Situation Actuelle ~ Politique et Evénements

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Dim 25 Mar - 15:05
Le Ménestrel
Celui qui sait...
Le Ménestrel
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Politique et diplomatie en 1044-1045 ap. PL


Voici un résumé, bref, de la politique intérieure puis extérieure des Six-Duchés, exclusivement du point de vue de la couronne et de ce qui est su par les intervenants extérieurs. Les membres des familles ducales pourront ainsi avoir leurs propres lignes de conduite une fois jouée (du moment que cela reste cohérent avec l'ensemble de ce qui est dit dans ce post). Ces points seront à voir avec le staff.

Politique extérieure


Sous l'impulsion de la Reine Prudence, la fin de la Guerre Rouge a vu l'ouverture des frontières aux nations étrangères. Si les règles commerciales sont les mêmes pour tous sauf accord antérieur spécifique (droit d'importation à 15% de la valeur des marchandises importées, 10% pour les marchandises produites par les Chyurdas), les relations diplomatiques avec les pays voisins ou lointains diffèrent. Ce sujet permet aussi d'avoir un aperçu sur la manière dont fonctionnent les pays voisins... quand c'est possible.

Royaume des Montagnes (Chyurdas)


Depuis le traité de Col-Bleu, les relations entre les deux pays sont plutôt pacifiques et bénéfiques pour les deux partis. Si les Chyurdas sont avant tout un peuple de bergers et de montagnards, peu belliqueux, les ressources précieuses de bois, d'ambre et de laine sont très prisés dans les Six-Duchés pour leur qualité. Un représentant de cette nation est régulièrement présent à la Cour, que ce soit l'Héritière au titre d'Oblat, Suldrun, ou un de ses demi-frères, bâtards de l'Oblat actuel. Les notions de noblesse sont différentes là-bas et la famille royale (Oblat) est considérée comme étant le premier serviteur de son peuple. Une idée difficile à concevoir pour les habitants et les nobles des Six-Duchés. Dernièrement, le Royaume des Montagnes s'est rapproché des Duchés de l'Intérieur, notamment Labour en acceptant que leur future oblat épouse l’aîné du couple ducal Sangréal, lequel devient également le futur Oblat du royaume.

Les Etats Chalcèdes


Les Etats Chalcèdes sont gouvernés par un Duc, à Saijon. Comme les Six-Duchés, c'est un pays composé d'entités semi-indépendantes. Mais dans le cas présent, ces entités sont liées à des Clans tenant un territoire donné. Les relations diplomatiques entre Chalcède et Castelcerf sont, si ce n'est absentes, au moins houleuses. Haurfond et Chalcède sont en guerre une fois par siècle environ, dit-on. A la vérité, les escarmouches sont incessantes à la frontière, Chalcède étant un peuple belliqueux où la notion de victoire et d'honneur au combat sont primordiales. C'est un pays qui pratique l'esclavage des peuplades conquises, même sur leur propre peuple quand un clan prend le territoire d'un autre, où les femmes sont d'éternelles mineures toujours sous la coupe d'un homme, que ce soit père, mari, frère ou fils. Ces différences culturelles font que les Chalcédiens sont, de manière générale, mal considérés dans les Six-Duchés.

Les Runes du Dieu (Outrîles)


La Guerre Rouge a fait beaucoup de mal aux relations entre les Six-Duchés et les Outrîles. Traditionnellement, il y a toujours eu des raids outrîliens sur les côtes des Six-Duchés malgré des voies commerciales ouvertes. Les navires outrîliens venaient, pillaient plus qu'ils ne massacraient quand ils en avaient l'opportunité, et repartaient. Depuis la fin de la Guerre Rouge, le traité de paix signé par le Roi Juste et le Hetgurd, l'assemblée des Kaempras (chefs guerriers de leur clan) qui avait la bénédiction écrite des Mères de leurs clans respectifs, impose qu'aucun raid ne soit fait sur les Six-Duchés sous peine de déclaration de guerre. On sait que chaque grande île abrite un clan, qui en plus de son nom a un animal totem, et que les clans sont dirigés de manière matriarcale : les hommes vont en mer ramener les richesses et nourritures nécessaires, les femmes possèdent la terre, la cultivent, mais aussi sont la mémoire de leur peuple.

