Save me from this world that's full of misery : Noor et Aedhels

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Jeu 31 Mai - 14:28
Noor Aedhelys
Capitaine 2-en-1 de la Vivenef Caminata
avatar
Messages : 44
Localisation : Entre Castelcerf et Ailleurs...
Attention, cette fiche comporte des mentions de violences physiques et sexuelles y compris sur des enfants, actes dont il n'est absolument pas fait l'apologie. Les parties mentionnant ces abus et violences sont écrites en clair : pour les lire, il faut surligner le texte.


Noor Aedhelys
Source de l'image : Boredom Attack by Omupied

Âge : Noor : 28 ; Aedhels : 16
... à moins qu'on ne considère que ce soit Noor qui est né de l'enfant qu'il était... Origine : Né dans le désert des Pluies, grandit à Chalcède, actuellement itinérant
État civil : Célibataire, esclave en fuite
Profession : Capitaine de la Vivenef Caminata, Noor est également chercheur ingénieur et Aedhels chercheur en médecine/chirurgie.

Et Vous ?

Pseudo Joueur : Eva/Petit Dragon
Âge : toujours majeure ça va pas en régressant
Votre chemin jusqu'ici ? : toujours co-fonda
Autre :  RAS de mon côté.
DESCRIPTION PHYSIQUE
1,97m ● 85 kg ● élancé ● Défiguré ● Étrange

Si Noor ne se cachait pas sous des manteaux à capuche et des voiles, on ne verrait que lui. Il ne ressemble à personne d’autre, même les stigmates de l’esclavage oubliés. Très grand, il est tout en longueur et en membres ce qui lui donne une allure un peu dégingandée. Il domine la plupart des hommes, mais pas par sa stature qui reste frêle et mince bien qu’Aedhels et ses déboires, comme la maîtresse d’armes Brunilla, s’assurent que le jeune capitaine reste en forme. Des muscles secs, donc, un physique un peu anguleux, parfois maladroit mais étrangement élégant aussi, gracieux même quand Noor oublie ses difformités.

Car elles sont nombreuses. Né dans le désert des Pluies où une étrange magie et la présence des sites de nidification des anciens dragons déforment parfois les natifs, il possède six doigts à chaque main, parfaitement fonctionnels (index surnuméraire). Très longs, on devine aisément une arachnodactylie chez lui mais surtout, ils sont palmés jusqu’à la première phalange. Chose étonnante, il n’a cependant que dix orteils. Ses ongles, très durs, sont faits d’une solide corne argentée, métallique, qui pousse lentement mais résiste aisément aux ciseaux et couteaux basiques.

Sa peau a une teinte peu courante. Ivoirine, elle n’a pas la fraîcheur rosée des teints de porcelaine : il semble réellement fait d’ivoire, les endroits les plus fins laissant voir les vaisseaux sanguins par transparence, la lumière fait jouer des reflets nacrés sur elle. Il ne bronze pas, ne brûle pas non plus au soleil. Seuls les coups et les blessures altèrent parfois sa carnation.

Toutefois ce qui dérange le plus est sans doute les écailles qui recouvrent certaines parties de son corps : ses tempes où l’on distingue dans les cheveux quatre minuscules cornes comme faites de pur argent, le dessus de ses mains suffiraient à attirer l'attention par leur aspect reptilien lisse et métallique. Mais son torse n'est pas en reste avec ses trapèzes, le long de la colonne vertébrale, ainsi que chaque côté de son bassin qui sont recouverts du même type d'écailles, ni très fines, ni épaisses, aux couleurs vives et brillantes. Le dessus ses cuisses, de ses tibias présentent également des ovales écailleux où elles sont là assez épaisses et forment une véritable défense naturelle. Enfin à l’intérieur de ses poignets, sur son ventre du nombril au pubis ainsi qu'à l’arrière des genoux elles sont minuscules et fines, très articulées, bien plus brillantes et argentées, presque semblables à la peau d'un poisson. Leurs couleurs varient du turquoise argenté au bleu électrique avec des reflets violine ou argent selon la lumière.

Son corps est également recouvert de cicatrices : de fouet sur le dos, de la nuque aux fesses, sur les cuisses, la voûte plantaire, qui d’ailleurs a aussi des marques de brûlure. Cicatrices faites au couteau sur le visage pour le défigurer. Quelques marques de brûlure çà et là sur le corps, d’entailles aux bras, à l’intérieur des cuisses (là où son maître le coupait pour boire son sang).

Outre cela, s'il n'était pas défiguré, il serait beau malgré son étrangeté car son visage a des traits harmonieux et réguliers, à peine androgynes, très expressifs (sous Noor). Ses oreilles légèrement pointues et mobiles sont cachées par ses cheveux, épais, lisses et brillants comme du métal poli sur certaines mèches qui hésitent entre l'argenté aux reflets turquoise et le turquoise clair métallisé. Il est musclé tout en finesse, bien plus que l'attitude de Noor, toujours un peu voûté car complexé de sa haute stature ne le laisse deviner.

Esclavage : Tatouage indigo d'une grande finesse représentant une salamandre se mordant la queue, placé sous l'oreille gauche. Diamètre de 7 cm. Il porte à cette oreille la boucle d'affranchissement des Droculs : un rubis sanguin de 5mm de diamètre emprisonné dans une mantille de fils d'or extrêmement fins.

 

CARACTERE
Noor : Réservé  ● Inventif  ● Craintif ● Enthousiaste
Aedhels : Sociopathe  ● Curieux  ● Patient ● Sadique

Avant, il y avait le dernier né de la famille Ystrée, Noor Aedhelsteen. Les événements qui sont narrés plus bas l'ont conduit à une déchirure de son âme, de son être : cet enfant a disparu à jamais pour laisser place à deux entités, entières, deux personnalités complètes et complexes se partageant un seul et même corps. Il souffre donc d'un trouble de personnalités multiples (trouble dissociatif de l'identité), mais il ne perd pas pour autant pied avec la réalité : il ne s'agit pas de schizophrénie. 80% du temps, il ne s'agit que de Noor. A la naissance d'Aedhels, celui-ci a pris tous les mauvais sentiments, les mauvais souvenirs, les traumatismes de son ancienne personnalité : le petit Noor Aedhelsteen. Noor aujorud'hui n'a donc plus de souvenir, seulement une connaissance théorique de ce qui lui est arrivé avant la naissance d'Aedhels. Il n'en a pas les trauma, ou atténués.

Les deux personnalités n'ont pas souvenir exact de ce qu'a fait l'autre. C'est comme s'ils étaient endormis pendant que leur autre identité domine, cependant, celui qui est conscient a une certaine conscience de l'existence de l'Autre Lui et chacun cherche à sa manière à protéger l'identité qui leur est secondaire. Il faut également bien noter que même si une personnalité dort, le corps, lui, ne se repose pas et la quantité de sommeil qui lui est nécessaire est la même quoi qu'il arrive. Ils communiquent peu cependant mais si la nécessité l'exige, Aedhels -car c'est plus souvent lui qui a besoin de laisser des notes explicatives à Noor, quoique l'inverse arrive parfois- a un livret, toujours sur lui, où il note les informations nécessaires à son autre.

Noor tend à tenir un Journal et Caminata s'est habituée à faire le lien entre les deux. De même, les connaissances (personnes, pas savoirs) de l'un génèrent un sentiment de déjà-vu chez l'autre. Et les capacités intellectuelles de l'un ont un écho chez l'autre, lui donnant un sixième sens, une intuition souvent juste mais qui n'est ni une connaissance à proprement parler, ni une capacité garantie. Ainsi, bien que ce ne soit pas son dada, Aedhels a un bon instinct quant aux sciences et leurs applications mécaniques, tandis que Noor se débrouille plutôt bien en premiers soins et en médecine de manière générale : mais sans apprendre de lui-même la botanique il ne pourrait utiliser les simples, par exemple. Cela n'est pas valable pour les capacités de combat, cependant, puisque Noor est une personne craintive en situation conflictuelle et donc, c'est TOUJOURS Aedhels qui se bat. Ou qui torture, etc.

Voilà pour ce qui est de leur fonctionnement... mais ce qui les fait est plus complexe :

Noor
Noor est un (jeune) homme relativement méfiant mais qui paradoxalement recherche la compagnie d’autrui du moment qu'elle est paisible et amicale. Ambivalent, il craint ce qu’il désire. S’il est difficile d’entrer dans sa sphère privée, une fois une forme de confiance accordée, il s'avère être fatigant, c'est le mot. Extrêmement vif, doté d’une étonnante mémoire et incapable de cesser de penser, réfléchir, il passe sans cesse d’un sujet à un autre et son attention peut être vacillante. Concentré sur ses inventions, ses calculs il peut alors totalement ignorer son entourage, puis soudainement tout délaisser pour s'occuper de ses employés ou de son équipage. Il a besoin néanmoins d’être occupé, surtout intellectuellement, sans quoi il est perdu. Sous bien des aspects l’ancien esclave est resté un enfant : pulsions, envies subites, sautes d’humeur (qui ne sont pas forcément dues à Aedhels), mauvaise foi dans ses mauvais jours, taquineries. Le point positif dans tout cela est qu’il est difficile de s’ennuyer avec lui et qu'il est fondamentalement gentil, altruiste. Assez bavard quand il est en confiance, il ne parle cependant jamais de son passé et pour cause, il n'en a pas de réels souvenirs. Complexé par son apparence physique si différente, il se cache au regard des autres, son équipage excepté. C'est également un être qui vit dans le présent, sans chercher à planifier les choses sur le long terme. Intuitif il parvient grâce à cette qualité à gérer ses affaires, ou sans doute plus parce qu'il a la lucidité, derrière ses airs de savant fou, de ses faiblesses et sait s'entourer de gens pouvant y palier.

Aedhels

Il est né du viol de trop, de l’humiliation de trop, de la punition de trop. Il est né de la violence, de la haine, de la volonté de faire mal, de tuer, de rendre coup pour coup et de s’enfuir, de reprendre sa liberté. Aedhels n’a aucune morale, aucun sentiment. Méprisant ceux qui l’entourent, protecteur à l’excès pour son autre personnalité, Noor, il joue auprès de lui la fonction de grand-frère, d’ami -c’est d'ailleurs la seule émotion qu’il ressent-. Il est celui qui dort dans l’ombre tant que sa personnalité principale ne ressent pas une trop forte angoisse. La personnalité d’Aedhels, si on lui enlève ce côté protecteur pour Noor, est celle d’une personnalité antisociale avec une pointe de schizoïdie (dédain et désintérêt pour autrui, incapacité à réagir de manière fiable aux interactions). C’est-à-dire que non seulement il se place au-dessus du commun des mortels sans égard pour le rang de ceux qui l’entourent, mais encore a-t-il un désir poussé pour la manipulation des gens (quand il se prend à devenir personnalité dominante un long moment), à des fins souvent sadiques, pour ne pas dire violentes. Conscient de la morale et la réfutant, refusant l’ordre social, Aedhels réponds à des besoins primitifs de destruction qu’il ne canalise que le temps de se trouver une victime et de la charmer. Quand il ne se contente pas de l’enlever purement et simplement, car le charme, avec son apparence, ce n’est pas évident...


