Liberté délivrée, c'est décidé elle s'en va ! [TERMINE]

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Mar 17 Avr - 15:15
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
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Localisation : Castelcerf, en théorie
La neige fondue s’était changée, dans la nuit, en poudreuse qui tenait fermement au pavé. L’air était froid et vif, mais le soleil pâle de la lune d’Espoir faisait quelques maigres percées parmi les nuages que la mer amenait avec elle. Capuche, comme convenu, avait pris leurs montures et Sibel pour les emmener faire leur sortie matinale. Les gardes avaient l’habitude désormais de ce cortège, et puis, il passait tellement de monde par l’entrée que le temps que l’on s’aperçoive que ni les montures, ni la chienne de Liberté, ni son garde-du-corps n’étaient rentrés… avec la relève de la garde, cela leur laissait facilement une demi-journée.

La rouquine s’était préparée avec soin. Son complice avait subtilisé l’uniforme d’une des servantes de la Marquise de Glacis, une jeune femme à la peau pâle et aux cheveux châtains terne coupés suite à la mort de son frère qui lui balayaient sans cesse les épaules, masquant son visage. Elle n’était guère loquace et dormirait tard ce matin-là. Les deux femmes faisaient peu ou prou la même taille, le même poids.

Dans le grand sac de linge qu’elle portait pour le frippier, sous la robe de soirée que la marquise comptait revendre étaient cachés deux bourses rebondies de pièces et de bijoux, deux tuniques de laine chaude qu’elle avait tiré de sa garde-robe, un manteau long de laine doublé de fourrure, deux chemises en soie double épaisseur, des chausses moulantes du même tissu, d’autres de laine froide et ses bottes d’équitation d’hiver : rembourrées de fourrure, de laine, le cuir épais mais souple traité à la graisse de phoque. Et l'équipement équivalent pour Capuche.

C’était lourd, mais, selon cynique, la servante peinait elle aussi à le porter et à marcher avec. Il avait sans nul doute fait de l’excellent travail, car les gardes lui souhaitèrent seulement bon courage et reprirent leur discussion quand elle passa devant eux, son bonnet enfoncé jusqu’aux sourcils pour masquer son visage, une écharpe barrant sa bouche et son nez. Le froid le justifiait bien. Mais ce n’était que la première épreuve.

Marcher sans chienne, sans canne, sans aide sur une route enneigée était tout sauf aisé pour une aveugle. Elle utilisait son écho-location, mais était très précautionneuse. Impossible pourtant à l’assassin de l’aider avant qu’elle n’ait disparu dans la capitale qui s’éveillait. C’était même là tout le pari et la clef de leur plan : personne de censé n’imaginerait la jeune héritière, handicapée par sa cécité, passer, en plein hiver, chargée comme un mulet, les portes de la citadelle Loinvoyant et descendre seule la route menant vers la ville. Elle ne devait pas hésiter. Elle ne devait pas se tromper.

La route faisait deux lacets avant d’atteindre les manoirs accrochés à la falaise. Liberté était tellement stressée et angoissée qu’elle avait l’impression que chaque battement de cœur allait faire sortir celui-ci de sa poitrine. Elle manqua de tomber, se rattrapa de justesse, prit le virage. La falaise était une aide précieuse pour se diriger. Bientôt, elle fut parmi les manoirs. Lentement, elle commençait à se calmer. Elle devait suivre la route jusqu’à ce qu’elle cesse de descendre, alors elle serait sur la place du marché.

Mais les odeurs et les sons l’assaillirent bien avant. Elle fut bientôt incapable de se diriger d’elle-même à cause des bruits parasites. Il y avait pourtant encore trop de gardes pour qu’elle demande de l’aide ou qu’elle laisse voir sa cécité.

Pourvu que Capuche ait pu mettre les bêtes en sécurité et remonter ! Les rues étaient très animées, son chargement lourd et la rouquine ne savait plus dans quel sens se diriger pour aller vers le port. L’odeur du pain en train de cuire l’attira. Si elle pouvait se réfugier à l’angle d’une échoppe, peut-être pourrait-elle attendre un petit moment ? Lui laisser une chance de la récupérer, ni vu ni connu ?

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Mar 17 Avr - 18:28
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Localisation : Castlecerf / Great Iguana
Où est elle ? ...

Je remonte la foule dense et piaillante avec l'assurance d'un saumon qui remonte une rivière. Cherchant parmi les badauds une silhouette, ou des vêtements que je serai à même de reconnaître...

D'habitude, je suis toujours amusé quand une petite part de Chaos vient s'immiscer dans mes plans. Cela rend les choses toujours un peu plus "piquantes"... Mais allez donc savoir pourquoi, aujourd'hui la situation ne me donne pas forcément envie de rire... Peut être parce que cette fois-ci, les enjeux me semblent un peu trop important.

Raison pour laquelle, j'ai donc plutôt choisi de braver un destin qui semblait se dessiner gros comme une maison... Pour cela, j'ai donc troqué ma livrée de chevalier-servant pour des habits beaucoup plus populaires et passes-partout. Chemise et braies chaudes, surcot, bandages pour protéger mes bras et mes jambes de la morsure du froid, le tout recouvert par une confortable cape verte doublée de fourrure, et bien sûr à capuche... Me voici paré.

D'habitude, j'aime l'ambiance des marchés. Cette effervescence mercantile et des visages bien souvent souriants, qui s'agite autour de produits et de senteurs diverses.
Mais aujourd'hui, je trouve que les lieux ont un aspect sinistre. La météo du jour n'aidant clairement pas.
Ce jour, tout me semble être en nuances de gris. Je ne croise que des visages mornes, des gens bien souvent courbés et grelottants, qui battent un pavé boueux. Quand aux odeurs du jour... Cela m'évoque une tannerie dans laquelle des fabricants de fromage forts auraient déféqué sur des carcasses de poissons putréfiés...

Si moi ça me dérange, je n'ose même pas imaginer pour elle...

Mes yeux scrutent chaque recoins, chaque visages avec une certaine pointe d'inquiétude, il me faut bien le confesser.

Je n'ai rien oublié... Depuis des semaines, j'ai compté les pas, identifié les angles, les obstacles récurrents, les risques prévisibles... Depuis des mois, nous nous préparons pour ce jours. Tout à été acheté, tous les alliés ont été prévenus. Tout à été minutieusement préparé.

Je t'ai enseigné tout ce qu'il t'était impossible de voir. Nous avons répété, encore et encore. Nous avons essayé même d'anticiper l'imprévisible... Alors où es-tu Liberté ?

La laisser partir seule... C'était la partie osée du plan. Le paramètre Hasardeux... Sur le moment j'ai trouvé l'idée classe. Brillante même, car il était évident que personne au château ne verrait venir un coup comme celui là !

