Dim 21 Juil - 14:25
Eda
Celle qui aide
Eda
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Le calme avant la tempête.

La caravane de Loyal de Vinville comprenait le carrosse de celui-ci, deux charrettes où se tenaient les domestiques et les affaires du noble et enfin une douzaine de chevaux montés par les gardes du baron.
A la pause de midi, tout ce petit monde s'était installé pour déjeuner. Les chevaux avaient été décrochés des véhicules et laissés à paître avec leurs congénères en bordure du petit bois où ils s'étaient arrêtés. Ils étaient ainsi contenus entre les arbres, les charrettes et un petit escarpement rocheux.
Loyal avait fait sortir une chaise et un petit guéridon et mangeait à l'écart des autres du simple fait de son rang. Les domestiques et les gardes se mélangeaient pour prendre leur repas auprès du foyer que le cuisinier avait allumé pour faire chauffer sa marmite. En tout, cela faisait plus d'une vingtaine de personnes qui voyageaient ensemble. Certains s'éloignaient pour discuter entre eux dès qu'ils étaient servis mais la majorité resta groupée. Deux gardes s'occupaient de surveiller les chevaux et iraient manger dès que leurs camarades pourraient prendre le relais.

Une assemblée d'une quinzaine de villageois se présenta au devant du groupe de voyageurs. Ils venaient du village traversé tantôt et ils ne faisaient pas spécialement de bruits, ce qui fit qu'ils ne se firent pas remarquer immédiatement. Les gardes les laissèrent approcher, la main sur la garde de leur épée. Ils ne semblaient pas belliqueux ; composés à moitié de femmes et à moitié d'hommes, ils avaient les traits tirés, le visage sale et ils semblaient affamés. Le cuisinier prit les devants et, après un regard pour son noble maître qui acquiesça, leur proposa de partager leur ragoût.

Ce que tout ce petit monde ne savait pas, c'était qu'un autre groupe de villageois s'était approché, en passant par les bois, ou en montant sur le petit escarpement rocheux. Le piège concocté par les Pies se refermait sur le convoi du Baugien : distraire d'un côté pour mieux surprendre et attaquer de l'autre.

Premier vent de révolte Intrigue-un-vent-de-r-volte-5664f05
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Mar 23 Juil - 15:41
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Un courant d’air glacé fit frissonner Loyal alors qu’il mordait à pleine dent dans une cuisse de poulet à peine digne d’une taverne de village. Ce voyage promettait d’être long et difficile. Entre les températures de plus en plus froide, les villages aux allures sinistres et ses propres inquiétudes pour Vinville.
Dans quel état retrouverait il son domaine ? Il avait mis bien assez de courage et de ténacité pour reconstruire la richesse des Vinville, ce n’était pas pour voir son domaine détruit par les éléments et devoir repartir de zéro!

Au moins, ce séjour en Cerf n’avait pas été vain. Entre courbettes, marchandage et autres manigances, il avait maintenant dans sa manches quelques belles cartes à jouer pour trouver un bon parti pour sa fille et ainsi offrir à Vinville des alliés de choix. Bien sur la dot de sa fille se devrait d’être à la hauteur et représenterait une perte non négligeable, il lui faudrait donc bien choisir le prétendant afin de récupérer cet investissement.
Mais Loyal gardait à l’esprit qu’il lui faudrait être patient avant de choisir à qui marier sa descendance, car les tous derniers événements pourraient chambouler tous les rapports de force au sein des Duchés.
D’après les dernières nouvelles, Bord des Sables était rayée de la carte, heureusement Vinville n’était pas voisine de cette ville, néanmoins le Duché tout entier semblait gravement touché par la catastrophe.

Loyal en était là de ses pensées lorsque l’irruption de villageois en guenilles ébranla le campement. Pansu, le cuisinier, attrapa quelques écuelles et fit un signe de tête envers les villageois tout en regardant son maître.
Loyal n’était pas insensible à la misère qui avait frappé les villageois et acquiesça pour permettre à Pansu de partager le râgout qu’il avait préparé. Après tout, c’était le ragoût pour les domestiques qu’il s'apprêtait à donner aux villageois, son repas à lui n’en serait pas plus maigre, alors autant faire preuve de bienveillance.
Il regarda ces misérables manant venu en quête d’une offrande, adressant un sourire jovial à ceux qui croisaient son regard, jouant les grand seigneur. Après tout, s’il venait aux oreilles de Juste Loinvoyant qu’un de ses nobles avait porté secours à son peuple, cela ne pourrait que lui apporter un peu plus d’influence et de prestige.
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Jeu 25 Juil - 13:37
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Il était enfin temps pour moi de prouver ma valeur à Revanche. J'étais désireux de lui prouver que tout ce qu'il avait investi en moi n'était pas en pure perte. J'avais pris plaisir à parcourir les différents villages après cette grande catastrophe. Me rapprocher des petites gens en me montrant aimable et serviable avait été un jeu d'enfant. Leur faire avouer leurs rancœurs de voir que les nobles étaient plus intéressés par leurs terres et leurs châteaux qu'à la survie de leur peuple avait été grisant. Allumer la flammèche de la révolte n'avait pas été bien compliqué après ça. Qu'ils étaient naïfs. Ces gens étaient perdus et étaient prêts à suivre n'importe qui étant capable de leur faire croire à un rêve, de leur redonner un but. Revanche n'avait pas tort, les hommes étaient des moutons. Qu'il y en ait un suffisamment fort et bruyant pour attirer l'attention et qu'il soit suffisamment éloquent et convaincant pour les gagner à sa cause. Ils le suivrait tous.
Le temps, depuis la catastrophe, était maussade. Il faisait frais et ce petit vent accentuait encore plus l'impression de froid. Qu'à cela ne tienne, il allait bientôt y avoir du grabuge. L'action réchaufferait les membres. Pour ma part, je supportais très bien ce temps. Après tout, j'étais fils de bûcheron. J'avais été habitué au grand air depuis mon plus jeune âge. De plus, je pouvais compter sur ma haine et sur Vigueur pour me réchauffer. Ah Vigueur, qu'elle était belle, déterminée, farouche. Quand on avait la chance de la connaître en privé comme je la connaissais, on pouvait découvrir qu'elle était également fougueuse. J'étais jeune et pourtant après l'acte, j'avais toujours cette impression de mort imminente tellement mon cœur battait vite et le sang battait à mes tempes comme la mer frappait les récifs.

Notre groupe s'approchait lentement tandis que d'autres villageois attiraient l'attention pour quémander nourriture et bienveillance. Je me trouvais sur le rocher à avancer en rampant aussi lentement que possible pour ne pas me faire repérer. Le passage de ce convoi était une aubaine, il ne fallait pas manquer notre coup. Cette opération, si elle réussissait, avait la possibilité de frapper un grand coup et de rallier d'autres villages à notre cause. Ce noble n'allait pas tarder à regretter d'être né avec une cuillère en argent.
De ma position, je voyais bien le camp. Il n'y avait pas beaucoup de gardes pour sécuriser les chevaux. Le noble était à l'écart et les gardes les plus proches n'auraient pas forcément le temps de lui venir en aide si l'on arrivait jusqu'à lui. Il était quand même trop éloigné de mes hommes. Le temps de faire le chemin, ce cul-terreux aurait tout le temps d'aller se cacher au milieu de ses gens. Le mieux était que le groupe qui avançait dans les bois puissent arriver à faire fuir les chevaux. Ces animaux mettraient une telle pagaille dans ce camp improvisé que les villageois implorant miséricorde courriraient partout, les gardes ne sauraient pas où donner de la tête, ce qui permettrait aux pies de s'approcher assez prêt pour frapper. Je me reculais sans faire un bruit pour dire à l'un des pies d'aller dire au groupe dans les bois qu'il fallait absolument qu'ils fassent grand bruits pour faire peur aux chevaux. L'homme partit.

Il n'y avait plus qu'à attendre le signal et la colère du peuple allait s'abattre sur la noblesse.
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Ven 26 Juil - 19:40
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Le silence des bois, le couvert des arbres étaient un havre silencieux qui lui convenait parfaitement. Grâce au regard de Grand-Bec qu'elle partageait, elle voyait Benjamin allongé sur son rocher. Lui savait parler, savait dire juste au bon moment ce que les villageois avaient envie d'entendre. Revanche l'avait bien trouvé pour ça, c'était une évidence bien qu'elle ne l'avouerait ni à l'un ni à l'autre. Il ne fallait pas compter sur elle pour ouvrir la bouche lorsque ce n'était pas absolument nécessaire. Encore moins s'épancher sur elle-même ou seulement dire ce qu'elle pensait. Le corbeau était bien le seul à qui toutes ces choses n'échappaient pas. Il n'y entendait pas tout mais elle savait pouvoir compter sur lui en toutes circonstances.