BIOGRAPHIE

Chronologie

27/07/1017 : naissance d'Aedhelsteen Noor Ystrée à Trois-Noues dans le désert des pluies.
22/05/1019 : Aedhelsteen est glissé par sa mère dans le chargement de la vivenef Caminata, découvert le lendemain et adopté par l'équipage mais surtout par Caminata elle-même et son capitaine, Kyril Ventraque.
03/01/1024 : Attaque de Caminata, massacre d'une partie de l’équipage, de son capitaine. Aedhelsteen est fait prisonnier. Il est vendu deux jours plus tard à Kiam, maître du gynécée d’un chef de guerre Chalcédien, le comte de Jep Soljinius Drocul, sur le marché noir des esclaves de Jamaillia.
1024-1029 : Esclave de Soljinius Drocul à Jep. Abus sexuels répétés, violences, son maître est hématophage et le mutile pour boire son sang. Seule contrepartie, il reçoit une excellente éducation notamment scientifique par les meilleurs savants de la ville (connue pour son immense bibliothèque). Il tente de fuir trois fois.
11/12/1029 : S'est enfui la veille et rattrapé par la garde de Jep. Son maître le donne en pâture à l'escouade de gardes qui l'a rattrapé et à sa garde personnelle. Il est publiquement violé avant d'être défiguré au couteau par Kiam. C'est pendant cette phase de la punition que ressort la personnalité d'Aedhels, ou plutôt, qu'il naît. Il dominera Noor jusqu'à ce que celui-ci soit en sécurité.
30/01/1030 : Aedhels, qui a profité de son rétablissement pour créer plusieurs sacs de poudre explosive et de mélanges inflammables grâce aux connaissances de Noor et ses théories notées dans ses carnets, fait exploser et brûler toute une partie du palais de Jep. Il s'échappe définitivement et redescend le fleuve jusqu'à la mer, puis remonte la côte jusqu'en Haurfond.  
03/1030-06/1031 : Aedhels et Noor se cachent dans une forêt de Haurfond et apprennent à se familiariser l'un avec l'autre -enfin, façon de parler, vu qu'ils ne gardent pas les souvenirs de l'autre. Disons que les deux identités se définissent et se complexifient, se différencient. Aedhels découvre son don de mage du feu. Noor est incapable d'user de magie. Ils finissent également de panser leurs plaies. Ils embarquent le 15/06/1031 à Corvecol dans un navire marchand direction Terrilville.
07/1031-fin 1037 : années calmes et de découvertes à Terrilville. Noor monte un petit commerce tournant autour du feu et de ses produits, Aedhels à ses sorties cherche et trouve un professeur de magie mais cela dure peu car son don est faible, quoiqu'utilisable. Ils vivent humblement, cherchant avant tout à faire des économies. À la fin de l'année 1034, Noor, par une rumeur entendue dans une taverne à marins, retrouve la trace de Caminata, qui serait échouée sur un haut-fond près de l'île des Autres. Il lui faut encore trois ans pour avoir assez d'argent afin de payer un petit navire, son capitaine et son équipage pour le déposer là-bas. Le Capitaine choisit de mouiller non loin et de l'aider, espérant tirer quelque chose de la vivenef.
09/02/1037 : retrouvailles avec Caminata. La vivenef s'avère très endommagée et entrée dans un profond sommeil. Ce sont les soins de Noor sur sa coque et son pont qui la réveillent. Ils utilisent la grande marée du printemps, un mois et demi plus tard, pour la faire repartir et voguer jusqu'à Terrilville. Caminata peut à peine voguer.
29/03/1037 : Arrivée à Terrilville de Caminata, avec Noor à sa barre, une partie de l'équipage de l'homme qui l'avait mené à Caminata à son bord. Certains ne l'ont plus jamais quitté. Alors que Noor utilise ce qui lui reste d'argent pour faire réparer la vivenef, commencent des problèmes avec la seule branche survivante de la famille Ventraque en la personne de l'épouse de Kyril, ainsi que la famille de cette-dernière. Ils réclament leurs droits sur Caminata qui les leur refuse révélant qu’en tant que fils de la famille Ystrée, Noor porte en lui le sang d’un Ventraque par son arrière-arrière-grand-mère. L'affaire est portée devant le conseil des marchands de Terrilville.
13/06/1037 : Le conseil des marchands a statué : soit Caminata retourne aux Ventraque par alliance  et peut mouiller à Terrilville, soit elle et son capitaine sont bannis de la cité libre. Aedhels, mécontent, leur fait comprendre à sa manière sa façon de penser, avant de s'enfuir sur la vivenef avec cependant un équipage complet -précédemment recruté.
06/1037-1042 : Noor, Caminata et son équipage voguent par les mers, faisant de très longues traversées depuis les îles des Épices et Cerres au Sud-Est, jusqu'aux Runes du Dieu au Nord avant que la Guerre n’y fasse rage, en évitant soigneusement Chalcède. Ils mouillent régulièrement à Trois-Noues, mais Aedhelsteen ayant changé de nom, il n'est pas reconnu (d'autant qu'il porte une mante en public une fois à quai, comme la plupart des marchands du désert des Pluies).
08/08/1041 : Noor, devenu extrêmement riche du fait du commerce florissant qu'il pratique mais aussi de ses inventions, achète un petit palais et une boutique à Jamaillia pour lui-même et son équipage.
17/02/1043 : Noor achète à Castelcerf un grand manoir ainsi qu'une boutique en ville et un quai privé pour Caminata. Il décide de s’y installer un moment pour voir s’il peut tirer profit l’ouverture du pays suite à la fin de la Guerre Rouge.


Nous comprendre, c’est plonger tête la première dans ce que l’humanité peut avoir de plus laid. Je n’existe pas parce que Noor était trop fragile ou naturellement instable. C’était jadis un enfant joyeux, plein de vie, qui malgré sa différence l’assumait pleinement car il était accepté comme tel. J’existe parce que le suis la folie qui lui permet de vivre à peu près normalement avec le passé qui est le sien. D'autres sont devenus fous, d'autres se sont donné la mort, d'autres ont perdu leur humanité, d’autres font avec leurs fantômes, mais ce que lui a vécu et que malheureusement, bien d’autres enfants dans le monde vivent parfois, laisse des marques indélébiles.

Alors si vous pensez que l’homme est bon, beau et plein de compassion comme dans les chansons des ménestrels, passez votre route. Si vous ne pouvez entendre qu’il est des monstres que l’innocence d’un enfant n’arrête pas, passez votre route. Si vous ne pouvez supporter l’idée que certains humains sont capables de déchaîner autour d’eux la nature profondément mauvaise, concupiscente et violente de ceux qui les entourent, si la pensée que certains de vos congénères peuvent aimer tourmenter, user et abuser d’êtres innocents jusqu’à les pousser à la folie ou au suicide vous est insoutenable, passez votre route. Car Noor et moi avons vu le Mal qui rampe dans le cœur des hommes et je n’aurai pas la bonté d’épargner votre sensibilité, bien que je tairai les détails pour le bien et la pudeur de mon autre moi.

Noor est né à Troies-Noues et a été nommé Aedhelsteen Noor Ystrée par son père. Je le sais car il garde le souvenir de Caminata le lui expliquant, lui parlant de cette ville enfouie dans la jungle du Désert des Pluies, où elle mouillait régulièrement. Kyril Ventraque, le précédent capitaine de la Caminata qui le dénicha dans un sac de grains à peine âgé d’un an ou deux, lui raconta aussi souvent cet épisode.

Les marchands du désert des pluies n'appréciaient pas son apparence ou peut-être que sa mère ne voulait pas l'élever bien que ces femmes soient peu fertiles. Nous apprîmes par la suite que la mère de Noor descendait par les femmes des Ventraque : si elle le savait, peut-être espérait-elle que la malédiction des enfants malformés s’atténue si son fils était éloigné de la ville de Kelsingra et de sa magie ? Nous ne le saurons jamais, Noor et moi, car cette femme est morte à quarante ans à peine, comme beaucoup des siens. Le Désert des Pluies use...

