Jeu 2 Aoû - 14:23
Arcane
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Messages : 3
Localisation : Dans les Six-Duchés
Shaheen ARSLAN aka. Arcane
Source de l'image : Inconnue, modifiée

Âge : 26 ans
Origine : Chalcède, comté de Suul (mère montagnarde, grand-mère paternelle des contrées du sud des ïles des Epices)
État civil : Affranchie et célibataire
Profession : Apprentie artiseuse (ex-héritier de Suul, ex-prostituée de luxe)

Et Vous ?

Pseudo Joueur : Petit Dragon ou Eva
Âge : toujours ok
Votre chemin jusqu'ici ? : Troisième (et dernier) compte
Autre : Après, j'arrête, promis.
DESCRIPTION PHYSIQUE
1.77m ● 68 kg ● Mulâtre ● Blonde ● Yeux Bleus

Shaheen a eu le malheur de naître femme. Mais, élevée comme un garçon, elle est aujourd’hui toujours un peu entre deux, ne portant presque jamais de robes, adaptant à son corps fin, élancé, la mode masculine et exotique. Elle aime les couleurs sombres ou vives mais froides, les bleus, les verts, rehaussés de blanc ou d’or à juste propos. Grande pour une femme, elle est musclée tout en longueur et s’entraîne jour après jour au maniement des armes (sabres des Îles de Jades), bien que désormais, sa magie soit amenée à être sa plus fine lame. Ainsi, même si nue elle semble avant tout fine avec une taille délicatement marquée, ses courbes douces, légères cachent des muscles entraînés, puissants et endurants (pour une femme).
Ayant une poitrine modeste quoique présente -trop à son goût, surtout depuis sa grossesse- qu’elle bande sévèrement chaque matin, sa silhouette en H avec une taille légèrement marquée mais jamais mise en valeur, peut aisément la faire passer pour un jeune homme. La pratique intensive de l’équitation dans son enfance a laissé ses jambes très légèrement arquées, à la manière de nombre de cavaliers, un défaut vite corrigé par leur longueur grâcieuse. Plus tard, la danse qu’elle dut apprendre laissa dans sa gestuelle une certaine élégance, accentuant la souplesse avec laquelle elle se meut, sa démarche silencieuse mais décidée devenue presque reptilienne.
Le visage de la jeune femme laisse transparaître cette ambiguïté de genre qu’elle ressent. Les traits sont assez réguliers, entre l’ovale et le triangle, mais trop longs pour être vraiment harmonieux. Sa mâchoire est un peu trop carrée pour la finesse attendue d’une femme, ses pommettes hautes, marquées laissent des joues lisses, sans rondeur et presque creuses. Son nez droit certes peu proéminent est cependant un peu trop long. Des traits marqués, en somme, qui lui donnent un aspect aussi exotiquement caractériel qu’androgyne. Ses immenses yeux en amande sont d’un bleu intense, un azur clair vers la pupille qui s’ombre d’outremer, dans lequel il est des plus délicats de lire la moindre émotion ou pensée. Comme sa chevelure blond-doré, ondulée et épaisse, coupée au niveau de ses omoplates, ils sont soulignés de cils longs et recourbés ainsi que de sourcils qui accrochent les reflets solaires. Qu’importe sa coiffure, des nattes et queues de guerrier aux chignons féminins, sa blondeur éclatante tranche sur sa peau mate couleur 'caramel', presque brune, léguée par sa grande-mère paternelle… car la jeune femme, comme son père, est mulâtre. Les contrastes de couleur n’en sont que plus frappants chez elle et elle sait très bien les mettre en valeur si elle en a envie.
Autre contraste : le bleu éclatant, scintillant, de l’immense papillon tatoué sur tout son dos. Les pigments utilisés sont issus du Désert des Pluies, poudres fortement pigmentées et légèrement métallisées. La technique de tatouage, issue des Îles de Jade, est lente et douloureuse mais rend les couleurs de manière saisissante. Les bleus ciels, électrique, turquoise sont alors rehaussés de noir et d’or sur son dos, modifiant le grain de peau sans en altérer la douceur, comme un léger relief.
Marquages corporels :
Tatouage de la maison close où elle a été vendue : un minuscule papillon à la base de ses cheveux, sur sa nuque. Sa virginité, achetée une petite fortune, a poussé son propriétaire à faire d’elle l’une des égéries de sa maison et à faire tatouer un immense papillon dans un camaïeu de bleus métallisés (entre bleu électrique fait à base de lapis lazuli et les encres venues des Pluies aux couleurs vives, celle azur comprenant de la poussière d’or ou d’argent pour les reflets) et noirs sur tout son dos. Très détaillé, d’une grande finesse, il garde tout son éclat malgré les années. Il a surtout le mérite de masquer, par un habile jeu du tatoueur, la cicatrice qu'elle a à l'épaule.
Omoplate gauche, en haut à droite : cicatrice de perforation d'un carreau d'arbalète, bien traitée et couverte par un 'oeil' des ailes du papillon tatoué sur son dos.
Piercings, bijoux : Un minuscule clou dans la narine gauche fait d’un diamant. Plusieurs trous d’oreille, dont, à droite, la boucle de la liberté qu’elle a pu s’acheter : une azurite bleue en forme de perle tenue dans un filet en or blanc.
Autres : elle a une légère myopie et un astigmatisme assez fort. Elle porte donc des lunettes pour lire afin de ne pas se fatiguer trop vite et d’éviter les maux de tête. Elle a une voix grave et chaude d'alto.

CARACTERE
Décidée  ● Mystérieuse  ● Droite  ● Observatrice

Shaheen a tout ou presque du tempérament classique d’un chalcédien : elle ne se laisse pas abattre, a un sens poussé de l’honneur pour guide de ses actions, une fierté un peu hautaine que plus d’un trouveraient déplacée. Son regard céruléen ne dit rien de ses émotions, celles-ci sont toujours bridées, gardée sous clef dans une obsession du contrôle de sa vie, de ses actions. Ne rien laisser paraitre c'est aussi cacher ses failles. La froide raison pour seul guide… si seulement ! Ses passions sont dévorantes. Ne pas les laisser voir, ne pas laisser libre cours à ce qui fait pourtant vibrer tout son être ne veut pas dire que les sentiments n’existent pas, ou qu’ils n’ont aucune influence sur son comportement. Shaheen est bien moins raisonnable et froide qu’elle n’en a l’air, elle s’est simplement bâti un costume sur-mesure pour protéger ce qu’elle arrive à percevoir comme étant ‘elle-même’.
Or, ‘elle-même’ n’est pas chose aisée à connaître, même pour elle. Elle a toujours été ce qu’il fallait qu’elle soit : d’abord l’héritier prodige, le fils attendu, chéri mais éduqué de manière stricte et élitiste sans marques outrancières d’affection. Et ensuite l’esclave soumise, prostituée de luxe, la femme de sensualité, d’érotisme et d’obéissance qui savait répondre à tous les fantasmes de ses richissimes clients. Ce qu’elle aime réellement ? Elle l’ignore en grande partie. