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D'Onyx en aiguille. [pv. Onyx Hurlevent]

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Lun 13 Jan - 16:04
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
Messages : 132
Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
2 Grain 1045.
Couloirs de Castelcerf.
pv. Onyx Hurlevent.

- Vous êtes sûr de n'avoir rien vu qui ressemblerait à ma bague ?

- Non mademoiselle, je suis désolé. Si vous permettez...

Le domestique se décala et s'éloigna prestement dans le couloir, ses pas rendus silencieux grâce au tapis qui formait un cheminement carmin sur le sol de pierre. Ambre laissa ses bras retomber le long de sa robe de deuil et, tout en regardant le jeune homme partir, ne put empêcher un soupir de franchir ses lèvres. Depuis la veille, elle cherchait partout une bague qu'elle avait égaré sans parvenir à remettre la main dessus et cela lui causait un profond chagrin car cette bague était un cadeau d'Obsidienne.

Quand ses trois filles vivaient encore avec lui et Stricte, Auburn ne ratait jamais une occasion pour leur faire des cadeaux, si bien qu'Obsidienne, Perle et Ambre avaient rapidement accumulé de nombreux bijoux dans leurs coffres. Les trois sœurs avaient notamment une parure qui leur était éponyme et que leur père avait confectionné en guise de cadeau pour leur cinquième anniversaire. Le bijoutier les avait créé afin que ses filles puissent les porter une fois adulte et, avec le mariage de sa fille aînée, l'homme aux cheveux et à la barbe d'un roux aujourd'hui grisonnant s'était découvert un nouvel objectif : comme cadeau de mariage, il fabriquerait une parure constituée d'une pierre de la même couleur que celle de la fille chérie qui se mariait. C'était ainsi que la sœur aînée d'Ambre, arborant sa parure d'obsidienne avec sa robe de mariée, s'était vue offrir une parure en onyx.

Quelques temps après son installation à Turlac auprès de son époux, Obsidienne avait accueilli sa famille et s'était retrouvée un moment seule avec sa cadette. Elle lui avait alors tendue la bague en onyx de la parure ; elle était trop grande pour elle et glissait, qu'importe le doigt qui la portait. Plutôt que d'importuner son père pour qu'il en rétrécisse l'anneau, l'épouse de Fortuné préférait donc la donner à sa jeune sœur à qui la bague allait bien puisque Ambre avait fini par dépasser Obsidienne en terme de taille. D'abord réticente puisqu'il s'agissait d'un cadeau de mariage, l'apprentie avait fini par accepter sur l'insistance de son aînée. Avec la disparition d'Obsidienne, cette bague lui était devenue d'autant plus précieuse mais elle était à présent perdue ; Ambre ne comptait pas abandonner ce souvenir de sa sœur aînée et la cherchait donc avec acharnement.

Au moment où elle s'était rendue compte de sa disparition, la cervienne avait interrogé tous ses camarades apprentis ainsi que les autres Artiseurs, à savoir Gaillard et Humble ainsi que Dame Puissante, sans résultat. Hélas, hier avait été une journée chargée en terme de cours et d'exercices, Ambre avait été contrainte d'attendre le soir afin de pouvoir fouiller sa chambre, là encore, sans résultat. Par chance, il n'y avait pas de cours aujourd'hui et la cervienne s'attelait depuis le matin même à sa recherche. Elle avait minutieusement parcouru le chemin qu'elle avait emprunté la veille et, au détour d'un couloir, avait croisé le valet qui s'occupait souvent de monter les bûches destinées à alimenter les cheminées des apprentis. Ce dernier disparaissait au coin du couloir, laissant Ambre seule et désemparée.
Cette dernière se remit en marche, les poings légèrement serrés, les yeux baissés sur le sol dans l'espoir de voir quelque chose qui lui aurait échappé, un éclat partiellement caché par le pied d'un meuble, une pierre noire luisante camouflée malgré elle dans le coin obscur d'un montant de porte... absorbée par sa fouille, Ambre arriva au bout du couloir et ne vit qu'au tout dernier moment qu'un homme se tenait devant elle ; l'artiseuse manqua de le bousculer, s'arrêtant juste avant de le toucher. Surprise, l'apprentie prit une forte inspiration et leva les yeux. Ses joues rougirent rapidement, à la fois à cause de sa maladresse mais également car celui qu'elle avait manqué de percuter n'était, il fallait le reconnaître, pas désagréable à regarder. La cervienne croisa un regard d'un beau bleu clair et ses yeux cherchèrent rapidement un autre point à fixer tant la rouquine était gênée ; la perte de la bague lui faisait perdre tous ses repères, c'en était soit touchant, soit grotesque, mais dans tous les cas, c'était embarrassant.

- Je... Je vous prie de m'excuser, je ne regardais pas devant moi...

Ambre fit rapidement un pas en arrière afin de remettre un peu de distance avec l'homme, les joues toujours teintées d'un rouge soutenu ; elle s'était trouvée si proche de lui qu'elle avait presque senti son odeur. L'apprentie s'attendait à ce qu'il s'excuse lui aussi ou peste pour la forme avant de s'en aller mais, en attendant la réaction, sans relever tout à fait le nez vers le visage de son vis-à-vis, elle essaya rapidement de déterminer à qui elle avait affaire. Il portait des vêtements simples mais de bonne qualité et il lui mettait une bonne demi-tête de plus vu comme elle avait du lever la tête pour croiser son regard. Difficile pour elle de lever davantage le menton tant elle était gênée, aussi, elle était bien incapable de reconnaître qui se tenait devant elle.
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Mar 14 Jan - 11:27
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
Messages : 30
La vie à la capitale était trépidante. Tout était plus grand, plus intense, plus protocolaire. En tant qu'ambassadeur de son duché, le cadet de la fratrie Hurlevent était souvent convié à diverses activités : chasse, réunion, boire le thé, promenade dans les jardins, réunion, bal et ainsi de suite. C'est qu'il fallait rencontrer du monde pour connaître du monde. Un ambassadeur sans carnet d'adresse était un piètre ambassadeur. Ces cinq derniers mois furent chargés en rencontres, discussions formelles ou informelles, recherches personnelles auprès des maîtres ou dans la bibliothèque. La réputation d'Onyx s'était rapidement répandue. Ceux qui n'avaient pas encore appris à le connaître vraiment pour l'apprécier se moquaient de lui en disant que si l'on voulait absolument avoir un entretien avec lui, fallait aller là où se trouvait le savoir. D'autres disaient que pour quelqu'un qui en savait autant, il était curieux qu'il aille se renseigner aussi souvent. Heureusement, ces gens là n'étaient qu'une minorité. Et puis le Ripponais ne s'en formalisait pas de trop. C'était la coutume de railler le dernier arrivé pour lui faire comprendre qu'il n'était pas chez lui, que les règles étaient différentes et voir ce qu'il avait dans le ventre.

Le jeune homme encaissa donc les coups sans broncher en ayant toujours une réponse courtoise ou délicieusement moqueuse sans être cruelle pour ses détracteurs. Ainsi, il ne se faisait pas d'ennemis mortels mais il montrait qu'il avait du répondant. Le fait d'être apparenté à la famille royale n'était pas forcément quelque chose avec lequel il pouvait jouer. D'autres familles avaient des liens plus étroits avec celle des Loinvoyants. Il faut dire qu'il payait un petit peu les pots cassés pour son frère, l'héritier, héros de guerre et en avant les titres ronflants et glorieux. Ardent était moins diplomate qu'Onyx et répondait plutôt par des remarques sèches ou des menaces. Le clan Béarnois pour ne citer qu'eux en a payé plus d'une fois le prix. Il était logique donc qu'au départ du belliqueux Ripponais, les Béarnois soufflent un peu plus et testent le petit frère pour voir s'il était aussi dangereux.

Soit, il n'y avait rien de bien méchant derrière tout ça. De toutes manières, Onyx était conscient que les Béarnois n'avaient pas le courage de faire plus que des menaces insignifiantes. Il avait entendu suffisamment son père lors de repas privés dire que ces gens là étaient bien trop occupé à lécher le cul de la royauté pour penser à autre chose. Oui, ils faisaient des menaces et jouaient des coudes mais c'était le plus souvent du vent. Quoiqu'il en soit, Onyx ne s'en formalisa pas. En ce mois de Grain, le deuxième jour, il s'était levé tôt comme tous les jours pour déjeuner en espérant voir une amélioration dans le ciel, un rayon de soleil, quelque chose mais rien. Toujours ces nuages qui semblaient avoir recouvert le Royaume pour toujours. Il faisait donc assez sombre et l'ambassadeur alluma quelques bougies pour pouvoir lire le parchemin qu'il avait emprunté à la bibliothèque royale, sur l'Art, tout en déjeunant. Ensuite, ayant quelques questions à poser sur sa lecture du moment, il était allé trouver Puissante. Elle ne donnait pas cours aujourd'hui mais avait fait comprendre à Onyx que s'il avait des questions, il ne devait pas hésiter à venir la trouver. Il ne suivait pas le cursus avec les apprentis vu que sa maîtrise était plus avancée. Elle lui avait conseillé quelques lectures utiles.

Après cette entrevue fort sympathique, Onyx en avait profité pour faire un tour dans les jardins quand il n'y avait pas encore trop de monde pour pouvoir profiter du calme. Seul quelques domestiques s'affairaient à différents endroits pour rendre les jardins accueillants. Ces petites mains de l'ombre qui donnaient l'impression aux puissants que les jardins s'entretenaient tout seul et qui n'avaient pas un regard pour eux. C'était bien dommage parce qu'il y avait autant de choses à apprendre des petits que des grands. Et bien souvent, les petits avaient acquis leurs connaissances par la pratique. Un puissant maître qui pouvait se montrer plus impitoyable que le plus exigeant des hommes. Onyx en avait d'ailleurs profité pour parler avec l'un des jardiniers afin de connaître quelques secrets. Sa mère serait certainement ravie s'il ramenait l'un ou l'autre tuyau.

C'est en revenant des jardins qu'il faillit percuter une demoiselle. Elle semblait absorber par quelque chose et ne l'avait pas vu non plus. Elle s'arrêta net, leva la tête et Onyx put remarquer ses jolis yeux verts puis elle sembla gênée et baissa la tête. L'homme, instinctivement, la trouva touchante. Elle s'excusa pour sa maladresse et recula. Il est vrai qu'ils étaient assez proche vu qu'ils avaient failli se rentrer dedans.

« Il n'y a pas de mal mademoiselle. Je suis tout aussi fautif que vous. Je réfléchissais à quelque chose sans faire attention où je marchais. Comme vous voyez, les tords sont partagés, il n'y a donc pas de gêne à avoir. »

Cette silhouette lui disait quelque chose, il avait l'impression de l'avoir déjà vue mais il ne savait pas où ni quand. Il y avait tellement d'opportunités pour rencontrer des gens qu'il était facile de s'y perdre. De plus, Onyx était loin d'avoir fait le tour de toutes les personnes susceptible de pouvoir parler avec lui. Ce qui était certain, c'est que ça n'était pas une domestique. Elle ne portait pas leur livrée.

« Votre tête ne m'est pas inconnue mais pardonnez-moi, je ne me rappelle pas où j'aurais pu vous croiser. Peut-être qu'en me présentant, vous saurez m'aider. Je suis Onyx Hurlevent, deuxième fils du Duc Hardi de Rippon. Et vous êtes ? »

*Un joli brin de fille dirait Ardent...*
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Jeu 16 Jan - 0:04
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
Messages : 132
Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
L'homme s'excusa à son tour avec beaucoup de délicatesse, acceptant d'endosser une partie des torts afin de lever un peu de la gêne qui clouait Ambre sur place. Cette dernière parvint à lever davantage le visage, les joues encore colorées d'un rouge bien marqué sur sa peau laiteuse ; sans replonger ses yeux dans ceux de son interlocuteur, la cervienne parvint toutefois à en avoir une meilleure vision et, comme elle l'avait deviné quelques instants auparavant... il était bien fait. Des vêtements propres aussi convenables que confortables, une barbe et des cheveux entretenus... au mieux il s'agissait d'un bourgeois, au pire d'un noble. D'ailleurs, lui aussi semblait la détailler et reprit la parole en proposant des présentations, comme sentant que, de cette façon, il allait guérir le mutisme de la pauvre petite qui l'observait sans vraiment l'observer. Dans un premier temps, tout ce qu'il parvint à faire fut de faire grimper le rougissement d'Ambre de ses joues à ses oreilles. Intérieurement, l'Artiseuse se maudissait : de tous les habitants du château, il fallait qu'elle manque de pousser un noble, et pas n'importe lequel, non, un membre d'une illustre maison ! La rouquine dont le visage était à présent presque aussi flamboyant que ses cheveux se pinça légèrement les lèvres avant de répondre en regardant autant que faire se peut Onyx en face.

- Je m'appelle Ambre Dardent, je suis une apprentie Artiseuse de Dame Puissante de Brumebaie. Je suis honorée de faire votre connaissance Sire Onyx.

La cervienne voulu le saluer comme il convenait de le faire pour un individu de son rang ; il n'était pas l'héritier de Rippon mais il restait un membre de la famille régnant sur le Duché et, pour cela, on lui devait certains égards, égards que la rouquine avait pris soin d'apprendre en arrivant au château il y avait maintenant plus d'un an. Mais au moment où elle commençait son geste de salut, Onyx lui mit la main sur l'épaule pour l’interpeller. Il agita ses deux mains en signe de dénégation et dit :

- « Nul besoin du protocole ma chère, nous sommes dans un couloir et non dans une soirée officielle. De plus, Onyx suffira amplement, je ne suis pas le Roi. » La cervienne, quelque peu surprise, cilla à plusieurs reprises avant de répondre :

- Oh, d'accord.

La rouquine soupira intérieurement, soulagée de ne pas avoir bégayer sous le coup de l'étonnement. Onyx lui sourit et ajouta :

- « Étudiante en Art donc. Pas plus tard que ce matin, j'ai été voir Puissante. De petites questions que je me posais concernant les rouleaux qu'elle m'a prêté. »

Malgré l'embarras qui l'étreignait toujours, la jeune fille esquissa un léger sourire en réponse à son interlocuteur qui lui confirmait ce dont elle se doutait depuis qu'il avait prononcé son nom : il était Artiseur. C'était une information qui eut le don de la tranquilliser un peu : rencontrer de nouveaux Artiseurs était toujours un plaisir pour elle, même si ici, en l’occurrence, les circonstances de cette rencontre n'étaient guère optimales pour une discussion passionnée sur leur magie commune. Entre le fait qu'elle lui aurait sûrement marché sur les pieds si elle ne l'avait vu à temps et le fait qu'elle n'avait toujours pas retrouvé sa bague...

Le sourire d'Ambre s'évanouit lorsqu'elle se rappela ce qui l'avait mené initialement dans ce couloir. Joignant les mains devant elle, l'apprentie rassembla son courage afin de poser une question à Onyx.

- Vous devez avoir beaucoup de choses à faire, je ne vous retiendrai pas plus longtemps. Mais avant que vous ne partiez, j'ai une question à vous poser, si cela ne vous dérange pas. A l'approbation du Hurlevent, Ambre reprit : J'ai perdu une bague hier, dans la matinée, est-ce que, par hasard, vous en auriez vu une ? L'anneau est en argent, assez large et décoré de motifs arboricoles, il est également serti d'une...