Toujours est-il que Kyril n’aurait pas gardé l’enfant à bord s’il n’avait pas reconnu le nouveau-né de la famille Ystrée. Difficile de se tromper, selon Caminata, car toute la ville ne parlait que de lui... de ce bébé si étrange, tellement différent même de ceux qui présentaient des signes distinctifs. Les cheveux entre le gris perle et le turquoise, la peau si pâle, les écailles qui parsemaient tant de parties de son corps dès la naissance, et les six doigts à chaque main ! Sans parler du fait que l'enfant, s'il ne parlait pas encore, montrait déjà un esprit vif et curieux et une grande habileté -pour une petite bestiole de son âge.

Je sais que Kyril le garda à bord dans un premier temps avec l’idée de le ramener la prochaine fois qu’il mouillerait à Trois-Noues. Le temps aidant, parce qu’il s’était attaché à l’enfant, le temporaire devint du définitif. Noor Aedhelsteen l’appelait ‘Papa’, ce qui devait ravir cet homme qui n’avait pas d’enfant du fait d’un mariage arrangé qui demeurait stérile. L’épouse de Kyril refusait de le voir, elle. Alors quand le capitaine faisait escale à Terrilville, l’enfant restait à bord, ce qui le ravissait. Et Caminata également.

L'enfant, donc, grandit au milieu des marins, profitant de la sagesse de la vivenef Caminata qui l’éleva au moins autant que son capitaine. Mais toute vivenef qu’elle soit, Caminata succomba un jour sous les attaques croisées de plusieurs navires pirates, son Capitaine mis à mort, son équipage tué ou constitué prisonnier, comme Aedhelsteen... Les survivants, comme il est coutume dans ces régions, furent vendus aux enchères à Jamaillia. C’est là que la déveine d’Aedhelsteen se confirma. Il fut acheté par Kiam, maître des esclaves du gynécée de Soljinius Drocul, ‘comte’ ou chef de guerre du clan chalcédien Drocul qui tient encore aujourd’hui la cité de Jep et ses environs.

Aedhelsteen avait alors environ six ou sept ans.

Tous les esclaves ne sont pas maltraités. Autant couper court aux préjugés ici. Un esclave coûte cher. La grande majorité des maîtres en prennent soin, surtout quand il s’agit d’esclaves spécialisés et non de basse main d’œuvre. Mais Aedhelsteen n’eut pas cette chance.

Kiam était violent et mauvais, se vengeant sur ceux qui étaient sous son autorité des mauvais traitements qu’il avait reçu plus jeune. Soljinius était fou. Hématophage, il croyait qu’en buvant le sang de ceux qu’il soumettait, tant par de savantes tortures que par le viol, il acquérait leur force, physique mais aussi spirituelle ou intellectuelle. Habituellement, il jetait donc plutôt son dévolu sur de jeunes gens en excellente santé et dotés si possible d’esprits brillants. L'enfant que Kiam lui ramena donc, du haut de ses sept ans, n'aurait pas dû l'intéresser. Et pourtant... Aedhelsteen retint son attention, parce que son apparence atypique faisait de lui une créature mystique à ses yeux, un être légendaire. Un enfant du Dragon. Bien que les Dragons ne soient rien d’autre que des créatures imaginaires de nos jours. Il n’avait donc pas atteint Jep qu’il satisfaisait déjà les appétits de son maître, en sang, en lubricité, en cruauté. Noor apprit à se taire, à se cacher le plus possible, au point que quand il foula la terre de Chalcède il était devenu mutique.

Un enfer bien réel se mit en place. Le seul point positif de ces années de captivité fut que Soljinius enjoignit à Kiam de faire éduquer Noor par les plus grands savants de Jep, la ville-bibliothèque de Chalcède. Quand il ne se remettait pas de ses pénibles et épuisantes rencontres avec son maître, Aedhelsteen apprenait donc l’art de la médecine, les mathématiques pour lesquels il avait d’excellentes dispositions, les sciences mais aussi les bases de l’artisanat à visée expérimentale, matières pour lesquelles il avait toujours eu une réelle prédisposition. Il ne parlait pas, communiquait par une ardoise avec ses maîtres qui chacun mirent longtemps avant de simplement pouvoir l’approcher.

Nombre de ses professeurs prenaient en pitié le jeune garçon, lui apportant des fruits, des douceurs, mais Aedhelsteen restait sauvage et méfiant, craignant la main des hommes bien plus que le feu, la foudre, ou la mer déchaînée. Il parlait peu, si ce n'était pour répondre aux interrogations de ses enseignants, mais chose est sûre, il montra un intérêt certain et beaucoup d'ingéniosité pour tout ce qui avait trait à la création de poudres inflammables et explosives. Mais cela ne pouvait contrecarrer les violences auxquelles il était soumis. Deux fois il tenta de fuir, allant quasiment jusqu'aux portes du palais. À chaque fois ramené, il fut brûlé sous les pieds, fouetté à sang dans la cour devant tous les autres esclaves par Kiam qui ne ménageait pas sa peine pour lui infliger autant de douleur que possible, jusqu’à ce que l’inconscience libère le corps de plus en plus tolérant à la douleur.

La troisième fois fut différente. Offert par son maître à quelques-uns de ses convives, il refusa de se soumettre docilement à leurs envies et fantasmes, d’accueillir plusieurs hommes en lui et pris d’une frénésie meurtrière inspirée autant par la peur que par la haine, il tua l'un d'eux avant de s'enfuir en courant. Ni lui ni moi ne savons comment il s'y est pris. Je crois que j'étais sur le point de naître, et les souvenirs qu'il a de cette époque sont flous, les miens inexistants. Par quelqu'infortuné miracle, il réussit à quitter le palais et à s'engager dans les rues sombres de la ville. Il pleuvait des trombes d'eau, le pavé était glissant… Quand il atteignit les rives du fleuve, sa course s'arrêta dans le plastron d'un garde de la ville. La salamandre se mordant la queue tatouée sous son oreille leur apprît à qui le ramener.

Il pleuvait le jour de sa correction dans la cour du palais. Il faisait frais, presque froid. Les hommes ricanaient. Tous n'étaient pas volontaires, tous n'aimaient pas les tous jeunes adolescents ou simplement s’accoupler à un autre mâle mais une véritable petite troupe était rassemblée, attendant de pouvoir profiter du corps du favori de Soljinius Drocul, chef de guerre et seigneur de Jep. C’était une occasion qui se présentait rarement, pour ne pas dire qu’elle était inconcevable : l’enfant dragon était surveillé, protégé, caché pour ne servir que le Maître, le chef de guerre n’étant pas vraiment prêteur avec ses jouets.