A présent...

...

Non.

Nous ne nous sommes pas montrés présomptueux. C'était le seul moyen.

Si j'ai pris la peine de faire venir Canaille, c'est bien parce que ma confiance en elle est totale. Et c'est justement parce que je peux lui laisser sans risque tout notre équipement, ainsi que la chienne et la jument de Liberté, sans craindre de les voir disparus à mon retour, que je peux étendre le plan à une "mission de récupération".

Je ne me contente plus seulement de remonter à l'envers le chemins que nous avions convenus, et j'essaye d'analyser et de comprendre où les choses auraient pu mal tourner. De visu, je cherche des indices, et autres traces de son passage.

Je ne peux pas me mettre dans la peau d'une aveugle de longue date... Mais identifier les zones où la foule est plus dense qu'elle n'aurait dû l'être... Donc avec le plus de chance de se faire bousculer et perdre ses repaires... ça je peux le faire, et ça me semble être une première piste valable... J'essaye de réfléchir... Si cela devait m'arriver... Si je devais me sentir seul et perdu au milieu de nulle part... Je pense que je me dirigerai directement dans la direction me semblant d'instinct la plus rassurante. Et privé de la vue... Au milieu du bruit et de mauvaises odeurs...

...

Mon regard s'arrête enfin... Peut être mon raisonnement était-il bon, ou peut être est-ce juste un coup de chance... Mais en fait, je ne pense même plus à tout cela, quand je change soudainement de direction, pour surgir d'entre les passants, et laisser mon bras s'enrouler autour de la taille la jeune femme, afin de la rapprocher de moi.

J'imagine que je viens de lui fiche une sacrée frousse et cela me redonne aussitôt le sourire. Je lui parles alors avec bienveillance afin qu'elle me reconnaisse.

"Tu t'en sors très bien. J'admire ton courage."

Finalement, je crois qu'elle est contente aussi que j'ai fait le déplacement.

Je ne vois absolument aucune nécessité à lui reprocher quoi que ce soit, ni même à faire preuve de pitié envers elle. J'imagine qu'il s'agirait là de la dernière chose dont elle aurait besoin. Pour l'heure il suffit seulement que je sois là et que je ne la lâche pas, et c'est exactement ce que je lui donne.

" Dans ces habits, nous formons un merveilleux couple, ne trouves tu pas ?"


Je profite de la situation et dépose un baiser tendre contre sa joue. Je l’entraîne alors avec moi, afin que nous recommencions directement à marcher. Je relâche quelque peu mon étreinte, pour la laisser plus libre de ses mouvements et donner un aspect plus naturel au "couple" que nous formons à présent. Elle peut alors s'implement s'appuyer contre mon bras, non pas comme une aveugle, mais comme une femme amoureuse.

Pour ma part, je poursuis alors toujours souriant, et sur un ton qui veut la pousser à croire en la fin de ses soucis.

"C'est une sensation incroyable n'est ce pas ? Sentir ce début d'air frais... Qui nous indique qu'on arrive bientôt à l'issue du tunnel... Sans pour autant être sûr que l'on soit tout à fait tiré d'affaire...

Et puis au fur et à mesure que les pas derrière nous augmentent. Cet air s'intensifie... Il nous fouette le visage... Et puis apparaît soudain une lueur. Ou pour toi, peut être simplement une chaleur.

Alors on marche de plus en plus vite. Et un sourire se dessine sur nos visage. On sent cet étau qui nous écrasait le cœur se desserrer doucement, en même temps que l'on commence à la voir. Oui même toi.

C'est beau n'est ce pas ? La liberté ! "


Voila que je me laisse aller aux envolée lyriques à présent... Peut être mon cœur d'ancien esclave qui s'exprime. Du moins, c'est ce qu'elle pourrait croire lorsque je conclus :

"J'adore ton prénom ! "

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"Si tu sais à quoi ces gens ressemblent, tu pourras te fondre parmi eux.
Si tu sais ce qu'ils veulent, tu pourras les acheter.
Si tu les comprends, tu pourras les prévoir."
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Mer 18 Avr - 10:42
Liberté Sangréal
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Liberté Sangréal
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On la poussa à droite, à gauche, mais Liberté ne broncha pas, évitait les regards et marmonnait des excuses comme si elle y était habituée. Mais, heureusement, on ne la dérangeait pas. Personne pour lui parler, lui poser des questions. Elle se dirigea aux sons et à l’odeur vers la boulangerie, son écho-location lui apprenant qu’elle avait un mur face à elle. Elle ne pouvait même pas en donner la distance mais estima, quand elle cessa d’être bousculée de toutes parts, qu’elle n’était plus dans le chemin.

Ça sentait bon. L’odeur des petits pains au lait en train de cuire lui mit l’eau à la bouche, pourtant, elle avait pris un solide petit déjeuner.

Capuche.

Elle n’osait pas étendre son vif de peur de se faire repérer, mais il restait malgré tout en éveil dans cette fourmilière humaine : elle crut capter, de loin, sa présence. A force de le côtoyer, c’était comme pour son frère ou Harmonie, elle connaissait sa ‘signature’ par cœur. Était-il vraiment… Oui, il était là. Elle sentit son odeur par-dessus celles, plus ou moins agréables, des rues en effervescence au moment où sa main se posait sur sa taille.

Soulagée, elle se permit de se retourner et poser son front contre son épaule. Un petit, tout petit moment de faiblesse. Presque rien. Et puis, si elle était vraiment une servante attendant de retrouver son galant, elle devait agir comme tel, n’est-ce pas ?

« Merci. Allons-y, veux-tu ? » elle releva le nez pour lui sourire, le remerciant surtout d’être venu la chercher.

Plus vite ils seraient loin de cette ville de malheur, loin des griffes du Roi, plus vite elle serait tranquille. Liberté savait déjà comment présenter les choses à son père pour que le duc les couvre et leur permette de naviguer dans les communautés du Lignage à la recherche de l’assassin de la maîtresse d’Art. Elle savait aussi comment elle voulait s’y prendre. Mais pour cela, il fallait atteindre Pointe Bleue.

« C’était l’idée, oui. Personne ne fait attention à un couple comme nous parmi la foule. Mais un galant prendrait mon chargement... » souligna-t-elle avec une pointe de taquinerie.

Toutefois, elle s’en accommodait bien mieux maintenant que, s’appuyant sur le bras de l’assassin, elle pouvait marcher sans craindre de chuter à chaque pas. L’équitation et ses entraînements à l’auto-défense, d’abord avec le lieutenant de la garde puis avec l’assassin, avaient musclé ses bras et son dos. Mais cette envolée lyrique… elle lui jeta un ‘regard’ dubitatif. Il était si soulagé que cela qu’elle n’ait pas été prise ? Croyait-il qu’elle échouerait ? Ou était-ce ces longues lunes enfermé dans le palais qui lui avaient trop pesé ?

