Tonne la terre puis sonne le glas - les faits à Castelcerf et dans les Duchés

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Mar 25 Juin - 15:57
Le Ménestrel
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Le séisme


En ce 8 Verdissante de l'an 1045, la terre a donc tremblé dans l'ensemble du Bourg, de Cerf et des Duchés. D'autres séismes avaient secoué la terre dans les jours précédents mais leur intensité était trop faible pour que cela perturbe vraiment quiconque, sauf au plus proche des volcans, mais les nouvelles n'ont guère eu le temps de parvenir à la capitale pour signaler l'ensemble des éléments indiquant que quelque chose de plus fort se préparait.. L'épicentre de ce séisme est situé au niveau de la frontière Chalcédienne, à 15 km au sud-ouest de Bord-des-Sables, dans la Barrière, côté Six-Duchés.
Les rapports venant des Duchés de l'Intérieur mettront du temps avant d'arriver à la capitale pour faire état des dégâts qu'ils ont subis. D'autant plus avec l'éruption qui en causera bien d'autres...

Au Bourg et au château de Castelcerf, les bâtiments n'étaient pas vraiment conçus pour résister à un séisme. Qui aurait pu penser qu'un jour, Eda fasse trembler la terre ?
Heureusement on n'eut pas à déplorer d'effondrements.

Les vitres se sont fendues dans une grosse partie de la ville, certaines ont volé en éclats. Des fissures sont apparues sur les murs des plus vieilles maisons de la ville, au cœur des bas quartiers, près du port et dans certains recoins du château. Les meubles légers et le petit mobilier (vaisselle, bibelots etc) se sont dans la plupart des cas renversés, se cassant ou non suivant la résistance de leurs matériaux.
Ainsi en sus des blessures provoquées par des éclats de verre, nombreuses furent les personnes blessées lors de leur propre chute ou par celle d'un objet sur eux. Il était en effet compliqué de rester debout sous la violence de la secousse.

Les animaux de compagnie ou domestiques sont tout aussi traumatisés que leurs propriétaires ; certains tentent de fuir l'endroit où ils se trouvent, de la même manière que le troupeau s'est échappé au marché. Cela reste néanmoins l'endroit dans tout le Bourg où les pertes humaines sont les plus importantes.
Si l'on compte quelques morts à la suite de brisures de verre ou d'effondrement de mobilier sur le coin d'un crâne, les blessés sont en plus grand nombre. La majorité d'entre eux ne le sont que légèrement : coupures, luxations, hématomes, mais sous l'effet de la panique, ils finissent tous par refluer vers le temple d'Eda. Du moins, essayent-ils de le faire. La garde de la ville est rejointe par quelques soldats royaux pour calmer les foules et les enjoindre à regagner leurs habitations et à y rester. De même au palais, on cantonne les nobles et tous les invités à rester dans leur chambre. Les domestiques n'ont pas cette possibilité car on réclame leurs services partout où des dégâts sont constatés afin de nettoyer ou de sécuriser les secteurs en compagnie de la garde royale.

Deux ou trois heures plus tard, alors que tout ceci se met progressivement en place, que les gens ont réussi à gagner soit le temple de la déesse, soit sont retournés chez eux, que la garde sillonne les rues pour éviter les émeutes et la panique, que le palais retrouve un semblant de tranquillité... Les oiseaux emplissent un instant le ciel de leurs ombres noires. Comme le présage d'un mauvais augure filant sur la ville. Ils gagnent la mer, ils gagnent le Nord ; ils fuient un danger qui échappe encore à la perception des hommes. Certains savaient au château, mais les mauvaises et lointaines nouvelles avaient été soigneusement tenues éloignées des oreilles du tout venant... pour des raisons de sécurité probablement.
Derrière cette longue nuée de volatiles, des nuages d'un gris étrange envahissent progressivement le ciel, laissant tomber sur la capitale une pluie boueuse, cendreuse. Jusqu'à la nuit, sans discontinuer, alors que les températures restent sensiblement les mêmes, cette neige venue d'un autre monde s'abat sur Castelcerf.
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Mar 25 Juin - 18:02
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L'éruption


La nuit a été longue, ponctuée de cauchemars pour beaucoup. Blessés physiquement ou mentalement par cet éprouvant événement, les habitants du Bourg comme du Château n'ont que peu dormi, ou mal.