Elle avait assisté à toutes les veillées dans les différents villages que ses frères de Vif et elle avaient traversé. La bière déliait les langues ; assise dans son coin, volontairement seule, elle ne buvait jamais plus que de raison car l'ivresse ne l'intéressait pas. Celle qu'elle visait était bien différente. Lorsqu'ils avaient su qu'un noble approchait et que Revanche et Benjamin avaient échafaudé leur plan, Vigueur s'était tenue à l'écart de leurs conversations. Y participer ne l'intéressait pas ; on ne lui demandait pas de réfléchir. Elle était là pour agir. Elle avait pourtant senti un puissant frisson l'envahir à cette nouvelle et le jeune homme aux yeux bleus avait eu la surprise de la retrouver nue et particulièrement gourmande dans sa chambre quelques heures plus tard.


Il tournait au dessus d'eux. Grâce à sa vue, elle put voir les villageois arriver. Il se percha finalement sur le toit de la carriole richement décorée. Elle lui apprit que c'était celle du noble. Grand bien m'en fit de le savoir, répondit-il en croassant. Il la sentit sourire mais il savait que ses lèvres n'avaient pas bougé.


Elle se retira de Grand-Bec. Le messager venait d'arriver. Il était temps de lancer la panique parmi les chevaux.


Avec la blonde, se trouvaient plusieurs de ses frères. Certains l'avaient déjà vu à l'œuvre. Pour d'autres, ce serait la première fois. Elle sortit la dague qu'elle portait à la ceinture et la tint caler contre sa cuisse en quittant d'un pas tranquille l'ombre des bois. Apaisant dans un premier temps les bêtes, elle leur murmurait qu'elle ne leur voulait aucun mal, afin qu'ils la laissent avancer au milieu d'eux. Ces êtres dociles émettaient une certaine réticence à l'écouter mais ils ne se manifestèrent que peu, plus surpris qu'anxieux de la voir parmi eux. Un autre Pie qui avait plus d'affinités avec ces herbivores lui prêta main forte, mentant lui aussi éhontéement aux bêtes.


Vigueur avait posé la main gauche sur l'encolure d'une jument à la robe grise. D'un coup vif, elle leva la lame aiguisée qu'elle tenait et sectionna la gorge de l'animal. L'odeur du sang fit tresailir la monture voisine et elle lui trancha la carotide également sans pousser le moindre son, ni montrer la moindre émotion sur son visage grave. La peur gagnait le troupeau qui se mit à hennir férocement et tenta de trouver une échappatoire.


Sa lame était teintée d'un écarlate sombre. D'autres chevaux churent autour d'elle, alors que la panique les gagnait totalement et que les autres Pies insufflaient ce sentiment de danger imminent à fuir, tentant de leur montrer la direction à suivre. Un des villageois qui les avaient accompagné se prit une ruade et tomba à terre. Rapidement, il se fit piétiner et son souffle de vie disparut.
Le goût ferreux du sang chaud lui chatouillait les narines. Elle en avait reçu plusieurs giclées, tâchant ses vêtements de voyage, de ses chausses à sa chemise et éclaboussant jusqu'à son visage où brillaient ses yeux gris. Sur son perchoir, le corbeau claqua du bec, battit des ailes en poussant un cri aigu qui semblait indiquer son contentement et s'envola. Le signal était donné. L'heure n'était plus aux gentillesses.
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Sam 27 Juil - 13:04
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Le ragoût était plutôt bon. Moins que celui servi à Castelcerf, mais Pansu faisait de son mieux avec les moyens du bord. Après avoir servi Loyal de Vinville, il s'occupa des gens du commun et Franc fut un des premiers servis. Loin de lui l'idée de manquer de galanterie mais plus tôt il finissait son repas, plus tôt il allait pouvoir se remettre à garder le convoi. Il mangea auprès de son amie Capucine mais ils discutèrent peu : difficile avec de la viande en sauce dans la bouche. Dès qu'il eut fini, Franc se leva et se positionna à un point stratégique : il pouvait voir d'un côté les deux soldats qu'il avait délégué à la surveillance des chevaux, de l'autre le convoi et, enfin, face à lui, son patron.

Lorsqu'il vit le petit attroupement de villageois s'approcher du campement, il porta machinalement sa main au pommeau de son épée, mais loin de lui l'idée de paraître belliqueux ; il enleva d'ailleurs sa paume dès que Loyal autorisa Pansu à nourrir ces pauvres hères. Si le peuple de Castelcerf souffrait tant, Franc ne voulait pas imaginer ce qu'il en était en Bauge. Il pensait souvent à sa mère, il espérait qu'elle soit en sécurité. Les petites gens comme elle n'avaient pas le loisir ni les capacités d'écrire des lettres pour rassurer leurs proches. Le jeune homme priait Eda de pouvoir la revoir un jour.

Soudain, au milieu du calme de la clairière, des hennissements secouèrent les chevaux du convoi. Les sourcils froncés, Franc porta de nouveau la main à son épée et se dirigea vers les gardes qui étaient censés s'occuper du troupeau. De quoi les bêtes avaient-elles peur ? Était-ce des voleurs ? Ou un troupeau de loups sortis du bois par la faim au mépris des hommes présents ? Franc vit alors ses hommes faire de grandes gestes de bras pour empêcher les chevaux de s'en aller, mais en vain : ils parvinrent cependant à les bloquer et les équidés préférèrent donc foncer en direction du promontoire rocheux, passant derrière la carriole du seigneur de Vinville, là où l'échappatoire était le plus évident. Hélas, d'autres n'eurent pas cette chance, des hurlements de terreur et de douleur parvinrent aux oreilles de Franc. Il se retourna pour voir un homme piétiné par une nuée de sabots paniqués et d'autres s'enfuir en tout sens. Protégé par la tente dans son dos, il hurla pour couvrir les cris humains et équins :

- « Regroupez-vous contre les tentes !!! Et vous deux, allez protéger Sire de Vinville !!! »

Les chevaux auront plutôt tendance à esquiver qu'à foncer au milieu de groupes bien compacts : mieux valait perdre le troupeau que des hommes alors autant les laisser esquiver ce qu'ils allaient considérer comme des obstacles. Franc attrapait toutes les personnes passant à sa portée afin de les tenir à ses côtés, cachés par la tente. Homme ou femme, il ne voyait pas les personnes qu'il récupérait, il se contentait de les sauver. Il vit du coin de l’œil les deux gardes du troupeau passer à côté de la carriole en courant pour rejoindre Loyal. En voyant une colonne de chevaux passer à ses côtés et faucher une pauvre dame âgée qui n'était pas parvenue à rejoindre Franc, il vit que certaines des bêtes avait du sang partout sur leur dos et leur cou. Cela l'incita à dégainer son épée. Homme ou loup, il allait falloir neutraliser le fautif.
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Sam 27 Juil - 18:58
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J'avais quitté la forge et avait rejoins le groupe qui était parti du village. Quand la terre avait tremblé, j'avais été pétrifié. Très vite, je réalisais le potentiel que ça m'offrait. Les nobles étaient certes les mieux logés par rapport à nous autres, membre du peuple. Mais, la colère de ce dernier n'allait pas tarder à exploser. La première étincelle de la révolte allait exploser dans ce petit patelin. Là où il avait des étincelles, je ne pouvais qu'être de la partie. Une caravane passait pas loin de là avec sa tête un noble. Il fallait montrer qu'il était possible de s'attaquer à eux, pour pousser les gens à se révolter partout dans les Duchées. Plus il y aura de chaos, plus je serais tranquille à exercer mon loisir. Mais pour l'instant je devais me concentrer sur l'opération d'aujourd'hui. J'étais destiné à donner le signal au bon moment. Je me mêlais aux quatorze autres péquenauds.

On arrivait en bordure du camp. On était totalement dans le rôle. Celui du mendiant qui a faim. En même temps c'était assez proche de la réalité. C'était quand la dernière fois que j'avais pu manger à ma faim. Faim qui revenait quand je regardais Loyal qui manger sa cuisse de poulet. Je salivais juste à l'idée de lui voler. Je restais légèrement à l'arrière du groupe en restant la tête baissé avec ma capuche reposant sur le bas de mon dos. Je soupirais légèrement de soulagement quand on nous servit à manger. J'avais peur qu'ils sortent les armes directement et nous chasse avant que nos camarades soit en place. Il y avait des domestiques et des gardes autour de ce petit feu de camp alors que Loyal était isolé du reste.

Assez rapidement alors que je grignotais un morceau de pain qu'on m'avait donné, les chevaux s'excitèrent. Des ordres furent donné par la garde de Loyal. Alors que les regards étaient tourné vers les chevaux, je tendis une main vers le feu et fit en sorte qu'une des langues de feu qui faisait chauffer la marmite partent en direction du ciel. Quand elle arrivait en pleine air, je la fis exploser en pleine de petite flammèche comme un feu d'artifice. C'était le second signal pour informer le deuxième groupe qu'on était enfin prêt aux hostilités.
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Lun 29 Juil - 21:19
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Enfin l'heure du repas ! Et surtout pour Capucine, l'occasion de prendre un peu de repos. Après avoir aidé Royal à se rafraîchir et servi son repas, la jeune servante avait décidé de profiter de son temps libre pour rejoindre le seul véritable ami qu’elle comptait parmi les membres du convoi.

Tout garde qu’il était, Franc possédait une vraie gentillesse et une douceur qui savait embellir ses journées les plus moroses. Ayant dû céder aux avances de son maître la nuit précédente et jouer les nourrices pour ce dernier tout le jour durant, elle avait plus que besoin d’un visage masculin amical. Pas besoin de discuter… lui-même n’était guère bavard de toute manière. Mais ce simple plaisir d’un repas partagé entre amis lui suffisait pour pouvoir se dire qu’aujourd’hui pouvait encore être une belle journée.

Comme elle se trompait…

Un groupe de personnes avait commencé à s’approcher du bivouac, faisant soudainement grimper la tension d’un cran parmi tous les membres de la troupe. Qui étaient-ils ? Que voulaient-ils ? Juste de pauvres hères affamés ?

C’était plus que probable… Les récents évènements avaient apporté tant de souffrance parmi la population. Inquiétudes, doutes, perte de foi, crainte d’une famine… Le dernier village traversé confirmait cette tendance. Comment reprocher alors à ses occupants de suivre le sillage d’un convoi qui semblait respirer l’opulence ?

Geste de véritable générosité, ou bien savant calcul en vue d’alléger une atmosphère qui se faisait pesante, Loyal ne tarda pas à faire le premier pas et ordonna que le repas soit partagé avec ces nouveaux « invités ».

Pansu allait avoir besoin d’aide. C’était la fin du repas pour Capucine…

La distribution avait commencé en bon ordre et dans le calme. Pourtant l’ambiance n’était pas plus joyeuse. La servante avait beau offrir son sourire et sa compassion, elle n’avait pour toute réponse qu’un défilé de visages mornes et crasseux qui se contentaient de la remercier du bout des lèvres avant de disparaître. Triste procession…

C’est alors que plus loin un hennissement déchirant se fit entendre. Une plainte qui vint frapper la servante jusqu’au plus profond de son cœur, au point qu’elle se sentit défaillir. Rattrapée par le brave Pansu, elle argua un simple malaise lié à la fatigue. Mais au fond d’elle-même elle savait que quelque chose d’anormal s’était déroulé dans l’enclos où se situaient les chevaux.

Très vite, les évènements s’enchaînèrent. Comme une traînée de poudre, la panique gagna le corral au point de ne plus pouvoir être contenue par la simple présence des hommes sur place et bientôt, ce fut la débandade. Un cri, humain cette fois-ci se fit entendre, ce qui n’était pas bon signe.

Au même moment, Capucine assista à un étrange spectacle. Sortant de la foule des villageois qui avaient déjà eu leur repas, un homme s’approcha du feu derrière lequel elle se trouvait. Sans prêter une seconde attention aux personnes se trouvant autour de foyer, l’homme d’un simple geste fit soudainement grandir le brasier pour ensuite lancer une explosion dans le ciel.

À cette vue, la servante eut la conviction que sa vie comme celle de tous les membres du convoi était désormais menacée.

Ne cherchant même pas à comprendre l’étrange magie à laquelle elle avait assisté, elle s’éloigna du feu à toutes jambes.

Si un danger se profilait, la logique aurait voulu que Capucine aille se mettre à l’abri avec les autres domestiques. Mais ce ne fut pas la pensée première de la jeune femme. Au lieu de cela, cette dernière prit plutôt le risque de s’approcher du corral, là où étaient la plupart des gardes. Il fallait prévenir les hommes en arme. Et puis… peut-être pourrait-elle faire quelque chose pour les chevaux.

Noble pensée pour une femme seule, tremblante et à moitié désorientée au milieu de la panique… Aussi sentit-elle le courage revenir lorsqu’elle aperçut enfin une silhouette familière.

« Franc ! … Les villageois ! … C’est un piège ! »



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Ven 2 Aoû - 11:07
Eda
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Eda
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Ça commençait.
Les chevaux paniquaient de cette intrusion en leur groupe et de cette odeur de sang qui emplissait leurs naseaux. Les Vifiers de Revanche utilisaient leur don pour augmenter ce niveau d'anxiété et faisaient en sorte que les bêtes s'échappent de l'enclos provisoire qui leur était délimité. Certains s'enfuirent ainsi du côté des bois, tandis que d'autres se cognaient dans les charrettes pour gagner la sécurité de la vaste plaine derrière. Ils n'avaient que faire des humains qui se trouvaient sur leur passage ; ils voulaient fuir, s'éloigner du danger, mus par leur instinct primaire d'herbivores. Ils n'avaient même que faire du groupe qu'ils constituaient ; ils se bousculaient pour se frayer un chemin. L'un d'entre eux dut cabrer devant la charrette pour freiner brusquement et ses sabots retombèrent sur le dos d'un autre équidé qui passait par là.

La flammèche grandit, comme si elle volait puis mourut en plusieurs étincelles disparates dans le ciel grisé de ce midi de Verdissante.
Ça commençait vraiment.

Certains étaient prêts, d'autres finalement n'étaient plus sur de l'être vraiment. Mettre la pagaille ok, c'était encore dans leur corde mais cette tension qui venait de grimper d'un coup, qui mettait leurs nerfs à rude épreuve, ce vent de panique qui gagnait les cœurs de chacun devant l'inconnu qui se profilait, pouvaient-ils vraiment tous gérer ?
Les Pies avaient prévu le coup. Il y avait au sein des villageois des mercenaires vifiers dont la morale n'était pas soumise à l'hésitation. Ils avaient une mission et ils s'y tiendraient sans se poser la moindre question. La marmite fut renversée d'un coup de pied rageur et son contenu ébouillanta les jambes d'une servante. Un couteau découpa une belle tranche dans le lard du cou de Pansu sans que celui-ci n'ait eu le temps de pousser un dernier cri. L'heure était venue. L'heure de se venger. L'heure de leur faire payer leur opulence, l'heure de faire couler le sang.

Les trois Pies qui se trouvaient sur le promontoire rocheux en étaient déjà descendus, encore dissimulés par la carriole de Loyal de Vinville au regard des gardes de celui-ci. En revanche, ceux qui s'en prenaient aux chevaux purent être repérés rapidement, bien que les rejoindre ne soit pas aisé, les équidés leur compliquant le passage. Les regards se croisèrent, les ennemis venaient de s'identifier mutuellement. Et sans indécision, les attaquants se portèrent au contact dès qu'ils le purent.

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Lun 5 Aoû - 14:20
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Elle ne vit pas les flammèches, elle ne vit pas le signal qui indiquait aux villageois que l'heure était venue. Elle avait commencé son œuvre avant et n'entendait pas l'arrêter avant de l'avoir achevé. Revanche savait ce dont elle était capable ; s'il ne l'avait pas retirée de cette mission, c'est qu'il comptait bien qu'elle fasse ce pour quoi elle était douée.
Elle essuya une traînée chaude de sang qui coulait sur sa joue, y laissant une trace plus franche, comme une peinture de guerre, tandis qu'elle se retenait de porter le bout de ses doigts à ses lèvres. Elle tua un autre cheval, non parce que c'était utile mais parce qu'elle le désirait. Les bêtes se déchaînaient autour d'eux, tentant de fuir, de la fuir, elle et son odeur de sang, elle et son aura de prédatrice. Ils s'écartaient d'elle, se bousculaient pour s'éloigner de cette femme qui distillait la peur dans leurs cœurs fougueux. Aucun d'eux n'était vraiment habitué à cela : même ceux des gardes étaient des graves bêtes qui n'avaient pas nécessairement connu le frisson des combats. Bauge était loin des côtes après tout et bien des nobles n'avaient pas jugé utile de participer à la guerre contre les Pirates Rouges. Vigueur avançait au milieu de ce tourbillon d'émotions que son Vif captait mais dont elle se délectait. Elle les avait ressentis jadis et les avait surmontés, dépassés, relégués de côté pour devenir plus forte.


Il lui sembla reconnaître le regard bleu de Benjamin au milieu des chevaux mais elle comprit que c'étaient les yeux de son corbeau qui lui avait permis de le voir. Dans le tumulte environnant, son Vif n'était pas pertinent pour dissocier les ennemis des alliés mais elle pouvait compter sur Grand-Bec pour lui indiquer leur position. Elle se tenait contre le bois d'un des chariots de transport.
Parce que tu veux faire une différence ? se moqua-t-il. Il décrivait des cercles autour du campement. Ils ont la bonne couleur pour saigner. conclut-il en lui signalant que cinq d'entre eux arrivaient vers elle. Ça faisait beaucoup pour elle seule quant bien même était-elle douée. C'étaient des hommes d'armes après tout, pas des serviteurs qui ne savaient pas se défendre.