Ambre se tut puis passa une de ses mains sur sa joue chaude, comme espérant que cette caresse allait calmer le feu qui avait soudainement reprit de plus belle sur son visage. Eda semblait particulièrement narquoise et ironique avec la pauvre cervienne aujourd'hui. Celle-ci se racla la gorge et termina sa phrase, presque penaude, craignant que son interlocuteur ne se mette à penser qu'elle se moquait de lui et lui faisait sciemment perdre son temps :

- Ce... c'est une bague avec une pierre d'onyx noir.
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Lun 20 Jan - 22:54
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
Messages : 30
Les présentations étaient faites, il savait comment elle s'appelait et elle également. Il avait devant lui une étudiante de Dame Puissante, Maîtresse d'Art du Roi Juste. Ce qui leur faisait un point commun, l'Art. Pour être exact, ça n'était peut-être pas le seul... Le fait de ne pas regarder devant soi parce qu'ils étaient préoccupés par autre chose que la direction où ils allaient était, apparemment, quelque chose qu'ils avaient tous les deux. Ils se détaillaient mutuellement quoique la demoiselle le faisait peut-être plus discrètement qu'Onyx. Lui, voyait sa coiffure et sa tenue sombre qui indiquaient qu'elle portait le deuil. Pourtant, elle faisait son possible pour se montrer agréable. Cette demoiselle avait donc du caractère. Elle n'était pas le genre de femme à se plaindre à la première oreille venue pour attirer l'attention des puissants. Et encore, le deuxième fils d'Hardi n'était pas un puissant. Certes, de par son nom et la famille dont il était issue, il jouissait d'une certaine autorité mais ça n'était qu'un second fils et un troisième enfant. Autant dire pas grand chose. Seul sa position de représentant du duché familial lui donnait du pouvoir.

Continuant de la regarder avec bienveillance, Onyx remarqua que cette jeune femme qui ne devait pas être beaucoup plus jeune que lui était rouge de confusion. A moins que son teint ne soit dû à autre chose ? Timidité ? Gène de se retrouver face à un noble ?  Le fils de Rippon avait étudié les familles des Six Duchés et aucun ouvrage ne parlait d'une famille portant le nom Dardent dans la noblesse même mineure. La réaction de la demoiselle pouvait donc s'expliquer. Elle devait faire partie des roturiers ou de la bourgeoisie. A voir la facture de ses robes, Onyx penchait plus pour la seconde option. Et si elle réagissait de cette manière à chaque fois qu'elle rencontrait un de ses pairs, c'est qu'elle ne devait pas être au château depuis longtemps, auquel cas, elle serait extrêmement timide. Plutôt dérangeant si à chaque rencontre, elle devenait aussi rouge qu'un crabe que l'on jetait dans la marmite. Elle était plutôt mignonne, certes il y avait beaucoup de femmes plus belles qu'elle à la Cour mais dans les rares moments où il avait croisé son regard, il y avait vu une certaine intelligence. Le fait qu'elle soit étudiante de Maîtresse Puissante pouvait en être la preuve. La dame n'aurait jamais accepté une élève qui soit trop bête pour appréhender le pouvoir qu'elle détenait. Et pour cela, Ambre était attirante.

Elle semblait ne pas vouloir lui faire perdre son temps mais désirait quand même se libérer l'esprit en lui demandant quelque chose. Elle joignit ses mains comme si elle avait besoin de courage pour continuer la conversation et se lança. Elle avait perdu une bague et lui demandait s'il ne l'avait pas vu. De plus, elle eut du mal à avouer que cette bague était en onyx.. Pourquoi donc ? Avait-elle peur de l'offenser ? Il sourit pour l'apaiser et répondit :

« Ne vous en faites pas mademoiselle. Les bagues en Onyx sont courantes. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je porte ce nom. Cadeau de mon cher père à ma mère alors qu'il parcourait les champs de bataille contre ces impies Chalcédien. » (il imita la voix de son père pour les trois derniers mots). « Désolé, j'imitais mon père, il parle toujours avec cette voix là quand il aborde le sujet délicat des Chalcédiens. »

Réfléchissant à la description qu'elle venait de lui faire de la bague qu'elle avait perdue, il lui dit :

« Vous cherchez une aiguille dans une botte de foin j'en ai peur. Malheureusement, je n'ai pas vu de bague s'en rapprochant de près ou de loin. »

Elle semblait déçue évidemment. Mais c'était un faible espoir qu'elle avait mis dans sa question comme si quelque part au plus profond d'elle-même, elle était consciente qu'il était impossible qu'Onyx ait vu cette bague. Combien y en avait-il ? Des centaines assurément mais plus encore d'endroits où les perdre. Elle ne la retrouverait jamais ou alors la déesse Eda serait clairement de son côté. De voir cette demoiselle si perdue lui fit quelque chose. Il n'aimait pas voir les gens souffrir et elle semblait tenir énormément à cette bague sinon elle ne se mettrait pas à chercher partout.

« Je ne vous promets pas que l'on va la retrouver mais on va tout faire pour. Tentez de vous souvenir du moment où vous vous êtes rendu compte que vous n'aviez plus votre bague. Ensuite, faites le chemin inverse dans votre tête et pensez à la dernière fois où vous êtes sûre que votre bague était toujours à votre doigt. »

Cette demoiselle lui rappelait légèrement les gens qu'il avait aidé après la Guerre Rouge. Il avait parcouru Rippon pour leur apporter son soutien, il parcourait le château pour cette demoiselle qu'il venait à peine de rencontrer. Il ne savait pas trop pourquoi mais il voulait lui apporter son soutien.
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Ven 24 Jan - 19:47
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
Messages : 132
Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Sans mauvais jeu de mots, Onyx était une perle de patience. Ambre ne fréquentait pas les petits cercles de Cour et encore moins les plus gros, ceux des grandes familles comme celle des Hurlevent, elle ignorait souvent à qui elle avait affaire, que ce soit du point de vue du statut ou du caractère. Elle préférait alors redoubler de prudence par crainte de froisser l'ego de son interlocuteur mais, pour la deuxième fois, le jeune homme qui lui faisait face lui fit comprendre en un sourire qu'il ne s'était pas vexé et la rassura, lui contant sur un ton rieur l'histoire de son prénom. Lorsqu'Onyx changea d'intonation en parlant des Chalcédiens, la cervienne fut surprise mais elle ne put s'empêcher de rire lorsque le Hurlevent expliqua la raison de cette variation dans la voix et de ces mots durs. La rouquine n'était pas sûre qu'Arcane aurait apprécié l'imitation mais elle eut le don de l'aider à se détendre un peu. Le rouge de ses joues se changea en un rose de plaisir mais, rapidement, celui-ci disparut ; malgré lui, Onyx avait étouffé le bref espoir qui était né dans le cœur de la cervienne.

Celle-ci s'était bien doutée que le second fils du couple ducal de Rippon n'aurait pas remarqué une insignifiante bague perdue dans l'immense château qu'était Castelcerf mais cela lui fit tout de même de la peine. Lentement, l'éventualité que le cadeau d'Obsidienne était perdue à jamais venait lui polluer l'esprit et la rouquine était tout bonnement incapable de masquer sa déception et son inquiétude.

Alors qu'elle cherchait ses mots pour remercier Onyx et continuer ses recherches en le laissant vaquer à ses propres occupations, celui-ci prit la parole en premier. La rouquine était surprise : se proposait-il vraiment de l'aider, lui, un homme de la haute noblesse ? Ambre n'opposa aucune objection, soulagée d'avoir trouvé quelqu'un qui voulait bien l'aider à retrouver sa bague ; le fait que ce quelqu'un soit aussi gentil qu'Onyx était également assez agréable. De plus, même s'il semblait très loin d'être susceptible, la rouquine n'était pas sûre que refuser frontalement son aide serait une riche idée.

La jeune fille hocha la tête au conseil du jeune homme, un air déterminé sur le visage : plus vite elle retrouverait sa bague, plus vite elle serait rassurée et plus vite elle pourra laisser Onyx retourner à sa vie d'ambassadeur.

- C'est effectivement ce que je fais. Je me suis rendue compte de sa disparition hier matin, pendant le cours de méditation. J'ai interrogé mes camarades apprentis, les autres artiseurs, Dame Puissante... Plongée dans ses réflexions, Ambre se décala pour regarder sur quoi s'ouvrait le couloir, regardant avec attention le chemin qu'avait prix Onyx pour venir jusque là et manquer de se faire renverser par la cervienne quelques instants auparavant. J'ai également fouillé ma chambre le soir venu mais je ne l'ai pas retrouvé et maintenant, je profite de mon jour de repos pour poursuivre mes recherches. Avant le début du travail, j'étais descendu à l'entrée du château pour voir si je n'avais pas reçu une lettre de mon beau-frère. C'est pour cela que je suis ici, c'est le chemin que j'ai emprunté jusqu'au grand hall d'entrée, je comptais m'y rendre.

Ambre remarqua qu'elle s'était encore un peu avancée dans le couloir et qu'Onyx l'avait suivi et écouté. La jeune femme se racla la gorge, les joues de nouveau roses : il semblait attendre patiemment la suite.

- P-Pour être tout à fait honnête, je savais que regarder dans ma chambre ne donnerait sûrement rien car je suis certaine d'être sortie avec la bague. Elle est ajustée à la taille de mes doigts, elle ne peut avoir glissée... Machinalement, la rouquine toucha son majeur droit, celui sur lequel elle portait le bijou, un air concentré sur le visage. Une idée plus que dérangeante commençait à germer dans son esprit : et si on l'avait volé ? C'était une possibilité tout à fait plausible mais comment quelqu'un aurait pu lui subtiliser ? La cervienne ne voyait pas comment. Aurait-elle poser sa bague quelque part sans s'en rendre compte ? L'apprentie évitait au maximum de faire cela hors de sa chambre justement pour ne pas être confrontée au genre de situation, elle était très consciencieuse avec ses affaires.
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Sam 25 Jan - 14:21
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
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Onyx écoutait les explications de la demoiselle. Elle tenait à cette bague, c'était aussi flagrant que le nez au milieu du visage. Avait-elle un rapport avec le deuil que portait Ambre ? Probable. Elle s'en était rendu compte durant son cour avec les autres apprentis. Elle avait questionné ses camarades, ce qui lui semblait logique mais également Dame Puissante. Quand il entendit cela, il ne put s'empêcher de sourire. La Maîtresse d'Art n'était pas forcément réputée pour sa compassion. Il imaginait déjà la jolie rousse venir demander toute penaude si elle n'avait pas vu sa bague et le professeur lui répondre non d'une manière tranchée. Ensuite, elle avait fouillé sa chambre. Là également c'était logique. Quand on perdait quelque chose, on fouillait les endroits où l'on était le plus souvent. Ensuite, elle se souvint qu'elle s'était rendue à l'entrée du château dans l'attente d'un courrier. Elle allait chercher ses missives elle-même. C'était logique, elle ne possédait pas de serviteur à elle pour lui rendre ce genre de service. Ce qui écartait définitivement le fait qu'Ambre pouvait appartenir à une famille de noblesse mineure. Elle devait être de la bourgeoisie. Il aurait presque eut envie de parier mais ça n'était pas trop dans ses habitudes.

Les deux jeunes gens marchaient d'un pas lent dans le couloir en direction de l'entrée du château. La jolie apprentie artiseuse semblait se rendre compte que cela avait été une perte de temps de fouiller sa chambre mais elle l'avait fait quand même. Rien de bien nouveau sous le soleil. Sous l'effet du stress et de l'inquiétude, on se mettait à fouiller dans les endroits les plus improbables tout en étant conscient que ça ne pouvait pas être là. Mais c'était comme si une force invisible nous poussait à le faire quand même en murmurant que l'on serait soulagé de savoir qu'elle n'était pas là. Onyx ne dit rien, il se contentait de marcher doucement et d'écouter son interlocutrice. Elle était certaine d'avoir la bague au doigt hier matin. Elle semblait être faite pour son doigt et donc ne pouvait pas avoir glissé. Deux solutions s'offraient à eux : elle avait enlevé la bague elle-même sans faire plus attention que cela et avait oublié de la reprendre. Quelqu'un l'avait trouvée et prise. Ou alors, quelqu'un lui avait piqué alors qu'elle était sur ses doigts. Très improbable mais les meilleurs voleurs pouvaient réaliser ce genre de prouesse.

« Si vous êtes certaines que vous aviez la bague en quittant votre chambre hier matin, c'est que c'est le cas. Vous avez bien agit jusqu'à maintenant. Refaire le chemin que vous avez fait est la bonne attitude. Rendons-nous à la porte et voyons là-bas si elle ne s'y trouve pas. »

Tout en marchant, il réfléchit à diverses choses qui lui passaient par la tête. Il était ainsi, il avait du mal de se concentrer sur une seule chose. Il fallait toujours qu'il ait la tête en ébullition. Un sujet passait dans sa tête, il y réfléchissait quelques instants puis hop le suivant arrivait et il recommençait le même scénario. A cela s'ajoutait l'histoire d'Ambre. Allaient-ils vraiment récupérer sa bague ? C'était mal engagé et il le lui avait dit directement. Mais ils ne perdaient rien à essayer. Après tout, qui ne tente rien n'a rien.

Arrivé sur place, il laissa Ambre demander aux personnes présente s'ils avaient vu son bijou. De son côté, il regarda par terre, à différents endroits. Mais de son côté nulle trace et apparemment, Ambre fit chou blanc également. Qu'à cela ne tienne, il suffisait de continuer le chemin de la demoiselle :

« Qu'avez-vous fait après ? Est-ce qu'il y a un moment où quelqu'un vous a bousculé ou alors un moment où vous avez enlevé votre bague sans y faire attention ? Comme un réflexe. »

Tout en parlant, il continuait de réfléchir et dit :

« On peut toujours se rendre aux différents postes de garde pour voir si quelqu'un n'a pas déposé votre bague en disant que quelqu'un l'a perdue. J'ai des doutes mais certaines personnes sont très honnêtes. »

Il n'y croyait pas vraiment. Une jolie bague sans propriétaire trouvée au sol et surtout sans témoins pour voir que l'on la ramassait ne finissait généralement pas dans un poste de garde mais dans sa poche et plus tard, son coffre à bijoux.
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Dim 26 Jan - 13:51
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
Messages : 132
Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Un petit sourire souleva le coin des lèvres de l'apprentie lorsque le Hurlevent la rassura sur sa manière d'agir et lui proposa de continuer leur chemin jusqu'aux portes du château. Tous deux marchèrent côte à côte ; Ambre observait le fils de Rippon du coin de l’œil, détaillant son air concentré. Il semblait plongé dans de profondes réflexions, si bien que la cervienne ne tenta pas de prendre la parole pour entretenir la conversation. De toute manière, qu'aurait-elle pu lui dire ? Que disait-on à un homme né dans la haute noblesse d'un Duché voisin ? Peut-être des choses tout à fait ordinaires, il restait un homme après tout, mais la rouquine avait du mal à se figurer cela en raison de la différence de statut entre eux.