Dans les songes de certains, les paroles funestes de cet étrange prophète qui se baladait de rues en places en déclarant que la fin arrivait. Dans d'autres, cette pluie qui avait l'odeur de la mort. La terre qui tremble. La peur de la mort, encore et toujours, sur les esprits faibles. Quel est le message des Dieux ? Que faut-il faire pour les apaiser ? Les pamphlets qui avaient pullulé sur les murs du Bourg ces dernières semaines et qui appelaient à la fin des Loinvoyant... était-ce la solution ? Que ce soient les Pies qui les aient placardés ne dérange plus autant de monde, car c'est le message qui leur importe désormais... Par Eda, la terre a tremblé ! Cela veut forcement dire quelque chose, non ?

Le petit matin arrive. Tout est calme dans les rues. Trop pour que cela soit un jour ordinaire : le temple d’Eda sonne le matin, mais le jour ne se lève pas. Les épais nuages arrivés la veille au soir obscurcissent totalement le ciel, déversant leur pluie de cendres sur la ville. Rapidement, les les cendres se mêlent aux nuages déjà présents et c'est une pluie boueuse qui tombe. Les érudits du temple d’Eda envoient les crieurs publics conseiller à la population de porter un linge sur le nez et la bouche pour ne pas respirer cette pluie étrange.

Au port, aucun bateau ne partira en mer aujourd'hui. Il y a trop de choses à réparer avant de pouvoir tourner la page, et aucune visibilité. Faire comme si de rien n'était est impossible. Tout le monde, dans une mesure qui lui est propre, a été touché par ce violent événement. La mort de la reine, ses tristes funérailles en avaient ému plus d'un, mais ce n'était pas sur leur chair que le malheur s'était abattu. Cette fois-ci, oui.

Les soldats continuent leur ronde, épuisés. Ils ont passé la nuit à chasser ou arrêter ceux qui tentent d'exploiter la désolation ambiante. Certaines maisons ont été pillées sans qu'ils n'aient pu rien y faire. Des magasins ont manqué être saccagés.

Le temple d'Eda n'a pas encore désempli et les officiants sont restés debout toute la nuit. Leurs traits tirés témoignent en silence de ce qu'ils ont du affronter. Rien ne leur fut épargné. Les souffrances de leurs patients, toutes ces questions auxquelles ils ne pouvaient donner de réponses... On attendait beaucoup d'eux et leurs frères d'El durent venir leur prêter main forte pour préserver le calme dans le temple.

On passe du temps en famille, on passe du temps avec ses proches et lentement, on commence à émerger du cauchemar pour continuer à arranger ce qui peut l'être, pour réparer ce qui doit l'être. Panser ses plaies, puisqu'il n'y a que cela à faire... pour l'instant.

La journée passe ainsi, morne, différente, presque sans saveur et même effrayante, car elle n’est autre qu’une longue nuit qui se prolonge, le soleil ne filtrant que comme une très pâle lueur de temps à autres quand parfois, les nuages désépaississent. Le jour se lèvera-t-il de nouveau ? Certains essayent, mais la plaisanterie a du mal à venir. Les visages sont fatigués, les regards emplis de doute guettant un signe dans le ciel toujours voilé. Est-ce vraiment fini ?

Un peu avant l'heure où chiens et loups se confondent, où un soleil imaginaire déclinerait dans la vallée à l'ouest de Castelcerf, un bruit intense, assourdissant littéralement tous les êtres, résonne jusque dans la chair de chacun. Homme, femme, enfant de tout rang, animal de toute espèce, personne n'est épargné par ce vacarme de fin du monde*. Cela fait mal. Vraiment. Terriblement mal. Les oreilles souffrent, refusant d'entendre le moindre autre son alentours. Cette surdité temporaire, s'accompagnant ou non d'acouphènes, surprend tout le monde. Il faut de longues, très longues minutes, parfois bien davantage, pour que chacun retrouve, progressivement, la perception du monde environnant.

De nouveau, le silence feutré de cette nuit étrange, de plus en plus angoissante. Les quelques animaux qui n’ont pas fui sont muets, certains, les plus petits, commencent à être retrouvés morts d’asphyxie. Les cendres sont donc bien dangereuses, comme le clergé d’Eda l’annonçait ! Cette pluie étrange finit par se calmer alors que le clocher sonnait la mi-nuit, mais il plane toujours dans les rues du Bourg, dans les couloirs du château, cette sensation indéfinissable...