Pour le moment, la méfiance est de mise de part et d'autre de la mer, car les hommes des Six-Duchés ont massacré tous les oûtrîliens présents sur le Glacier d'Aslejval en 1043, même les prisonniers. Cependant, la paix est respectée et les nordiques croisent vers les villes portuaires pour commercer, profitant de la rareté de certaines de leurs ressources (ivoire de narval, peaux d'ours blanc, certaines herbes médicinales, rubis, saphirs, or et pierres semi-précieuses) pour obtenir les grains nécessaires à la survie de leur peuple.

Terrillville, Les Pluies, Jamailla, les Îles des Epices


On sait fort peu de choses de ces contrées australes. Le Désert des Pluies est inaccessible à qui n'a pas une vivenef, on sait qu'une magie ancienne maudit ses habitants, déformant les enfants... mais on ignore laquelle. S'il y a désormais un représentant de ce pays aux Six-Duchés, celui-ci est avant tout marchand et non diplomate. On ignore tout de ce qui s'y trame, s'ils ont une organisation politique ou non...

Terrilville, la baie des marchands. C'est un territoire entièrement gouverné par un conseil de familles marchandes. Elles seules peuvent, normalement, prétendre à détenir une Vivenef. Celles-ci garantissent à leurs familles richesse et prospérité, car elles-seules peuvent remonter les eaux corrosives de la Pluie et traiter avec le peuple du Désert des Pluies. Ils reconnaissent également l'esclavage mais il est mal vu de pratiquer la traite d'êtres humains. La fin de la Guerre Rouge a (r)ouvert les voies maritimes du nord et quelques navires terrivilliens, pas forcément des vivenefs (très rares, trop précieuses pour un simple transport de marchandises) accostent à Bour-de-Castelcerf mais aussi à Finebaie ou Azur.

Jamailla comme les Îles des Epices sont avant tout des contrées lointaines, inexplorées par les habitants des Six-Duchés. Les biens qui proviennent de là-bas sont particulièrement prisés mais on ne sait rien de ces pays, de leur organisation politique, si ce n'est qu'un Gouverneur assure le rôle de chef d'Êtat à Jamailla et les îles ont chacune un gouvernement propre composé d'Anciens et de Chamans.

Politique Intérieure


Les relations entre les différents duchés sont, depuis toujours, sujettes à des évolutions sensibles. Bien que le Royaume soit unifié, de fortes différences existent entre certaines régions, des amitiés ou des inimitiés liées à l'histoire des Six-Duchés.

Béarns


Depuis la fondation du Royaume, Béarns est l'allié de Cerf. Leurs cultures et leurs populations sont très similaires, leurs besoins aussi. Dernièrement, c'est d'autant plus vrai que le couple ducal, Courtois et Ambitieuse Montellonde, furent les beaux-parents de feu Loyal, frère cadet de Juste. Le Roi est facilement enclin à écouter ce qu'ils ont à dire, mais il sait aussi que poussé par son épouse, Courtois brigue le trône pour ses enfants. Les tensions entre les Montellonde et les Sangréal, mais aussi à moindre mesure les Hurlevent, n'aident jamais lors des Conseils.