Reste un long moment de flou.

Quand je suis né, j'avais mal, terriblement mal. Mon corps était brisé, mes reins en feu, mon... sans doute vaut-il mieux s'abstenir. Même pour moi, le souvenir très précis des sensations de mes chairs en cet instant est source de honte autant que de colère cuisante après toutes ces années. Entre mes cuisses coulait les semences poisseuses et j'avais ce goût horrible dans la bouche, mêlé à l'odeur du sang. Mon nez saignait, réalisais-je. Mais ce n'est pas vraiment ce qui m'a totalement éveillé.

J'ai été engendré du dégoût, façonné par la haine. Né de la terreur. Créé dans la douleur.

J'étais attaché à deux poteaux, les bras et les jambes en X. Les cordes étaient très serrées à mes poignets et à mes chevilles, le chanvre abîmait ma peau là où je n'avais pas d'écailles pour la protéger. Face à moi se tenait, couteau à la main et un sourire prédateur aux lèvres, Kiam, eunuque et responsable du gynécée de Soljinius Drocul. J'eus peur. C'est la seule fois où j'ai éprouvé cette émotion. La dernière. Se débattre était inutile. Impossible, à dire vrai. En contrebas de l'estrade sur laquelle avait pris place mon humiliation, les esclaves du palais de Jep. Tous. Les curieux aussi, les nobles et la famille de celui qui avait été tué, d’autres courtisans et leurs serviteurs pour qu’ils voient bien l’exemple d’une punition pour un esclave (et meurtrier !) en fuite, tout favori qu'il soit.

La lame entailla ma chair. Lentement. Délibérément. Profondément. De mon nez jusqu'à ma joue. Puis encore, et encore. Un dessin géométrique de lignes parallèles, tracé par un fou, un sadique. J'ai hurlé. De douleur, de rage. J'ai juré aux cieux qui pleuraient sur mon sort la mort de cet homme et de son maître.

J'ai tenu parole. Je tiens
toujours parole.

Dans ma cellule où mon corps tentait tant bien que mal de guérir, le visage couvert de bandages sous lequel les médecins avaient tenté de suturer mes plaies, je m'aperçus que Noor -ainsi avais-je baptisé l'autre personne que je ne pouvais pas connaître, que j'aimais, malgré mon caractère, avec qui j'avais conscience de partager le corps- avait soigneusement gardé les produits qui servaient à ses expérimentations, ainsi qu'un carnet notant les effets de ces-dernières. Personne sans doute n’aurait pensé que l’enfant mutique, autiste presque, qui s’entêtait à s’échapper au lieu de se résigner serait capable de meurtre. De planifier un double meurtre… sans se soucier des dégâts collatéraux.

Je n'eus qu'à suivre ses théories. Je m'aperçus ainsi que j'avais à disposition, dans son bureau d'études, une poudre qui explosait au contact du feu en quantité significative et fis un soir de fête sauter ma porte. Il y avait non loin de ma cellule les greniers de stockage, avec dedans l’huile pour les lampes. Alors je commençais mon travail de sape : imbiber un maximum de couloirs de cette huile, tuer ceux que je croisais, homme, femme, enfant, serviteur ou soldat. C'était long, laborieux. Mais les esclaves du gynécée étaient enfermés s'ils n'avaient pas vocation à être utilisés par les fêtards, les gardes trop occupés à surveiller les nobles qui participaient aux festivités. Des sacs à porter en bandoulière, pleins de poudre. De l'amadou. Des jarres d'huile qui se répandaient partout. Et la musique à mes oreilles pour célébrer ma victoire prochaine !

La frénésie me prit.

J'étais libre. Libre ! Libre de massacrer ces fils de chiens. Ni Noor ni moi n'avions de connaissances en matière de combat. Pourtant, dès que j'eus mis la main sur un sabre, plus rien, cette nuit, ne m'arrêta. Je fis exploser une partie du gynécée après avoir déversé une demi-douzaines d’amphores dans la seule sortie : le feu prit comme dans une plaine sèche en plein été, les arcades de bois sculpté, les voiles et les rideaux aidèrent à le propager. Je semais derrière moi cette poudre qui prenait feu et que j'allumais. Le palais de Jep brûla. Sa bibliothèque aussi, malheureusement. Mon seul regret, à bien y réfléchir. Les innocents qui ont périt par ma faute ? Je m’en moque. Chacun pour soi, la vie est injuste, après tout. Pour moi une seule chose comptait : nous étions libres.

Je connaissais le plan du palais par cœur : Noor étudiait l'architecture et les moyens d'en améliorer les aménagements. Je savais que le gynécée jouxtait les appartements de Soljinius, que je l’y trouverais à cette heure avancée avec Kiam en train de le regarder monter une nouvelle victime. La femme attendait, elle ne bougea pas lorsque je délogeais le maître de son corps après avoir passé mon sabre dans le ventre de l’eunuque. Amorphe, brisée, elle me regarda couper les parties intimes de notre bourreau commun pris par surprise. Elle ne leva pas un sourcil quand je le recouvrais de poudre explosive, d'huile de lampe et que le l’enflammais. C’était amusant. Il lui manquait désormais plein de petits bouts de lui, éparpillés au milieu de ses coussins de soie. Je riais et vit du coin de l’œil la femme bouger vers le sabre que j’avais posé sur une table. Je craignis pour ma vie : elle choisit de s’empaler dessus. Ses bijoux, la boucle d'oreille qu'elle portait disaient qu'elle était affranchie de l'une des plus nobles familles du pays, peut-être ceux pour qui la réception avait été donnée. Je l’ignorais, la laissant se noyer dans son sang et continuais à me délecter du spectacle.

Mon maître et son âme damnée se tortillèrent longtemps devant mon sourire dément, Soljinius avec ses morceaux de corps épars, Kiam tentant de retenir ses entrailles qui s’échappaient de la plaie à son ventre. Mais il me fallait fuir. Si on me rattrapait, j’étais fichu. Les recouvrant d’huile, je leur rendis les hommages funéraires. Il fut si satisfaisant de les savoir vivants, de les entendre hurler comme leurs corps prenaient feu. Ultime insolence, je pris les atours de mon maître dans sa garde-robe, sur sa commode aux multiples coffrets me servis de ses plus beaux bracelets d'or et de pierreries, colliers et pendentifs de tous genres, pour tous les sexes... Dans un écrin mis de côté, je trouvais en l'ouvrant des boucles d’oreille d'affranchissement du clan Drocul, m'en saisit d'une et ayant eu les oreilles percées à mon arrivée pour pouvoir être décoré de bijoux comme un présentoir de joaillier, la passais à mon oreille gauche. Enfin je me vêtis, cachant tout cela sous les habits de chasse en soie et la mante de laine noire.