*information complémentaire :
140db équivalent : course de Formule 1, avion au décollage à 20m, pétard d'avertissement SNCF (placé sur un rail, sert à avertir le conducteur du train d'un danger), pétards de fête => normalement, on porte un casque de protection lorsqu'on est soumis à ce genre de bruits...
Le seuil de douleur est à 120db.
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Mar 25 Juin - 18:47
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Les retombées dans les jours, semaines et mois qui suivent


Le 10 Verdissante, lendemain de l'éruption.


La pluie de cendres a cessé en milieu de matinée, bien qu'elle se soit déjà calmée pendant la nuit, une ondée digne de Verdissante diluant les particules qui auraient pu tomber, sèches, dans l'atmosphère et alors être mortelles. Les puits et fontaines non couverts sont cependant souillés, leur eau ne semble pas potable.

Dans la journée, le ciel mit du temps à se dégager, mais en début d'après midi, un soleil anormalement pâle fit surface dans le ciel entre deux nuages gris. Il était étrange, comme voilé, une drôle de couleur ocre voire rouge qui permettait à quiconque de le regarder en face sans douleur, sans être ébloui. Comme une lune rouge. Entre les nuages le ciel semble ombré d'ambre, haut, très haut, bien au-dessus des nuages.

Les températures ont un peu chuté. Rien de dramatique a priori... sauf que le soleil n'apporte pas de chaleur quand il se montre. Les familles enterrent leurs morts, victimes des éboulis mais surtout du carnage qui a eu lieu sur la Place du Marché et dans les Halles. Celles-ci sont condamnées jusqu'à nouvel ordre. Les artiseurs capables de soigner sont tous dépêchés du château au temple d'Eda pour soulager les religieux, ceux capables de prêter leur force sont là aussi pour les seconder.

Si peu à peu la vie semble reprendre le dessus, tout est bien trop calme, la population, encore sous le choc, peine à retrouver son allant. Il va pourtant falloir réparer. Les artisans commencent à regarder les maisons, les bâtiments publics. Des bras commencent à être recrutés là où ils se trouvent : dans les bas-fonds, au port. Il va falloir faire des briques, du mortier, tailler des pierres, porter des sacs de sable pour le verre, acheminer du bois. En fin de journée, une activité peu commune prend place sur les quais : par corporation, les maîtres artisans recrutent de la main-d'oeuvre non qualifiée pour ses basses besognes, afin de réparer la ville au plus vite.

Dans les 15 jours qui suivent l'éruption (10-26 Verdissante).


Les chantiers de reconstruction se sont bien mis en place. Le Roi a donné ordre de consolider les habitations en priorité ainsi que les édifices menaçant de s'écrouler, notamment l'ensemble de la place du Marché. Une aide financière a été apportée aux artisans pour payer la main d'oeuvre supplémentaire, tirée sur les caisses royales, si l'édit est respecté. La plupart des travaux se situe alors dans les quartiers les plus populaires, où les constructions étant de moindre qualité, les dégâts sont plus importants. L'apathie générale a donné lieu à une cohésion momentanée des différentes couches de la société. Nombre de nobles sont rentrés chez eux pour évaluer les dégâts, le château de Castelcerf se vide : ne restent que les officiels, les représentants des différents duchés, quelques nobliaux sans terre et les demoiselles de compagnie ou autres Dames de la Cour, souvent laissées sur place par leur mari. Certain(e)s parmi cette aristocratie descend se mêler au peuple, acheter pour les plus démunis des vivres, des vêtements, aider simplement à payer les réparations de leurs habitations. Ce qui peu servir.