Cerf


Duché Royal. Le Roi a également le titre de Duc de Cerf, bien que celui-ci ne soit jamais utilisé. Juste s'appuie régulièrement sur les avis de ses Ducs (ou de leurs héritiers), percevant que la légitimité de l'action royale sur les autres territoires dépend de beaucoup de la manière dont les différents Ducs l'amèneront à leur population. Depuis la fin de la Guerre Rouge et la reprise des actions des Pies, il s'est rapproché des Montellonde au détriment des Sangréal (qu'il n'a jamais vraiment portés dans son cœur) dont il soupçonne la nouvelle héritière d'être vifière. Son attitude envers les Hurlevent est prudente, il a conscience de l'amitié qui les lie aux labourans. Très prudente aussi, pour ne pas dire méfiante, est son attitude envers Narcisse Aiglevif de Bauge : bien que rien ne soit prouvé comme étant de sa main, un peu trop de coïncidences malheureuses entourent son arrivée au pouvoir. Il n'a aucun a priori pour les membres de la famille ducale de Haurfond... du moment qu'elle ne retourne pas faire une guerre ouverte avec Chalcède.

Rippon


Après de nombreux siècles passés sous tutelle Loinvoyant, il n'est pas étonnant que les Hurlevent soient particulièrement méfiants vis-à-vis de la famille royale. Bien que le sang royal coule désormais dans leurs veines, le couple ducal et leurs enfants ne sont pas nécessairement prompts à suivre les quatre volontés du Roi, notamment sur la question des vifiers. Cela entraine diverses tensions, d'autant qu'ils savent que Cerf a besoin de Rippon pour de nombreux points stratégiques et militaires notamment. Leurs relations avec les duchés de l'intérieur sont bonnes : par intérêt, ils n'ont pas soulevé les étranges circonstances de l'accession au pouvoir de Narcisse Aiglevif et une réelle amitié les lie aux Sangréal depuis la Seconde Guerre de Chalcède. Leurs relations avec Haurfond sont cordiales, neutres.

Haurfond


Haurfond se mêle peu de politique interne. Le duc applique la politique royale, s'il n'est pas d'accord avec le Roi, il monte à Castelcerf le lui faire savoir. C'est un duché très indépendant des autres, bien plus tourné vers l'ouverture au Sud que le reste du Royaume. Le fait que la duchesse soit une Montellonde n'empêche en rien le Duc de 'voler dans les plumes' de ceux-ci s'il le juge bon. Il n'y a pas d'ambition royaliste parmi la noblesse de Haurfond, ou même d'extension sur un de ses voisins, leurs relations avec Rippon et Bauge sont essentiellement commerciales.

Bauge


Bauge est un territoire particulier, dirigé par un Duc très particulier : Narcisse Aiglevif. Celui-ci fait régner un climat de peur permanente sur son territoire, nomades exceptés puisqu'il est impossible de les surveiller. Ce n'est pas un dirigeant mauvais pour son peuple, qu'il n'affame pas et ne fait pas crouler sous l'imposition, mais pour parer à toute révolte, les espions sont partout. Le Roi le sait, et ne s'en mêle pas. Le silence royal sur le manque de légitimité de Narcisse au trône ducal comme sur sa manière de régner sur Bauge achète la relative docilité de celui-ci vis-à-vis de la couronne. Ce n'est pas que le duc Aiglevif manque d'ambition, mais obtenir la couronne royale lui est pour le moment impossible : tout comme soutenir une guerre ouverte avec Castelcerf. Ses relations avec Labour, mais aussi avec les Montagnes Chyurda sont en passe d'amélioration : on murmure qu'une alliance des trois avec le duché côtier de Rippon pourrait bien finir par voir le jour.