Tous deux arrivèrent dans le grand hall. Ambre poursuivit son chemin jusqu'aux gardes en faction ; naturellement, avec les roulements, ce n'était pas les mêmes hommes que ceux qu'elle avait vu hier. Elle leur posa tout de même la question et, naturellement, la réponse fut négative. La cervienne regarda autour d'elle au cas où mais sans grande conviction ; elle releva finalement les yeux sur Onyx. Celui-ci se tenait un peu à l'écart et cherchait de son côté, les sourcils froncés. Un petit groupe de jeunes femmes passa non loin de lui ; elles le reluquèrent sans vergogne, tant et si bien que même Ambre le remarqua, elle qui d'ordinaire ne faisait pas attention à ce genre de détails. Le brun, lui, ne parut même pas avoir conscience de leur existence, trop occupé à sa recherche. L'apprentie haussa un sourcil étonné ; un tel niveau de concentration forçait le respect, il ne semblait même pas avoir entendu le gloussement des indiscrètes demoiselles. Ambre attendit qu'elles s'éloignent suffisamment et revint auprès d'Onyx ; sa mine déconfite suffit à faire comprendre au fils de Rippon que ses recherches près des gardes avaient été infructueuses.

- Après... après avoir récupéré ma lettre, j'ai emprunté ce couloir-ci afin de rejoindre la Tour Nord. La rouquine désigna un corridor dont le mur donnant sur l'extérieur était troué de nombreuses fenêtres, le rendant très lumineux, du moins, lorsque le soleil acceptait de pointer le bout de son nez. Elle réfléchit quelques instants et arbora de nouveau un pauvre petit sourire à la dernière phrase d'Onyx.

- Vous comme moi savons que cela ne donnera rien. Par les temps qui courent, trouver une bague en argent et sertie d'un... bel onyx, c'est une bonne fortune qu'on ne laisse pas passer.

Il fallait être réaliste : si une personne avait eu l'honnêteté de rapporter la bague à des gardes, ce serait sûrement eux qui la garderaient, histoire de se faire un supplément sur leur solde du mois. Comme une bague se cache très facilement, même si l'apprentie obtenait qu'une fouille soit faite chez un suspect qu'elle aurait trouvé, on ne trouverait sûrement rien. L'affliction guettait la jeune femme mais celle-ci s'accrocha à ce qu'elle avait initialement prévu et à ce qu'Onyx lui avait conseillé de faire : terminer le chemin.

- Si vous le permettez, continuons ce que nous avons commencé. Terminons de remonter le cours de la journée d'hier afin d'écarter toute éventualité.

Elle ne savait comment l'expliquer mais la rouquine avait le sentiment que quelque chose allait s'éclaircir pour elle dans ce couloir. En finissant sa phrase, elle craignit un instant que le fils de Rippon ne soit rebuté par sa soudaine prise de contrôle mais l'homme se contenta de la suivre. Un nouveau silence s'installa, chacun semblait encore une fois plongé dans ses propres pensées. Ambre se souvint qu'elle avait commencé à lire la lettre de Fortuné en marchant ; elle ne faisait pas ça d'ordinaire car elle craignait de bousculer une personne sans le faire exprès mais elle avait tant attendu la missive de son beau-frère qu'elle n'avait pu s'empêcher de l'ouvrir et de la parcourir avant son cours avec Dame Puissante. Le veuf lui donnait des nouvelles des enfants, des nouvelles guère réjouissantes : Auguste s'était complètement refermé sur lui-même et ne s'éloignait plus de sa petite sœur qu'il sur-protégeait. Le maître-tailleur était désemparé et ne savait pas...

Ambre marqua soudainement un arrêt au beau milieu du couloir. Son regard s'était arrêté sur une colonne sur laquelle reposait un beau vase dans lequel, d'ordinaire, on trouvait des fleurs. La rouquine regarda les alentours avant de souffler, soudain marquée par l'évidence :

- Ici... je me suis arrêtée ici hier. Un domestique avait fait tomber un service à thé qu'il transportait pour les appartements du dessus. Je l'ai aidé... En arrivant ici, on avait bien signifié à Ambre qu'elle n'avait pas à aider les domestiques, qu'ils faisaient leur travail et elle le sien. Mais ce jeune homme-là... il avait l'air si désemparé que l'apprentie n'avait pu se résoudre à le laisser dans le pétrin. J'ai posé ma lettre ici pour avoir les mains libres et... La cervienne effleura le coin de colonne qui avait effectivement servi de support à sa lettre et ses joues pâlirent quand elle comprit. Je... je crois que j'ai également posé ma bague, pour ne pas prendre le risque de l'abîmer.

Ce n'est pas qu'elle croyait, elle en était sûre maintenant. La lettre de Fortuné l'avait-elle troublé à ce point pour qu'elle en vienne à ôter de son doigt un bien qui lui était aujourd'hui si précieux ? L'apprentie se mordit l'intérieur de la joue tandis qu'elle regardait les alentours de la colonne avec attention.
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Sam 1 Fév - 18:04
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
Messages : 30
Cela ne donnait rien, il le vit directement sur les jolis traits de la rouquine. Les gardes n'avaient su la rassurer. Soit, ils allaient continuer de chercher. Après tout, remonter le cours de sa journée était le plus sûr moyen de faire ressurgir un souvenir, une sensation. La mémoire était quelque chose d'étonnant. A chaque fois qu'Onyx s'était penché sur un traité relatant de cette faculté, il était époustouflé par les capacités humaines. Et encore, on n'en savait pas grand chose. Quel était la limite ? Mais il s'égarait, comme souvent. Se recentrer sur l'instant présent et la recherche de la jeune bourgeoise, voilà son but.

Elle semblait avoir les épaules qui s’affaissaient à chaque mauvaise nouvelle. La Tour Nord serait leur prochaine destination ? Et bien soit ! La demoiselle ne semblait pas croire non plus en l’honnêteté des gens du château ou de ses gardes. Il était vrai que depuis l'incident, les gens se faisaient plus de soucis. Le soleil ne se pointait plus, la nourriture semblait menacer. Ce qui avait pour conséquence que chacun pensait à lui avant de penser aux autres. Certains parlaient de partir vers un pays plus ensoleillé. Pour cela, il fallait de l'argent pour payer la traversée. Une bague comme celle que lui avait décrite Ambre représentait un beau gage pour obtenir ce voyage.

Elle ne croyait pas qu'il existe quelqu'un d'aussi honnête et Onyx avait lui même des doutes. Soit, ils continueraient leur chemin. Tout comme sur la route pour arriver près du poste de garde de l'entrée, ils marchèrent sans parler vers la Tour Nord. Onyx plongé dans ses réflexions et Ambre sans doute trop inquiète pour avoir envie de papoter. Tout à coup, elle s'arrêta net. Devant eux, une colonne où il y avait un vase sans fleur. Cette vision eut pour effet que la jeune apprentie artiseuse semblait se rappeler d'un détail, de quelque chose qu'ils pourraient peut-être utiliser pour retrouver son bien. Elle parla d'un domestique ayant commis une erreur, de l'aide qu'elle lui apporta. Pour ce faire, elle avait déposé sa lettre près de la colonne et sa bague. Pourquoi donc ? Il était inutile de retirer une bague pour ramasser des morceaux au sol. C'était une réaction tout à fait étrange. Qu'est-ce qui avait bien pu troubler la demoiselle au point de commettre une bêtise pareille ? La réponse de la jeune bourgeoise ne convainquit pas le jeune noble. Elle avait retiré sa bague pour ne pas l’abîmer ? Allons, allons, comment faire pour l'abîmer en ramassant quelque chose au sol ? Du verre en plus. On faisait attention en général pour ce genre de matière. Il était coupant. Elle aurait donc fait des gestes lents pour s'assurer de ne pas se couper. Comment faire dans ces cas là pour que sa bague soit abîmée ?

« C'est déjà un début... Vous souvenez vous de la livrée de ce domestique ? De l'appartement vers lequel il se dirigeait ? A-t-il parlé d'une personne en particulier ? Avait-il un accent quand il parlait ? »

Cela faisait beaucoup de questions qui arrivaient en même temps mais elles avaient toutes leur importance. Le moindre détail pouvait les mettre sur la piste. Il ne put s'empêcher cependant de dire :

« Désolé si je vous froisse mademoiselle. Mais je ne vois pas bien l'intérêt de retirer votre bague pour si peu. J'ai bien compris que vous ne vouliez pas l'abîmer mais pour ramasser un service à thé cassé, on fait plutôt gaffe vu la matière en quoi il est fait. Il est aisé de se couper. Donc vos gestes étaient logiquement lents et précis. En aucun cas vous n'auriez abîmé votre bien. Quelque chose vous a donc troublé au point de commettre cette erreur. Est-ce que ça a un rapport avec le deuil que vous portez ? »

Son but n'était pas de faire en sorte qu'Ambre se referme comme une huître ou se fâche. Il voulait comprendre dans quelle situation psychologique elle était pour avoir perdu sa bague. Cela le mettrait peut-être sur la piste de le savoir. Comment ? Si elle était vraiment triste, elle aurait oublié des éléments de son parcours. Parfois, certains endroits, certains actes que l'on faisait étaient tellement insignifiants que l'on ne s'en rappelaient pas forcément. A ce moment, l'utilisation de l'Art se montrerait peut-être utile. Ça n'était absolument pas ce qu'il voulait mais il n'écartait aucun outil à sa portée.
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Ven 7 Fév - 18:16
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Tandis qu’Ambre observait le pied de la colonne, Onyx l’assaillait de questions. La jeune femme se redressa et, les yeux fermés, porta le bout de ses doigts à sa tempe, comme si elle était prise d’un mal de tête. Tant de questions, tant de détails… l’apprentie se surpris à peiner à mobiliser sa mémoire d’ordinaire si bonne.

- Sa livrée… c’était peut-être celle du château… quoiqu’elle était plus sombre… Il parlait très… trop vite, beaucoup, il semblait vraiment paniqué…

Le brun reprit soudainement la parole d’un ton ferme. Étonnée, la cervienne rouvrit les yeux et croisa pendant plusieurs secondes le regard du fils de Rippon. Il voulait donc savoir ce qui la contrariait tant, ce qui lui faisait perdre tous ses moyens jusqu’à sa mémoire ? Ambre évitait de trop en parler par peur de gêner ou de contaminer les autres par sa peine. Ses parents étaient tant démunis qu’elle ne voulait pas ajouter à leur tristesse ses propres insécurités et craintes et, si elle avait déjà parlé à Arcane et Charme de tout cela, elle se refusait à trop se reposer sur eux. Il eut été donc très surprenant qu'elle se confie ainsi à un homme qu'elle venait à peine de rencontrer, un membre d'une illustre famille noble de surcroît. Seulement, Onyx semblait décidé à savoir et, au fond, Ambre se fit la contradictoire réflexion que cela pourrait peut-être la soulager ; après tout, elle n'avait parlé de la lettre de Fortuné à personne. Les yeux de la rouquine quittèrent ceux du ripponais et sa main retomba le long de son corps.

- Cette bague appartenait à une de mes sœurs aînées. Depuis... les événements du 8 Verdissante, elle a laissé derrière elle deux enfants dont le père ne sait guère comment s'occuper puisqu'ils la réclame à grands cris. C'était ce qu'il m'expliquait dans la lettre que j'ai reçu hier... je la lisais lorsque j'ai entendu le service à thé tomber.

Un blanc s'installa. Ambre n'osait pas relever les yeux. Elle avait bien noté que son interlocuteur ne semblait pas en deuil voire qu'il ne semblait tout simplement pas avoir connu de deuil depuis un certain temps ; elle, elle essayait encore d'encaisser la terrible nouvelle qui lui était parvenue au cours de ce difficile mois de Verdissante 1045. Loin d'elle l'idée de douter qu'Onyx ait pu connaître également un deuil compliqué dans sa vie mais, en l’occurrence, lui ne semblait avoir perdu personne au cours des derniers mois.

L'apprentie joignit ses mains devant elle et se racla la gorge.

- J-Je ne comprend pas plus que vous pourquoi j'ai tant de difficultés à retrouver le fil de ma mémoire. C'est quelque chose de très déstabilisant et... frustrant.

Ambre marqua une pause, fermant les yeux et inspirant profondément. Elle qui avait toujours cherché à maîtriser tous les aspects de sa vie, se retrouver dans une situation si embarrassante la plongeait dans la plus grande incertitude et ce n'était clairement pas pour lui plaire. Le fait qu'Onyx, un bel homme bien né et fort courtois, soit le témoin privilégié de cette confusion n'aidait en rien à la résolution du problème. La présence du noble ripponais perturbait autant la rouquine qu'elle la rassurait : dans un sens, elle était embarrassée à l'idée de le retenir pour un souci qui devait lui paraître si insignifiant, lui qui devait pouvoir s'acheter autant de bagues en onyx qu'il le désirait si l'envie lui prenait ; de l'autre, pour une raison parfaitement inconnue à la cervienne, elle aimait bien l'avoir à ses côtés, même lorsqu'ils ne parlaient pas. Il dégageait de cet homme une grande sérénité et une certaine intelligence... cette contradiction n'aidait en rien l'apprentie à garder les idées claires.
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Dim 16 Fév - 14:15
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
Messages : 30
Devant toutes ces questions, la rouquine se releva en fermant les yeux et en mettant ses doigts à hauteur de ses tempes. Avait-elle mal à la tête ou était-ce le geste qu'elle faisait quand elle était dans une intense réflexion ? Apparemment, elle tentait de faire travailler sa mémoire mais ça n'était pas aussi concluant qu'Onyx l'espérait. Elle n'était pas certaine que le serviteur possédait la tenue du château et tout ce qu'elle pouvait dire c'est que cet homme parlait trop vite. Logique vu qu'il venait de renverser un service à thé sur une résidente permanente de Castelcerf. Il devait sans doute se dire que son sort était scellé. Il s'était certainement imagé se faire jeter du château par la garde pour faute grave et devoir se chercher un autre boulot. En un sens, heureusement qu'il était tombé sur Ambre et non sur une véritable dame de la noblesse. Elle aurait certainement cherché à se faire rembourser du prix de ses étoffes hors de prix ou demandé la tête du malheureux. Oui, heureusement qu'il était tombé sur Ambre.

Devant l'explication que fournit Onyx concernant le fait qu'enlever cette bague était un geste tout sauf intelligent, la demoiselle le regarda un moment puis décida de se livrer. Tandis qu'elle avait braqué son regard sur lui tout du long de son speech, quand vint le temps de se livrer, son regard s'abaissa tout comme ses mains. Ce dont elle allait parler lui faisait encore très mal. Et effectivement, il pouvait comprendre le désarroi de l'apprentie artiseuse. Elle avait perdu une sœur lors des événements qui avaient conduit le ciel à se fâcher. Son beau-frère était seul pour élever deux enfants qui ne comprenaient pas pourquoi leur mère avait disparue. Terrible ! Malheureusement plus fréquent qu'auparavant. Il suffisait de se rendre sur la place du marché de Bourg-de-Castelcerf pour rencontrer d'autres familles dans la détresse. Le chagrin de cette jeune fille surpassait tout. Elle devait certainement être proche de sa sœur. Difficile dans ces circonstances de se concentrer sur quoique ce soit. Sans doute qu'elle devait être moins performante qu'avant lors des cours de Puissante. Et pas étonnant qu'elle n'arrive pas à se raccrocher à la moindre image pouvant les aider dans leurs recherches. Elle n'avait pas encore digéré la nouvelle ni accepté la mort de sa sœur.

Un blanc s'installa après ces révélations. Onyx ne savait pas quoi dire ni comment réagir. Il ne la connaissait que depuis une heure tout au plus, il ne pouvait se permettre de lui mettre la main sur l'épaule ou la prendre dans ses bras pour la réconforter. Et que dire dans une situation pareille ? Il n'y avait pas de guide du deuil et aucun traité ne parlait de ce qu'il fallait dire pour réconforter quelqu'un plongé dans un tel chagrin. Elle reprit la parole en disant qu'elle ne comprenait pas pourquoi elle avait tant de mal à faire fonctionner sa mémoire. Pour cela, il avait une réponse, pour cela, il pouvait faire quelque chose. Il ne regardait pas Ambre mais néanmoins, il regardait dans sa direction.

« Ne soyez pas trop exigeante avec vous même. Vous vivez un deuil compliqué. Sans doute que vous deviez être proche de votre sœur. Sa disparition est quelque chose de tragique et de récent. Normal que vous n'arriviez pas à réfléchir convenablement. Normal que votre mémoire soit défaillante. Le chagrin vous submerge pour le moment. Cela ira mieux quand vous l'aurez accepté. »

Il ne fit aucun geste vers elle mais ce qu'elle pouvait lire dans ses yeux à lui pouvait traduire sa volonté de lui redonner du courage. Elle réussirait à surmonter cette épreuve avec le temps. Dans ces circonstances là, il était inutile de continuer à lui triturer le cerveau. Utiliser l'Art dans un cas pareil serait très dommageable également. Ambre était tellement triste que ça submergerait n'importe qui essayant d'entrer dans sa tête. Il ne restait qu'une solution... Faire avec les maigres informations qu'elle lui avait fournit.

« Bien... Allons trouver les lavandières. Si quelqu'un peut nous renseigner sur la livrée des domestiques, ce sont bien elles. Avec un peu de chance, elles sauront nous dire auprès de qui ce serviteur travaillait et il nous suffira, à ce moment là, de le retrouver pour lui poser la question. »

Il était primordial de retrouver cette bague. Elle aiderait certainement Ambre a passer ce deuil. Onyx était décidé à la retrouver pour aider cette demoiselle qu'il ne connaissait pas encore tout à fait. Faire quelque chose qui comptait vraiment pour les gens, voila le rôle de la noblesse à ses yeux.
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Mer 4 Mar - 23:14
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Onyx mit un temps avant de reprendre la parole. Sans se montrer particulièrement compatissant, il saisit toutefois tout le drame de la situation que vivait Ambre avec la mort d'Obsidienne. La cervienne releva les yeux pour croiser le regard encourageant du noble. Elle parvint tout juste à lui offrir un pauvre petit sourire avant de se détourner ; elle devait avoir un regard de chien battu et ne voulait pas gêner le brun en lui inspirant pitié ou en l'agaçant avec un regard larmoyant. Malgré le fait que le ripponais avait choisi ses mots avec délicatesse, la rouquine avait du mal à le croire. Accepter la disparition de sa sœur aînée ? Cela lui paraissait impossible, au-delà du fait que la tragédie était récente. Tant d'années passées à ses côtés, tant de souvenirs forgés avec elle... et cela, c'était sans compter l'absence de nouvelles de Perle. La cervienne se massa de nouveau la tempe, comme cherchant à refouler cette énième peine. Par chance, Onyx reprit la parole au même moment, proposant d'aller trouver les domestiques pour leur décrire l'individu qu'Ambre avait vu la veille. La jeune fille hocha la tête en emboîta le pas au Hurlevent.

De nouveau, le silence s'installa alors que tous deux marchaient en direction des cuisines. Étrangement, la rouquine sentait qu'un peu du poids de son deuil s'était levé de ses épaules ; pas grand chose, certes, mais juste de quoi se sentir un soupçon plus légère, comme si parler à Onyx en particulier l'avait aidé. En quoi cet homme était-il un meilleur confident qu'Arcane ou Charme ? Qu'avait-il de plus ? Avait-il su trouver des mots plus réconfortants que sa consœur et son confrère ? Par moment, enhardie par une tension nouvelle, Ambre regardait le ripponais du coin de l’œil, se surprenant à détailler son air décidé, son regard vif, le soin apporté à sa tenue. Cet homme dégageait un calme apaisant et une modestie certaine renforcée par ses vêtements sobres ; cela changeait des soldats aux manières rustres ou des nobles vaniteux et hautains et cela plaisait à Ambre.

Ensemble, ils finirent par arriver non loin de l'entrée des cuisines où l'agitation commençait à tomber doucement après le départ des derniers petit-déjeuners. Un groupe de domestiques sortit avec à leur tête une femme un peu plus âgée. Elle dévisagea les deux artiseurs qui obstruaient partiellement le passage malgré eux et ne les reconnut pas, naturellement ; toutefois, le regard de la cuisinière s'attarda sur Onyx qui, bien que loin d'exposer des atours luxueux, détonnait assez dans le paysage pour être identifier, si ce n'était comme noble, au moins comme un homme du beau monde. Les sourcils froncés, elle demanda :

- Vous avez besoin de quelque chose ?

- N-Nous sommes à la recherche d'un homme, un... un domestique. Je-J'ai perdu un objet de grande valeur et peut-être que cet homme l'a en sa possession.

La domestique se pinça les lèvres et se serra contre le murs pour laisser passer quelques uns de ses collègues.

- J'ai pas beaucoup de temps mais dites toujours.

Ambre lui fit alors une description rapide et se surprit à retrouver quelques détails que sa mémoire avait jusque là occulté en raison de son trouble ; parler à Onyx semblait l'avoir significativement apaisée, ce qui la surprenait intérieurement. La cuisinière mit quelques instants avant de percuter.

- Ah mais oui, c'est le petit d'Aneth. Comment il s'appelle déjà ?... Tilleul ou Gui ? Non, Gui est mort à la guerre, c'est Tilleul. Il remplace sa pauvre mère qui s'est brûlée le bras, d'habitude elle monte les thés et les repas.

- Vous savez où nous pouvons le trouver ? questionna Ambre, légèrement frémissante d'espoir.

- Il a fini son service du matin, il doit être dans le réfectoire. Je vous l'amène ?

- Si possible, oui... merci.

La cuisinière s'éloigna et Ambre se tourna vers Onyx, un petit sourire un peu plus assuré aux lèvres. Elle avait enfin le sentiment d'avancer un peu dans sa quête.

Quelques instants plus tard, le jeune homme se tenait devant eux. Tous trois s'étaient déplacés dans un couloir un peu plus calme afin de pouvoir discuter tranquillement. Le dénommé Tilleul affichait un air aussi neutre que possible mais il semblait également un peu tendu.

- Hier vous avez fait tomber un service à thé dans un couloir menant à la Tour Nord, je vous ai aidé à le ramasser. A ce moment-là j'avais une bague sur moi, je l'ai posé sur un meuble. C'était une bague en argent avec une pierre d'onyx noire assez volumineuse. Est-ce que vous l'auriez récupéré par hasard ? Ou est-ce que vous l'avez au moins vu ?
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Lun 9 Mar - 1:00
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
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Qu'est-ce qui faisait qu'Onyx était plus indiqué que son grand frère pour la Cour de Castelcerf ? Son écoute. Le cadet de la fratrie Hurlevent avait la capacité de se mettre en retrait pour écouter ce que disait la personne en face de lui. Ardent ne savait pas le faire. C'était souvent lui le centre de l'attention parce qu'il était le guerrier qui avait connu les victoires lors de la Guerre Rouge. C'était un homme qui avait du charisme et que l'on écoutait parler parce que ce genre d'homme avait toujours quelque chose à raconter. Ils avaient l'habitude que l'on les écoute et donc ils avaient l'habitude de monopoliser l'attention. C'était un héritier et il devait être visible. Ardent était très fort à ce jeu là. De son côté, Onyx n'avait pas connu de victoires l'arme à la main. Lui, il était le cérébral de la famille. Ses capacités étaient bien moins visibles que celles de ce cher Ardent. De plus, il était plus réservé. Attirer l'attention, très peu pour lui. S'il n'avait pas été noble, il aurait très bien pu envisager une carrière d'espion. Quoique cette profession était peut-être un peu trop dangereuse à son goût. Le calme d'une bibliothèque ou d'un conseil était plus son univers. Parlementer en privé pour attirer quelqu'un à faire quelque chose ou appuyer une décision en faveur de son duché, voilà un sport digne de lui. Il laissait volontiers les fastes et la gloire à son aîné.

Cette sublime rousse vivait une période tragique, un deuil d'un membre de sa famille proche. Elle la connaissait donc bien. Ça n'était pas une obscure cousine au troisième degré qu'elle voyait une fois l'an et encore. Ils avaient partagés des choses ensemble, à commencer par leur enfance. Onyx ne savait pas l'âge de la demoiselle à côté de lui ni celui de celle qui était décédée mais l'une comme l'autre étaient en âge d'avoir des enfants. Ce qui l'amenait à penser qu'elles avaient vécu beaucoup de choses. Un autre indice était le fait que la lettre de son beau-frère l'avait bouleversée au point d'en oublier un objet de grande valeur. Tout cela, il y avait déjà réfléchi et ne contait donc pas revenir dessus. L'espace d'une minute, le Ripponais imaginait ce que devait être la perte d'un être aussi proche de soi. Il n'avait perdu personne de proche de lui. Et si la vie lui avait réservé ce genre d'épreuve. Comment aurait-il réagit ? Il avait beau avoir lu des centaines d'ouvrages, méthodes, parchemins. Il avait beau être sans doute le plus intelligent de sa famille, il n'avait aucune réponse à sa question. Comment passer outre le deuil ? Comment s'y préparer ? Il avait évidemment donner une partie de la réponse à Ambre mais était-ce la bonne solution ? Qu'en savait-il ? Dans la même situation qu'elle, saurait-il accomplir ce genre d'effort ? Il était plus compliqué de suivre ses propres conseils quand les événements arrivaient à soi-même. Ce dont il était sûr, c'est qu'il tenterait de prendre la situation le plus rationnellement possible parce que c'est toujours ainsi qu'il avait fonctionné. Mais quelque part, il se disait qu'il n'y arriverait peut-être pas. Si c'était vraiment quelqu'un de proche, l'affect serait intense. Les sentiments empêchaient souvent de bien réfléchir laissant à l'instinct la primauté de l'action.

Sans vraiment s'en rendre compte, ils arrivèrent aux cuisines. Il pensait qu'ils iraient là où les lavandières nettoyaient le linge mais il était encore tôt et certaines devaient prendre leur repas du matin. Ne connaissant pas très bien les serviteurs du château, Onyx se mit légèrement en retrait pour qu'Ambre prenne les choses en main. Ainsi, la demoiselle penserait à autre chose tandis qu'elle questionnerait la dame sur le serviteur. Une manière comme une autre d'oublier son deuil pour quelques instants. Après avoir décrit le jeune homme à la vieille dame, celle-ci retourna dans la salle commune pour appeler l'individu dont il était question. Quelques minutes plus tard, il arriva. Ne voulant pas déranger les gens qui travaillaient, ils marchèrent jusqu'à un endroit légèrement moins fréquenté. Le garçon semblait faire bonne figure mais il ne fallait pas être l'enquêteur en chef du Roi pour deviner qu'il était stressé. Il devait certainement se demander ce que lui voulait ces deux personnes aux atours luxueux. Du moins, de meilleure facture que l'habit qu'il portait.

Ambre lui rappela les circonstances dans lesquelles ils se sont vus et ce qui l'amenait à faire appel à lui. Dans son explication, elle fit une petite erreur qui était sans doute dû au fait qu'elle avait les idées un peu confuses. Oser parler à des inconnus semblait être un gros travail qu'elle faisait sur elle-même. Si l'on rajoutait le deuil qu'elle traversait, on pouvait comprendre qu'elle commette de petites erreurs. Le jeune homme, lui, ne comprenait pas. Il fronçait les sourcils en se demandant ce qu'elle racontait. Le noble décida d'intervenir.

« Excusez ma camarade qui a les idées confuses à cause de la perte de son bijou. Elle a posé sa bague sur un muret près d'une colonne dans le couloir qui mène à la Tour Nord. Vous souvenez-vous de cet incident ? »

Évidemment qu'il se souvenait d'avoir cassé un service à thé. Il se souvenait également de l'apprentie artiseuse et de l'aide qu'elle lui avait apportée. Il avait d'ailleurs voulu la remercier mais elle s'en était allée tellement vite qu'il n'en avait pas eu l'occasion. Il réfléchit quelques secondes et se souvint que la demoiselle avait posé une bague près de la colonne. Elle ne l'avait pas reprise et le temps qu'il regarde où elle était, elle avait disparue.

« La bague, je l'ai ramassée pour ne pas la laisser dans ce couloir et qu'elle se fasse voler. Je comptais vous la rendre mais comme je ne savais pas votre nom, j'espérais faire des recherches sur mon jour de congé. Venez, elle est dans ma chambre. »

L'espoir renaissait et Onyx était tout content de voir que cette histoire allait vite se résoudre. Ambre allait retrouver sa bague et pouvoir avancer dans son deuil. Le garçon dénommé Tilleul conduisit ce petit monde jusqu'à l'endroit où il vivait avec sa mère. Il raconta en chemin qu'il l'aidait parce qu'elle s'était brûlée. Il raconta également qu'il avait caché le bijou pour que sa mère ne tombe pas dessus et pense qu'il l'avait volé. Il appréciait le travail qu'il effectuait au château mais aspirait à mieux. Il ne comptait pas rester un simple serviteur. Il se voyait s'occuper des bêtes ou entrer dans l'armée.

Quand ils arrivèrent sur place, il leur demanda de patienter dans le couloir. Sa mère se demanderait ce qu'il se passe si elle voyait débarquer deux personnes de leur qualité dans leur lieu de vie. Comme elle était inquiète de nature, elle penserait directement au pire et Tilleul passerait un temps fou à la rassurer. Ambre et Onyx patientèrent un certain temps avant de voir sortir le serviteur qui était pâle comme un linge.

« Je... Je.. suis désolé... Je n'ai plus la bague. Je l'avais caché dans un de mes jouets et ma mère a décidé de faire le grand nettoyage et de les donner à une dame qui fait la collecte pour les donner aux nécessiteux regroupés aux Halles. »

Catastrophe ! C'était vraiment pas de chance. Le sort s'acharnait sur cette pauvre Ambre. L'espoir de retrouver son bijou s'envola d'un coup. Le garçon avait eu la présence d'esprit de demander à qui sa mère avait donné ses jouets et les deux artiseurs devaient chercher une femme forte aux cheveux noir qui s'appelait Gourmande. Elle devait traîner dans les couloirs du château pour demander d'autres fournitures à donner aux pauvres. Tilleul s'excusa encore et dit qu'il se serait bien joint aux recherches mais que malheureusement on allait avoir besoin de lui en cuisine pour le service de midi.

« Bon... Cherchons cette dame. Nous finirons bien par retrouver votre bien. »

Par où aller ? Ils n'avaient croisé personne correspondant à la maigre description qu'ils avaient. Il fallait donc continuer plus avant dans le couloir au lieu de revenir sur ses pas. Une grosse dame aux cheveux noir du nom de Gourmande, il ne devait pas y en avoir des centaines.
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Lun 9 Mar - 22:19
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Le dénommé Tilleul assura qu'il avait effectivement la bague en sa possession et enjoignit Ambre et Onyx à le suivre jusqu'à sa chambre afin qu'il puisse la rendre à sa propriétaire. Le visage de cette dernière était illuminé d'un sourire qu'il lui était très difficile de retenir : elle avait enfin l'impression de voir poindre la fin de son angoisse sourde et oppressante ! L'expression radieuse sur le visage de la cervienne ne rassurait pourtant pas le valet qui, certainement sous le coup du stress, détailla une bonne partie de sa vie à l'apprentie et au noble, de la blessure de sa mère qui la mettait au repos forcé à son souhait de quitter la servitude malgré le fait qu'il appréciait tout de même son travail. Le petit groupe finit par arriver devant la porte de la chambre que Tilleul partageait avec sa mère. Il entra et au fur et à mesure que les secondes s’égrenèrent jusqu'à devenir une, puis deux minutes, le sourire d'Ambre se ternit un peu. Finalement, lorsque le jeune homme revint, il asséna le coup de grâce d'une voix tremblante qui semblait redouter les sermons ou pire encore. Il n'en fut rien pourtant car Onyx proposa simplement de poursuivre les recherches, ce à quoi Ambre acquiesça en silence.

Pourquoi les dieux devaient-elles tant la tourmenter ? Perde la bague n'était pas suffisant, il fallait donc lui insuffler l'espoir pour aussitôt le lui retirer et admirer le résultat ? Alors que la jeune femme emboîtait le pas au ripponais, elle songea au fait qu'elle ne retrouverait jamais son bijou. C'était un de ceux auxquels elle tenait le plus et c'était celui-ci qu'elle égarait ; Eda semblait bien joueuse avec l'existence de la petite apprentie.

Ambre avait du mal à se remettre de la fausse piste du domestique maladroit mais lorsqu'elle et Onyx croisèrent deux lavandières en route pour récupérer du linge propre, elle se remit autant que faire se peut en selle et leur demanda si elles connaissaient une dénommée Gourmande, de forte corpulence et aux cheveux noirs. L'une des deux filles souffla :

- Je l'ai croisé il y a peu, un sac à l'épaule, elle montait au premier étage pour obtenir des dons pour les réfugiés.

La rouquine remercia la domestique et reprit sa route avec le fils Hurlevent. La cervienne le regarda de nouveau du coin de l’œil, de plus en plus intriguée. Il démontrait une patience qui semblait infinie ; après tout, ils tournaient en rond dans le château depuis un certain temps maintenant, alternant discussions avec des gens du commun et silences dignes de celui qui régnait dans la salle d'étude de Dame Puissante. Nombre de ses homologues se seraient agacés et auraient tourné les talons depuis fort longtemps ; de plus, Ambre avait du mal à se signifier que cette quête vaine pouvait plaire à un homme dont la vie avait due être plus que trépidante jusqu'à présent, la faute à son appartenance à la famille ducale de Rippon.

- Onyx, si je puis me permettre... disposez-vous de tant de temps libre pour m'aider ainsi ? Je... je pensais que vous auriez plus... plus important à faire que de me suivre dans tout Castelcerf pour me soutenir dans mes recherches. Je veux dire... je comprend tout à fait que vous soyez lassé de tous nos allers-retours et... que vous partiez vaquer à des occupations plus intéressantes.

Qu'est-ce que pourrait justifier ce comportement si ce n'était un profond ennui ? La cervienne ne voyait rien d'autre.
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Sam 14 Mar - 12:11
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
Messages : 30
Tandis qu'ils parcouraient les couloirs tous les deux en silence depuis un moment, quelque chose semblait perturber la rouquine. Est-ce que cela avait à voir avec son deuil, la perte de sa bague ou l'espoir retrouvé puis perdu dans les minutes qui suivirent ? Pour le savoir, il aurait fallu fouiller dans la tête d'Ambre. L'Art d'Onyx était activé mais pas fort, son but n'était pas d'entrer dans les pensées des gens qu'il croisait pour savoir ce qu'ils pensaient. Il ne prenait que des informations de surfaces comme les émotions. Ces dernières pouvaient transpirer des gens plus qu'ils ne le pensaient. C'était un outil bien utile quand il fallait négocier un traité pour savoir si la personne en face de soi était sincère ou non.

« Ce que vous faites n'est pas très correcte jeune Maître. Utiliser vos capacités magiques pour vous assurer de l'état de votre compagne de fortune. Allons, allons, ça n'est qu'une bague après tout ! »

Serwin... Évidemment, il était évident qu'il devait être dans les parages afin de veiller à la sécurité du cadet Hurlevent. Il avait contacté son « client » comme il aimait bien encore l'appeler parfois via l'Art par pure amusement. Une petite piqure de rappel pour lui dire qu'il n'était pas seul et qu'en cas de pépin, il interviendrait.

« Tu perds vraiment ton temps mon bon Serwin. Qui veux-tu qui m'agresse dans ces couloirs ? Une domestique ? »

« Vous faites trop confiance aux gens vous... Le danger est permanent et peut frapper à tout instant. Ne jamais baisser sa garde. N'importe qui est capable de vous agresser même cette jeune beauté à vos côtés. Qui ne dit pas qu'elle vous mène en bâteau ? Cette histoire de bague peut très bien être du vent. »

« Toi en l’occurrence, tu ne fais confiance à personne. Cette demoiselle me semble tout ce qu'il y a de plus sincère au contraire. Elle est réellement triste et désemparée à l'idée de ne jamais retrouver son bien. »

« Elle, oui. Les autres, je ne sais pas. »

« Vu que tu es là, je ne risque rien. »

La conversation s'arrêta là. Onyx était étonné par les compétences de cet homme. On pourrait croire qu'il n'avait aucune limite. Était-ce vrai ? Où s'arrêtait ses capacités ? Quand il lui posait des questions sur son passé, l'homme ne répondait qu'à demi-mot et se montrait le plus évasif possible.

Les deux jeunes gens croisèrent des lavandières et Ambre leur demanda si elles avaient croisé la dame qu'ils recherchaient. La réponse fut encourageante, ils étaient sur le bon chemin. Ils allaient pouvoir demander à cette dame la permission de fouiller le sac qu'elle portait à la recherche de la bague de la jeune demoiselle. Ils continuèrent donc leur chemin et ce qui pesait sur le cœur de la demoiselle, le noble allait l'apprendre parce qu'elle coupa court au silence qui s'était installé entre eux. Pourquoi perdait-il son temps avec elle ? C'était donc ça qui la mettait dans cet état ? Il ne l'aurait jamais deviné. Tout en marchant, il regarda son interlocutrice, lui fit un sourire et dit :

« Plus important à faire, lassé de nos allers-retours, vaquer à des occupations plus intéressantes... Qu'elle piètre opinion vous avez de vous même mademoiselle. Je ne considère en aucun cas que je perds mon temps à vous aider. Les allers-retours dans le château ? Marcher ne me dérange absolument pas. Et pour ce qui est de vaquer à mes occupations, je suis en train d'honorer le devoir de tout noble digne de ce nom. Venir en aide à quelqu'un qui en a besoin. C'est ainsi que je conçois mon serment. Donc, comme vous le voyez, je suis avec la personne et à l'endroit où je devais être en cet instant. N'ayez point d'inquiétude, ça n'est pas parce que je suis ce que je suis que je n'en suis pas moins sensible aux problèmes des autres.  Que du contraire ! »
.
Ils arrivèrent au premier étage et regardèrent de part et d'autre du couloir. Eda était avec eux car ils virent une Dame forte aux cheveux noirs qui sortait d'une chambre en remerciant celui qui en était propriétaire de l'avoir aidé dans sa quête. Ils se dirigèrent donc vers elle et Onyx l'interpella :

« Excusez-moi, êtes-vous la demoiselle qui répond au nom de Gourmande ? »

La cuisinière se retourna et gloussa quand elle se fit appeler demoiselle. Vu son âge, cela faisait longtemps qu'elle n'en était plus une, elle était mariée et de ce fait était une dame. Mais cela faisait toujours plaisir de se faire rajeunir, peu importe la manière.

« Oui c'est bien moi. En quoi puis-je vous être utile ? »

Le noble se lança dans une explication. Il aidait cette jeune demoiselle a retrouver un bijou. Leur enquête les avait mené jusqu'à Tilleul qui leur avait assuré avoir récupéré la bague et l'avoir cachée dans un jouet pour que sa mère ne croit pas qu'il ait volé quelqu'un. Tout content de revoir Ambre, il se faisait une joie de lui rendre sauf que sa mère venait d'offrir des jouets pour les orphelins. Ce qui les avait mené jusqu'à elle. Il demandait donc la permission de fouiller dans ce sac pour retrouver le jouet en question et donner la bague à la demoiselle.

Gourmande semblait touchée par la perte d'Ambre. Mais pouvait-elle croire une histoire ainsi ? Qui ne disait pas que ces deux personnes tentaient de lui voler les jouets qu'elle récupérait pour les Halles ? Il y avait peu de chance en effet mais on n'était jamais assez prudent.

« Je suis de tout cœur avec vous mais sans vouloir vous offenser, je préfère m'assurer de vos intentions avant. Croyez bien que je suis désolé pour vous mademoiselle mais ce projet me tient vraiment à cœur. Si vous faites une petite chose pour moi, je vous laisserai fouiller le sac à la recherche de la bague. Cela m'aura prouvé vos bonnes intentions. »

Onyx aurait très bien pu se fâcher et exigé qu'elle obéisse en mettant son titre en avant. Certes, il aurait obtenu ce qu'il était venu chercher. A la prochaine fois qu'il aurait besoin d'elle si jamais il en aurait besoin un jour, il ne pourrait plus compter sur Gourmande. Choyer le petit personnel se montrait souvent payant.

« Bien, que voulez-vous que l'on fasse ? »

La cuisinière fut presque surprise de voir qu'Onyx acceptait. C'est d'une voix contente mais peu assuré qu'elle demanda :

« Est-ce que vous voulez bien vous rendre jusqu'à la chambre de Dame Blanche et lui demander d'appuyer mon projet auprès des puissants ? Je pourrai y aller moi-même mais cette femme me terrifie. Il m'est arrivé de ne pas répondre absolument à toutes ces demandes de la manière qu'elle espérait et j'ai peur qu'elle me crucifie sur place si jamais j'allais la voir. »

Onyx regarda Gourmande puis Ambre et revint sur Gourmande. Il ne voyait pas qui était Blanche. Il avait beau fouiller sa prodigieuse mémoire, ça n'était pas un nom qu'il retrouvait dans les familles nobles des Six Duchés. Qui était donc cette femme ? Pourquoi inspirait-elle une telle crainte aux domestiques ? Ne demandait-elle pas un service plus grand que leur demande à eux ?

« Je veux bien tenter de lui en parler mais je ne vois pas qui est cette Dame dont vous parlez. »

Gourmande pourrait certainement lui en dire plus. A moins qu'Ambre ne sache quelque chose ?
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Lun 16 Mar - 17:03
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
Messages : 132
Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
La réponse d'Onyx aux balbutiements d'Ambre surprit grandement cette dernière. C'était donc ainsi qu'il considérait son rang ? La cervienne n'avait jamais entendu un noble raisonner ainsi, pour le peu de nobles qu'elle a rencontré et côtoyé. Alors qu'ils arrivaient au premier étage, la rouquine eut du mal à dissimuler le fait qu'elle observait son interlocuteur tant elle était intriguée et admirative des paroles prononcées par le Hurlevent. Ainsi il se considérait ici à sa place, indépendamment de l'origine sociale d'Ambre voire de son don pour l'Art, juste car la jeune fille qui avait manqué de le renverser tantôt avait besoin d'aide... l'apprentie sentit une étrange et douce chaleur partir du creux de son ventre et parcourir tout son corps et elle ne détourna finalement les yeux que lorsqu'elle vit la dénommée Gourmande sortant d'un appartement.

Onyx s'adressa à la domestique, laissant le loisir à Ambre de méditer encore un peu les paroles qu'il avait précédemment formulées. La cervienne ne revint à la réalité que lorsqu'elle entendit la cuisinière refuser leur requête... du moins partiellement. L'agréable chaleur qui tournait dans le ventre de la rouquine disparut presque aussitôt et le visage de la jeune fille se ferma. Les prenait-elle donc pour des escrocs ? Encore qu'elle, la cervienne avait conscience de n'être qu'une parmi tant d'autres dans ce château mais Onyx... même sans le connaître, n'est-il pas évident qu'il n'avait rien d'un voleur ? De plus, ils ne comptaient pas les lui voler, ces pauvres boites et animaux en bois qu'elle avait rassemblé ! Jeter un simple coup d’œil dans une boite était devenu un acte suspicieux à présent ? Ambre sentait que ses traits se tiraient sous le coup de l'agacement mais son visage se détendit lorsque Onyx reprit la parole, acceptant le marché proposé par la cuisinière. L'artiseuse regarda le grand brun, plutôt étonnée : lui qui pouvait exiger n'importe quoi d'un claquement de doigt, il semblait vouloir emprunter le chemin le plus long pour parvenir à ses fins. C'était tout à son honneur mais elle, tout ce qu'elle voulait, c'était plonger sa main dans le sac pour attraper la vieille boite de Tilleul et y chercher sa bague...

Gourmande parla d'une certaine Dame Blanche et, lorsque Onyx chercha des informations du regard du côté d'Ambre, il ne rencontra que de l'incompréhension. La cuisinière lui décrivit alors la personne en question.

- Dame Blanche Legrand habite au deuxième étage. C'est une bourgeoise originaire de Bauge, une célèbre couturière ! Elle habite au château depuis quelques années maintenant avec sa petite suite et elle a ses habitudes qu'elle aime qu'on respecte. C'est une femme de poigne, je ne connais pas beaucoup de personne qui sont à l'aise en sa présence hormis ses demoiselles de compagnies...

A la fin du portrait, Onyx obtint de Gourmande que celle-ci les attende dans le hall avant de partir pour le bourg : lui et Ambre reviendraient avec quelque chose de la part de Dame Blanche. Ensemble, il se dirigèrent donc vers les appartements de la bourgeoise.
Lorsqu'il toquèrent à la porte, ils n'attendirent que quelques instants avant qu'une dame âgée ne leur ouvre. Malgré son grand âge, elle se tenait encore bien droite, élégamment et chaudement habillée malgré la chaleur qu'il était possible de sentir depuis l'entrée du logement. Ses longs cheveux blancs tirés en arrière et noués en chignon n'adoucissaient guère son visage qui ne se dérida que lorsqu'elle détailla un peu plus les deux personnes qui lui faisaient face.