La vifière se concentra. Ses muscles se tendirent, comme la corde d'un arc, prêts à lâcher leur attaque sur sa première cible.
Il arrivait, l'épée dégainée, l'œil haut pour voir par dessus les chevaux, comme au delà des arbres, au cas où. Il était à l'affût mais cela ne fut pas suffisant. Vigueur bondit sur lui, écartant son bras armé en lui tordant le poignet. L'épée tomba à bas, tant sous l'effet de la surprise que de la douleur qu'elle exerça sans retenue. Tout aussi rapidement, elle le fit ensuite pivoter, lui enserrant la gorge du bras, son poignard déjà planté dans l'estomac du malheureux. Elle l'en ressortit lentement, dardant son regard perçant sur les autres gardes. Qui serait le suivant ? Son cœur s'emballait d'excitation. Il y avait plus guère que ce genre de choses qui la faisait se sentir vivante.
Elle poussa sa victime dans les bras d'un de ses camarades pour se jeter sur celui qui se tenait à côté. L'espace entre les chariots lui donnait l'avantage avec son arme courte, là où les hommes avaient plus de mal à manœuvrer leurs épées sans risque de blesser leur voisin. Le poignard trancha la jugulaire du garde avant qu'il ait pu émettre un son. Vigueur dut cependant s'écarter rapidement pour esquiver la lame qui lui tombait dessus. Elle attrapa le pourpoint rouge de celui qu'elle venait de tuer pour s'en servir de bouclier. Il était lourd le gaillard mais la chasseuse était dégourdie et solide. Elle savait ce qu'elle faisait et plus que tout, elle savait pour quoi elle le faisait et cela décuplait sa volonté. Tuer était devenu sa nature profonde, sa raison d'être. Être tuée n'était pas une option.
Le cadavre qui la protégeait fut également projeté contre un des soldats en face d'elle. Des Pies venaient de la rejoindre et ils se lancèrent ensemble à exterminer les trois hommes qui restaient... En attendant que d'autres les rejoignent.
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Lun 5 Aoû - 17:50
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Les villageois loqueteux ne tardèrent pas à faire la queue pour que Pansu leur offre le repas. Loyal se sentait bien de cette générosité qu’il venait de dispenser. Mais cette douce sensation fut de courte durée Ce furent d’abord les hennissements affolés des chevaux qui attirèrent son attention et celle de ses hommes.

Franc, en bon soldat qu’il était ne tarda pas à réagir, il parti vers l’arrière du campement pour voir ce qui affolait ces terribles bêtes et envoya deux de ses hommes protéger sa personne. Il ne pouvait qu’admirer l’efficacité du jeune homme et s’enorgueillir de l’avoir choisit.

Bientôt des gerbes de lumières éclairèrent le feu de camp et une agitation plus que douteuse anima le groupe compact que formait maintenant domestiques et villageois. Loyal se leva et dégaina sa rapière bien qu’il espérait fortement ne pas avoir à s’en servir, il se plaça derrière les hommes que Franc avait envoyé pour sa protection, venant caler son dos contre son carrosse.

La situation dégénérait, les villageois se rebellait malgré sa bienveillance, mais dans quel monde vivait on ! Les manants s’en prenaient à la main même qui les nourrissait, c’était scandaleux ! Ils étaient pris au piège. Il chercha des solution mais n’en voyait que très peu pour se sortir de là. Il hella deux des soldats qui avançaient vers l’ouverture entre les charettes et le carosse.

“Hey Vergris! Mormont! Prenez des hommes et deux chevaux, attelez le carrosse, il nous faut fuir, c’est un guet-apens !”


Loyal espérait que ses hommes réussiraient à trouver deux montures assez résistante pour fuir, mais il cherchait des yeux d’autres moyen de fuir. Ces villageois fou furieux voulaient apparemment leur sang, mais ils voudraient aussi sans doute leurs richesses et mettraient tout le campement à sac. Il lui faudrait trouver une cachette en dehors du camp, il regarda sur sa gauche pour essayer de distinguer un échappatoire.

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Sam 10 Aoû - 16:27
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Les chevaux commençaient à se disperser tandis que les humains formaient à présent des groupes bien compacts. Dans la panique, Franc ne vit pas l'explosion des gerbes de flammes dans le ciel mais entendit le bruit. Son esprit tourbillonnait à pleine vitesse pour essayer de comprendre au mieux ce qu'il se passait et, alors qu'il s'apprêtait à s'élancer avec un groupe de cinq hommes en direction du corral pour découvrir enfin la raison de cette panique, il reconnut Capucine. Elle traversa le petit attroupement de soldats pour le rejoindre et lui parler au mépris du danger.

Un piège tendu par les villageois ? Franc attrapa son amie pour la protéger au mieux et cria à l'attention des autres soldats mélangés au groupe des pauvres cerviens :

- « Encerclez les villageois et désarmez-les !!! Interdiction de les tuer !!! »

Dans la panique, avec les nerfs à vif, un coup d'épée pouvait vite partir. Si Franc se refusait à empiler plus de morts que nécessaire, c'était pour plusieurs raisons : il en avait vu bien assez sur les côtes de Cerf pour toute une vie ; il espérait que tous les villageois n'étaient pas dans le complot visant leur convoi ; il comptait également les interroger pour avoir le fin mot de l'histoire.

Des exclamations de surprise et de douleur parvinrent à ses oreilles. Il tourna la tête pour voir ses cinq hommes en bien fâcheuse posture devant une jeune femme blonde qu'il n'avait jamais vu et qui ne sortait pas du groupe des villageois. En seulement quelques secondes, elle mit à terre deux gardes puis fut rejointe par plusieurs individus ; ensemble, ils foncèrent sur les trois derniers soldats. Franc resserra sa prise sur son épée et, de sa main libre, poussa Capucine à l'opposée des assaillants.

- « Cache-toi Capucine ! Survis ! »

Le baugien s'élança, l'esprit bouillonnant. Jusqu'à présent, il n'avait tuer que des forgisés, des êtres qui n'en étaient plus vraiment ; quand il avait eu affaire à des brigands, il les avait seulement désarmés avant de les conduire à la justice. Le regard fou de la femme blonde à la tête du groupe d'attaquants lui faisait comprendre qu'il allait en falloir bien plus pour les arrêter. Franc n'était pas encore décidé sur la démarche à suivre mais son corps agit automatiquement : il déboula sur la droite d'un de ses frères d'armes pour parer le coup que s'apprêtait à lui porter un homme accompagnant la blonde dont le visage était tâché de sang. Le soldat qu'il avait sauvé était une jeune recrue, un bleu tout juste sorti de la formation : il était tétanisé, blanc comme un linge. Franc se rappela avoir été comme lui au moment où il repoussa l'arme de l'agresseur d'un grand mouvement d'épée ; il leva ensuite la jambe et, d'un grand coup de pied dans le thorax, envoya voler l'assaillant en arrière. Ce recul stoppa brièvement le groupe, permettant à Franc de se placer devant ses hommes, l'épée empoignée à deux mains, le regard sombre. Il lui fallait recentrer ses hommes sur la bataille à venir et il espérait que sa voix allait l'y aider.

- « Soldats, en garde !!! »
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Dim 11 Aoû - 16:35
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[justify]Je me tenais au milieu de la cohue. Il y avait des hommes et des femmes qui se battait tout autour de moi. Je tenais une petite dague forgé par mes soins dans ma main gauche. J'étais accroupi prêt du feu au dessus d'un corps quand je levais la tête et aperçu une jeune femme. Elle était du côté du noble visiblement. Entre nous deux se trouvait trois hommes particulièrement motivé à remettre de l'ordre. Les gardes commençait à encercler le petit groupe de paysan. Je tendais une main vers le feu et j'envoyais les flammes vers le sud du campement. Avec le vent, une barrière de flamme couperait une potentiel retraite dans un moment quand les flammes prendraient. Il était dans de s'échapper de ce foutoir pour l'instant.

Si je me retrouvais au milieu des gardes. Je risque de finir mal. Et puis cette Capucine m'intéressait particulièrement. Le but de l'opération était de se venger des nobles. Mais elle semblait être importante. Peut être qu'on pouvait l'utiliser pour faire une rançon. Malgré mon côté rustique, les gens oubliaient que je savais réfléchir. Une opportunité se présentait à notre petite organisation et je devais l'attraper. Ca commençait par l'attraper elle.

Je me décrochais du groupe par l'est et remontait pour aller vers le nord. La je tombais nez à nez avec Vigueur. Je me méfiais d'elle. C'était une bonne femme qui parlait peu. Ce qui était déjà étrange pour une donzelle. Ses yeux, je n'aimais pas ses yeux qui me souder à chaque instant. Pour rajouter au tableau c'était une chasseuse !

MAJ EDA : Modification à venir
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Mer 14 Aoû - 16:33
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Les choses sérieuses commencèrent. La peur des chevaux qui traversaient le campement ainsi que le signal sonore dû au feu finirent par donner un joli spectacle de confusion total et de décisions désordonnés. Du haut de mon perchoir, je vis l'opération se mettre en branle et il était plus que temps que je me joigne à la fête. Accompagné de mes deux camarades, je descendis le promontoire. Le noble était partis se mettre contre son carrosse et deux gardes l'avaient rejoint.

De son côté, Vigueur faisait un carnage. Chevaux et hommes y passaient, elle était froide et efficace. Les gardes tentèrent de reprendre un peu le contrôle de la situation mais c'était tout l'enjeu de l'opération. Faire en sorte qu'il n'y ait aucun contrôle. Le bazar et le carnage devaient être les deux seuls objectifs. Si l'on arrivait à attraper le noble vivant, il pouvait toujours être temps de l'amener à Revanche et de le laisser seul décider du sort du riche. Il y avait peut-être un coup à tenter. Faisant signe aux deux compètes de me suivre, je remarquais qu'un de mes camarades avait une arbalète déjà armée. Parfait, ça pouvait toujours se montrer utile ces machins là.