« Tu devrais crier mon nom un peu plus fort, que tous l’entendent. J’y ai songé. Il faut que je change de nom. »
Elle réfléchit un moment puis soudain fronça le nez comme le vent amenait dans les rues descendant vers le port les effluves des abattoirs et des tanneries. Quelle horreur ! « Je m’appelle Mélisse jusqu’à nouvel ordre, c'est plus sûr. »

C’était une plante médicinale qu’elle appréciait aussi bien pour son goût que pour ses nombreuses vertus. Il était nécessaire qu’ils changent de nouveau d’identité, elle espérait qu’il ne l’avait pas présentée sous son véritable nom à la personne qui devait les aider.

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Mer 18 Avr - 19:32
Capuche
Assassin redouté
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Même si elle ne le dit pas directement, elle est clairement heureuse de fuir le château, ainsi que "l'hospitalité" du roi... En témoigne l'étrange familiarité dont elle fait preuve avec moi. Si moi ne me suis jamais gêné, pour elle en revanche cette marque d'affection soudaine est une première ! A moins qu'il ne s'agisse là tout simplement du trop plein d'émotions qu'elle venait de ressentir suite à son égarement momentané ?

De mon côté, j'apprécie cette reconnaissance, et la proximité physique se fait également plus naturelle de mon côté... Cela fait plusieurs mois que nous nous côtoyons, mais je sens que les difficultés et dangers de notre entreprise risque de nous faire passer effectivement quelques nouveaux cap de ce côté là !

Elle est radieuse... Elle se laisse même aller à l'humour. En tout cas plus facilement qu'à l'accoutumé il me semble. Aussi ne puis-je m'empêcher de rire à sa remarque sur le fait que pour quelqu'un voulant jouer les galants, je faisais bien peu de cas de son chargement. Ainsi lui répondis-je avec cynisme :

"La galanterie, c'est la manière polie qu'ont les hommes de montrer qu'ils sont supérieurs. Et c'est la soumission volontaire et silencieuse des femmes.
Mais je veux bien t'aider quand tu me le demande !"

...

Bon je l'avoue... Dans l'empressement de la retrouver et de repartir au plus vite, je n'ai tout simplement pas pensé à cette petite attention. Cela ne m'empêche pas de penser chaque mots de cette formule que j'invente pour l'occasion et qui m'arrange bien sur le moment.

Donc, comme elle ne me le demande pas, je ne l'aide toujours pas à porter son barda... L'avantage quand une boule de fierté sur patte se heurte à un mur de principes douteux, c'est que cela donne toujours des situations cocasses !

Alors que nous avançons, elle se montre cependant moins réceptive à mon ode improvisé à la liberté. Elle à beau être aveugle, son visage et son "regard" savent être très expressifs et je comprends immédiatement... J'ai un peu honte et rabat d'avantage ma Capuche. Et en réponse aux remarques qu'elle vient de me faire, je pose ma main, dans une tape rassurante, contre la sienne qui est enroulée à mon bras.

"Un jour je te raconterais mon passé... Si tu n'avais pas été aveugle, tu aurais compris rien qu'en me voyant dans ton bain...

Et ne t'en fais pas. Il faudrait vraiment avoir une ouïe aussi sur-développée que la tienne pour entendre deux personnes parler comme nous le faisons dans cette effervescence.
Par expérience, je dirais que ce sont plutôt les gens qui font tout pour ne pas se faire remarquer que je vois en premier dans ce genre de situation !

Mais tu as raison de me pousser à davantage de prudence...

Dans ce cas dame Mélisse, je serai Bragon !"


Un nom que j'invente sur le moment, qui ne veut rien dire de particulier, mais don je trouve la sonorité agréable pour le rôle un peu buriné que je joue actuellement.
Cette histoire de nom me fait cependant penser que mon associée n'est pas forcément du genre compréhensive quant à mon gout pour le changement d'identité.

J'ajoute alors avec une pointe de dépit.

"... Mais malgré tous mes efforts, je crains que pour la personne que je t'apprête à te faire rencontrer, mon nom soit définitivement "Pigeon"..."

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Si tu les comprends, tu pourras les prévoir."
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Mar 24 Avr - 15:38
Liberté Sangréal
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Une telle remarque ne la choqua pas venant de lui. L’asservissement des femmes, et puis quoi encore ? Ils n’étaient pas en Chalcède ici ! Elle lui tendit cependant le sac à linge avec un sourire que d’aucuns auraient dit charmeur. Ou gentiment ironique.

« Très cher, la galanterie chez nous n’est autre qu’un subterfuge féminin pour laisser croire aux mâles que nous ne saurions nous passer d’eux tout en leur faisant faire ce qui nous est pénible. Rien à voir avec de l’asservissement. »


Clairement ironique, en réalité. Mais sans son chargement, elle pouvait surtout relever légèrement ses jupes pour ne pas risquer de trébucher sur les pavés que la gadoue de neige et de terre rendait particulièrement glissants. Ses petites bottines de servante ne la protégeaient déjà pas du froid, mais leurs semelles de cuir lisse étaient une pure catastrophe et il n’était pas rare qu’elle serre le bras de son compagnon pour ajuster son équilibre.

Elle se doutait que son passé n’était pas tendre, que ce n’était pas non plus un choix de carrière délibéré qui l’avait amené au commerce du meurtre. Ce n’était pas un sujet léger, Capuche était secret par nature semblait-il. Sa confiance se méritait.

« Quand tu seras prêt, tu m’en parleras. Je n’ai pas besoin de savoir, mais si tu veux me le raconter, je serais honorée d’écouter. »
Elle ajouta avec un sourire : « Pigeon tu sais ça va aussi ! Ça fait très peuple et local ! »

Elle avait parfaitement compris.

« Tu lui as dit qui j’étais ? »
s’enquit-t-elle alors qu’il la menait dans des escaliers pour rejoindre l’avenue qui menait de la Place Ronde au Port. C’était déjà un peu plus calme dans ces rues, elle pouvait s’aider un peu d’écholocalisation. Mais les nombreuses tavernes qui bordaient l’avenue où circulaient quelques charrettes la fit plisser le nez. Urine, alcool, déjections diverses, humaines, animales, végétales ramassées en tas de compost attendant d’être ramassé par le service de ville… On entendait dans les cours le hennissement des chevaux, le caquètement des poules et le grouinement des porcs. « Les humains empestent. »

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Mer 25 Avr - 17:55
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Cette charmante et horripilante propension à vouloir obtenir le dernier mot... Exactement la même que la mienne ! C'est à la fois ce que j'apprécie et ce que je trouve le plus irritant chez elle... C'est suivant mon humeur du jour en fait !