- Oui ? Que puis-je faire pour vous, mes chers enfants ?

- Eumh... êtes... êtes-vous bien Dame Blanche Legrand ?

- Tout à fait.

- Je m'appelle Ambre Dardent et voici Sire Onyx Hurlevent. Nous venons vous voir car nous avons une requête à vous adresser.

Blanche parut surprise : cette petite n'avait rien d'une domestique puisque la baugienne reconnut le nom d'une des apprenties royales dont les noms circulaient quelques fois dans les salons, quand à l'homme... elle savait qui il était, en particulier grâce à son nom, ce qui ajoutait d'autant plus au trouble de la femme aux cheveux blancs. La vieille dame détaillait d'ailleurs un peu plus le ripponais et un mince sourire étira ses lèvres.

- Je suis curieuse de savoir ce qu'une apprentie Artiseuse et un gentilhomme de haute naissance pourraient me demander. Je vous en prie, entrez !

Blanche s'écarta, laissant la place aux deux Artiseurs. Le salon était décoré avec goût mais sans que ce soit trop chargé. Deux canapés bien moelleux se faisaient face, séparés par un épais tapis aux dessins typiques de Bauge. Sur la table basse entre les deux sofas, un service à thé attendait d'être utilisé, la théière était justement en train de chauffer dans la cheminée où deux bûches brûlaient bien. Il n'y avait qu'une seule tasse sur le plateau mais l'occupante des lieux se dirigea tout de suite vers une commode pour sortir deux autres tasses et leurs soucoupes.

- Je vous en prie, prenez place ! Je comptais boire un thé à la menthe mais si vous le souhaitez, je peux apporter d'autres essences plus à votre goût. Ce n'est pas tous les jours que l'on reçoit deux invités de votre qualité !

Ambre n'était pas très à son aise et le fait d'être entrer dans les appartements de la bourgeoise et de se faire ainsi inviter n'aidait pas vraiment. Tout ce qu'elle voulait, c'était retrouver sa bague et, malgré l'amabilité et le sourire de la dame, on sentait bien que c'était une femme de caractère, pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. La cervienne espérait que cela ne prendrait pas trop de temps et observait Onyx du coin de l’œil : quelle était sa stratégie pour amener la dame à faire preuve de charité ?
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Mar 17 Mar - 23:50
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
Messages : 30
Ce qui s'était installé entre eux sans qu'aucun ne le désire devint une habitude. Ce silence durant les déplacements avant que l'un ou l'autre prenne la parole au gré des envies de chacun. La réponse qu'Onyx lui avait faites concernant la manière dont il pensait son devoir et le pourquoi de sa présence avait impressionné la demoiselle. Le noble le remarqua après qu'une intervention de son homme de l'ombre lui ait appris qu'elle semblait admirative, ce qui fit sourire le Ripponais. Il se sentait bien, ce petit tour lui changeait les idées et la compagnie de l'apprentie artiseuse était des plus séduisantes.

Quand ils arrivèrent devant les appartements de cette dame, Ambre prit les choses en main. Une femme d'un certain âge à l'air sévère leur ouvrit et demanda ce qu'elle pouvait faire pour eux. A l'écoute de sa partenaire, la bourgeoise fut toute disposée à les laisser entrer sans en avoir appris le moins du monde sur les motifs de leur visite. Maintenant qu'il l'avait devant lui, Onyx se souvint qu'il avait déjà aperçu cette personne lors d'une soirée ou l'autre. Elle était souvent accompagnée de femmes plus jeunes qu'elles qui étaient pour ce qu'il pouvait se souvenir, de grandes beautés. Nul doute qu'Ardent aurait pu les détailler de pied en cape de tête. Mais l'héritier aurait également déjà tenté de les attirer dans son lit s'il était resté à Castelcerf.

Les jeunes gens entrèrent et détaillèrent les lieux. Il faisait chaud et la pièce était décorée avec goût. Apparemment son duché lui manquait parce qu'il y avait plusieurs choses venant de là-bas. Pourquoi avait-elle décidé de tout quitter pour venir s'installer ici ? A moins qu'elle n'ait gardé une propriété en Bauge ? Onyx n'en savait rien parce qu'il n'avait pas cherché à savoir qui habitait le château en dehors des nobles.

« Merci de nous recevoir chez vous et à l'improviste. J'espère que l'on ne dérange pas quelque projet en cours ? »

Onyx se dirigea vers l'un des canapés et laissa Ambre passer devant lui pour qu'elle s'installe la première. Ce fut seulement quand elle fut assise qu'il se permit d'en faire autant.

« Vous êtes bien aimable. Un thé à la menthe sera parfait. Loin de nous l'envie de faire les fines bouches. Déjà que nous venons vous déranger sans que cela soit planifié. »

Quand leur hôte revint avec le matériel manquant, Onyx se leva le temps que Blanche s'installe à son tour. Il faisait ainsi preuve de respect envers la gente féminine. Nul doute que cette vieille dame se demandait ce qui les avaient motivé à venir frapper à sa porte. Le cadet d'une des familles les plus puissantes du Royaume devait avoir de sérieuses motivations pour, en pleine journée, faire irruption dans les appartements de quelqu'un à qui il n'avait jamais adressé la parole.

« J'imagine que votre temps est précieux et c'est pourquoi je vais aller droit au but. Nous sommes ici pour retrouver la bague d'Ambre. Pour ce faire, Gourmande nous a demandé de venir vous trouver parce que cette personne connaît votre influence auprès des gens que vous côtoyez. Elle œuvre sur son temps libre pour les réfugiés venant toujours plus nombreux aux Halles. Vous n'êtes pas sans savoir, je présume, qu'elle fait régulièrement le tour du château à la recherche d'objets divers comme des jouets ou de vêtements pour ceux qui n'ont plus grand chose. Elle est bien consciente de vous avoir causé du tord par le passé et regrette profondément. N'osant pas vous importuner, elle nous a gentiment demandé si nous pourrions vous apporter ses excuses et vous demander si vous ne pourriez pas glisser un mot à vos ami(e)s en sa faveur pour qu'elle puisse, avec votre aide, apporter ce qui manque à ceux qui n'ont plus rien. »

Onyx n'avait pas envie de faire patienter cette dame, elle donnait l'impression de quelqu'un qui aimait bien que les choses soient claires.
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Ven 20 Mar - 17:23
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Implicitement encouragée du regard par Onyx, Ambre prit place sur un des deux canapés et hocha la tête lorsque le grand brun, qui s'était assis à côté d'elle, accepta simplement le thé à la menthe. Si la rouquine l'avait pu, elle ne se serait même pas assise : l'idée de savoir où se trouvait potentiellement sa bague et de ne pas pouvoir aller la chercher lui serrait la gorge. Pourquoi tout devait être si compliqué ? Pourtant, l'apprentie prenait sur elle : maintenant qu'ils étaient là, ils ne pouvaient plus faire machine arrière. Blanche semblait beaucoup apprécier la galanterie dont faisait preuve le ripponais et s'activait pour leur préparer le thé tandis que le gentilhomme lui expliquait la raison de leur venue. Ambre fut assez surprise par le discours très direct de son compagnon d'infortune : ne craignait-il pas que la baugienne s'agace d'entendre parler d'une domestique qui l'aurait irrité par le passé ?

Blanche écouta attentivement le jeune homme, haussant un sourcil interloqué lorsqu'il mentionna Gourmande. La vieille dame leva son deuxième sourcil lorsque le ripponais lui expliqua tout le processus qu'avait engagé la cuisinière et ce qu'elle espérait retirer de son influence auprès des autres habitants du château. Tout en finissant de préparer le thé, la baugienne semblait cogiter. Lorsque tout fut enfin prêt, elle s'assit à son tour, laissant son breuvage infuser le temps de rebondir sur les propos d'Onyx.

- Quelle aventure vous vivez là mes chers enfants ! Et tout cela pour une bague. C'est que celle-ci doit vous être très précieuse, ma chère petite.

Ambre, les pommettes rosées, croisa brièvement le regard de Blanche : l'apprentie craignit d'y trouver de la moquerie mais n'y vit finalement que de la compassion et une étincelle de malice.

- En ce qui concerne Gourmande... je trouve tout de même qu'elle a bien du culot de vous demander ceci. Je salue naturellement sa générosité mais enfin, avec cette requête qu'elle vous a confié, en plus de me faire passer pour une femme acariâtre, elle vous dérange, vous qui avez très certainement d'autres obligations à remplir.

L'ancienne couturière de renom regarda alternativement ses deux interlocuteurs : une apprentie Artiseuse et un noble de haute naissance envoyé en représentant à la Cour par sa ducale famille, il était évident que ça ne passait pas ses journées à se tourner les pouces ; les deux jeunes gens avaient donc clairement mieux à faire que de jouer les pigeons voyageurs pour une domestique craintive.

- N-mais non enfin, nous vous assurons... Il ne nous ai jamais passé par l'esprit que vous étiez une personne... acariâtre, pour reprendre vos termes. Gourmande... nous a dit que vous étiez une couturière de renom en Bauge et... il me semble maintenant évident que vous êtes une femme d'affaires accomplie et simplement... très sûre de ses goûts.

Au fond d'elle, plus elle parlait, plus Ambre s'auto-flagellait de sa témérité et de sa diplomatie bien médiocre comparée à celle d'Onyx. Elle était clairement moins entraînée que lui à cet exercice et plus elle parlait, plus elle était convaincue qu'elle allait devoir laisser le grand brun reprendre la main sur ce terrain-là.
Pourtant, Blanche ne se trouva pas vexée par les propos de l'apprentie ; mieux encore, elle gloussa, comme amusée. La baugienne se pencha pour surveiller l'infusion du thé, le sourire aux lèvres.

- Que de flatteries ! Je dois dire toutefois que, sans m'élever sur un piédestal, j'ai effectivement ma petite réputation dans le milieu. Après tout, ce sont les Legrand de Gué-de-Négoce qui ont habillé les Ducs et Duchesses de Bauge pendant de nombreuses années.

La rouquine eut du mal à cacher sa surprise. Blanche n'était pas noble mais était sûrement plus riche que certains d'entre eux, ce qui expliquait sa suite tout à fait correcte et son service à thé raffiné.

- Vous... vous devez donc connaître beaucoup de personnes en Bauge mais également à Castelcerf, n'est-ce pas ?

- Oh vous savez, en Bauge, beaucoup de choses ont changé... J'ai laissé la main à mes fils et à mon frère cadet depuis déjà plus de vingt années. Blanche marqua une pause, les lèvres légèrement pincées. Il semblait que parler de Bauge l'émouvait. Du peu qu'elle savait de la situation de ce duché de l'Intérieur, Ambre se fit la réflexion que l'apparent abattement de la bourgeoise y était peut-être lié. En contrepartie, cela signifie que j'habite entre les murs de Castelcerf depuis vingt ans et j'y ai donc mes habitudes... et mes habitués. Je n'ai pas la prétention d'animer le plus grand des salons mais nous nous y plaisons bien.

Elle avait donc établi des relations solides avec des habitants de la forteresse royale, certainement d'autres bourgeois comme elle, peut-être des nobles ?

- Accepterez-vous de leur parler de l'initiative de Gourmande ? demanda l'apprentie, pleine d'espoir.

- Mmh... je pourrais, oui, mais à une condition. La vieille dame se releva et servit le thé, devançant Onyx afin que celui-ci reste assis. Lorsqu'elle se rassit, sa tasse à la main, la baugienne arborait un grand sourire malicieux. Si cela vous est gré, accepterez-vous d'écouter une vieille dame et de répondre à une question le temps d'une tasse de thé ?

Ambre inspira profondément, en silence, tout en prenant sa propre tasse de thé en guise d'approbation. La cervienne était en train de puiser dans ses réserves de patience : il était finalement assez agréable de discuter avec Blanche car celle-ci ne s'encombrait pas des conventions avec les deux jeunes gens mais en attendant, Gourmande continuait de se promener dans le château avec la bague d'Obsidienne dans le sac. Blanche huma son breuvage, les yeux clos, puis reprit la parole.

- Gourmande est peut-être une étourdie mais on ne peut nier qu'elle a du cœur. Elle fait donc partie des personnes qui visitent ces pauvres réfugiés... pour être tout à fait honnête, je ne suis pas beaucoup descendue aux Halles mais mes demoiselles de compagnie y vont régulièrement, elles y sont d'ailleurs en ce moment-même. Voyez-vous, j'ai deux nièces, Belle et Colombe. Je m'occupe également de la fille d'amis vivant à Beauxcôteaux, Ténacité Marchal. Toutes trois s'investissent énormément pour soutenir ces pauvres gens. Cela fait tant d'années que nous nous côtoyons, ces petites sont comme mes filles, Ténacité y compris. Je suis admirative de la pugnacité dont elle fait preuve, vous savez, un vieil accident de chasse l'handicape au point qu'elle doit se déplacer avec une canne. Et pourtant, elle marche jusqu'aux Halles chaque fois que cela est nécessaire sans jamais se plaindre. C'est une brave enfant, très belle aussi, ce qui ne gâche rien.

L'apprentie but prudemment une première gorgée de thé, fascinée par tout ce que la baugienne semblait avoir à raconter : les dames du château ne semblaient jamais en manque de discussions. La rouquine ne connaissait aucune des trois filles que Blanche mentionnait et la vieille dame ajouta après avoir également goûté à sa boisson :

- Ces petites font ma fierté, à n'en pas douter. A leur échelle, elles essayent de faire le bien autour d'elles. J'en viens donc à la question que je souhaitais vous poser. Blanche regarda Ambre et Onyx par-dessus sa tasse, les yeux plissés par la malice. Vous deux... que faites-vous pour rendre le monde meilleur ?
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Dim 22 Mar - 15:54
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
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Être direct avait semble-t-il été la bonne solution. Sans savoir pourquoi ni comment, Onyx avait eu cette intuition. Voilà pourquoi il était si bon dans son domaine et pourquoi son père avait décidé de l'envoyer lui plutôt que de laisser son premier fils à la Cour. Il sentait les choses et les gens. Parfois, il en était conscient et parfois, c'était instinctif. S'il utilisait correctement ce don, nul doute qu'il ferait de grandes choses pour son duché.

Blanche trouvait l'histoire fascinante et eut directement de la compassion pour l'apprentie artiseuse. Dans un second temps, elle fut perplexe et comme légèrement irritée de voir qu'une simple domestique faisait courir un noble de son rang et une dame de la condition de la rouquine. Les propos qu'Ambre eut plus tôt revinrent un peu dans ceux de la vieille dame.

*Qu'ont-ils tous à penser que j'ai mieux à faire ? Pensent-ils que l'on est toujours en train de réfléchir à sauver le Royaume ?*

En temps normal, la vie à la Cour n'était pas si éreintante. C'était la situation extrême que vivait le pays qui amenait les puissants à davantage de travail. En temps normal, ils relataient simplement les nouvelles et prenaient part à l'une ou l'autre décision sans grande importance. D'ordinaire, il avait du temps pour lire ou se balader. Mais ce qui fit tiquer leur interlocutrice était le fait que pour elle, une domestique s'était permise de la critiquer. Rien ne valait la réputation et la critique, fondée ou non, était toujours dangereuse. Suivant de qui cela venait, on y accordait plus ou moins de crédit. En l’occurrence, c'était une domestique et donc la menace n'était pas forcément très grande. Bien que d'avoir une bonne image auprès du petit personnel était toujours bon à prendre. Voilà la raison pour laquelle Onyx avait décidé de jouer le jeu plutôt que de s'imposer auprès de Gourmande. Ainsi, la prochaine fois, elle aurait une dette envers lui.