Quitter la ville fut plus aisé que je ne l’eus pensé. Imaginez : le palais et la bibliothèque en proie aux flammes ! Qui irait se soucier d’un garçon volant un cheval dans un coin de rue ? Je partis vers l’est, espérant gagner le pays voisin. Quand je passais la frontière du Calme, j’étais sur le point de mourir de soif et de faim. Je n'avais pas pris de vivres et n'avais que ce que contenaient les fontes de ma monture : une outre de vin clair, une autre de bière et une poignée de dates. Mais en ces terres, nous étions saufs. Il était temps pour nous de faire connaissance, de prévoir notre avenir. C'est aussi pendant le temps paisible de cet après-fuite que nous avions, alors que nous campions, sauvages, que je m'aperçus de ce léger contrôle que j'avais sur le feu. Des notes de Noor, prises d'un savant qui était un 'maître du feu', un magicien, me mirent la puce à l'oreille... mais je n'en touchais mot à mon autre. Plus tard, alors que nous nous installâmes à Terrilville, je me trouvais un maître qui fut rapidement déçu de la faible ampleur de mon don. Soit. Ce n'était pas ma vocation première, l'intelligence de Noor lui suffirait... bientôt, nous prendrons la mer pour retrouver une vieille amie.


Caminata raconte :

« Il est venu me chercher ! Aedhelsteen un jour est arrivé sur un petit navire, accompagné de quelques hommes et il m’a trouvée. Je dormais depuis de longues années, ne laissant personne naviguer à mon bord. Une fille Ventraque jadis épousa un des charpentiers Ystrée, mais de toute manière, cet enfant, Kyril et moi l’avions adopté depuis longtemps. Il est mon légitime capitaine et comme tout propriétaire d’une vivenef, quand il m’a trouvée, il a commencé dès les premiers instants à me réparer. Enfin, à faire en sorte que je puisse de nouveau naviguer. Je ne retrouvais mes lettres de noblesse qu'une fois dans les chantiers navals de Terrilville, encore que nous n'eûmes que le temps de faire le nécessaire et que ce sont mes constructeurs, les Ystrée, qui finirent de me redonner toute ma beauté quand pour la première fois je remontais la Pluie, leur fils à la barre.

Ses mains étranges travaillaient le bois de ma coque quand je me suis éveillée. Pourtant, ce n’était plus Aedhelsteen. Le petit garçon étrange, curieux, joyeux et aimant, avait totalement disparu. Je fis alors la connaissance de Noor. La gentillesse et l’affection étaient toujours là dans son regard reptilien, toutefois il n’y avait plus trace de légèreté ou de joie innocente. Il ne dit rien de ce qui s’était passé depuis qu’il nous avait été enlevé. Noor était un jeune homme enthousiaste, sensible, curieux comme l’enfant que nous avions adopté l’était, mais parfois son comportement trahissait de sombres heures. Il me fallut attendre ma rencontre avec Aedhels pour comprendre l’ampleur des ‘dégâts’. L’un comme l’autre pourtant n’avaient d’autre but que de me remettre à flot, alors je les acceptais. J’avais perdu l’enfant de mon cœur, mais gagné deux capitaines fidèles et très capables… sauf pour naviguer. Un comble ! Aucun des deux ne se souvenait comment faire pour mener un bateau : nous n'avions pas vraiment eu le temps de le lui enseigner, à dire vrai. Heureusement qu’ils apprenaient vite.

Après quelques mois de travail, ravitaillé par le navire qui l’avait mené à moi, je les emmenais tous les deux, Noor et Aedhels, ainsi que quelques marins qui avaient fini par accepter l’étrangeté de l’enfant du Désert des Pluies, vers Terrilville.

Ah ! Mon port d’attache ! J’avais hâte de donner à Noor le nom des Ventraque, je ne doutais pas un instant que ma famille serait heureuse de me voir de nouveau voguer, de nouveau en paix avec moi-même, de nouveau prête à les servir. Mes belles illusions furent vite déçues. Douze capitaines étaient morts à mon bord et j’étais l’une des premières vivenefs créées, la première par les mains des charpentiers de la famille Ystrée. Depuis longtemps déjà il était établi que j’étais une vivenef stable et de confiance, rapide et féroce au combat, aimante avec les siens. Alors pourquoi cela posa-t-il tant de problèmes que je choisisse Noor comme mon capitaine ? Même éloigné, il était du sang, mais rien ne le prouvait.

Je savais que Kyril était marié, évidemment. Son épouse, une Luname, était d’une des grandes familles marchandes et je connaissais bien leur vivenef, Odalion. Je ne compris pas pourquoi elle refusa ainsi d’adopter Noor et de le laisser être mon capitaine. Il est vrai que cette furie avare et ambitieuse l’avait toujours détesté. Elle n’avait pas d’enfants de Kyril, aussi, bien qu’elle se soit remariée... ses rejetons pour moi étaient des Luname, non des Ventraque. Je ne voulais pas d’eux à mon bord.

Les Luname portèrent l’affaire devant le conseil des marchands de Terrilville. Aedhels et Noor allèrent plaider notre cause, expliquant qu’il avait été recueilli par Kyril tout enfant, que ma volonté était qu’il soit mon capitaine. Noor insista bien sur le fait qu’il était prêt à prendre le nom des Ventraque. Refusèrent-ils à cause de son visage défiguré, de sa peau trop pâle, des écailles parsemant son corps ? Je l’ignore. On nous refusa ce droit. Ou plutôt, car imposer à une vivenef un capitaine dont elle ne veut pas est difficile -impossible pour moi dans tous les cas, on me donna le choix : je pouvais revenir à l’épouse de Kyril et continuer à mouiller à Terrilville ou garder Noor pour Capitaine et être bannie de la cité marchande.