Si j'avais voulu entrer dans son jeu, tout sourire qu'elle aurait pu être, j'aurai pu alors la laisser là à me tendre son barda, et lui rétorquer à quel point il était idiot de révéler sa stratégie à quelqu'un qui jusque là n'en avait pas conscience ! Par pure méchanceté gratuite.

Mais ça aurait été un coup à se lancer dans une escalade, et là, la plaisanterie aurait fini par tourner à la provocation. C'est le problème avec deux sales bestioles qui n'ont pas pour habitude de lâcher le morceau... Si l'un ne ravale pas sa fierté, l'autre finira forcément par mordre.

Alors pour le bien de "la mission", je préfère être beau joueur et lui concéder la victoire, en acceptant le chargement et avec le sourire. Et puis cela nous permet de revenir à beaucoup plus de gentillesse. La preuve étant cette réponse délicate qu'elle me fait lorsque j'évoque mon passé.

A chaque fois que je me renie, j'ai le sentiment qu'un petit châton meurt quelque part...

D'ailleurs où est Thémistocle ?

A peine que je me pose la question, que je vois surgir devant moi une boule de poil blanche, courant à toute allure avec un poisson entre les crocs. Le malin ! Il a très certainement chipé son butin sur quelque étal du marché. La proximité de Canaille ne lui réussit pas.

Et en parlant de Canaille...

« Pigeon tu sais ça va aussi ! Ça fait très peuple et local ! »


"..."


Je baisse à nouveau ma capuche pour dissimuler mon visage. Ce tic qui me prend lorsque je suis gêné, je sens que je vais être amené à le faire souvent quand je vais me retrouver seul avec les deux volcaniques jeunes femmes sur le même bord.

"De grâce, ne t'y mets pas toi non plus !"


Comme elle me le demande, je répond alors à ses interrogations concernant mon associée

"A elle, oui. Elle saura tenir sa langue, même sous la torture. C'est mon associée et tu peux la considérer comme une autre moi même... Je préfère tout de même te prévenir qu'elle vient d'un milieu très différent du tiens, je te demanderai donc de ne pas la juger, ni la provoquer.

Pour les hommes d'équipages et le propriétaire de la péniche que nous allons emprunter, tu ne seras qu'une simple passagère."


Alors que nous nous rapprochons, nous passons par les zones où il nous est réellement possible de "sentir" la chaleur humaine... Dans tout ce qu'elle a de plus rebutant et nauséabond, ainsi lorsqu'elle lâche elle même que "les humains empestent".

Je ne peux pas la contredire et conclus avec cynisme : "L'odeur est l'intelligence des fleurs."

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Lun 30 Avr - 10:36
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
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Un rire léger et cristallin s’éleva à la remarque gênée de Capuche. De pure joie, taquine et simple. Liberté telle qu’elle était vraiment, sans la pression de sa charge, de son rang et de la Cour, des espions cachés partout. Elle n’avait pas forcément voulu se montrer distante et un peu hautaine comme elle l’avait été quasiment en permanence. Elle se protégeait. Capuche-Cynique n’était que son garde-du-corps transformé en aide au départ d’Harmonie. Elle ne pouvait agir amicalement ou de manière complice avec lui. C’eut été aussi étrange que déplacé et il ne faisait aucun doute que le boudoir au moins, si ce n’était sa chambre, était doté d’œils d’observation. Elle avait senti par le vif une présence étrangère. Plus d’une fois. Elle ne le lui avait pas dit.

« Bien, si tu le dis, j’espère pour nous qu’elle choisira la loyauté à la cupidité. »


Et puis la provoquer pour quoi faire, d’abord ? Elle n’avait plus besoin de jouer les princesses. Quelle importance, après tout. Elle savait jouer son rôle et tenir sa place. Elle avait mémorisé depuis longtemps toutes les informations géographiques de son pays. S’ils faisaient assez vite, ce serait possible sans doute de ne pas avoir de contrôle de l’armée royale sur le Lac de Tuur. S’il y en avait… il faudrait qu’elle se cache. Ou qu’ils descendent un peu la Vin.

« Il n’y a pas de fleurs en hiver, » remarqua-t-elle distraitement, les sourcils légèrement froncés.

Et dans ce cas, il faudrait remonter la route jusqu’à Pointe Bleue. Or, leurs chevaux n’étaient pas ferrés pour l’hiver, donc faire halte dans une ferme fortifiée semblait nécessaire pour changer leurs fers.

« Je connais quelqu’un à Pointe Bleue qui nous aidera sans discuter et sans ébruiter notre situation. Il faudra se rendre à la Faculté de Sciences.»

Où sa tante Inspirée officiait. Et comme son père, dont elle était l’une des jumelles, elle était du Lignage. Un milieu qu’elle maîtrisait bien mieux que Liberté, socialement parlant en tous cas. Elle se déplaçait souvent dans d’autres Duchés quand des épidémies survenaient, formant les guérisseurs sur place aux mesures d’hygiène, aux soins et aux remèdes. Elle saurait lui dire par où commencer. Ou ne pas commencer, dans le pire des cas.

Elle entendit bientôt distinctement le ressac, les cris des marins donnant les ordres pour amarrer ou au contraire profiter de la marée haute pour prendre la mer. La rue ne descendait presque plus et après de nouveaux escaliers, la rouquine sut instinctivement qu’ils étaient arrivés. Mais pas à cause de l’odeur iodée ou moins agréable des entrailles de poissons qui attendaient là de servir d’appâts. Des gens criaient sur un quai en eaux profondes, tout au bout de la jetée, dans une langue inconnue. Et cette présence ! Immense, énorme, tellement vivante et forte !

Tout aveugle qu’elle soit, son regard vitreux se porta sur la Vivenef à figure de proue féminine qui accostait. Elle serra un peu plus le bras de Capuche, bouche bée.

« Elle est… glorieuse. »

Aucun mot ne pouvait vraiment décrire ce que ses sens de vif lui indiquaient. La vivenef alors releva le regard vers eux, un instant, et son visage de bois animé sourit. Elle dégagea son épaule de ses cheveux blonds d’un geste coquet et se détourna d’eux pour parler avec un personnage voilé dont le costume rappelait à la fois Chalcède et les îles de Jade. Liberté frissonna. Était-ce donc elle, Caminata, le vaisseau magique dont Lune lui avait parlé ?

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Dim 6 Mai - 1:22
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Je crois que c'est la première fois que je l'entends rire véritablement... Et c'est pour se moquer de moi.