Pensant que la bourgeoise était vraiment contrariée, Ambre se lança dans une désastreuse tentative pour protéger la cuisinière. Malheureusement pour elle, on voyait clairement qu'elle n'était pas habituée à prendre la parole en public et n'était absolument pas formée à ce genre de pratique. Néanmoins, sa tentative eut le loisir de faire sourire la femme et intérieurement Onyx. Ce dernier se montrait avenant mais dans sa tête, il était concentré. Il n'était pas dupe, c'était une négociation qui était à l’œuvre et chaque parole prononcée pouvait avoir son intérêt.

Ainsi, ils apprirent qu'elle avait fait fortune en habillant la famille régnante de Bauge. Et il était clairement évident qu'elle en était très fière, qu'elle en retirait beaucoup de satisfaction personnelle. Au fond d'elle, cette femme devait être quelqu'un de vaniteux. Si Onyx arrivait à garder un visage normal mais intéressé, il en était tout autre avec l'apprentie artiseuse qui semblait étonnée par le récit de leur hôtesse. Elle n'était pas de ce monde, il était logique que ça soit une découverte pour elle. Dans les livres qu'il avait parcouru en long, en large et en travers, il y en avait des centaines d'histoires similaires La suite fut beaucoup plus intéressante du point de vue du noble. Elle parla du duché dont elle provenait et marqua un temps d'arrêt dans son récit. L'homme vit clairement ce pincement des lèvres, fugace mais néanmoins présent. Cela pouvait vouloir dire deux choses... Son duché lui manquait ou ce qu'il se passait là-bas lui déplaisait. Sinon pourquoi habiter de façon permanente au château ? Il y avait sans doute quelque chose à creuser par là mais il n'était pas présent pour ce genre d'histoire. Néanmoins, il prit le temps de communiquer discrètement par l'Art avec Serwin pour lui rapporter en gros les paroles de Dame Blanche Legrand et lui demander d'enquêter là-dessus.

La vieille couturière continua en disant que vu que cela faisait un moment qu'elle était à Castelcerf, elle y avait ses habitudes et sa cour même si ça n'était pas de cette manière qu'elle présentait les choses. Elle appréciait grandement d'avoir des gens qui venaient régulièrement la visiter pour sa conversation mais l'hypothèse qu'en avait Onyx, c'était que ces gens venaient sans doute pour lui demander conseil. De ce fait, elle aimait le pouvoir qu'elle en retirait. Ambre comprit que la femme devait avoir un réseau assez important qui serait d'une grande aide à la cuisinière. Elle demanda donc si Blanche accepterait de mettre ses connaissances à profit. Le thé avait assez infusé et leur hôtesse versa dans chaque tasse un peu de menthe. Sa réponse n'étonna nullement le diplomate... Elle accepterait à une condition !

*Nous voilà dans le vif du sujet...*

Elle demandait qu'ils l'écoute en buvant une tasse de thé ? L'écouter, c'est ce qu'ils faisaient déjà depuis le début. Force était de constater que la bourgeoise aimait parler. Sans doute qu'elle devait être le centre d'intérêt des salons qu'elle fréquentait. L'espace d'une seconde, Onyx se demanda si Blanche apprécierait son frère aîné. Deux personnes qui veulent briller dans la même pièce ? En général, ça ne plaisait pas à l'autre partie. Il se dit sans doute que non. Pour toute réponse à la demande de l'ancienne couturière, Ambre prit sa tasse et se réinstalla confortablement dans son divan et l'artiseur fit de même avec un sourire pour encourager la dame à continuer son monologue.

Elle parla de la cuisinière au grand cœur, des réfugiés des Halles et de ses nièces ainsi que de la fille d'amis à elle. Une dame handicapée se déplaçant avec une canne. Onyx avait déjà aperçu cette demoiselle à l'une ou l'autre occasion. Il ne l'avait pas approchée ni ne savait son nom, cette erreur était désormais effacée. Il s'agissait donc de Ténacité Marchal. Mais pourquoi lui avait-elle été confiée ? De ce qu'Onyx comprenait du discours de la dame, ses parents étaient toujours en vie alors pourquoi avait-elle été envoyée à la Capitale ? Blanche ne faisait pas partie de la famille, elle n'était pas la grand-mère de Ténacité. En général, on confiait ses enfants à un membre de la famille ou une connaissance proche pour qu'elle serve de mentor. Était-ce le cas de Blanche Legrand ? Ré ouvrant son canal de communication avec Serwin, Onyx demanda à son homme de main de se renseigner également sur les trois demoiselles. Toute information était bonne à prendre en politique. Blanche n'était pas noble mais semblait jouir d'un pouvoir plus important qu'elle ne voulait bien le faire croire. Si jamais il avait besoin de faire pencher un accord en sa faveur, il se pourrait qu'il se tourne vers cette dame pour lui venir en aide. De ce fait, plus il connaîtrait de choses sur elle et plus facile serait la négociation.

Pendant ce laïus, Onyx bu régulièrement une gorgée de sa tasse de thé qui était délicieuse. Il sourit néanmoins quand la femme parla de la beauté de cette fille qu'elle élevait comme la sienne.

*A l'entendre, on pourrait penser qu'elle cherche un bon parti. Fais attention mon vieux où tu vas apprendre qu'une demande a été envoyée à tes parents plus vite que tu ne le crois...

Que faisaient-ils pour rendre le monde meilleur ? Vaste question... Onyx regarda sa partenaire puis Blanche et avec un petit sourire en coin répondit :

« Je ne peux parler pour Ambre mais en cet instant, je pense pouvoir dire que ce que l'on fait de bien pour ce monde, c'est vous écouter parler chère Madame. »

Et voilà le légendaire humour Hurlevent en pleine action... Une petite phrase qui semblait piquante mais qui n'avait pas une once de méchanceté. C'était en général utilisé pour commencer les tractations et réunions importantes. Ce dernier point, personne ne le savait mais de ce fait, Onyx montrait qu'il prenait les choses au sérieux.

« Plus sérieusement, pour le monde, je ne fais rien. Je me contente de servir au mieux de mes capacités ma famille et mon duché. C'est la raison pour laquelle j'ai été envoyée à Castelcerf et c'est la raison pour laquelle je jetterai toutes mes forces dans chaque bataille que j'aurai à mener. »

Les Hurlevents étaient des passionnés que ça soit en politique ou sur un champ de bataille. Ardent avait ses armes, Onyx avait les siennes. Et chacun apporterait la meilleure partie d'eux-même à leur maison. Il termina sa tasse de thé et finit par ces mots :

« Maintenant, quand l'occasion se présente d'aider mon prochain comme c'est le cas aujourd'hui, j'avoue prêter volontiers assistance. »

Il tourna sa tête vers la rouquine et lui fit un doux sourire.
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Jeu 26 Mar - 21:49
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
Messages : 132
Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Ambre du se retenir d'écarquiller les yeux de façon trop évidente à la question de la vieille dame qui tombait un peu comme un cheveu sur la soupe en coupant court à son monologue où elle vantait la générosité et la beauté de ses demoiselles de compagnie. Que répondre à cela ? Onyx parut inspiré puisqu'il commença, non sans glisser un trait d'humour qui fit sourire Ambre et glousser une nouvelle fois Blanche. Le grand brun savait faire preuve de finesse et que cela desserve sa cause. L'apprentie était admirative d'une telle qualité, d'autant plus qu'Onyx la mettait au service de leur quête.

Le ripponais expliqua donc son point de vue. Manifestement, sa famille et son duché passaient avant tout chose ; ce n'était guère surprenant, l'honneur étant une notion particulièrement importante dans la noblesse. De là à dire qu'Onyx ne faisait rien pour le monde, la rouquine n'en était pas si sûre : les Duchés avaient un poids qui allait au-delà de leurs frontières régionales, les Ducs et Duchesses faisaient toujours en sorte d'avoir des membres de leur famille ou des émissaires pour les représenter auprès du Roi. Sans connaître toutes les ficelles complexes de la politique, l'apprentie se doutait bien que ces ambassadeurs n'étaient pas là pour faire office de meubles décoratifs. Ils avaient certainement du temps libre puisque Onyx lui avait dit qu'il n'avait pas systématiquement des choses importantes à faire - tout du moins, il savait les mettre de côté - mais lorsqu'ils étaient réclamés par le Roi, ce n'était sûrement pas pour boire du thé et en discourant avec légèreté comme ils étaient en train de le faire.

Le jeune homme termina rapidement sa tasse de thé, a priori peu gêné par la température du breuvage. Lorsqu'il acheva son petit discours et se tourna vers Ambre avec un agréable sourire aux lèvres, celle-ci était en train de boire et en fut plutôt heureuse car le rose qui lui monta aux joues pouvait donc être du à la boisson chaude.

- C'est tout à fait honorable, Sire Onyx. Vous me semblez avoir une vision plutôt terre-à-terre de la chose. De ma petite expérience de Cour, je dois dire qu'ils sont peu à penser comme vous.

La baugienne marqua une pause en sirotant une gorgée mentholée ; elle semblait satisfaite de ce que lui avait répondu le Hurlevent, cela semblait l'avoir réellement intéressé. Blanche posa alors son regard brun sur Ambre, un nouveau sourire étirant ses lèvres fines.

- Et vous, mademoiselle Dardent ?

Cela faisait déjà quelques instant que l'apprentie cogitait sur ce qu'elle pouvait dire. Elle abaissa sa tasse, la tenant reposée sur ses deux mains jointes.

- Je ne pense pas faire de grandes choses pour le monde, vous savez... mais j'apprend. Auprès de Dame Puissante de Brumebaie d'abord et au Temple d'Eda également où je suis les enseignements d'une Sœur pour savoir soigner les malades et les blessés. J'imagine qu'il y a une place pour chacun dans notre monde... et je m'efforce de trouver la mienne.

La cervienne avait suffisamment pensé sa réponse pour éviter au maximum les bégaiements et les hésitations. Elle soutint un peu le regard de son interlocutrice puis but de nouveau une gorgée de thé en attendant la réponse de Blanche, qui ne se fit guère attendre.

- Chacun à sa place dans notre monde... j'aime bien cette idée. Elle est rassurante. Qu'en pensez-vous, Sire Onyx ?

Ambre coula un regard vers le Hurlevent, continuant de boire avec mesure et constance sa boisson : maintenant qu'ils avaient tous deux répondu à la question de Blanche, ils allaient sûrement pouvoir sortir rejoindre Gourmande d'ici peu. Mieux valait donc pour elle qu'elle finisse son thé.
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Sam 28 Mar - 14:28
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
Messages : 30
La réponse qu'il fit à Dame Blanche semblait la satisfaire et passa donc à Ambre. Comme il lui était coutume de le faire, le cadet Hurlevent perdit le fil de la conversation pour se perdre dans ses pensées. A la différence que cette fois, ça n'était pas un ouvrage qui lui revenait en tête mais les paroles de cette vieille dame. Il était étrange que cette femme ait parlé de Ténacité plus que de son propre sang. D'habitude, les femmes de son âge ne tarissaient pas d'éloges à propos de leurs enfants, petits-enfants. Cela dépendait évidemment du lien qu'ils avaient tissés. Là pour le coup, le lien semblait fort mais quelque chose clochait. Cette femme était réellement admirative du sens civique de ses nièces mais Onyx ne se l'expliquait pas, il avait l'impression que son interlocutrice attendait plus de choses de cette fille handicapée que de son propre sang. Pourquoi ?

Il dû recevoir une sorte de claque mentale parce que le Ripponais revint dans la conversation au moment où Ambre affirmait qu'il devait y avoir une place pour chacun et qu'elle s’efforçait de trouver la sienne. Ce qui n'était pas chose aisé. Elle était timide mais loin d'être bête cette jeune fille rousse. Les paroles de l'apprentie artiseuse plurent également à leur hôtesse. Et comme il était souvent question, dans ce genre de discussion, les gens cherchaient systématiquement à savoir son avis sur la question. Combien de fois cela était-il arrivé ? En réunion ? Lors d'une fête dans un salon ? Dans une discussion moins formelle ? A chaque fois, on cherchait à savoir ce qu'il pensait. La famille dont il provenait devait sans doute être l'une des raisons. Certains nobles n'osaient pas bouger sans l'aval de maisons plus puissantes. L'intelligence d'Onyx se faisait peu à peu connaître à la Cour mais est-ce qu'elle était parvenue jusqu'à Blanche cette rumeur ?

Il regarda sa tasse de thé vide et se redressa tout en mettant son menton sur ses mains jointes, les coudes appuyés sur ses genoux. Il se laissa quelques secondes de réflexion et répondit :

« Peut-on être soi-même au milieu des autres ? Y-a-t-il une place pour moi parmis eux ? Faut-il se créer sa place ou la trouver ?

Ces questions, tout le monde se les pose à un moment ou à un autre. Certains des plus brillants esprits ont même écrit des parchemins sur la question. Je ne les ai pas tous parcouru mais j'en ai lu une partie. Et l'un d'entre eux dit :

L'individu et le collectif ne s'opposent pas mais se complètent. Penser à soi, s'affirmer et faire attention à soi ne fait pas d'un homme un égoïste. A l'inverse, s'occuper des autres et agir pour le bien d'autrui ne fait pas de ce même homme un être sacrifié. Ces deux aspects de l'homme qui à un moment se tourne vers lui-même et à un autre vers son prochain donnent un être en parfaite harmonie avec le monde qui l'entoure.

Donc si chacun se sent libre d'être lui-même et d'agir sans se trahir, nous pouvons tendre à grandir chacun individuellement en tant qu’Être et en définitive grandir tous collectivement en tant que Royaume. »


Il regardait devant lui comme s'il n'y avait personne. Il avait toujours la même posture et sa respiration était régulière. Se sortir d'une situation par une lecture qu'il avait faite était quelque chose qui lui arrivait fréquemment. Chacun trouverait dans ce qu'il venait de dire ses réponses ou non. Il n'était pas là pour dispenser un cour de philosophie et de rhétorique. Pour l'heure, il avait plus important à faire et il était temps d'avancer dans cette quête...

« Discuter avec vous est un vrai plaisir Dame Blanche. Si cela ne tenait qu'à moi, je resterai tout l'après-midi mais nous avons des obligations. Pourrons-nous compter sur votre soutien pour le projet de cette domestique répondant au nom de Gourmande ? »

La visite devait se clôturer pour qu'ils puissent apporter la réponse et permettre à Ambre de fouiller ce sac. Ils avaient assez profité de la présence de leur hôtesse et, il l'espérait, prendre congé d'elle.


