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Dim 17 Nov - 2:29
Ayis Sétif
Berger en errance
Ayis Sétif
Messages : 31
Localisation : Castlecerf
Au campement des Halles, 13e jour de Grain 1045

C'était au couchant, comme souvent, que commença le conte. Il avait fallu laisser décroître la lumière, il avait fallu ranger les outils et le labeur du jour, il avait fallu laisser s'éteindre un peu la rumeur de la ville. C'était l'heure : Ayis savait, il savait qu'elle aurait du être douce comme du miel, en ce mois de la reverdie qui aurait ramené les longs crépuscules tiédis par les premières chaleurs du printemps. Il n'en était rien, toutefois, rien que la grisaille et la nuit froide qui tombait lourdement sur la ville. Pourtant, pourtant là où on avait érigé d'éphémères refuges sous les voûtes de la halle de pierre, il y eut comme un peu de répit.

Ce ne fut presque rien, à vrai dire, presque rien qu'un petit feu nourri de brindilles et de petit bois trop humide, blotti sous les arcades extérieures des halles, près des abris de fortune où grelottaient les réfugiés. Ici, dans le ventre des ruelles, l'ombre était tombée depuis longtemps déjà. Elle était montée comme une marée silencieuse, bleue, grise et noire, un long et lent brouillard venu des profondeurs qui avait érodé les contours et effacé les formes vives, à mesure que l'on allumait les lanternes aux portes des maisons. La lueur du feu, projetée sur la venelle avoisinante, faisait danser des ombres immenses, comme un jeu d'ombres chinoises, des silhouettes tortueuses qui semblaient se mouvoir de leur propre chef lorsque la bise s'enhardissait à coucher les flammes sur les braises sifflantes.

Ayis s'était assis là, tournant le dos à la ruelle, comme pour faire rempart à la nuit, un obstacle de plus pour garder les enfants des menaces du dehors. Issa s'était couché près de lui, les yeux grands ouverts sur la marmaille bruyante et morveuse qui avait trouvé refuge dans l'ombre du berger : un troupeau comme un autre, tout aussi maigrelet que les chèvres qu'il gardait autrefois, aussi remuant, aussi bruyant aussi, et l'espièglerie toute aussi aiguisée et prompte à l'incartade. Les plus jeunes s'étaient couchés contre le ventre du molosse, cherchant dans son épais pelage la chaleur que le feu ne leur portait plus. Les moineaux décharnés, ces restes de familles décimées, s'accrochaient en grappes d'orphelins désœuvrés et quand il le pouvait, faute de leur donner de quoi combler leur ventre, Ayis leur donnait ce qui ne pesait rien et se donnait volontiers, ce qui ne décroissait pas quand on le partageait, et qu'il portait avec lui par boisseaux entiers.

C'était au couchant, donc, que commença le conte.

Cela fit comme une musique. Les premières mesures, rythmées, cadencées, comme une psalmodie qui prononça cette formule, aussi sacrée que les prières dans les encens des grands temples, qui ouvraient cette liturgie secrète dont il était le seul célébrant. Il attendait toujours le mutisme, pour commencer, laissait toujours se suspendre un instant, quelques secondes à sa bouche, avant de dire les premiers mots. Ce fut un instant fugace, au milieu de la crasse et du chaos, mais les enfants s'étaient tus, sagement.

Il était une fois, il était une, cent, mille fois, retisser la trame et tordre le fil, lentement, syllabe par syllabe, verbe par verbe. L'accent prononcé du conteur donnait à ces mots quelque chose d'étrange, quelque chose de presque mystérieux : un goût d'ailleurs, le prémisses des horizons nouveaux où ils les emmenait. Là, le grand livre de la mémoire s'ouvrait, récits de voyages, récits fantastiques, tout se mêlait : ce qu'il avait vu, entendu, écouté à son tour, depuis qu'il avait des oreilles pour entendre et une bouche pour le dire. De l'ombre des rochers de vieux déserts enfouis, il tirait des chimères, des héros, des tyrans, des monstres et des merveilles. La lumière rare se faufilait en reflets, en échos, en ombres dansantes qui appuyaient les évocations fabuleuses qui faisaient frissonner l'auditoire bien serré comme de petits oiseaux. Là, le creux du foyer de fortune jetait ses clartés rasantes sur sa figure émaciée, et soudain l'obscurité fugace tapie entre les tentes se refermait sur eux, comme un enclos tissé à la seule force des mots, pour oublier tout le reste.