Caché par les chevaux qui courait et voyant que le groupe qui accompagnait Vigueur attirait toute l'attention, je pus me traîner jusqu'au carrosse du nobliau. Motus et bouche cousue, il ne fallait absolument pas faire de bruits. Même en marchant, il fallait faire attention où l'on mettait les pieds pour ne pas marcher sur une branche de bois sec et annoncer aux autres que l'on était tout près d'eux. Caché dans les bois, Croqueur regardait son familié s'avancer tout en surveillant le groupe d'ennemis composé de Loyal et ses soldats. « Pas repéré, continue. Stop. Humain regarder ici. ». Recevant les indications de mon renard, je stoppais net. Croqueur était tapis derrière un arbre et caché dans des fourrés pour m'indiquer ce que je devais faire.

D'avoir mon Vif ouvert à ce qui m'entourait, ça me permettait de sentir la haine que dégageait Vigueur à chaque victime qu'elle faisait. La tension et la peur étaient clairement palpables. J'entendis le noble demander à deux de ses hommes d'attraper des chevaux et de tenter de les atteler pour fuir. Il fallait que je l'en empêche. Pour l'instant, il n'avait que deux hommes avec lui mais si les autres réussissaient à faire ce qu'il venait de demander, il serait protégé par bien plus.

Tout d'abord, il fallait que je prévienne les autres. Pour cela, Grand Bec pourrait m'aider. Je tendis mon vif vers lui pour entrer en communication avec. « Le noble a demandé à ses hommes d'attraper deux chevaux pour les atteler et tenter de fuir. Préviens Vigueur et les autres si tu y arrives. » C'était une première chose. Maintenant, il fallait agir. Le plus doucement possible, on s'accroupit pour voir qu'il y avait moyen de passer sous le chariot. Le but de l'opération serait d'arriver pour tirer les jambes des deux hommes et de leur planter une dague dans le dos histoire de les mettre hors jeu tandis que celui qui avait l'arbalète sortirait pour mettre en joue le noble. A moins de 3 ou 4 mètres de distance, il était certain qu'il ne fallait pas trop jouer les héros avec quelqu'un disposant d'une telle puissance de feu. Le plan étant au point pour tout le monde, il était l'heure de le mettre en application. L'un de mes compères et moi-même nous glissèrent sans un bruit sous le chariot tandis que le troisième s'apprêtait à sortir pour tenir Loyal en respect.

Je sortis mes mains et les accrochais aux pieds des hommes pour tirer vers moi. Avec l'effet de surprise, ça fonctionna très bien. L'homme tomba au sol et je lui plantais ma dague à plusieurs reprises dans le dos. L'homme se trouvant à côté de moi fit pareil et les deux soldats protégeant le noble furent mit hors course. C'était au troisième de faire son office. Il sortit de sa cachette et mit en joue Loyal avec son arbalète.

"On ne bouge plus mon gars. Demande à tes hommes de se rendre."

De mon côté, je sortis de sous le carrosse avec mon compagnon et nous fîmes le tour par l'autre côté histoire de montrer à ce gars qu'il n'avait aucune solution de fuite.
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Mer 14 Aoû - 16:47
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À l'approche du danger, Capucine fut repoussée sans ménagement par son ami. Ce dernier ne lui avait demandé qu'une seule chose : "Survivre".

Bien qu'inquiète pour celui-ci, pour le moment elle n'était qu'un poids mort pour Franc et risquait de gêner son combat. Alors, elle suivit son conseil et profita du capharnaüm pour disparaître sous l'une des carrioles servant à transporter le matériel (celle de droite sur le plan). Profitant de ce répit relatif, elle pouvait désormais mieux cerner la situation et décider de ce qu'elle pouvait faire.

Se cacher... donner priorité à sa survie... C'était effectivement une option possible pour la jeune servante.

Elle pouvait oublier ses compagnons de route, faire demi-tour et courir droit devant elle. Le groupe d'assaillants ne les avait pas encore encerclés et un grand espace dégagé se trouvait derrière sa position. Elle en avait encore le temps...

Mais elle devait se décider vite, car un mur de flammes maléfiques était déjà en train d'apparaître et n'allait pas tarder à le faire à sa place...

Cependant, cela voulait également dire abandonner sciemment à leur sort les quelques personnes auxquels elle tenait... Et surtout fuir alors qu'elle était peut être en mesure de faire quelque chose pour aider Franc et ses compagnons à reprendre la situation en main. Aurait-elle pu de nouveau voir son reflet dans une glace après ça ? Pouvait-elle laisser Franc derrière elle ?... Non, ça lui était impossible...

Au même moment Pointe-Noire apparut à ses genoux, comme pour l'aider à prendre sa décision.

Capucine prit entre ses mains la petite hermine blanche et la porta affectueusement contre sa joue pour en sentir la douceur de son pelage. Puis, résolue elle reposa cette dernière au sol et regarda en direction de Franc et de ses hommes qui se battaient.


Derrière eux se trouvaient toujours les chevaux en désordre, encore plus loin se trouvait visiblement le gros de leurs assaillants qui n'avaient pas encore traversé la cohue.

Elle savait que le prix à payer pour ce qu'elle s'apprêtait à faire aller être lourd de conséquences pour elle. Ce qui était en train de se produire ici ne pouvait être que l’œuvre des Pies, maudit soit leur nom. Si eux ne la prenaient pas pour cible, ce serait ses propres compagnons qui la rejetteraient désormais.

Mais tant pis... elle refusait de les laisser mourir sans rien faire. Elle refusait que LUI meure.

En renversant la situation, en essayant d'amener le désordre chez l'ennemi, peut-être que les soldats pourraient reprendre le dessus

Elle ferma les yeux... laissa parler la seule force qu'elle possédait. Le flux venait du plus profond de ses tripes et elle-même le ressentit comme une véritable vague déferlante qui émanait de son être.

De concert, tous les chevaux à proximité eurent alors un brusque mouvement de recul. Pris de panique, ils chargèrent comme un seul corps dans la direction opposée, fauchant tous ceux qui se trouvaient au milieu et sur le passage  
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Jeu 15 Aoû - 14:10
Eda
Celle qui aide
Eda
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Premier vent de révolte Intrigue-un-vent-...-volte-3-5677c38

Légende :
Gris : les chevaux (ceux barrés d'un trait rouge sont morts)
Orange : les soldats et les gens de la caravane de Loyal
Vert : les attaquants arrivant depuis l'arrière (essentiellement des Pies mais aussi quelques villageois)
Bleus : les attaquants arrivant depuis l'avant (essentiellement des villageois mais aussi quelques Pies)
Cercles barrés : les morts
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Dim 18 Aoû - 18:29
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Loyal examinait tout ce qui l'entourait, un feu commençait à prendre alentour, répandant sa lumière ocre sur ce spectacle de chaos. Sa rapière à la main, il jetait des coups d’œil inquiet en direction des chevaux voyant Franc et ses hommes se préparer à l’affrontement.
Il espérait que le jeune homme s’en sortirait, il avait toujours été envieux de sa force et de son courage, mais il l’aimait bien, il lui rappelait son propre fils, toujours prompt et fier.

Il chercha dans cette foule tumultueuse, mais ne parvint pas à trouver Capucine. Sa si douce Capucine... il voulait l’appeler pour qu’elle le rejoigne, ils pourraient fuir ensemble et se retrouvant seul loin de ce déchainement de violence, il pourrait peut être jouir d’une douce intimité en sa compagnie le temps du chemin. A cette pensée, son coeur s’envola, mais un cri étranglé dans son dos le fit revenir les pieds sur la terre souillée, les hommes qui avaient la charge de sa sécurité s’étaient retrouvé au sol, leurs uniformes tachés de rouge.

Loyal faillit bien s’étrangler lorsqu’un homme sortit de derrière son carrosse, une arbalète à la main, l’enjoignant de ne pas bouger.
Le noble, la main crispé sur sa rapière restait sans voix alors que deux autres énergumènes sortaient des ombres.

“Est ce ainsi que vous remercier les mains qui se tendent?”

Loyal se doutait bien qu’il n’avait probablement pas à faire à de simples villageois et que cette question ne le mènerait nulle part, mais il fallait gagner du temps.

Les hommes qu’il avait envoyé chercher des cheveux revenaient enfin, voyant tenant chacun difficilement un cheval nerveux.

“Garde! Tous au baron !”

Les gardes encore à porté se tournèrent vers les trois hommes et Loyal. Au même instant, une nouvelle vague de vif ébranla les chevaux, Les Vergris et Mormont ne purent retenir les équidés qui se ruèrent affolés vers le groupe composé du baron et de ses trois opposants.
Loyal n’était pas connu pour sa force, mais au moins était il souple et agile, il se plaqua contre le carosse pour esquiver l’étalon pommelé et se ramassa sur lui même pour rouler d'un mouvement sous le carosse. Il se redressa de l'autre coté et profita du chaos nouvellement semé pour chercher une échappatoire, ou au moins une cachette.
Il aperçut deux chevaux plus bas, ça aurait été une aubaine magnifique.... s'il n'avait pas aussi peur de ces animaux.
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Lun 19 Aoû - 17:49
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D'autres soldats s'approchaient, menés par un jeune homme au crâne presque rasé. La voix de celui-ci était puissante ; c'était un meneur, un chef dans l'âme. Ce devait être un adversaire intéressant, en savoura-t-elle l'idée.