Labour


La plus grosse épine dans le pied de Juste pour le moment. Bien que petit, ce Duché est réputé imprenable sans le concours de Bauge, la voie diplomatique est donc la seule ouverte actuellement. Non seulement le Duc refuse d'appliquer la politique anti-vifiers imposée par la Couronne, mais sa propre fille est soupçonnée de vif. Souligner au Roi que son obsession pour les vifiers ne sert qu'à attiser les Pies étant inutile, les contacts entre les deux duchés sont délicats. D'autant plus que Juste, sans héritier, sait bien que sa cousine Flamboyante, duchesse de Labour, est l'une des premières sur la liste des héritiers potentiels. Malgré cela, Labour est un Duché pacifiste, tourné vers l'innovation technologique et le commerce, notamment avec Rippon et BAuge (du fait de la situation géographique des deux duchés), mais aussi très récemment avec les Chyurdas. En effet, l'ancien héritier, Chance, est désormais promis à la future Oblat, concrétisant une alliance trans-frontalière.
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Mar 27 Mar - 21:06
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Trame de Jeu : événement n°1


Contexte :


Holà ! Voyageur !

Approchez du foyer, n’ayez crainte, si sombres que soient les nouvelles que je porte, la bière est fraîche le pain moelleux. Ecoutez, écoutez vous qui êtes ici rassemblés les mots d’un ménestrel voué à la vérité.  

Tristes sont les nouvelles en effet : alors que depuis deux étés nos côtes connaissent enfin la paix, alors que cet automne liesse fut faite en l’honneur de notre douce reine, Dame Patience, qui portait enfin un héritier, nous coupons désormais nos cheveux pour pleurer son décès.

C’est au domaine de Flétribois, où elle allait quérir refuge pour la fin de sa grossesse, loin de la fatigue de la Cour et du froid mordant des vents d’hiver à Castelcerf, que Dame Patience a trouvé la mort après qu’un chien enragé l’a mordu alors qu’elle faisait l’aumône à un mendiant au sortir de Chênes-les-Eaux. Alors que la mort de la Maîtresse d’Art, cet été, revendiquée par les Pies est encore sur toutes les bouches, la question se pose et brûle les lèvres : qui a assassiné la Reine ? Pourquoi ce chien, porteur d’une maladie mortelle, s’est dirigé droit sur elle pour la mordre alors qu’il y avait d’autres personnes autour de la bête ?

Les vifiers se manifestent, les Pies prennent des otages, revendiquent ouvertement des actions contre le Roi et ses Ducs. Et, alors que la guerre contre les Outrîliens a laissé le pays exsangue, voilà que de nouveau l’ombre d’un conflit plus sournois plane sur les Six Duchés. Mais je suis un ménestrel voué à la vérité, je ne dis que ce qui est, ce qui a été, et ne me prononce pas sur ce qui sera. Crise politique car le Roi Juste n’a aucun héritier direct, crise sociale et magique, mes yeux verront, ma langue dira, mais en un autre temps, quand les chroniques des Six-Duchés se seront écrites d’elles-mêmes.  

Et vous, voyageur, pourquoi êtes-vous là ? Allez vous prendre part à l’histoire, ma bouche narrera-t-elle un jour vos Chroniques ?

Et concrètement, dans les Chroniques ?


♦️ 7-9 Espoir 1045 ap. PL

Chênes-les-Eaux, en Cerf. La Reine Prudence se fait attaquer par un chien enragé et meurt deux jours plus tard après avoir accouché d'un enfant mort-né.

♦️ 9 Espoir au soir

La Cour est mise au courant. On prépare les funérailles.

La tradition veut dans les Six-Duchés qu'à la mort d'un proche, on se coupe les cheveux (court). Cela vaut aussi pour la mort d'un membre de la famille royale (coupe de quelques centimètres) ou, selon les duchés et la popularité du Duc/de la Duchesse, au décès de celui/celle-ci.

Les jeux-événements liés au contexte arrivent !
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Dim 27 Jan - 17:09
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Trame de Jeu : événement n° 2


Contexte : Une éruption inattendue


Notes d’un Ménestrel voué à la Vérité.

Lune de Poisson :

Après le décès de notre bonne reine et de son enfant mort-né, le désastre de leurs funérailles et les graves blessures reçues par son Altesse, on eut pensé que le plus dur était passé. Que de meilleurs jours allaient venir vers nous. Les Pies se sont même tus toute la lune de Poisson, pour ce qui est de Castelcerf en tous cas. On parle de rapts d’enfants nobles dans les campagnes en Cerf et en Béarns, de menaces en Bauge, mais cela est si loin… cela ne nous touche pas, à la Capitale.