Qu'importe... Je le vois comme la confirmation qu'elle relâche véritablement la pression, et qu'elle se sent en sécurité à mes côtés. Il vaudrait mieux d'ailleurs, car je ne m'apprête pas à la mettre entre les mains d'enfants de chœur, Canaille en tête de liste.

La remarque de Liberté à son sujet me fait d'ailleurs tiquer... A vrai dire, si ce n'était pour moi, il aurait été certain que la Pirate choisirait la cupidité à la loyauté.
La fille d'un duc à son bord, pensez donc ! Il y aurait de quoi faire la plus belle rançon de sa carrière !

C'est dans ces moments là où je prends conscience que mon amitié avec elle a franchi un cap. Il y a quelques temps, elle n'aurait même pas hésité à me trahir une fois à bord, m'aurait égorgé dans mon sommeil et prit ma protégée en otage.

Aujourd'hui, je suis presque à peu près certain qu'elle n'en fera rien... Pas avec notre passif en commun... Et le danger que représenterait ma guilde, pour elle et son équipage, s'il venait à m'arriver quelque chose... C'est beau l'amour.

J'use de sarcasme. Mais je n'ai pas opté pour la voie maritime par hasard. Il s'agit de l'option la plus rapide et la plus efficace pour atteindre notre but. La voie terrestre comporte beaucoup trop de danger et nous serions livrés à nous même. Et si la route fluviale n'est pas exempt de risques, aucun d'entre eux ne seraient en mesure de m'inquiéter aux côtés de ma pirate préférée et de son équipage.

En parlant de la route que nous allions emprunter, la jeune femme tient justement à me faire part d'une nouvelle information que je n'avais pas pris en compte jusque là.

"Je ne pensais passer par Pointe Bleue que si nous y étions forcé... Est-ce que l'aide que pourrait nous fournir ton contact vaut le temps et les risques que nous feront encourir un tel détour ?"

Liberté a très certainement ses raisons de me proposer cela. Raison pour laquelle je ne me montre pas hostile à son idée et ne fait que lui demander de me convaincre que le jeu en vaut la chandelle.

Nous arrivons bientôt à destination où Canaille, ainsi que la jument et la chienne de Liberté nous attendent. Mais avant cela nous passons par devant un navire dont la construction particulière attire notre curiosité, et tout particulièrement celle de la jeune femme qui semble littéralement se figer alors même que ses yeux ne sont pas en mesure de se poser sur ce qui l'impressionne de la sorte.

Une vivenef... Très certainement celle la même possédée par l'employeur d'une amie que nous avions désormais en commun. Par gentillesse envers elle, je prends alors le temps de m'arrêter pour lui laisser le soin de profiter. Et pour cause, elle ne doit pas être loin de l'état dans lequel je fus moi même lorsque j'ai revu "l'amie" en question, que je pensais ne plus jamais revoir, en chair et en os, dans sa chambre.

Alors que je sens la demoiselle serrer un peu plus mon bras, je pose doucement ma main contre la sienne, appréciant moi même le glorieux édifice. Sa figure de proue animée tourne alors le regard en notre direction avant de nous adresser un sourire. Nous prend elle également pour un couple d'amoureux en promenade sur le marché ?

Quoi qu'il en soit je suis moi même plutôt impressionné. C'est la première fois qu'il m'est possible de voir ce genre de navire d'aussi près. Même si j'ai toujours du mal à laisser transparaître extérieurement ce genre d'émotions quand elles sont naturelles... Et cela doit être à un degré moindre que la vifière, qui elle, ressent absolument tout.

Mon pouce caresse légèrement le dos de la main de Liberté, conscient de partager avec elle un moment fort.

"Elle nous a vu... Elle souris."


Ne connaissant pas vraiment l'usage, je décide de renvoyer la politesse au navire, et lui adresse un sourire ainsi qu'un salut de la tête révérencieux. La Vivenef retourne alors à ses préoccupations.

"Ne nous attardons pas plus, nous allons les déranger..."

Alors que nous nous remettons en marche, je conclus alors avec une touche de dépit

"C'est dommage de ne pas avoir apprit plus tôt que Lune était en ville... Si cela avait été le cas, je lui aurais demandé de l'aide pour emprunter la Vivenef de son patron. Cela aurait considérablement facilité notre voyage, et je crois que nous aurions appréciés tous les deux !"

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Si tu sais ce qu'ils veulent, tu pourras les acheter.
Si tu les comprends, tu pourras les prévoir."
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Lun 7 Mai - 19:28
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
Messages : 164
Localisation : Castelcerf, en théorie
Il lui fallut quelques secondes pour revenir à ce qu’ils disaient avant qu’elle ne prenne pleinement conscience de la vivenef. Que Lune avait raison de dire que tout bateau qu’elle soit, elle était vivante ! Elle se laissa docilement entraîner, revenant au présent ou du moins à des considérations plus terre à terre.

Le capitaine de la vivenef avait-il intérêt à l’aider ? S’il savait qui elle était, certainement pas. Il devait rester dans les bonnes grâces du monarque qui pouvait très bien l’interdire de séjour dans le royaume. Le manque à gagner ne valait pas la bonne cause ou même l’argent qu’elle pourrait payer.

« Je ne crois pas. Lui a sans doute tout à gagner à rester neutre. Et il est déjà trop riche pour que quelques centaines de livres le tentent. »

Comme souvent quand elle réfléchissait, une moue enfantine se dessinait sur ses traits avec son nez légèrement froncé et cet air appliqué. Le sujet pour elle était clos. Le batelier ne parlerait pas. Il faudrait s’en assurer. Si seulement Chance ou sa mère étaient à Pointe Bleue ! Ils pourraient lui imprimer un ordre d’Art adéquat. Mais tous deux étaient, en théorie, à Belcastel. Ah ! C’était cela. Pointe Bleue.

« Pourquoi veux-tu l’éviter ? C’est le chemin le plus court. On pourrait certes débarquer à Petite-Bleue ou toute autre bourgade le long de la Vin mais il faudrait malgré tout revenir vers la route de la dorsale. Il est impossible de passer les Col de l’Aigle Noir et de Pierre Grise en hiver qui permettent de relier Petite-Bleue à Belcastel. »


Pas le choix, donc. Oui, pour une aveugle, elle s’y connaissait en géographie. Liberté avait sa propre représentation dans l’espace, mais même si ses notions de représentation des distance était très personnelle, son savoir géographique n’en était pas moins précis au moins pour son Duché, si ce n’était pour son Royaume. Comment gouverner sinon ? Elle restait la deuxième née, elle devait pouvoir prendre la place d’héritière. Et elle le faisait.