Sa dague entailla la main du garde qui se trouvait le plus près d'elle, lui faisant choir son épée. La femme tourna sur elle-même et lui assena un coup de coude dans la mâchoire tout en se penchant pour ramasser la lame longue qu'il venait de perdre. Elle aimait bien moins ce type d'arme, moins maniable et efficace à son goût mais elle lui serait utile, voilà une chose dont elle était finalement sûre. D'ailleurs à peine l'eut-elle en main qu'elle vrilla son poignet et longeant sa cuisse, la planta depuis le bas dans le corps qui tenait derrière elle. Elle l'avait senti approcher, profitant de sa position désavantagée pour tenter de l'attaquer par surprise. La vifière transperça le malheureux de l'aine jusqu'au milieu du dos et jura en abandonnant déjà l'épée qu'elle venait de récupérer. Trop long de l'enlever du cadavre. Elle se redressa avec vitesse et continuait de s'acharner sur chaque homme qui passait auprès de sa lame.

Grand-Bec lui transmit alors une information que « son mâle » lui avait communiqué. Le corbeau se moquait d'elle en appelant Benjamin ainsi, bien qu'effectivement ce soit son coup régulier ces dernières semaines. Il lui indiquait que le plus riche tentait de s'enfuir. Oui le terme de noble était flou pour lui et c'était ainsi qu'il avait compris l'information.
"Montre !" ordonna-t-elle au bout de quelques instants, tandis qu'elle grimpait sur la charrette. Ce promontoire lui permettrait de se dégager de l'impasse où elle se trouvait si l'on avait besoin d'elle ailleurs. Elle aurait pu regarder d'elle-même dans la direction où se trouvaient Loyal et ses hommes. Elle aurait vu tout aussi sûrement qu'à travers les yeux du volatile noir son compagnon prendre l'ascension sur le noble, tuant les deux à la livrée rouge qui l'accompagnaient. Pourtant, elle préférait ne pas quitter des yeux le grand gaillard (Franc) qui menait la charge contre son groupe. Elle n'était pas une meneuse d'hommes ; elle n'avait pas les bons mots pour encourager les hommes à la suivre, et pourtant, ils la suivaient quand même, impressionnés autant qu'effrayés par sa détermination et son absence de limites.
Soudain un coup au cœur la saisit ainsi que ses compagnons lorsqu'une décharge de Vif fut lancée à destination des chevaux. Cela en déstabilisa certains – en plus de faire paniquer les chevaux et les faire s'enfuir en sens inverse, renversant un ou deux malheureux qui n'avaient pas eu la présence d'esprit de se mettre à l'abri des sabots- mais Vigueur avait l'âme d'une prédatrice, aussi accusa-t-elle plus rapidement le coup comme si de rien n'était. Il y avait un vifier quelque part, une cible à trouver... soit à éliminer, soit à utiliser pour lui faire porter le chapeau de cette mésaventure. Mais ce n'était pas à elle de réfléchir à ça. D'autres pensaient pour elle, Revanche ou même Benjamin, et elle exécutait. C'était son rôle, sa tâche, sa mission.

"Le paon va réussir à s'enfuir." s'amusait le corbeau.
Son pied claqua sur le bois de la charrette, en un mouvement de recul face à l'attaque d'un des gardes alors qu'elle lui lança un ordre "Ne le lâche pas." Elle empêcha l'homme de monter sur la charrette pour la rejoindre en lui plantant la dague dans la main pour l'immobiliser avant de lui asséner un coup de pied violent en plein visage.
Elle croisa alors le regard noir du jeune homme, découvrant également la cicatrice qu'il portait sur le côté du crâne. Un sourire carnassier étira les lèvres de la mercenaire. Elle lui fit signe de monter la rejoindre sur le véhicule, se reculant juste assez pour le laisser grimper.
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Ven 23 Aoû - 0:12
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La voix puissante de Franc avait fait son effet : les trois hommes reprirent leurs épées en main avec beaucoup plus de fermeté et, le visage fermé, s'étaient élancés à la suite de leur meneur. Le baugien s'était dirigé vers l'homme qu'il avait renversé quelques secondes auparavant. Le soldat écrasa avec force le poignet de l'assaillant à terre, l'obligeant à lâcher son épée. Dans un grondement de douleur, l'homme tendit le bras à sa ceinture afin de s'emparer d'un poignard mais Franc avait prévu cela. D'un coup d'estoc bien placé, il transperça l'épaule de son adversaire entre deux plaques de cuir, ce qui le força à lâcher sa deuxième lame dans un cri rauque et rageur. Afin qu'il ne puisse tenter de tuer qui que ce soit, Franc fit de même au deuxième bras du Pie, le rendant totalement inefficient au combat tout en le laissant en vie.

- « Vous paierez pour tout ça... » marmonna-t-il, plus pour lui-même que pour son adversaire. Un hoquet lui fit tourner la tête alors qu'il retirait son épée de la chair de son ennemi. La blonde avait encore fait des siennes et laissait derrière elle un homme grièvement blessé, sa propre épée profondément enfoncée dans le bas de son dos. Le bleu tentait péniblement de la suivre mais il sautillait plus qu'autre chose, indécis quant à la marche à suivre.

- « Pierre, avec moi !!! » Le jeune se mit alors à suivre Franc, laissant la fille au dernier soldat de son groupe le temps de stopper l'offensive menée par deux individus ; l'un se trouvait au côté de la furie au moment où Franc était arrivé et l'autre déboulait du bois en sautant par-dessus le cadavre d'un cheval. Le bleu voulut imiter son meneur et leva le pied pour arrêter dans sa course l'homme le plus proche de lui mais celui-ci esquiva sans peine le coup de pied, atterrissant devant Franc. Le jeune homme vêtu d'un pourpoint rouge leva son épée, pommeau en avant, et frappa l'homme au visage. Celui-ci s'effondra net, le nez cassé et le visage recouvert de sang en quelques secondes.

Alors que l'homme vaincu geignait au pied du capitaine, le deuxième individu arrivait : il ne portait pas de vêtements pouvant faire office d'armure comme les deux premiers gars, il ne devait s'agir que d'un des villageois en colère. Alors que l'ennemi se jeta de tout son poids vers l'avant, Franc fit un bond de côté mais laissa traîner son épée derrière lui. Celle-ci entailla l'assaillant au niveau de la hanche, ce qui l'incita à se concentrer sur le baugien, oubliant le jeune qui le suivait. Pierre arriva dans le dos de l'ennemi et lui planta son épée dans la cuisse. En quelques secondes, les soldats de Loyal terminèrent de désarmer l'homme et de le rendre incapable de combattre ; intérieurement, Franc apprécia le fait que Pierre l'imitait en ne tuant pas leurs attaquants. En un coup d’œil, le soldat fit un état des lieux : il reconnut un homme sortant du groupe de villageois venant sur leur gauche (Rustique) et vit la femme mettre hors d'état de nuire son dernier collègue à proximité. A ce moment-là, elle croisa son regard noir et, amusée, l'invita à la rejoindre. Les sourcils froncés, Franc ordonna fermement :

- « Pierre, vérifie ce type et ramène-le avec les autres villageois. »

Au fond de lui, une petite voix lui disait que c'était une mauvaise idée mais il se dirigea vers la carriole. Cependant, il fut stoppé dans sa démarche par un cheval déboulant de nul part. Ces bêtes étaient vraiment devenues folles, à courir à tout sens ! C'était bien là l'oeuvre des Pies, à constamment chercher le désordre ! D'un bond, Franc esquiva la bête et, de peur de se faire renverser, choisit plutôt de rester avec le jeune Pierre qui avait déjà commencé à se rapprocher du villageois isolé (Rustique). La bonne femme ne perdait rien pour attendre mais la suivre là où elle voulait précisément qu'il aille était trop dangereux...
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Lun 26 Aoû - 11:29
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Le noble était entre nos mains et pourtant il ne se rendait pas. Il conservait toujours sa rapière et tenta même d'entamer une discussion avec nous. Les hommes s'impatientaient, surtout celui à l'arbalète. Moi, je comprenais qu'il attendait et espérait quelque chose. De l'aide assurément mais d'où ? Le plus gros des forces était en train de charger l'équipe de Vigueur sans voir que le baron était en mauvaise posture. A vue de nez, le noble avait dû perdre un bon tiers de ses forces dans l'embuscade voire davantage mais je ne pouvais le savoir, je n'étais plus sur le promontoire. « Parce que vous faites preuve de bonté une fois dans votre vie, vous pensez que ça pardonne tout ? Vous êtes bien niais. » Je me mis à rire.

Soudain, les hommes que le noble avait envoyé chercher les chevaux virent que leur suzerain était en danger. Ils se précipitèrent vers le groupe de Pies mais un autre événement vint mettre son grain de sel dans l'aventure. Le Vif !