Lune de Chariot :


Un vieil homme est arrivé en ville début Chariot. Personne ne le remarqua trop au début. Il était en guenilles, l’air sombre, ne parlait pas et payait son écot. Il demanda audience au Roi et sans motif à fournir, il fut refoulé, encore et encore. Le Roi se remettait lentement de ses blessures, survivant grâce à l’Art il est resté physiquement très affaibli de ses longues séances de soin. Le vieil homme est reparti, s’est installé en ville pour commencer à prêcher l’inquiétude et la peur dans l’esprit des Castelcerviens. Tout d’abord, le ridicule se disputait à la lassitude : tuer le Roi et tous ses parents ? Se repentir de nos fautes ? Pour qui se prenait-il ? Il n’était même pas prêtre.

Mais on sait comment vont les choses. Les racontars deviennent des légendes, les légendes des croyances.

Le Guet l’a arrêté, interrogé, puis relâché faute d’accusation valable à son encontre, lui donnant toujours plus de crédit auprès des bonnes gens. La terre avait un peu tremblé, affirmaient les plus sensibles, mais était-ce bien grave ? Le calme revint, malgré quelques secousses rarissimes fin Chariot, certaines plus fortes que d’autres. Tout le monde s’y fit, toutefois, les animaux domestiques semblaient toujours inquiets et stressés.

Lune Verdissante :

Peu avant la fête de l’Union, alors que les rues étaient déjà pleines de guirlandes de fleurs et de rubans, un messager est arrivé à la Cour depuis Bord des Sables. Il apportait d’inquiétantes nouvelles : les Monts de Brume, dans la Barrière, avaient craché en Chariot des nuages de poussière brûlante et faisaient trembler le sol de plus en plus souvent dans des grondements infernaux. Le messager dîna en ville, trouva le vieux fou à qui il raconta les événements des semaines passées. Alors le vieil homme dans la ville reprit cette nouvelle pour crier encore et encore : « La Fin approche ! Les Dieux renient les Six-Duchés, leurs rois hérétiques qui ferment les yeux sur les malheur de leur peuple ! Même le sang de tous les Loinvoyant ne peut plus nous assurer de les apaiser ! »

Depuis lors, les esprits commencèrent à s’échauffer. Les Pies placardèrent des libelles dans la ville et le château revendiquant que la colère de la terre était celle d’Eda qui pleurait les siens, opprimés dans leur magie. La magie qu’elle leur avait donné : le vif. D’autres au contraire soutinrent mordicus que le Roi n’était pas assez ferme dans la traque des Pies et autres vifiers, ces animaux qui avaient volé leur magie à la Déesse, qu’une grande purge devait être faite dans tout le royaume, y compris dans les Duchés de sympathisants comme Rippon et Labour. Ce n’étaient pas de petits Ducs qui allaient faire leur loi face au Roi, tout de même !

Les échauffourées dans la ville étaient devenues de plus en plus fréquentes. Les disparitions revendiquées par  les Pies, les assassinats également, bien qu’ils ne nous parvenaient que sous forme de nouvelles amenées par mes frères et sœurs Ménestrels Itinérants.

Enfin, ce 8 Verdissante 1045, alors que le clocher du temple d’Eda avait sonné la mi-journée depuis un bon quart d’heure, un craquement suivi d’un grondement à nul autre pareil retentit dans tout être vivant à Castelcerf, amenant avec lui de violentes secousses qui se calmèrent après qu’on eut compté jusqu’à deux fois vingt. Et finalement, tout se calma. Un silence de mort s’étendit sur la ville, sur le château, sur le port. Rien. Nous ne voyions rien qui puisse avoir causé cette clameur immense, sinon un cri divin. Ce n’est que plus tard dans l’après-midi que depuis le Sud-Ouest, le ciel s’obscurcit. Une ombre noire monta à l’horizon, les nuages blancs devinrent couleur de cendre, il se mit à pleuvoir une sorte de neige boueuse, qui ne cessa pas. Par ma fenêtre, je voyais les oiseaux fuir à tire-d’ailes. Ce pouvait-il que les paroles du vieux fou aient un fondement de vérité ?