Tout en contant, Ayis s'élevait parfois, mimait, ouvrait tout grand les bras dans la clameur de la petite assemblée et les pans de son manteau effrangé devenaient des ailes, ou la vêture d'un vieux roi quand il se drapait dans les plis de son turban pour en faire une couronne. Il emmena les petits au long de routes lointaines, dans des lieux inaccessibles, depuis les repaires de bêtes fabuleuses, sur les rivages de mers oubliées : il ne pouvait tous les sauver, il ne pouvait les prendre sous ses ailes pour les emporter loin de ce vaste naufrage et de la morsure de l'hiver, alors Ayis fit ce qu'il pouvait pour les emmener avec lui, loin, loin d'ici, loin des ténèbres et des fumées du monde. Là où il n'y avait plus de cendres, là où aucune nuée ne venait obscurcir le ciel et leur ravir le souffle à même la gorge, là où le printemps éclosait dans sa verdure flamboyante et où les fruits croulaient sous les branches et les cris des oiseaux. Ce ne fut qu'un moment, ce ne fut qu'en songe, mais à tout prendre, n'était-ce pas déjà quelque chose ?

Et puis, à regrets, alors que la nuit glaciale montait lentement de toutes parts, il les raccompagna jusqu'au présent, jusqu'à l'endroit où ils se tenaient, jusqu'à leurs propres corps meurtris et leurs propres âmes fatiguées, jusqu'à la seconde enfin où il se tut, dans le silence épuisé du campement. Ayis cessa d'être, tour à tour, héros et conteur, et de tirer de ses manches et de ses mots toutes les merveilles qu'il avait à offrir. Dans un instant, tout s'acheva, et il redevint le simple berger de Chalcède, avec sa figure lasse, ses yeux creux, ses mains rudes qui ne sauveraient personne, assis à même le sol au milieu des loques et des toiles qui formaient un labyrinthe d'abris sommaires. Autour de lui, un petit peuple de figures hâves, barbouillés de poussière, sales et hirsutes le regardaient : des yeux brillants, comme des souris curieuses, des museaux tendus vers la lumière, avides de l'échappatoire offerte. Des bras noués autour de genoux cagneux, des bleus et des coudes écorchés, des os trop fins et des maigreurs de petits passereaux qui l'hiver sans fin grignotait à force de misère.

Ah, que faire, que faire de plus ? Ayis s'était tu, et dans le silence, pourtant, il y eut de cette douceur fugace qu'on fait naître comme à labourer un champ de ronces : parfois, parfois quelque chose fleurit, même si c'est pour juste un petit moment. Il remua les braises, jeta parcimonieusement une poignée de bois trop maigre, et le cercle se resserra. On tourna le dos aux ténèbres, au crépuscule, à la ville trop immense qui s'endormait, à la perte à tout le reste. Le monde sembla se réduire à presque rien, au seul périmètre éclairé par les maigres flammes, aux pans de toile tendus autour d'eux, au souffle d'un chien qui berçait les petits ensommeillés, à la voix profonde d'Ayis qui fredonna un de ces refrains qu'entonnent les bergers pour bercer leurs troupeaux. La mélodie se déploya comme des ailes, caressa les fronts las, se faufila au dessus du paysage de silhouettes recroquevillées pour effleurer leurs rêves d'une douceur peut-être vaine, mais bienveillante. Elle promena sa vibration de cordes graves, comme le vent sur les collines, comme pour exorciser le souffle de la bise qui sifflait sur les pignons de pierre.

Et puis, quelques mots se formèrent, à peine audibles, tout juste discernables. Les vers d'une chanson se dessinèrent : ils parlaient de la pluie, celle qui tombe et qui meurtrit, et demandaient au ciel la raison de ces déluges. Pourquoi cette pluie, pourquoi ? Chantait le berger, serré dans son manteau, courbé sur ses mains ouvertes, comme un orant dans sa prière. J'ai froid mon pays, j'ai froid, as-tu perdu les rayons de ton soleil ?

Ce sont des pleurs pour les yeux des hommes, c'est pour vous donner des larmes, depuis trop longtemps elles ont séché, répondait la chanson dans la bouche du conteur.

Tout doucement, le fredonnement se tarit, et dans le silence bref, Issa leva les oreilles et pointa le museau vers une silhouette qu'Ayis aperçut du coin de l’œil. Le molosse renifla l'air, émit un grondement sourd : un avertissement, rien de plus, et le grand chien placide se contenta de fixer l'inconnu sans montrer les crocs.

Les hommes n'oublient pas les armes quand ils ne savent plus pleurer.

- Qui va là ? Demanda Ayis, à voix basse, sans se retourner. Va, montre-toi. Il fait trop froid pour les cachotteries dans le noir.