Le ciel, lui, est toujours aussi étrange : une ombre jaunâtre teinte les rares moments de ciel bleu en une teinte tirant sur le vert, le soleil souvent ocre ou rouge notamment à son lever et à son coucher est froid, il n'éblouit plus. Tout juste éclaire-t-il plus qu'une Lune très brillante. La Lune, elle, est très pâle, une ombre vaguement lumineuse dans le ciel. Les astronomes et autres savants s'inquiètent mais le secret pour le moment est bien gardé à la cour : si le soleil ne chauffe plus, comment avoir des récoltes ? Car les températures chutent de plus en plus. A l'équinoxe de printemps, le temps est digne d'un début de Lune de chariot entre vents froid et pluie glacée, persistante. Ceux qui ont l'habitude de travailler la terre, du potager domestique aux exploitations de céréales, commencent à s'inquiéter car les récoltes ne poussent pas. Plus Verdissante avance, plus le temps se dégrade, plus il fait froid.

Les nouvelles sont également arrivées de Haurfond et de Rippon : la raison de cette catastrophe est l'explosion d'une montagne de feu dans la barrière. La région de Bord-des-Sables est rayée de la carte, il n'y a plus rien que des statues de cendre de ceux qui n'avaient pas fui, des maisons soufflées par le cataclysme. Tout un périmètre autour de la catastrophe rapporte au Roi de graves cas de surdité totale, sans rémission, de steppes et de hauts plateaux noyés sous les cendres, des troupeaux décimés, de gens commençant à mourir d'étouffement pour de mystérieuses raisons que les médecins ne savent pas comprendre. Passées au filtre de l'approbation royale, les nouvelles sont alors relayées en ville et à la Cour.

Fin Verdissante - Lune Croissante


Une routine se met en place dans la population. La place du Marché est de nouveau fonctionnelle le 15 Croissante: les anciennes halles ont été recouvertes de tuiles, moins dangereuses, seuls certains de leurs murs ont été partiellement évidés depuis 30 cm du sol jusqu'au début de la charpente pour que toutes les trois poutres, le mur soit entièrement constitué de fenêtres. Toutes ont été changées. A la place de la fontaine, une seconde Halle, plus petite, est en construction sur le même modèle.

Les nouvelles qui arrivent presque tous les jours désormais de Haurfond ou de Bauge sont terrifiantes, les fidèles affluent au temple d'Eda pour prier pour eux, pour leurs compatriotes encore plus en difficulté, pour les nombreuses victimes de ce cataclysme. La météo ne cesse de se dégrader. Il a gelé plusieurs fois le matin en Croissante, la pluie est quasiment incessante et le 11 Croissante, un violent orage froid fait pleuvoir pendant près d'une heure des grêlons sur la capitale, arrachant les quelques fruits et légumes survivants des vergers et potagers. Le foin de l'an passé commence à manquer mais l'herbe a cessé de croître, aux alentours, les éleveurs s'inquiètent de leur capacité à nourrir les troupeaux si cela ne cesse pas avant l'été. Le soleil est toujours pâle et froid, il se montre peu.

Le prix du pain et des céréales a déjà augmenté, tout comme celui des légumes, des fruits de l'hiver qui n'ont pas souffert de ce froid inattendu. Dans la ville, il se dit qu'il n'y aura pas de récolte cette année, qu'il va falloir faire des provisions sur le long terme. Les plus pessimistes ou les plus sages s'adonnent alors à une pêche plus intense que de coutume et salent leurs produits, les chasseurs préparent des jambons secs, des saucissons, tous les moyens classiques de conservation sont bons. A défaut d'avoir du pain, ils auront de la viande pour l'hiver.

Le 23 Croissante, les premiers réfugiés Baugiens arrivent, en loque. Leur récit est terrifiant, quand ils peuvent encore parler. Certains sont sourds, tous sont affamés et affaiblis. Le Duc Narcisse leur a fermé les portes de Gué-de-Négoce, les rares centres d'accueils créés par la noblesse sont pleins. Ce sont les nomades des plaines qui les ont fait traverser de la région de Bord-des-Sables ou Lac-Bleu jusqu'aux rives de la Vin. Seuls ceux qui avaient un savoir-faire de valeur ont été accueillis par les autorités, les autres ont été laissés à leur sort, voire poussés à quitter le duché. Faute de mieux, ils sont accueillis au Temple d'Eda mais rapidement, la Garde royale aménage la Halle nouvellement reconstruite pour eux. Ces nouveaux venus, incapables de travailler dans l'instant pour la plupart, ne font pas que des heureux : ils sont, après tout, de nouvelles bouches à nourrir, des bras pour le moment inutiles qui vont peser, à terme, sur la population.