Mais c’eut été une fin trop douce. Le Roi envoya l’armée maintenir l’ordre en ville, aider les blessés s’il y en avait. Je voyais dans son visage tout le poids de Sa charge et Son inquiétude. Toutes Ses interrogations également. Nous pensions pouvoir dormir, être en sécurité, que tout cela ne nous touchait pas : l’Art nous apprit que Bauge et Haurfond étaient en danger. Les Monts de Brume étaient devenus mortels.

Au soir du 9 Verdissante, après deux jours de doutes, de questionnements sur ce qu’il fallait faire, la colère divine nous frappa de plein fouet : un claquement, un son assourdissant, sans commune mesure, balaya le palais et la ville. Les mains sur mes oreilles, je ne parvenais plus à entendre quoi que ce soit. Était-ce la fin ?

Concrètement, l'éruption des Monts de Brume des 8-9 Verdissante 1045


Éruption des Monts de Brume, 25-27 Verdissante 1045 ap.PL


Quantité d’éjectas émise pendant l’éruption : 21 km³
Volcan : Montagne Fumante, point culminant des Monts de Brume, cratère principal et le Mont Gris, cratère secondaire. Ils sont situés à 15 km au sud-ouest de Bord-des-Sables, dans la Barrière, côté Six-Duchés.

Prémices de l’éruption :

15 Poisson : des nuages de gaz toxiques (soufrés) s’échappent en grande quantité des deux cratères actifs.
19 Poisson : Première mini-éruption de la Montagne Fumante, un séisme se fait ressentir clairement jusqu’à 200km environ et un panache de fumée s’élève du volcan. Le bruit de l’explosion éruptive se fait entendre jusqu’à Bord-des-Sables, à 60 km de là. L’éruption dure deux jours. Bord-des-Sables est recouvert d’une fine couche de cendres volcaniques qui fait fondre la neige encore présente par endroits.

8 Chariot : Nouvelle éruption, mineure, du Mont Gris cette fois. Elle dure trois jours et un panache de fumées et de cendres est visible. Aux pieds des volcans, des fissures laissent échapper des gaz toxiques, tuant la faune des alentours. La terre gronde à intervalles réguliers, mais pas de secousse sismique suffisante pour causer des dégâts.

Accalmie du 15 Chariot au 7 Verdissante, malgré plusieurs tremblements de terre, plus ou moins importants.

8 Verdissante : Eruption majeure du Mont Gris et de la Montagne Fumante. Les deux cratères explosent en même temps aux alentours de midi, éjectant deux colonnes de fumées à près 2000m/s. Le tremblement de terre est ressenti à près de 500 km, l’onde de choc est colossale et ressentie quelques secondes après par Bord-des-Sables. Forêt Noire, Coeur des Plaines, Lac Bleu, Roitelet, Kalibar et jusqu’à Âtrenoir, le son et le choc de l’onde libérée par l’éruption sont perceptibles. Le panache de fumée s’élève pour atteindre finalement 31 km de hauteur. Arrivant dans les couches supérieures de l’atmosphère, il s’étale et forme un nuage gris-noir en forme de champignon qui s’élargit au fur-et-à-mesure.