Sa longue main se tendit pour flatter l'encolure du chien couché près de lui, sans pour autant lui intimer de se taire. Ayis avait toute confiance dans la capacité de son compère à garder le troupeau, quelle fut sa nature, et sa vigilance naturelle lui avait par le passé épargné bien des ennuis. Une tension muette les habita tous les deux, l'espace d'un moment : le silence se tendit d'une écoute méfiante, les sens aux aguets.
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Mar 24 Mar - 12:53
Honnête
Roublard
Honnête
Messages : 7

Castelcerf dans le noir était un lieu aussi rassurant qu’un bouge empli de mercenaires. Ses ruelles roidies dissimulaient moult coupe-jarrets, cachés en les venelles comme des enfants sous les jupons d’une mère poule. La bourgade était somnambule, et lorsque les braves gens vont rejoindre leurs oreillers moelleux ou leur paille bien sèche, il n’est plus en ville qu’un seul honnête homme encore éveillé, et celui-ci ne l’est que de nom.

Fort heureusement, il n’avait pas utilisé celui-ci pour débaucher ses nouveaux camarades d’infortune. A peine arrivé en les murs qu’il s’était encore drapé d’un nom d’emprunt pour charmer les voyous à la petite semaine. Rossignol, comme l’oiseau ou comme le jeu de clés. Dans les bas-fonds du bourg, il s’était acoquiné à un Renard et à un Belette. Le destin avait voulu qu’il ne se présente guère sous son autre nom d’emprunt, qui aurait sans nul doute amené le trio à passer pour plus ridicule que dangereux.

Honnête avait un coup à faire, mais il lui manquait quelque chose. Ou plutôt quelqu’un. Vadrouillant dans la cité pendant la nuit, les trois ombres battaient le pavé en toute discrétion, à la recherche d’un endroit où trouver cet oiseau rare. En passant par le quartier des Halles, rempli à ras-bord d’âmes perdues, Honnête distingua quelque chose de ses esgourdes alourdies par le cérumen. Au loin se jouait une musique, une ballade, qui fit s’arrêter le groupe. Des vibrations lyriques qui auraient pu, de la bouche d’un poète, être ‘mult plaisant et sade dedens le cuer et l’oie’. Malheureusement, Honnête n’avait rien d’un poète, sinon la bourse qu’il lui aurait précédemment dérobée.

Le froid envahissant leurs corps suite à cet arrêt momentané fit frissonner Belette, qui murmura :

« On se pèle les meules, Ross’ ! »

Honnête tourna sa sale trogne à demi vers son comparse et lâcha :

« Le silence ou j’te sacagne ! T’as pas entendu ça ? »

La chansonnette continuait mélancoliquement de régaler la place marchande laissée vide et sans public. Pour qui donc chantait cet homme ? Les autres parias blottis les uns les autres ? Son chien aux aguets ? Le vent et la nuit qui recouvraient la cité ? Honnête, en s’approchant subrepticement par la voie des ombres, avait une toute autre théorie. C’était pour lui, qu’il chantait.
Aussi, lorsque le musicien s’arrêta net et que son molosse faillit faire dégainer sa lame à Renard, Honnête s’avança dans la lumière en frappant des mains.

« Par Eda, en voilà un bien pauvre artiste ! »

Sa mine patibulaire se fendit d’un sourire qui se voulait bienveillant, alors que ses amis venaient le rejoindre maladroitement tout en évitant soigneusement le chien. Honnête montra du doigt l’espèce de saucisson sec duquel s’était échappé la petite mélodie.

« Pauvre, mais qui sait chanter. Très bien chanter. Ça, c’est pas commun, camarade. »

Il désigna ensuite le maigre feu, qui par miracle était encore allumé. Il ne semblait pas se préoccuper des morveux blottis contre le chien.

« Moi et mes gars on se les gèle sévère. On peut ? »

Tout en disant cela, cependant, il s’installait déjà, rejoint assez vite par Belette et Renard silencieux comme des carpes.
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Mar 24 Mar - 17:42
Ayis Sétif
Berger en errance
Ayis Sétif
Messages : 31
Localisation : Castlecerf
La chanson tue, toute quiétude s'était enfuie. Il y eut un homme, puis deux, puis trois, et Issa secoua lentement son col épaissi par une crinière à laquelle s'accrochèrent les poings des marmots réveillés de leur sommeil de moineaux par le grognement qui prenait son essor dans la poitrine du chien. Le claquement étouffé des mains fendit la noirceur et les yeux s'ouvrirent, les voix murmurèrent, des coudes cagneux s'enfoncèrent dans les côtes des uns et des autres alors que les gosses alertés se redressaient en se frottant les paupières. Quelques uns disparurent dans les ombres, d'autres s'assirent sans vouloir quitter la chaleur du feu et ce fut un petit peuple de mines farouches qui fixèrent les inconnus qui prenaient place près d'Ayis, sans attendre que permission leur soit donnée.