« Mais oui, cela en vaut la peine. Ma tante est un médecin reconnu, elle voyage beaucoup et elle est comme moi. Elle saura sans doute nous donner si ce n’est un point de départ précis, au moins des recommandations et des contacts sûrs. »

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Jeu 10 Mai - 17:39
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Localisation : Castlecerf / Great Iguana
Je pensais que Liberté aurait été séduite par la possibilité de faire le voyage en Vivenef, mais sa nature pragmatique reprend bien rapidement le dessus... Et elle me dit bien vite pourquoi une telle opportunité aurait été difficile à mettre en place. En usant d'un arguments tout à fait pertinents je dois bien le reconnaître !

L'héritière est indéniablement intelligente, malgré son jeune âge, pour raisonner aussi rapidement de la sorte... Mais plus je la côtoie, et plus je me dit que cette vision pragmatique des choses et cette manière qu'elle a de tout rationaliser, finiront par lui jouer des tours... Si cette qualité restera certainement sa meilleure arme dans l'avenir politique qui lui est destiné, elle doit apprendre également à élargir son point de vue. Car le monde n'est pas rationnel. Il n'existe rien de complètement noir, ni de complètement blanc. Il n'y a que des nuances de gris. Ainsi l'intelligence sociale compte pour autant que la logique froide dans cet univers de loups qui l'entoure.

Au final, je ne faisais que lui vendre du rêve, et elle devrait s'autoriser à le faire également.

Aussi je me contente de lui répliquer avec le sourire.

"Tout homme a un prix Liberté... Il suffit de le trouver."

L'aspect positif de ma leçon, c'est qu'elle apprenne qu'il existe toujours un moyen. Quelque soit l'adversité ou la difficulté qui nous fait face. Il faut travailler et surtout ne jamais renoncer.

Le négatif, heureusement je ne lui dit pas, car il s'agit ni plus ni moins de ce qu'il est possible de faire pour obtenir ce "prix"... Pour peu que l'on s'affranchisse des règles et en particuliers de celles de la morale. Cette leçon là, elle aura tout le temps de l'apprendre, car ce sera forcément à ses dépends...

Dans cette même logique, puisse t'elle ne jamais être confrontée à ce dont je suis capable de faire moi même...


Nous changeons alors de sujet pour revenir sur l'itinéraire choisi et ce qu'elle m'apprend ne me fais pas forcément plaisir... En tout cas le choix qu'elle m'a exposé plus tôt devient tout de suite plus cohérent...

J'affiche alors une moue quelque peu désabusé

"Aie... Je connais peu la région... J'espérais qu'il existe malgré tout un chemin praticable en hiver ! Dans ma logique le second chemin ne me paraissant valable que si nous apprenions sur la route que le premier était bloqué... Nous sommes des ânes d'êtres passé à côté de ce détail du trajet.

Mais c'est bien d'apprendre que ton érudition sur ton propre pays va jusque là. Cela nous sera indéniablement utile, et j'apprécie de te voir actrice de ta propre libération.

Je me fie à ton jugement donc. Et va pour une visite surprise chez ta tante !"
conclus-je toujours souriant.

Nous arrivons alors en vue de l'honorable péniche que j'ai loué, Canaille se tient toujours devant, enveloppée dans une cape sombre, rendant d'autant plus flamboyante sa tignasse rousse sous son tricorne. La chienne de Liberté se tient toujours à ses côté tandis que la Jument à très certainement déjà été montée à bord.

"Nous sommes arrivés."

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Lun 14 Mai - 22:32
Canaille
Louve de Mer peu fréquentable
Canaille
Messages : 78
Localisation : En mer, sur le royaume d'El
Elle grelottait. Ses mâchoires crispées masquaient le claquement de dents inévitable par cette journée hivernale ennuagée. Ce qu'elle haïssait cette putain de neige. Et ce froid de merde... Un regard au cabot à ses pieds et la pirate dubitative se demandait comment le sac à puces faisait pour rester aussi immobile, probablement le cul glacé au sol.

Serrant davantage sa cape pour prévenir son ouverture et l'infiltration du vent, la pirate regrettait de ne pas avoir chipé un meilleur manteau avant de débarquer à Castlercerf, ou durant le voyage il y avait quelque semaine de cela. Canaille en avait vu un bien en plus, de la grosse laine doublée de fourrure bien dense. Ça aurait été un peu à l'encontre du plan du pigeon toutefois de crever un petit bourge pour l'avoir...

La discrétion. C'était barbant et ça faisait que la fille d'El tremblait dans ses bottes de cuir. Ça grattait la laine en plus... Pendant que la rousse ronchonnait mentalement en piétinant sur place, la chienne se redressa soudainement bien alerte. Canaille se retournant pour voir le Pigeon et sa petite noble approcher. Super ! Elle pourrait enfin s'activer à faire quelque chose, n'importe quoi pour se réchauffer.

- Par El, on peut enfin embarquer ! S'exclama la pirate. Allez v'nez, ajoutait-elle en leur faisant signe avant que la chienne n'aille retrouver sa maîtresse.

Sans les attendre, parce qu'elle n’en avait rien à foutre de la politesse déjà et parce qu'en plus ils jouaient aux gentils petits servants, la pirate monta à bord de la péniche, commençant à japper des ordres pour qu'il déguerpisse le plus rapidement possible d'ici.

Fallait pas tenter El et se mettre en route au plus vite.

- Tout est à bord et en ordre. Se contentait de dire Canaille par-dessus son épaule pour informer son associé.
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Jeu 17 Mai - 17:03
Liberté Sangréal
Héritière de Labour
Liberté Sangréal
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Localisation : Castelcerf, en théorie
Oh oui, tout homme avait un prix. Elle avait fait assez de politique désormais pour comprendre en pratique cette théorie que ses parents. En l’occurrence, elle doutait fort d’être capable de payer le prix nécessaire pour louer la vivenef. Elle haussa donc les épaules sans répliquer. Il fallait avancer, partir au plus vite. Elle avait hâte de mettre ses bottes fourrées et ses chausses de laine, histoire d’arrêter de frissonner à chaque coup de vent du nord.

« Non. A cause du relief très peu commode de la Dorsale, soit il faut remonter sur Beauverger pour prendre la route de la dorsale, soit attendre le dégel. Je suis navrée, je n’ai pas songé à parler du chemin tant pour moi c’était évident. »

Avec un peu de chance, ils n’auraient pas à monter jusqu’à Belcastel… Non, avec beaucoup de chance. Les fiançailles de son frère et de la future oblat avaient forcément eu lieu dans la forteresse ducale.

« Nous avons une immense carte dans la bibliothèque. Elle est coulée en métal, en bronze je crois, et en relief. J’ai appris la géographie des Six-Duchés, des Montagnes et de Chalcède grâce à ça. Je suppose que ma manière de visualiser les choses est particulière, mais elle est suffisante pour me diriger, »
expliqua-t-elle comme ils arrivaient vers la péniche.