Je choisis la deuxième solution. Noor déménagea sa boutique et quelques-uns des marins qui nous avaient déjà accompagnés se joignirent à notre bord, ceux qui n’avaient pas d’attache à Terrilville. Quand il monta à bord, mon Capitaine était Aedhels. Il était couvert de sang. Son sourire aurait fait perdre contenance au plus aguerri des pirates de la passe intérieure. La folie cruelle qui se lisait dans ses yeux laissa l’équipage muet, moi de même pendant un long moment. Je ne lui demandais pas qui était mort. Je demandais seulement le cap. Personne n’osa ouvrir la bouche, ou contester ses ordres quand il nous fit appareiller au milieu de la nuit. J’ai ouï dire plus tard, en croisant un de mes semblables, que nombre de ceux qui avaient soutenu les Luname au Conseil des Marchands étaient morts et que cette famille avait vu ses membres majeurs mutilés si ce n’était assassinés. Aedhels nous mena au large, mais rapidement, Noor reprit le dessus. Nous traversâmes les îles pirates et croisèrent loin, très loin au Sud, jusqu’aux côtes de la cité de Cerres puis aux Îles des Épices.

Le reste de nos années passèrent ainsi. Des terres orientales jusqu’aux Runes du Dieu avant que la Guerre dans cette contrée ne fasse rage, Noor bâtit sa fortune et celle de ses hommes comme ceux de son sang le firent, par le commerce. Mon bord grossit : hommes et femmes y montèrent souvent pour ne pas le quitter. Noor ne tenait pas ses hommes par son charisme, comme Kyril. C’était autre chose. Son étrangeté peut-être, sa capacité à créer, à inventer des choses qui étaient inconnues aux humains comme cette poudre explosive qui nous a plus d’une fois garanti la victoire. Mais aussi le choix qu’il faisait de son équipage. Seuls ceux qui n’avaient rien à perdre et méritaient une deuxième chance trouvaient grâce à ses yeux. Surtout à ceux d'Aedhels. Je commençais à partager sa vision des choses. Nous avons aujourd’hui à notre bord bien des marins, d’honnêtes commerçants, aussi doux que les pirates de la passe intérieure et venant de tous horizons : Cerres, Jamaillia, Trois-Noues, Chalcède -anciens esclaves-, Outrîliens... et quelques réfugiés de Béarns dernièrement qui de pêcheurs se sont convertis en marchands. C’est à Noor que je dois cet éclectisme. Lui recherche la différence, la richesse intellectuelle et culturelle. Mon bord est parsemé de la musique de toutes ces langues utilisées, de la richesse humaine de ces cultures rassemblées. Aedhels nous assure de ne pas avoir de poltrons ou de tire au flanc à bord… avec un succès certain.

Il y a peu, mon cher capitaine m’a acheté deux quais, d’abord un à Jamaillia, puis à Castelcerf. Pour lui-même et sa troupe, je sais qu’il a acquis un véritable palais à Jamaillia et une grande boutique dans Bourg-de-Castelcerf, ainsi que deux maisons et un manoir pour lui-même. Lui qui a été un moins que rien se retrouve aujourd’hui à la tête d’une fortune colossale... grâce à moi. Et moi, j’ai de nouveau un Capitaine digne de moi. Plus jamais je ne laisserai qui que ce soit m’arracher ou tuer mon Capitaine. En espérant qu’un jour il pense à faire des petits. »


MAGIE

Mage ou non Mage : Mage du Feu mais seul Aedhels connaît cette capacité (et l’utilise parfois, rarement).
Quel rapport à la Magie ? : Ce n’est pas la magie qui est mauvaise, mais l’usage que l’on en fait. Ils sont tous deux curieux des différents arts magiques.
Niveau de Magie : Débutant, l’utilise peu -pour ne pas dire jamais- et peu puissant.
Information(s) complémentaire(s) : Noor pour ce qui le concerne s’estime non-mage. Aedhels a compris qu’il possédait la magie du feu… et ça ne l’intéresse pas vraiment, sauf s’il a besoin de torturer quelqu’un. Et encore. Il y a tant de moyens de faire sans magie...


OPINIONS

Le Roi et la famille Royale : Du moment qu’ils ont le droit de s’installer et de commercer dans les Six-Duchés, le reste, ils s’en moquent.
Votre Duc, votre Duché : Ni Noor ni Aedhels se reconnaissent une quelconque autorité supérieure, à part, peut-être, la très sage Caminata. Ils en ont soupé, des princes et des rois !
Les Pies ? : Ils ne s’y intéressent pas. Du moment que ces ouailles ne sèment ni trouble ni malheur qui les touche, eux et leur commerce, aucun des deux ne s’occupera de leur cas ou de leur cause.
L'ouverture du Royaume aux étrangers ? : Il était temps ! Ce pays rustre et barbare -mais attachant- commence enfin à s’éclairer et c’est bon pour leurs comptes, ça.  


COMPETENCES

Lecture, écriture, calcul :
Calcul : avancé/expert. Noor tout particulièrement est doué pour les mathématiques, Aedhels a des connaissances avancées. Ils ont appris la matière étant enfant, à Jep.
Lecture, écriture : Maitrisé dans l'alphabet commun aux Six-Duchés, Chalcède, Terrilville etc. Il déchiffre vaguement les runes outrîliennnes depuis qu'il a commencé à apprendre cette langue, quelques idéogrammes des contrées du sud mais fait plutôt appel à ceux de son équipage natifs de ces pays pour le lire.
Capacités Intellectuelles :
Langues étrangères : pratique assidument, leur apprentissage est un jeu. Langue maternelle : Jamaillien, dialecte de Terrilville. Bilingue en Chalcédien. Parle couramment la langue commune des Six-Duchés et celle des Îles des Épices. Notions avancées d'Outrîlien. Bien que son parler ne soit pas nécessairement sans accent ou parfait grammaticalement parlant, il jongle avec facilité d'une langue à une autre selon celle de son interlocuteur.
Noor : sciences mécaniques, chimiques, ingénierie : doué, pratique assidument. Noor, enfant, a reçu une éducation poussée en sciences, mathématiques, biologie, 'chimie' et physique. Des matières qu'il aime mettre en application pour créer des machines, des mélanges, dont tous ne sont pas d'une utilité absolue.
Aedhels : Biologie, médecine : avancé, il pratique avec beaucoup d'assiduité et de rigueur depuis qu'il 'a du temps'. Le fonctionnement du corps humain et animal, les causes et le fonctionnement du vivant le fascinent. A force d'expérimentations, rarement agréables pour son cobaye, il est devenu un médecin compétent mais surtout un excellent chirurgien.
Commerce Noor : intuitif mais manque de rigueur, Aedhels : rigoureux mais manque d'empathie. Moyens. En gros, heureusement qu'ils ont des vendeurs compétents dans leurs troupes.
Navigation Capitaine, expert, navigue sur Caminata depuis 7 ans. Pour autant, aucun des deux n'est le meilleur cartographe ou le meilleur meneur d'hommes du bord. Mais c'est bien pour ça qu'il y a des officiers sur un navire. Capables de lire une carte, calculer la position en mer et donner le cap, d'anticiper le climat et les aléas de la mer cependant (surtout sur une vivenef qui aide beaucoup à cela).