Rapidement, Bord-des-Sables se retrouve sous une pluie de cendres, d’éjectas parfois gros comme le poing et littéralement brûlants, alors que le tremblement de terre met à mal les maisons les plus fragiles. Le ciel devient noir et il fait nuit en plein jour. Ce nuage s’étendra jusqu’à Coeur des Plaines, Forêt Noire en Bauge, Roitelet en Rippon, Kalibar, Âtrenoir et le Lac Miroir en Haurfond, porté par des vents Sud-Ouest. Chalcède est également touché sur toute la région de Mléra et Merid.

Les cendres volcaniques cependant ne s’arrêtent pas à l’étendue du nuage éruptif. En milieu d’après-midi, il pleut des cendres volcaniques, plus fines, à Castelcerf. Les nuages (naturels) sont sombres, se chargent de soufre et de résidus, il pleut une sorte de boue soufrée jusqu’au lendemain soir. L’air sent le souffre, la pluie, glaciale, est acide et laisse des traces d’un gris jaunâtre. Les Cendres pleuvront sur Rippon, Cerf, Bauge (partie est, Plaines jusqu'à la Vin), une partie de Béarns (partie Est), et la pointe de Labour.

Le 9 Verdissante à une six heures du matin, une nuée ardente dévale les flancs du Mont Gris qui s’affaisse sur-lui-même, en direction de Bord-des-Sables. Elle passe juste à l’Ouest de la ville qui cependant accuse des dégâts : la vitesse de la nuée ardente propage en effet une onde de choc (un souffle) qui détruit toute une partie des bâtiments. L’air est brûlant, irrespirable. Les plaines, les bois sont tout simplement rasés, ensevelis sous une épaisse couche de cendres (d’ores et déjà 60-70cm).

L’éruption perdure toute la journée jusqu’au crépuscule (impossible à percevoir du fait du nuage de cendres), avant d’entrer dans sa dernière phase. La chambre magmatique est vide, la colonne de fumée trop lourde, la Montagne Fumante s’écroule sur elle-même dans une énorme explosion. Le son produit atteint les 170db aux alentours du volcan. L’ouïe de tout être vivant aux alentours est détruite, irrémédiablement, des séquelles permanentes peuvent être observés dans l’organisme (choc). Se déplaçant à la vitesse du son (335 ms), l’onde de choc atteint Castelcerf 25 minutes plus tard et retentit à 140 db. Elle sera entendue jusqu’aux Îles des Epices, aux Terres de Jade, aux Outrîles.

L’effondrement de la Montagne Fumante donne naissance à une surge volcanique qui déferle sur Bord-des-Sables d’un côté, Mlera de l’autre, à près de 600 km/h. La chaleur du nuage environne les 650-700 °C. Dans un lit de 2km de large sur 35 km de distance, cette nuée ardente xxl détruit tout. Des feux de forêt se déclenchent au sud de la Forêt Noire que l’air, devenu brûlant et sec, amplifie.

Le nuage de cendres et d’éjectas mettra plus de 5 jours à totalement se disperser sur la région. Les environs du volcan, sur 70 km, sont recouverts de cendres sur une épaisseur allant de 50cm à 1m. Partout sur les Six-Duchés, Chalcède, Jamailla ou les Outrîles, le ciel se voile d’un épais film jaunâtre qui atténue la lumière du soleil, la lune, la nuit, est à peine visibles, les étoiles ne brillent plus assez pour passer à travers.

Fin Verdissante, les températures ont drastiquement chuté : il neige de nouveau à gros flocons à Béarns et en Labour, le gel se réinvite sur les vallons de Cerf et de Rippon, dans les Plaines de Bauge et de Haurfond. Comme si l’hiver revenait au grand galop.

Barrière : L'effondrement des deux sommets a laissé place à une grande caldeira en 8. Les tremblements de terre ont abîmé les autres monts au sud, ouvrant une brèche entre Chalcède, sa province de Mléra et la région de Bord-des-Sables. Pour le moment, l'éruption rend le terrain, recouvert de cendres et d'éjectas, trop difficile pour être traversé par une armée.

Pour avoir une idée d'une onde de choc volcanique :
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