Un aboiement joyeux les accueillit et Liberté sourit à la rouquine, ignorant qu’elle lui tournait sans doute déjà le dos. La chienne abandonna la pirate pour venir vers elle et par habitude, la jeune femme glissa ses doigts dans l’épais pelage d’hiver de Sibel. Cela lui permit aussi de libérer Capuche de son emprise faisant comme si seule son affection pour l’animal la poussait à la garder à ses côtés.

Prochaine épreuve : remonter le fleuve. Dieu qu’elle détestait les bateaux ! Le manque de stabilité du plancher lui donnait immanquablement la nausée. Attendant qu’on lui dise où se mettre pour ne pas gêner les manœuvres, elle resta dans l’ombre de Capuche-Pigeon pour ne pas foncer malencontreusement dans un des bateliers.

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Sam 19 Mai - 18:06
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Localisation : Castlecerf / Great Iguana
"Ne t'excuse pas... Ce qui est fait est fait."

Je ne vois effectivement rien de plus à ajouter. Les erreurs sont humaines, et un plan minutieusement réglé est tout de suite moins amusant sans une dose d'imprévu !

Bon d'accord... Je ne suis pas sûr que je me serai montré aussi détaché une fois coincé dans le blizzard de montagne, en me sentant crever à petit feu... Aussi ironique que soit l'expression quand on meurt de froid.

Là en effet, j'aurai pu lui en vouloir d'avoir "oublié" de mentionner ce genre de détail. Mais elle s'en serait bien vite rendu compte au moment où j'aurai cherché à l'égorger; puis à boire son sang chaud avant de voler son équipement pour survivre quelques heures de plus qu'elle.

Mais assez parlé d'amour... Nous sommes à présent arrivés à destination et il est plus que temps pour nous de mettre enfin les voiles.

Je ne suis d'ailleurs certainement pas le seul à exprimer cette pensée quand je vois la manière dont Canaille nous accueille. Cette dernière nous salut à peine avant de monter directement à bord et commencer à aboyer ses ordres à l'équipage.
Comme d'habitude, elle est de mauvaise humeur. Si je me doute que de l'avoir forcée à attendre dans le froid n'a pas dû aider, je connais bien également ma pirate...

C'est vrai que nous nous sommes à peine parlé, alors que cela faisait des semaines que nous étions séparés... A peine l'ai je revu tout à l'heure que je l'ai planté là pour partir directement à la recherche de Liberté. La pirate serait-elle susceptible ?... Oui, bien sûr que oui !
... Mais je n'aurais jamais cru qu'elle puisse l'être pour ce genre d'indélicatesse de ma part... Nous sommes tous deux très indépendants l'un de l'autre après tout !

Non... Ça doit être autre chose qui la dérange... A la réflexion, je pense déjà savoir quoi, et je sens que je vais en entendre parler quand nous serons enfin en privé tous les deux...

Pour l'instant, je fais donc celui qui ne remarque rien et j'invite Liberté et sa chienne à rester dans mes pas. A présent qu'elle a retrouvé son guide le plus fidèle, je me montre volontairement un peu moins collant avec elle, laissant juste ponctuellement ma main dans son dos, plus par réflexe que par réelle nécessité.

Pendant ce temps je vois ma propre boule de poils blancs qui réapparaît, toujours avec le poisson qu'il a volé dans le bec. Ce dernier monte alors fièrement la passerelle, comme s'il voulait parader devant nous avec son butin. Je souris. A présent nous sommes tous là.

"Nous ne sommes que sur un fleuve, mais j'ai demandé que tu sois installée dans une cabine en milieu de navire... Tu sera moins incommodée par les mouvements du bateau. Est-ce que ça ira ?"

Cette question est valable pour l'ensemble du voyage... Elle m'a elle même confiée à plusieurs reprise qu'elle avait la navigation en horreur. Malheureusement, le choix du mode de transport s'imposait de lui même au vu de la distance et des dangers de la route...


Une fois à bord je reconnais avec surprise chacun des hommes que je croise... Je me rends alors compte que la pirate à trouvé moyen de conserver son propre équipage. Soulagement d'un côté... Je vais ENFIN pouvoir faire une pause dans les rôles de composition, et redevenir simplement Capuche. Inquiétude de l'autre... Canaille à trouvé moyen de conserver son propre équipage !!!!!

Je m'arrête alors à sa hauteur.

" Tu t'es encore mieux débrouillée que je ne le pensais... Grâce à toi je vais pouvoir me comporter de manière plus naturelle ! J'espère qu'aucun de tes hommes ne posera de problèmes ? "

Bien qu'il s'agisse d'une question rhétorique, je préfère m'assurer que la pirate ai bien pensé à ne prendre avec elle aucun homme dont le visage serait trop connu ou mis à prix. Rien ne me ferai plus chier que le plan capote parce que j'ai délégué certaines parties de ce dernier à quelqu'un d'autre... Je préfère donc m'assurer maintenant de toute éventuelles mauvaises surprises pour les faire descendre immédiatement de bord à grand coup de pied au cul.

Cette première question en amène d'ailleurs une autre bien plus sérieuse à mes yeux et que je lui pose à voix beaucoup plus basse.

" J'ose espérer d'ailleurs qu'aucun d'entre eux ne connait l'identité véritable de notre passagère ?"

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Dim 20 Mai - 20:04
Canaille
Louve de Mer peu fréquentable
Canaille
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Localisation : En mer, sur le royaume d'El
Pendant qu'ils babillent tous les deux en embarquant sur la passerelle de la péniche, la pirate reconvertie en navigatrice pour les besoins de cette affaire fit quelques signes à ses hommes et on  détachait rapidement tout cordage les retenant à bon port. Ça s'activait sur le petit bateau, c'était une danse cent fois répétée, gravée dans les membres et l'esprit de l'équipage de la chienne d'El. Rapidement ladite passerelle fut remontée à bord dès que le Pigeon et sa petite bourge atteignirent le pont.

Dans un frisson non dissimulé, la balafrée était presque soulagée de ne plus devoir faire les cent pas. Une bouteille de tord-boyaux l'attendait bien sagement dans la cabine du navigateur avec un peu de viande séchée. Une récompense qu'elle s'offrait après s'être gelée sur place quelques heures.

On hissait l'unique voile et on s'activait à pousser la péniche du rebord du petit ponton enneigé.

Le pigeon ne mit pas longtemps avant de venir jacasser dans ses oreilles.