Aptitudes Physiques : Aedhels : meurtre, torture : expert. Aedhels n'est pas un assassin. Il ne tue pas sur contrat. Il ne tue pas proprement. Ses meurtres font toujours suite à de longues séances de torture, domaine dans lequel il se montre très imaginatif. Il ressent le besoin de tuer, de torturer tant psychologiquement de physiquement ses victimes.
Aedhels : combat violent mais pas technique. Aedhels n'est pas un combattant hors-pair, loin s'en faut. Noor ne se bat jamais, Aedhels le fait avec hargne, violence et désespoir, comme une bête acculée. Sa dangerosité ne vient pas d'années de pratique malgré l'entrainement quasi-quotidien par Brunilla depuis six ans, mais de son tempérament calculateur et de son absence de codes ou de limites.
Équitation : peut tenir sur un cheval. Et c'est déjà bien. Ils préfèrent marcher mais ça va moins vite. Non, le bateau, c'est top dans le fond.

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Mar 5 Juin - 17:46
Noor Aedhelys
Capitaine 2-en-1 de la Vivenef Caminata
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Messages : 44
Localisation : Entre Castelcerf et Ailleurs...
Voilà, double post pour dire que c'est fini. J'espère qu'il ne reste pas trop de fautes et que c'est clair tout ça ><"

Je laisse le champ libre à Eda la douce, donc Smile
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Mer 6 Juin - 16:11
Eda
Celle qui aide
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Messages : 105
Me voici me voici ^^
*avais la flemme de prendre l'apparence du Ménestrel*

Bon voilà les petites coquilles et fautes que j'ai repéré. Je te les mets en gras.

Alors dans la description physique.
Il serait peut-être opportun de rajouter des points ou des points virgules pour structurer l'énumération des zones écailleuses de Noor ^^ Ça fait long sans reprendre son souffle xD
Citation :
ses tempes où l’on distingue dans les cheveux quatre minuscules cornes comme faites de pur argent, le dessus de ses mains, de ses trapèzes, le long de la colonne vertébrale des côtés de son bassin et de ses cuisses, ses tibias où elles sont assez épaisses et forment une véritable défense naturelle alors qu’à l’intérieur de ses poignets, sur son ventre du nombril au pubis, à l’arrière des genoux elles sont minuscules et fines, très articulées, bien plus brillantes.


Description psychique :
utiliser les simples

Je rajouterais un point par ici ^^
Citation :
Sous bien des aspects l’ancien esclave est resté un enfant : pulsions, envies subites, sautes d’humeur (qui ne sont pas forcément dues à Aedhels), mauvaise foi, taquineries. Le point positif dans tout cela est qu’il est difficile de s’ennuyer avec lui et qu'il est fondamentalement gentil, altruiste.

Compétences :
(lecture) contrés >contrées


Et maintenant, le plus gros morceau  

11/12/1029  (...) et à sa garde personnelle. Il est publiquement
07/1031-fin 1037 : (...)Aedhels à ses sorties cherche et trouve un professeur de

Partie racontée par Aedhels
d'autres se sont donnés la mort,
Les cheveux entre le gris perle et le turquoise
Je sais que Kyril le garda à bord dans un premier temps avec l’idée de le ramener la prochaine fois qu’il mouillerait à Trois-Noues, puis finalement [Il manque quelque chose...] parce qu’il s’était attaché à l’enfant.
Caminata succomba un jour sous les attaques croisées de plusieurs navires pirates, son Capitaine mis à mort, son équipage ou tué ou constitué prisonnier, comme Aedhelsteen.
Les curieux aussi, les nobles et la famille de celui qui avait été tué, d’autres courtisans et leurs serviteurs
Je tiens (il manque l'espace) toujours parole.
imbiber un maximum de couloirs de cette huile, tuer

Partie racontée par Caminata
Elle n’avait pas d’enfants de Kyril, aussi bien qu’elle se soit remariée... ses rejetons pour moi étaient des Luname, non des Ventraque
Son étrangeté peut-être, sa capacité à créer, inventer des choses qui étaient inconnues aux humains comme cette poudre  explosive qui nous a plus d’une d’une fois garanti la victoire.


Sinon, je n'ai rien à ajouter de particulier quant aux contenus.
Ah si, une question : où a-t-il eu sa boucle d'oreille d'affranchi ?

Je te laisse corriger tout cela et ça sera bon Smile
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Mer 6 Juin - 17:16
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
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Messages : 121
Localisation : Castelcerf, en théorie
Voilà qui est corrigé, merci pour ton oeil acéré.

Pour la boucle d'oreille j'ai précisé dans le texte, il la prend avec les bijoux qu'il vole à son maître, trouvant un écrin de quelques boucles d'oreille d'affranchissement. Voilà comment j'ai modifié :

Citation :
Ultime insolence, je pris les atours de mon maître dans sa garde-robe, sur sa commode aux multiples coffrets me servis de ses plus beaux bracelets d'or et de pierreries, colliers et pendentifs de tous genres, pour tous les sexes... Dans un écrin mis de côté, je trouvais en l'ouvrant des boucles d’oreille d'affranchissement du clan Drocul, m'en saisit d'une et ayant eu les oreilles percées à mon arrivée pour pouvoir être décoré de bijoux comme un présentoir de joaillier, la passais à mon oreille gauche. Enfin je me vêtis, cachant tout cela sous les habits de chasse en soie et la mante de laine noire.

_________________
Je parle en #aa2908

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Mer 6 Juin - 17:20
Le Ménestrel
Celui qui sait...
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Te voilà VALIDÉ!


Pour te lancer à l'aventure, voici quelques adresses utiles : les journaux de bord sont ici, tu y trouveras les notes des héros déjà validés, leurs jeux en cours et terminés : surtout n'hésite pas à faire le tien !
Pour demander un jeu justement, c'est par ici que cela se passe, tu peux aussi solliciter les Dieux si tu désires jouer avec un PNJ.
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