Une puissante charge de magie vint perturber tout ce petit monde. Ça n'était pas un des nôtres, il y avait quelqu'un d'autre ici qui possédait notre talent et s'en servait pour nous déstabiliser. L'effet fut au rendez-vous, les chevaux eurent peur et se mirent à courir en tous sens. Alors que les cinq gardes venaient vers nous pour sauver Loyal, les chevaux qu'ils étaient allés chercher prirent peur et tentèrent d'échapper à la poigne qui les retenait. La majorité du groupe s'en sortit mais il y en a un qui se prit une ruade en plein sur le torse par le cheval qui était affolé et les deux animaux coururent dans notre direction. Il n'en fallut pas plus à ce bien né pour s'échapper en se glissant sous le carrosse. J'avertis mes hommes qu'il y allait avoir du grabuge et celui à l'arbalète tira sur un homme qui courait vers lui. Deux de moins, il en restait trois. Je n'étais pas un guerrier né comme Vigueur, mon atout c'était mon intelligence et ma rhétorique. Je maniais les armes mais pas aussi bien qu'un soldat entraîné. Je n'avais même jamais tué avant ce jour. Et encore, je l'avais fait par derrière, je n'avais donc pas vu le visage de ma victime. Parce que sinon, est-ce que j'aurai pu réussir ? Il le fallait, je voulais à tout prix que Vigueur reconnaisse ma bravoure. Cette femme me rendait dingue et j'avais du mal de réfléchir quand elle était près de moi. Heureusement, elle était plus loin, ce qui me laissait les idées claires.

L'homme à l'arbalète n'eut pas le temps de recharger une seconde fois mais il se servit de son arme pour l'abattre sur la tête d'un soldat qui ne s'attendait pas du tout à se faire recevoir de la sorte. De mon côté, je suivis le chemin du baron et m'engagea sous le carrosse alors qu'un homme se dirigeait vers moi. Je regardais la direction que Loyal prenait et je fis le tour pour abattre ma dague dans l'ouverture visible du cou de celui qui s'était pris un coup d'arbalète. Il en restait que deux, mes hommes pourraient gérer. Je suivis donc Loyal. Je courus donc dans la direction que le noble avait pris. Durant mon petit tour de manège autour du véhicule, je perdis de vue sa trace mais Grand Bec qui avait reçu les instructions de ne pas lâcher des yeux la cible m'indiqua la route et m'annonça que Croqueur était sur lui. Étonné je forcis le pas. Comment était-ce possible que mon renard soit sorti de sa cachette pour s'en prendre à notre cible ?

L'explication était simple, son rôle premier était de se cacher et de bouger discrètement pour nous donner des indications. La poussée brutale de Vif toucha les chevaux mais l'atteint lui également. Il ressentit de la peur mais au lieu de fuir comme un renard normal l'aurait fait, il s'était accroché au lien qui nous unissait et eut peur que je sois en danger. Sans plus réfléchir que ça, il a associé cette attaque avec Loyal qu'il a vu s'enfuir et donc est sorti de son rôle d'observateur pour s'attaquer à l'agresseur de son familier. Il ne lui fallut pas très longtemps pour le rattraper et le mordre au jarret.

Quand je fus enfin sur place, je vis la cible au sol avec son épée qui était tombée un peu plus loin et mon Croqueur qui avait relâché sa jambe mais grognait pour ne pas qu'il bouge. Grand Bec devait être dans les parages mais je ne le vis pas. « Doucement Croqueur, je suis là. » Je sentis sa peur et sa colère et lui envoya une dose de calme et de réconfort. Il avait agit par peur pour moi et il s'était montré drôlement courageux. Que j'étais fier de lui. Après une ou deux petites caresses, je me dirigeais vers le bien né en gardant en tête de rester sur mes gardes. On ne pouvait jamais savoir ce que l'ennemi avait en tête.
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Mar 3 Sep - 12:20
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Nous n'étions pas tous former au combat. Certains avaient déjà fait quelques petites guérillas contre des campements ou entrepôt pour voler quelques provisions. Cependant là, c'était un niveau au-dessus. Dans notre petit groupe tout le monde n'était pas prêt à réaliser quelque chose d'aussi gros.

Le stress envahissait déjà les esprits parmi certain dans les deux camps. J'avais réussi à m'échapper du groupe. Quand je parti le cuistot du camp se faisait trancher la gorge. Le pauvre larron... Quoi ? A non il servait de la nourriture à un noble. Il était d'une certaine manière dans l'engrenage de la famine qui s'installait dans nos ventres. Je passais derrière un chariot. Je vis Vigueur pas loin de la. Je me redressais... Parler dans ma tête de ce cuistot me donner faim... . J'imaginais un bon gros sanglier avec une pomme dans la bouche. Oh oui un bon gros sanglier... aux châtaignes.  

Alors que je sortais de derrière le chariot, avec une main sur le ventre en train de saliver avec un petit filet de salive qui dépasser du coin de ma lèvre, je tourna la tête et aperçu un homme venant vers moi. Il me dit de m'arrête.

Qui ?

Je regardais derrière moi. Des chevaux étaient étalé au sol.

Ah non non ! , dis avec un petit mouvement de la main, ca c'est pas moi... . C'est ELLE !

Je montrais du doigt Vigueur qui était un peu plus loin vers un autre chariot.

Elle n'est pas très agréable du premier regard mais vous verrez, elle peut être très douce si vous savez comment l'aborder. Je peux vous montrer si vous voulez. Restez loin. J'aime pas trop être proche des gens... Et je voudrais pas vous faire du mal... . Ou qu'elle vous en fasse. Vous savez elle est éperdument amoureuse de moi même si elle l'avoue pas... . Moi je venais juste pour parler à une dame que je venais d'apercevoir. Votre chef, oui celui qui arrive derrière vous là... il l'a connait il pourrait me la présenter ?
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Dim 8 Sep - 18:34
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Capucine avait fait ce qu'elle avait pu... S'il était illusoire que son action suffise à retourner la situation, la débâcle des chevaux avait au moins permis d'éliminer quelques assaillants. Mais plus intéressant pour elle, la voie était désormais complètement libre par le Nord.

De là où elle se trouvait, il lui était impossible de rejoindre les soldats en plein combat ni d'être d'un quelconque secours pour Loyal, dont le sort lui était désormais complètement égal de toute manière. En revanche, il serait possible de suivre l'unique demande de Franc "protéger sa vie".

Tous les assaillants venus de la forêt semblaient avoir dépassé sa position. C'était donc un boulevard qui lui était à présent ouvert jusqu'à la pénombre rassurante de la végétation. De là, elle pourrait très certainement récupérer l'un des chevaux qu'elle avait fait fuir auparavant, pour ensuite galoper vers la ville la plus sûre.

Il y avait cependant un grain de sable qui venait perturber ce joli plan... Une femme était montée sur la charrette lui servant d'abris et ne semblait pas vouloir en descendre pour le moment. Toutefois, il était évident que celle-ci n'avait pas encore détecté sa présence.

La furie avait déjà donné du fil à retordre à Franc et à ses hommes. Prendre le risque de surgir de sous la charrette où elle se trouvait pour tenter une fuite semblait pour le moins hasardeux.

Pour le moment, la conduite la plus sage à adopter était donc la patience. Gardant son hermine près de son cœur, elle caressait doucement son pelage pour tenter de la rassurer autant qu’elle essayait de se rassurer elle-même.

Gardant sa respiration la plus calme possible, Capucine attendait une opportunité. Qui arriverait certainement au moment où la folle descendrait de son perchoir pour aller trucider d'autres pauvres types à proximité.
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Sam 14 Sep - 20:26
Eda
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La garde tente de contenir les serviteurs de Loyal et les villageois mais ces derniers ne se laissent pas faire sans riposter. Ils compensent leur manque de technique martiale et un maniement des armes approximatif par une hargne téméraire qui leur fait prendre des risques parfois payants contre les hommes expérimentés du Baugien.
Les pies qui ne sont pas déjà intégrés à ce groupe tentent de les rejoindre pour décimer la garde. L'un d'entre eux grimpe au côté de Vigueur sur la charrette et prendra sa place, si celle-ci la lui laisse, pour en découdre avec les derniers soldats à proximité.

Le discours de Rustique étonne le jeune soldat qui n'y comprend rien et tente simplement de le faire reculer sous la menace de son épée.
En revanche, le feu commence à propager un peu plus les hautes herbes, bien que celles-ci ne sont pas excessivement sèches. Les quelques chevaux qui sont à proximité se tiennent volontairement éloignés autant des flammes que des hommes.

Loyal est en mauvaise posture, d'autant que ses hommes ne peuvent venir l'aider car ils sont eux-même accaparés par les Pies qui leur tombent dessus.

Premier vent de révolte Intrigue-un-vent-...-volte-4-5690a03
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Mar 24 Sep - 12:36
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Loyal avait réussi à s’échapper, enfin c’était ce qu’il pensait alors qu’il parvenait à contourner son carrosse et gagnait ainsi une ère dégagée de combats.
Il s’immobilisa quelques secondes, tirailler entre le désir de sauver sa vie... et celui de sauver sa cassette d’or, en aurait il le temps ?
Des bruits de combats, des gargouillis de sang, tout cela mêlé à l’odeur de fumée devenant de plus en plus âcre, tout indiquait la fin de sa caravane, et s’il ne se dépêchait pas, la fin de sa vie.