- T'croyais quoi ? C'te besogne est tellement barbante j'aurais pu la faire en dormant, tsss. Grommelait la louve de mer à voix basse, presque insultée. Si toi t'aimes jouer les lèche-culs d'serviteurs, compte par sur moi pour faire pareil, ni sur mes hommes.

Pas question de faire des courbettes pour qui se soit et encore moins d'être asservi à quiconque !

- T'inquiète sinon, ils poseront pas problème. T'as bien dû voir qu'Sakeem et les autres sont pas là, ça m'plaît pas, mais j'suis pas bête comme un planteur d'patates non plus.

Le Pigeon comprendrait bien vite que la louve de mer avait pris soin de trier ses hommes pour passer le plus inaperçue possible en plein bourg de Castelcerf. Pas question de se refaire choper et pendre à nouveau, par El !

- Toi ! Tu leur montres la cabine,  à moins qu'elle veuille rester au grand air avec le Pigeon, jappait la rousse à l'un de ses hommes en pointant l'autre brunette. Non, sinon crois-moi ça s'passerait différemment, se contentait de répondre la pirate d'un ton monocorde.

Capuche comprendrait par-là que Canaille était bien consciente que ce serait pas bon pour ces petites affaires si son équipage savait qu'ils transportaient gentiment une noble.

- L'Pigeon doit s'rendre que'que part pour un contrat et il se sert d'une p'tite servante pour y arriver.

Voilà la connerie qu'elle leur avait servie, tant qu'ils étaient payés, ça passerait. Sauf que la Capitaine elle, savait...
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Ven 25 Mai - 17:30
Capuche
Assassin redouté
Capuche
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Localisation : Castlecerf / Great Iguana
Évidemment, les questions que je lui pose ne lui font absolument pas plaisir, et piquent quelque peu sa fierté.
Je sais cependant qu'elle ne m'en voudra pas bien longtemps pour cela. Nous avons beau nous faire mutuellement confiance, elle ne se serait pas gênée elle non plus pour me poser des questions si je lui avais apporté des passagers supplémentaires et non prévus au voyage.

En revanche, je lui adresse à mon tour une grimace lorsqu'elle me traite de "lèche-cul de serviteur". Là, elle va trop loin... Je sens un reproche dissimulé dans cette allusion, et cela me plait d'autant moins qu'en temps normal, je serais plutôt d'accord avec elle.

Je préfère cependant mettre cela de côté pour me faire rassurer sur l'essentiel. Elle me confirme qu'elle n'a pris avec elle que des membres "discrets" de son équipage, et surtout, qu'elle n'a mis personne dans la confidence quant à la nature véritable de notre passagère.

Puisque je parle d'elle, Liberté profite d'ailleurs qu'un guide ait été désigné par la pirate, pour aller directement rejoindre sa cabine. Nous nous séparons donc après que je lui ai fait la promesse de repasser la voir plus tard.

Pour ma part, je décide de rester encore un peu avec Canaille. Après tout ce temps et ses remarques douteuses, une "petite conversation" s'impose.

Afin de la dérider, je lui parle alors dans une langue qu'elle comprend.

"La p'tite servante s'appelle Mélisse si on te pose la question. Et tu seras sûrement contente d'apprendre que me faire jouer "les lèche-culs de serviteur" n'est pas gratuit... Le pigeon a donc les moyens d’apaiser tout de suite les quelques "cas de conscience" qui pourraient t'arriver pendant le trajet."
conclus-je avec un sourire qui appelle clairement les espèces sonnantes et trébuchantes.

Je lui parle dans sa langue, mais je ne dissimule même pas que ce sourire que je lui adresse n'est que de façade. Pourtant je suis réellement content de la revoir et j'ose espérer qu'elle aussi...

Thémistocle arrive alors sur la rampe du navire et se place entre nous deux comme pour se poser en arbitre afin de débloquer la situation. Dans sa grande générosité, il dépose devant lui le squelette du poisson qu'il a entièrement dévoré, afin de nous l'offrir...

Je lui prodigue alors quelques grattouilles, et je finis par pousser un soupir avant de me décider à lui dire de manière SINCÈREMENT amicale :

" On largue les amarres, et on se retrouve. Toi, moi, beaucoup de rhum et surtout pas d'emmerdeurs..."

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Lun 28 Mai - 18:06
Canaille
Louve de Mer peu fréquentable
Canaille
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Localisation : En mer, sur le royaume d'El
La pirate louchait par-dessus son épaule en voyant l'autre brunette suivre l'un de ses hommes pour rejoindre la cabine spécialement aménagée pour elle. La capitaine surveillait ses hommes. Si d'accoutumée, elle les laissaient s'amuser avec la marchandise, cette fois ils avaient été avertis de ne pas toucher la "servante". Laissez des cadavres derrière n'avait jamais empêcher la louve de mer de dormir la nuit, alors un de plus, un de moins...

La rousse grognonne revint cependant au Pigeon, resserrant une énième fois sa cape autour d'elle, tentant de retenir un grelottement imminent. Mélisse, comme si elle aurait fait le moindre effort qui soit pour retenir le prénom d'un cargo, pff, c'était risible. Si on lui demandait, elle massacrerait le nom pour plus de crédibilité.

Ses traits durs s'adoucirent néanmoins imperceptiblement à la mention de rémunération. Ouais, fallait pas oublier, la noble avait du fric... Ils en tireraient probablement plus en la kidnappant, mais si elle était en affaires avec le Pigeon, il fallait de temps à autres suivre ses règles. Ou le faire changer d'avis...

Puis, fallait dire, après sa petite disparition improvisée aussi, lui donner un boulot de merde de la sorte, ça la mettait dans une humeur de chien pas croyable.

- Cons-quoi ? Lâcha la pirate pince-sans-rire. Un mot pour les bourges ça.

Le matou blanc vient alors se poser sur la rambarde juste à côté avec ses restes volés. Pourquoi il traînait son sac à puces partout, la pirate ne le comprenait pas, mais l'assassin prenait le temps de gratouiller sa bête et Canaille elle, pensait seulement à gratouiller son rhum.

- N'est probablement les seuls emmerdeurs ici, j'dis ça comme ça... Rétorqua-t-elle en haussant les épaules.

La capitaine reprit néanmoins le chemin vers la cabine du navigateur, elle virerait celui qui était en train de manœuvrer et s'en occuperait elle-même, en mâchouillant sa viande séchée.

Elle ouvrit la porte sans ménagement et fut presque soulagée des quelques degrés en plus qui régnaient dans la cabine. La capitaine s'empara de son rhum et de son encas. Elle commença par une large rasade brûlante, rien de tel pour combattre le froid. Elle lança ensuite la bouteille à l'assassin et fit signe à son gars d'aller se geler dehors. Grignotant son morceau de viande, Canaille s'occupait maintenant de la barre.
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