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Sam 4 Avr - 18:05
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Les deux femmes écoutèrent attentivement le petit laïus d'Onyx. Ambre s'arrêta même de boire, subjuguée par les paroles du ripponais - et par sa prestance, cela allait sans dire. Il semblait doué d'une excellente mémoire pour se souvenir ainsi sans faillir d'une lecture parmi les innombrables parchemins et codex que ses yeux avaient du parcourir. Lorsqu'il eut terminé, un petit silence s'installa au cours duquel Ambre se souvint qu'elle avait une tasse à finir. Bravant la chaleur du thé, elle termina de boire au moment où Onyx reprit la parole pour annoncer leur départ. Blanche. Cette dernière semblait également soufflée par les talents d'orateur du cadet de Rippon ; elle posa sa tasse de thé encore à moitié pleine sur la table et se leva.

- Tout à fait Sire Onyx, j'en parlerai à mes amis et à toute personne qui voudra prêter l'oreille à votre message.

La vieille dame raccompagna ses deux invités à la porte de ses appartements, un aimable sourire aux lèvres.

- Merci beaucoup pour le thé, Dame Blanche.

- Ce n'est pas grand chose ma chère, vous pouvez revenir quand vous voulez.

La baugienne regarda ses deux invités improvisés s'éloigner dans le couloir et, lorsqu'elle referma la porte de son logement, croisa les bras, plongée dans ses réflexions. Elle avait été très surprise de voir Ambre et Onyx devant elle, en particulier le jeune homme. Depuis le temps que Ténacité vivait à Castelcerf, elles avaient amplement eu le loisir de discuter de tous les aspects de la vie de la jeune femme, notamment de ce qu'il adviendrait si elle montait sur le trône de Bauge avec Audace ; la question du mariage avait été évidemment posé sur la table et Onyx Hurlevent était un parti plus qu'intéressant et avantageux, en particulier s'il s'adressait à une jeune Duchesse régnant sur un territoire voisin. Mais encore fallait-il en arriver là... Blanche soupira, un pauvre sourire aux lèvres : Ténacité allait-elle apprécier de savoir que sa protectrice avait tenté d'intercéder en sa faveur auprès du jeune homme afin que ce dernier la remarque ? Ce n'était pas sûr...

Pendant ce temps, Ambre et Onyx se dirigeait vers le grand hall d'entrée du château, espérant y trouver Gourmande. L'apprentie profita de ce nouveau silence pour repenser à cette entrevue. Blanche avait fait attention à elle mais la baugienne avait également beaucoup observé Onyx, d'autant plus qu'elle avait beaucoup parlé de ses demoiselles de compagnie... c'est qu'en plus d'être bien né, le ripponais ferait effectivement un bien beau mari pour n'importe quelle femme de la Cour. Mais Ambre pensait bien se souvenir que la couturière n'avait aucun titre de noblesse et il paraissait de même pour ses demoiselles de compagnie... l'apprentie poussa un petit soupir en se rappelant également que certaines femmes n'attendaient pas le mariage pour se rapprocher de certains hommes. Mieux valait qu'elle arrête d'y penser : ils avaient obtenu l'assentiment de Blanche et elle allait pouvoir récupérer la bague, c'était là tout ce qui importait.

Lorsqu'ils arrivèrent tous deux dans le hall, ils ne virent pas la domestique ; cette dernière devait être en train de finir son tour auprès des nobles habitants du château. Ambre et Onyx s'arrêtèrent donc dans un coin, la jeune femme surveillant les alentours pour ne pas la manquer. De temps en temps, la rouquine glissait tout de même un coup d’œil vers le ripponais ; elle éprouvait un peu de curiosité pour son bel accompagnant du jour, même si elle savait que ce n'était guère poli de l'être - du moins, c'était ce que sa mère lui avait enseigné.

- Que comptez-vous faire après que nous ayons résolu mon problème ?

L'heure du déjeuner approchait et, après cela, il restait tout un après-midi à occuper après tout, ce que la rouquine avait failli oublier tant la disparition de sa bague avait accaparé son esprit.
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Mar 7 Avr - 14:51
Onyx Hurlevent
Fils de Rippon
Onyx Hurlevent
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Il était temps désormais de se séparer de cette charmante dame. Elle était en quelque sorte une énigme pour Onyx mais nul doute qu'avec l'aide de Serwin, il saurait démêler certains fils. Elle semblait cacher beaucoup de choses et malgré sa tentative pour se faire discrète, avait avancé ses pions de manière trop évidente. Du moins, en ce qui concernait cette Ténacité. Voilà l'activité principale qu'aurait son homme de l'ombre désormais. Trouver tout ce qu'il peut sur ces demoiselles.

Il salua leur hôtesse et la remercia pour le thé tout en prenant congé d'elle. Comme toutes les fois où ils avaient marché de concert dans les couloirs, le silence s'installa entre-eux. Pour le coup, c'était en partie parce qu'Onyx se posait beaucoup de questions. Pour lui, l'affaire de la bague était entendue, Ambre allait retrouver son bien. Ce qui faisait un problème de moins et surtout un problème ayant abouti à une solution concrète. Devrait-il parler de cette entrevue avec ses parents ? Et si jamais il le faisait, comment réagiraient-ils ? Hardi s'emporterait certainement... Comment une Dame de la Bourgeoisie se permettait-elle de tâter le terrain alors que ces questions devraient passer par eux ? Sa mère, elle, attendrait que l'orage passe pour en placer une à moins que ça ne dure trop longtemps et finirait par faire taire l'origine de ce bruit qui lui prendrait sans nul doute la tête. Ensuite, elle en viendrait peut-être aux mêmes conclusions que son fils. Que cette histoire cache quelque chose et peut-être se fourvoierait-elle en pensant que c'est un stratagème Loinvoyant pour que sa famille soit moins puissante. Vraiment, il ne savait pas quoi en penser.

Ils arrivèrent dans le Hall et Onyx fut assez étonné. Il n'avait rien vu du trajet tout plongé qu'il était dans ses réflexions comme il lui arrivait souvent de le faire. Heureusement, ça n'était pas lors d'une conversation cette fois. Il n'allait donc pas tomber sur le regard étonné d'un interlocuteur qui se demandait s'il allait bien ou d'un impatient qui attendrait réponse à sa question.

Il s'installa donc dans un coin qui leur permettrait d'attendre de manière confortable ou du moins le plus confortable possible tout en ayant une vision des alentours. Ambre semblait ne plus tenir en place et regardait fréquemment partout autour d'elle pour voir si elle n'apercevait pas Gourmande. Elle devait être impatiente de fouiller ce sac et de retrouver sa bague. Onyx la regardait et sentait qu'il l'appréciait. Elle était gentille, discrète et très belle. Même si ce dernier point n'entrait pas forcément en ligne de compte sur l'avis qu'il se faisait d'elle, ça ne gâchait rien. Elle brisa ce silence de sa jolie voix et demanda ce qu'il allait faire ensuite. Il n'en savait rien, ça n'était pas lui qui tenait son emploi du temps, c'était Plume... Il n'avait pas souvenir d'avoir quoique ce soit d'important à faire parce qu'il mettait un point d'honneur à ne pas oublier les choses importantes.

« Hé bien, je n'ai pas... »

Une communication via l'Art de la part de Serwin vint interrompre sa réponse.

« Vous n'aviez sans doute pas grand chose de prévu jeune Seigneur mais je sens l'affolement de Plume qui est à votre recherche. Je l'intercepte et vous l'envoie pour que vous sachiez ce qu'il vous veut. »

« Très bien, merci Serwin. »

Il regarda Ambre qui faisait partie du peu de personne qui pouvait comprendre ce qu'il se passait. Après tout, elle apprenait à maîtriser cette magie.

« Excusez-moi, une information de dernière minute qui vient de m'arriver. Il semblerait que mon scribe me cherche et semble affolé. Ça lui arrive souvent, le jeune homme est compétent mais le stress le bouffe à une de ces vitesses, c'est assez impressionnant à voir. »

Qu'il était appréciable de pouvoir parler de sa magie ainsi sans avoir des yeux étonnés qui se demandaient de quoi il pouvait bien parler. Quelque seconde plus tard, on pouvait commencer à entendre des bruits d'épuisement. Plume qui courait à en perdre haleine et avait le visage tout rouge dû à l'effort qu'il fournissait. Onyx se redressa parce qu'il sentait que c'était assez urgent si son secrétaire s'était mis dans cet état pour le retrouver.

Ambre pourrait apercevoir un homme tout rouge, qui siffle beaucoup du fait de sa course. Il mesurait 1m65 avait des cheveux noirs et des yeux gris. Il n'était pas musclé mais n'était pas non plus gros. Il avait un corps normal mais qu'il n’entretenait pas.

« Ah vous... vous... vous voilà... Je.. pff pff pff ppff. »

« Du calme Plume, reprend ton souffle. »

Onyx s'approcha de cet homme et lui mis la main sur le dos parce que Plume était penché en avant avec les mains qui posaient sur ses genoux.

« Vous n'êtes... pff pff pff.. n'êtes pas... pff pff pff facile à pff pff pff trouver.. »

Il attendit quelques secondes de plus que ce stressé de la vie récupère pour lui demander ce qu'il lui voulait.

« Vous êtes attendu d'urgence auprès du Roi ! Réunion extraordinaire. Je n'en sais pas plus mais ça semble assez urgent. Du moins, c'est ce que j'ai cru comprendre quand on me l'a annoncé. »

Puis comme s'il venait de se rendre compte de la présence d'Ambre, il se tourna vers elle et lui dit :

« Bonjour, enchanté de vous rencontrer mademoiselle. »

On pouvait apercevoir Gourmande qui revenait de son petit tour avec son sac. Comme c'était sur le chemin, Onyx décida d'accompagner Ambre jusqu'au bout afin de s'assurer qu'elle retrouvait bien sa bague. Il confirma à la cuisinière que Dame Blanche appuierait son initiative et qu'elle en parlerait autour d'elle. Gourmande sembla grandement apprécier la nouvelle et autorisa donc comme promis Ambre à fouiller son sac.

Le devoir l'appelant, il lui dit :

« Je suis content pour vous et encore une fois, sincères condoléances. Mais faites face et n'oubliez pas ce que je vous ai dis. Ça vous aidera peut-être. Prenez soin de vous Ambre, apprentie artiseuse. Peut-être que l'on se recroisera encore. Après tout, ce château peut paraître plus petit par moments. Bonne journée et au plaisir de vous revoir. »

Il suivit Plume qui récupérait toujours de son effort et qui se plaignait du fait qu'il était difficile de devoir parcourir tout le château pour le trouver. De son côté, le noble ne l'écoutait qu'à moitié, son attention était toute tournée vers cette réunion qui n'était pas prévue. Quelle avait été la nouvelle qui avait décidé le Roi à appeler ses conseillers ?
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Mar 7 Avr - 22:04
Ambre Dardent
Apprentie Artiseuse
Ambre Dardent
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Localisation : Castelcerf ou Bourg-en-Castelcerf.
Onyx commença à répondre à Ambre mais le ripponais se stoppa dans sa lancée. La bouche restée légèrement entrouverte, comme suspendue aux mots que le jeune homme ne prononcerait finalement jamais, il fronça délicatement les sourcils, concentré. La légère surprise occasionnée par cette soudaine interruption amena la rouquine à regarder plus franchement le grand brun et elle reconnut assez vite ce type d'absence ; après tout, elle avait eu la même avec Dame Aurore il y avait quelques temps de cela, lorsqu'elles avaient pris le thé en Croissante. Lorsqu'Onyx revint à l'instant présent et s'excusa, la cervienne lui offrit un sourire simple.

- Ce n'est rien.

Au fond d'elle-même, Ambre était un peu rassurée de constater qu'elle n'était pas la seule à avoir du mal à concilier discussion orale et communication par l'Art. Elle ne savait rien du niveau réel de son interlocuteur mais elle avait entendu dire que la fratrie ducale de Rippon s'était déjà formée en clan, ce qui était une étape non négligeable ; les liens familiaux étaient clairement un atout majeur, la cervienne se doutait bien que le groupe des apprentis royaux n'était pas prêt de se constituer en un groupe solide avant encore un moment.

Il ne fallut que quelques instants avant que le silence ne soit de nouveau troublé, cette fois par une respiration haletante. Un jeune homme qui faisait sensiblement la même taille qu'Ambre déboula d'un couloir, le visage rougeaud. L'homme qu'Onyx nomma Plume reprit péniblement son souffle, plié en deux. Les deux mains jointes devant elle, la rouquine se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas laisser échapper un rire lorsque le secrétaire du ripponais, ayant repris son souffle, déclama avec solennité la raison de son arrivée, ce qui tranchait nettement avec son arrivée rocambolesque. La rouquine sourit à Plume et ploya légèrement la nuque lorsqu'il la salua ; au même moment, Gourmande apparut au bas des escaliers qui menaient aux étages.

Ambre se dirigea vers la domestique, suivie par Onyx et Plume qui allaient, de toute manière, prendre les escaliers pour rejoindre la salle du Conseil. Le ripponais assura à la petite dame que Blanche Legrand avait promis d'accéder à sa requête ; cette dernière accepta donc d'ouvrir son sac, également encouragée par la tension qui habitait les épaules de la pauvre rouquine qui se tenait devant elle, attendant péniblement le moment de chercher dans quel jouet sa bague était cachée. Ambre écarta rapidement les chevaux et soldats de bois ainsi que l'unique poupée que Gourmande avait pu récupérer, prenant seulement les boites. Finalement, en remuant l'une d'elle, elle entendit un objet frappant contre le bois ; en l'ouvrant, elle vit enfin son bien si précieux.

Un grand sourire aux lèvres, Ambre se redressa et remit la bague à son doigt, serrant ensuite le poing comme de peur qu'elle ne disparaisse de nouveau. Elle remercia Gourmande avec chaleur, cette dernière parut ravie puis s'éloigna en direction de la sortie du château. La cervienne montra donc sa bague à Onyx mais celui-ci était discrètement pressé par son secrétaire inquiet. Le ripponais salua finalement la petite artiseuse, non sans omettre de réitérer ses condoléances et ses encouragements.

- Moi de même, au revoir Onyx...

Celui-ci s'éclipsa rapidement, talonnant Plume qui semblait remonté comme une horloge tant il marchait vite, le dos raide devant son seigneur. Les mains jointes sur son ventre, Ambre prit une longue inspiration, chuchotant pour elle-même :

- A bientôt, j'espère...

Elle baissa les yeux sur sa bague, un sourire rêveur aux lèvres. Dehors, la pluie tombait drue, la jeune fille prit donc le chemin de son logement, ses yeux ne quittant guère le bijou à son doigt. Monté sur l'argent aux décorations arboricoles un peu simplistes, l'onyx luisait d'un éclat sobre, épargnée de toute impureté ; la cervienne reconnaissait bien là le talent de son père pour le choix et le travail des pierres. Une chaleur tournoyait dans son ventre et montait de temps à autre réchauffer son visage lorsque les pensées de la rouquine dérivaient sur le visage et la voix du cadet de Rippon : cette bague incarnait finalement bien des choses. Elle était à la fois le dernier cadeau d’Obsidienne, sa sœur aînée tant aimée, ainsi que le souvenir incarné de sa rencontre avec Onyx, pour qui elle ressentait déjà une grande affection. Cela rendait l'anneau d'autant plus précieux aux yeux de l'apprentie.
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