Sa décision était prise, il lui faudrait fuir, se cacher, et revenir chercher son bien lorsque les choses se seraient calmée. Il prit donc ses jambes à son cou pour partir en direction du rocher en bordure de forêt, mais après quelques foulées à peine, une douleur lui poigna à la cuisse.
Loyal s’écroula sur le sol, laissant échapper son épée qui glissa à un mètre de lui, il essaya de se tourner pour voir son assaillant mais les crocs ne s’enfoncèrent que plus profondément, des petits crocs acérés qui déchiraient ses chairs.

Le nobliot n’avait pas grand chose de l’homme robuste que pouvait être Franc, ce presque fils qu’il détestait aimer. Qu’il aurait été bon de le voir surgir à la rescousse, mais il n’en fit rien et Loyal ne pouvait qu’espérer qu’il soit toujours en vie, comme sa belle et douce Capucine.
Loyal hurla sa douleur, ne pouvant la retenir dans ses mâchoires serrées et ce cri sembla appelé l’homme qui avait voulu le tuer quelques secondes plus tôt. Cet être ignoble au regard mauvais qui osait l’attaquer, lui et sa suite !

L’homme appela le renard qui avait tant meurtri sa cuisse, et le félicitait d’une caresse sur la tête. Comment pouvait on traiter ainsi aussi vile créature... ce ne pouvait être qu’un de ces satané Pie.

Loyal recula tant bien que mal sur ses fesses, tendant son bras vers son épée, tout en invectivant son assaillant.

“ Vous ! Vous êtes un de ces Pies dont tout le monde parle ! N’en avez vous pas assez fait en tuant la Reine et son enfant ? Faut il que vous vous en preniez à d’honnêtes gens?”

Sa main empoigna la garde de sa rapière et brandit sa lame dans un geste désespéré pour sauver sa vie. Sa douleur à la cuisse le clouait au sol, et son talent plus que quelconque à l’épée ne suffirait sans doute pas à dévier un tir d’arbalète.
Sans intervention extérieure, il lui serait difficile d’en sortir en vie.
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Sam 28 Sep - 9:38
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Il se détournait d'elle, évitait la confrontation directe. Était-il malin ou couard ? Dans les deux cas, la froide Vigueur lui faisait suffisamment peur pour qu'il préfère rester dans son rôle de chef. Elle le vit s'éloigner pour s'occuper d'un des villageois. Elle n'avait pas retenu le nom de celui-ci et n'avait jamais escompté le faire. La vifière avait sa famille, les Pies, et même pour eux, elle ne verserait pas une larme s'il leur arrivait quelque chose. Alors s'intéresser à d'autres...


La jeune femme aurait du redescendre de son piédestal pour rejoindre le groupe de villageois, de Pies et de soldats qui s'affrontaient du côté du foyer. Mais Grand-Bec lui avait mis une image devant les yeux et celle-ci l'obséda assez pour la faire rejoindre au pas de course Benjamin et le noble un peu plus loin. En découvrant ce dernier au sol, le regard suppliant, tentant de gagner du temps, elle eut un coup au cœur. Non devant la détresse évidente du personnage mais ce visage... Jamais elle ne l'avait vu avec une telle expression sur ses traits ; il avait toujours été suffisant, sûr de lui et malgré ses propres supplications, il n'avait jamais fait preuve de la moindre pitié à son égard. L'enfant qu'elle était alors avait gravé chaque instant nauséabond qu'elle avait du passer en sa compagnie, chaque trait de son visage, chaque bruit de son corps pesant sur le sien. Elle ne pouvait oublier, pas plus qu'elle ne pouvait détacher ses yeux gris de Loyal qui pour son malheur lui rappelait ce fantôme de son passé gardé enfoui en son âme.


Il brandissait pathétique la lame de son épée au dessus de lui, ne remarquant d'abord que le jeune homme qui lui faisait face. Croqueur était auprès de Benjamin et le nez et les yeux de la Béarne lui indiquèrent qu'il avait goûté le sang du noble. Elle avait dû mal à faire la distinction entre l'homme et le souvenir quand bien même la situation était improbable, incompatible avec ce qui avait été sa vie en ce temps où elle ne s'appelait pas Vigueur.
" Il doit payer... souffrir..." murmura-t-elle avec un rictus de haine inattendu sur son visage d'ordinaire inexpressif.


Grand-Bec s'était posé au sol à quelques pas de Loyal et il claqua du bec en sa direction. Il ressentait cette haine de sa compagne, l'envie de dépecer le malheureux, morceaux de chair après morceaux de chair, de crever ses yeux marrons de ses doigts/griffes. L'humaine avait partagé son histoire avec lui quand il s'était lié et s'il ne pouvait comprendre les liens qu'elle entretenait avec ces hommes qui l'avaient souillée, il avait compris la souffrance qu'elle avait enduré et finalement rejeté pour se construire une carapace vengeresse. Il sentait la faille s'ouvrir et il voulait se repaitre avec elle de la douleur à infliger. Nulle satisfaction emotionnelle pour lui à ces gestes qu'elle imaginait mais le goût du sang et la violence qu'elle lui promettait là étaient délectables à envisager.


Ses pas étaient redevenus lents alors qu'elle avait finalement dépassé Benjamin sans lui prêter la moindre attention. Sa langue passa sur ses lèvres comme un frisson d'excitation faisait s'ébrouer les plumes du corbeau. Leur regard ne disait qu'une chose : il devait mourir et il allait mourir.
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Ven 4 Oct - 23:47
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C'était une scène cocasse, un bien né sur son séant perdant son sang qui devait regarder un homme du peuple en levant la tête. Que cela devait-être étrange pour lui. Les rôles étaient sensiblement inversés. Il ne semblait plus très important. C'était un homme comme les autres qui tentait de tout faire pour survivre. Il reculait en me regardant avec colère et même dégoût. Il empoignait son arme et la pointa vers nous. Tout en faisant cela, il cracha sa haine en proférant des paroles creuses.

« Vous ! Vous êtes un de ces Pies dont tout le monde parle ! N’en avez vous pas assez fait en tuant la Reine et son enfant ? Faut il que vous vous en preniez à d’honnêtes gens? »

Je regardais cet homme d'ordinaire si important et écoutais ses paroles. Je penchais la tête de côté dans un geste de réflexion. Quand il reconnut que j'étais un Pie, je fis une révérence moqueuse. Appartenir à ce groupe était une fierté pour moi.

« Pour être tout à fait honnête avec vous, je pense que ceux qui ont tué la Reine ainsi que le futur prince sont des idiots ! Si j'avais fait partie des gens qui prennent les décisions, jamais je n'aurais autorisé cette opération. Le Roi était déjà un ennemi déclaré des vifiers. S'attaquer à la femme qu'il aimait et à sa progéniture n'ont fait que confirmer ce qu'il tentait de faire croire au peuple. Que le Vif est dangereux et doit être éradiqué. Que seul l'Art est noble. FOUTAISES... »

Le regard que Loyal avait envers moi, je ne le connaissais que trop bien. Ce regard, il était apparut chez mes parents quand ils avaient découverts que je possédais le vif. La suite avait été tragique. Futé, le renardeau avec lequel j'étais en lien fut tué et j'aurais dû suivre le même chemin si ma mère n'avait pas dévié la hache de mon père. De ce jour, j'en gardais une trace indélébile sur mon visage. Une cicatrice qui me barrait le nez.

« Le Vif n'est pas plus dangereux ou bénéfique que la magie des sang bleus. Si seulement vous tentiez d'en savoir plus. Mais non, vous êtes comme tous ces nobles. Vu qu'il touche le peuple, c'est que ça n'est pas bon. Ça n'est pas honorable. Ce qui vous intéresse ce sont vos châteaux et votre or. Le reste n'a aucune importance. Vous ne cherchez même pas à comprendre ce qui vous entoure. Vous êtes trop importants pour ne serait-ce qu'imaginer ce qu'est la vie du petit peuple. Depuis tout petit, on vous bourre le mou en vous disant que vous êtes l'avenir du royaume et que les autres doivent vous servir. On récolte ce que l'on sème et... »

" Il doit payer... souffrir..."

Ces mots eurent pour effet de me faire me tourner vers leur source. J'étais tellement plongé dans mes arguments que je n'avais pas entendu Vigueur approcher. Elle ne semblait pas me voir et fixait le noble avec un regard de haine. Le connaissait-elle ou réagissait-elle comme ça parce que c'était le combat qu'elle avait décidé de mener contre les nobles ? En tous cas, Grand Bec semblait répondre à la colère de sa maîtresse. Il claquait du bec à côté de l'homme que Croqueur avait blessé. Il avait envie de lui faire mal. Vigueur était devant moi maintenant et elle ralentit l'allure comme pour savourer l'instant. Je la connaissais assez pour savoir qu'elle allait le tuer.

« Il est à moi Vigueur. C'est moi qui l'ait traqué jusqu'ici. »

Est-ce que cette simple remarque allait détourner Vigueur de son envie de meurtre ? Rien n'était moins sûr.
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