Verdissante - Croissante, dans les duchés


Cerf


Le climat et les déboires de Castelcerf représentent assez bien ce qui se passe en Cerf en général. S'il y a moins de pluie dans les terres, vers Sablevive et en remontant sur Béarns, le temps y devient de plus en plus froid, avec de violents orages de grêle et des gelées matinales quotidiennes. Les récoltes de céréales sont fichues, les agriculteurs essayent par des feux et du paillage de sauver les récoltes des vergers et potagers, mais il n'y aura sans doute qu'à peine assez pour nourrir la population locale. Cependant, plus on va vers l'ouest, moins il y a eu de cendres lors de l'éruption. Malgré l'urgence de la situation, le Roi, trop occupé avec les implications matérielles mais surtout politiques de cette catastrophe, laisse ses nobles gérer les différents domaines pour le moment. Il n'y a donc pas de rationnement ni de saisie des stocks de nourriture par les forces royales, ce qui occasionne fin croissante des pillages de plus en plus fréquents des greniers à vivres.

Béarns


Le Nord de Béarns attendait la fin du dégel, mais en Verdissante, celui-ci stagne jusqu'à ce que les côtes ne gèlent à nouveau. Les populations émigrent vers Castellonde et Bac, voire Chastellux-sur-Vive, cherchant dans les grandes villes un peu de réconfort, la chance de passer cet hiver qui plutôt que finir, recommence de plus belle. Bien que les retombées de cendres aient été moindre en comparaison de Castelcerf, le froid dans ce duché septentrional revient très vite au galop. Dès Croissante, il recommence à neiger épisodiquement sur le château Ducal de Castellonde. Fin Croissante, la neige semble s'installer pour de bon. Dans les terres, le changement est moins brutal mais tout aussi inquiétant : les grands champs de blé gèlent et pourrissent sur pied. L'été n'est pas là que la famine s'annonce déjà pour les Lunes à venir. La Duchesse Ambitieuse promulgue un décret permettant au duché de s'approprier l'ensemble des ressources de nourriture dès le 21 Croissante et une sorte de rationnement est mis en place dans les grandes villes. Plus aucun sac de grain ne sort de Béarns.

Labour


En apparence, peut-être l'un des duchés les moins touchés par l'éruption grâce aux vents sud-est au moment de celle-ci. Peu de retombées volcaniques grâce aux vents, et les tremblements de terre n'ont pas occasionné de grosses catastrophes parmi les constructions labourannes, bien que quelques maisons se soient écroulées dans les quartiers les plus défavorisés de Pointe Bleue ou Beauverger. Toutefois, l'absence de chaleur émanant du soleil fait vite ressentir ses effets dans les régions les plus escarpées du pays : comme en Béarns, il recommence à neiger dans les montagnes et sur Belcastel, la région de la Dorsale avec ses nombreux vergers et fermes potagères, ses grandes exploitations d'ovins et de bovins souffre du froid avec de violentes gelées et des tempêtes de neige fondue ou de grêle. Certains troupeaux commencent à manquer de nourriture. La côte sud, au niveau de la Vin, voit la majeure partie de ses champs de céréales mourir sur pied avant la fin de Croissante à cause de gelées et d'absence de précipitations. L'état d'urgence et le rationnement sont décrétés par le Duc Intrépide le 29 Croissante, des mesures sanitaires sont prises en cas d'épidémie (cloisonnement des quartiers dans les grandes villes, isolement des fermes, recensement de la population, médecins de la Faculté de Science se déplaçant dans toutes les grandes villes).