Le berger esquissa seulement un sourire et sa longue face burinée n'avait plus rien de la douceur qu'avait porté sa voix quelques instants plus tôt. La poignée de flammes sifflantes creusait profondément les traits bruns d'un visage maigre et les yeux profondément enfoncés sous les épais sourcils noirs : noir était aussi le regard, comme des puits d'austère fatigue qui dérobaient soudain leur tendresse derrière la méfiance aux abois. Issa tourna vers eux son museau pour renifler leur odeur, les babines légèrement retroussées, les oreilles dressées. Il guettait le maître, et il guettait les nouveaux venus, à l'affût de signes qu'il était le seul à percevoir.

Ayis haussa les épaules, avec un demi sourire sans joie.

- Que veux-tu, il faut bien bercer les petiots,
dit-il à voix basse.

Ses yeux très noirs examinèrent brièvement le trio, et s'attardèrent sur celui qui avait parlé. Un rude costaud, presque aussi large que haut sous ses hardes brunies, avec une trogne taillée à coups de burin : l'allure lui rappelait celle d'un sanglier, tout d'un bloc, comme une masse brune toute rentrée que n'aurait pas même déraciné une charge de cavalerie. Les autres étaient du même, des petites gens qui vont et viennent sous tous les cieux des Six Duchés, quoiqu'à l'oreille du berger, leur parler ne fût guère aussi familier que l'était celui de Bauge. Le sourire du bonhomme était cordial et franc, mais quelque chose dans le regard qui clignotait à lueur des flammes semblait suggérer un rien plus d'esprit que son allure mal dégrossie ne le disait de prime abord.

- Je n'ai rien à offrir de plus qu'un peu de chaleur et de lumière, alors profitez donc,
reprit Ayis d'une voix lente qui passait chaque syllabe au crible de son accent prononcé.

Les paroles anodines sonnaient autant comme une invite cordiale, quoiqu'anticipée par les nouveaux venus, que comme l'aveu tout net qu'il n'y avait rien à chercher, ici. Le berger ignorait tout ou presque des mœurs citadines, mais il savait en revanche que l'on n'erre pas dans les ombres d'un hiver coupant sans une bonne raison. A cette heure, les honnêtes gens étaient couchés et les autres... les autres faisaient bien ce qui leur chantait.

- On m'appelle Chétif, dit-il en étendant de longues mains grêles vers les flammes. Et toi, qui rôde dans le noir, qui es-tu ?
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Jeu 26 Mar - 11:09
Honnête
Roublard
Honnête
Messages : 7

En se rapprochant du feu, et en faisant plus attention aux détails, Honnête tenta de deviner d’où lui venait le drôle de chanteur qu’il venait d’alpaguer. N’ayant guère l’oreille pour les accents, il avait quand même remarqué que ce dernier n’était ni de Haurfond, ni de Rippon, ni de Castelcerf. Avec sa dégaine de moricaud et son corps sec comme un morceau de bois sous l’été brûlant, il devait venir selon lui des îles ou du désert. En vérité, il pouvait provenir de n’importe quel endroit au-delà de Chalcède. Ce n’était pourtant pas ce qui retenait l’attention d’Honnête, lorsqu’il scruta le bonhomme plus en profondeur. Le basané avait un air las, des pattes d’oie sous les yeux, un air mélancolique qui ne pouvait cacher la profonde misère dans laquelle il se trouvait.

Ce détail était très important pour notre margoulin en vadrouille, car c’était exactement le genre de fielleux qu’il recherchait. Il ricana doucement en entendant son nom, et s’empressa de lui répondre de sa voix empreinte de matoiserie :

« Moi c’est Rossignol. Voici Renard, et l’autre c’est Belette. »

Il avança également ses mains vers le feu pour les réchauffer. Cependant, devant le maigre filet des flammes, il dut admettre qu’une ou deux bûches n’auraient pas été du luxe. L’âtre crasseux de l’As de Pique, cette enseigne d’Âtrenoir où il avait passé ses plus vibrantes années de jeunesse, lui manquait.

« T’as dit que t’avais rien d’autre à offrir, camarade ? Pourtant, je t’ai entendu pousser la chansonnette en arrivant ici. Et je dois te dire que je te trouve plutôt doué. Belette, lui, quand il chante, les montagnes explosent et pètent de la fumée ! »

Le dindon de la farce lui lança un regard assassin, sous les rires gras et moqueurs d’un Renard soudain relâché. Honnête voulait détendre l’atmosphère, se rendre moins dangereux. Pourtant, la malice était gravée sur sa trogne comme un honteux tatouage découvert au lendemain d’une méchante murge. Il voulait quelque chose, et cela, aucun artifice ne pouvait le cacher.

« Tu sais, c’est bien que je sois tombé sur toi. Parce que ton petit talent, là, il serait bien plus rentable s’il servait pas juste à ravir les esgourdes aux pigeons. »

Honnête n’en dit pas plus, se frottant les mains devant les maigres braises devant lui.
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