exceptionnel, qui échappe aux monstres dans mon genre et qui parvient au moins à changer quelque chose pour que le monde évolue et se porte mieux.

Des dirigeants comme ça, il n’y en a même pas un par siècle et tu sais ce qu'ils ont tous en commun ? Ils font le même rêve que toi et se battent toujours pour la dignité des plus faibles."


Je retire ma main et me recule afin de quitter sa proximité.

"n'oublie jamais cela."



Alors que je reboutonne ma chemise, elle me dit enfin l'objet véritable de sa visite. Une soirée musicale se tient dans une auberge non loin et elle me propose de l'y accompagner. Après le sérieux du sujet précédent, j'avoue que cette demande me surprend.

En guise de réponse, je lui rends son sourire et m'exclame simplement :

"Il faudra me prêter une mandoline."

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Dim 4 Aoû - 18:48
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
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Localisation : Castelcerf, en théorie
La jeune femme hocha pensivement la tête aux propos de l’assassin. Oui, les dirigeants qui pensaient vraiment à leur peuple étaient rares. Et personne n’était parfait. Nul pays n’était parfait, nulle terre. Pour Liberté, Labour avait une réelle culture de l’aide des plus démunis : hôpitaux dans toutes les grandes villes, soins gratuits des plus pauvres, orphelinats, éducation gratuite quelle que soit l’origine sociale… c’étaient de bonnes initiatives. Si seulement elle pouvait affirmer que sa mère n’avait fait cela que par altruisme ! Mais si Flamboyante avait à cœur que son peuple se porte le mieux possible, elle avait aussi des objectifs bien à elle, comme s’assurer qu’un maximum de la population soit avant tout fidèle au couple ducal si celui-ci venait à s’opposer à la couronne sans parler de la formation militaire obligatoire pour les hommes et tous ceux ayant bénéficié des largesses du système, de l’obligation de ces-derniers de travailler pour le duché un certain temps.

La rouquine passa son bras sous celui de l’assassin mais fut arrêtée dans le couloir par Diligente qui lui remit sa perruque sur la tête et un voile de gaze rouge sur les yeux. Précaution jugée nécessaire apparemment puisque son retour officiel n’avait pas été annoncé. Ce fut enfin une lourde cape de laine rouge doublée de fourrures de lapin qui atterrit sur ses épaules avant qu’un manteau du même genre, mais noir, ne soit tendu à Capuche. Les vêtements étaient tous deux ornés de galons et de broderies typiques des régions montagnardes du duché. Alors qu’ils sortaient, Liberté, toujours arrimée au bras de l’assassin, reprit sur leur précédente discussion :

« Labour est un duché où la plupart des gens vivent dignement, même les orphelins, où les malades les plus pauvres peuvent assez aisément trouver le moyen de se faire soigner car nous avons des hôpitaux. Mais ce n’est pas si gratuit que ça. Rien n’est gratuit. Pourtant, si déjà chacun pouvait être libre de sa magie du moment qu’elle n’est pas utilisée pour faire le mal, que tout était fait, partout dans le royaume, pour que les plus démunis puissent comme tu dis vivre dignement, ce ne serait pas mal. Mais il faut faire changer les mentalités et ça, c’est long, et difficile. » Elle haussa les épaules. Elle n’était pas sotte. Être aveugle ne l’empêchait pas de voir les réalités du monde des hommes. « Je ne sais pas si j’y arriverai, mais j’essayerai. »

Elle l’avait poussé vers la gauche puis s’arrêta un instant pour écouter les sons de la nuit avant de le tirer dans la rue de droite. Le froid glacial qui régnait encore dans la ville ne l’incommodait pas le moins du monde, pourtant il neigeait dru et le vent s’était levé, s’engouffrant dans les capuches. Bientôt, ils débouchèrent sur une avenue aux multiples enseignes de tavernes.

« Il faut chercher l’enseigne de la Viele Enchantée. On t’y prêtera sans doute une mandoline ou tout autre instrument de ton goût. »

Un sifflement dans leur dos la poussa à se retourner. Avec le monde dans les différents établissements et son vif qu’elle avait pris l’habitude de garder sous clef, elle n’avait pas senti les jumeaux et leur précepteur, l’historien qui avait commencé son enseignement des années plus tôt, avant qu’un ménestrel ne prenne le relais avec elle du fait de son incapacité à suivre un enseignement traditionnel fait de livres, d’écriture.

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