Bauge


C'est le duché le plus touché par l'éruption. La région de Bord-des-Sables, jusqu'au comté de Marche-des-Steppes, est très durement touché. Depuis le volcan et en direction de Bord des Sables, il ne reste plus rien que des ruines ensevelies de cendres et des trics d'arbres calcinés sur 40 kilomètres. Les violents incendies créés par l'air d'une chaleur étouffante de l'éruption se sont répandus comme une traînée de poudre dans la Forêt et sur les Steppes, brûlant des centaines kilomètres carrés de plaines asséchées par l'hiver et de forêt. Ils n'ont été maîtrisés que de nombreux jours plus tard et fin verdissante, il y a encore quelques foyers actifs. Les cendres, inhalées par les animaux et les humains sur la bande orientale de Bauge a fait bien des victimes (mort par embolie pulmonaire due à l'inhalation de cendres). Les cas de surdité sont monnaie courante dans un périmètre de 200km autour du volcan.  La région des steppes de l'ouest et de Lac Bleu est peu touchée par les cendres, mais très vite, il y fait froid et très sec, la nourriture vient à manquer pour les bêtes comme les hommes. Les rares précipitations de la fin du printemps n'arrivent simplement jamais, poussant les nomades à aller s'installer au bord du Lac Bleu, qui commence à geler sous la froidure hivernale qui se réinstalle. La région de la rive Sud de la Vin est momentanément épargnée, toutefois, comme en Labour, le manque de précipitations et le froid qui se réinstalle tuent les récoltes de grain, fait geler les grappes de raisin. Les réfugiés qui ont fui les régions les plus touchées par l'éruption sont généralement refoulés à Gué-de-Négoce, sauf à avoir des qualités qui intéressent le Duc (artisanat particulier, capacités martiales, etc). Certains nobles ouvrent comme ils peuvent des refuges, mais la majeure partie de ces exilés va chercher refuge en Cerf ou en Labour, parfois en Rippon quand ils osent traverser la Forêt Noire.

Harfond


Après Bauge, c'est le duché le plus durement touché. Les cendres ont noyé tout le nord et l'ouest du duché : une couche épaisse qui a tout fait mourir sous elle, empoisonné les rares ressources d'eau potable. Naturellement résilientes mais peu promptes à l'entraides, les populations ont fui les régions touchées pour se rendre sur la côte et trouver un nouveau travail, un nouvel habitat. Il n'y a guère d'aide à attendre du Duc, la Duchesse cependant a pris sur elle -sur ses deniers personnels- pour verser une aide aux sinistrés afin qu'ils puissent se reconstruire. L'armée, dès la fin de l'éruption, a été envoyée en force à la frontière pour contenir les probables ardeurs Chalcédiennes ainsi que maintenir l'ordre dans les nombreux camps de la frontière qui se retrouvèrent en manque d'eau potable. Les hauts-plateaux d'Âtrenoir furent aussi touchés par les cendres, le bétail mourant peu à peu, comme la population qui n'a pas pris soin de protéger ses voies respiratoires. Des fosses communes sont alors créées en urgence pour éviter la naissance de maladies. La côte au sud a surtout été ravagée par les tremblements de terre car les constructions, en terre battue ou parfois juste en bois, n'ont généralement pas tenu le coup. Les cas de surdité sont monnaie courante dans un périmètre de 200km autour du volcan. Le froid s'installe sur toute la côte Est, faisant geler les marais d'Ostrefer et détruisant les récoltes de riz, rendant la pêche difficile. Le temps reste bloqué sur un ciel voilé, un vent persistant et glacial ainsi qu'une absence de précipitations inquiétante même -surtout- pour ce duché aride.

Rippon


Comme Cerf et l'ouest de Haurfond, Rippon fait face dès le début de l'éruption à des pluies de cendres. Le climat qui était déjà aux précipitations sur la majeure partie du territoire rend cependant celles-ci moins mortelles, exception faite du sud, frontalier avec Bauge et Haurfond, plus sec. Le sud est également rapidement touché par des feux de forêt que les forestiers peinent à contenir puis à éteindre. L'armée arrive cependant en renfort assez rapidement. Les blessés et les victimes de l'éruption sont pris en charge dans les nombreux temples qui, comme à Castelcerf, enjoignent la population à protéger leurs voies respiratoires. Les tremblements de terre ont fait peu de victimes dans les villes qui sont traditionnellement construites en pierre. Le climat change rapidement : sur la côte et dans le nord du duché, les pluies et orages de grêle mettent à sac les récoltes, quelles qu'elles soient. Il recommence à geler, même dans le sud du duché qui lui, manque d'eau. Face à la probabilité de plus en plus grande d'une famine dans les mois à venir, le Duc et la Duchesse Hurlevent saisissent les ressources restantes afin d'en maîtriser la redistribution dans le temps et se mettent, dès fin Croissante, en quête de partenariats commerciaux pour approvisionner leur territoire en foin et céréales.


Extrait (à partir de 59:20mn) expliquant un peu les effets d'un hiver volcanique :

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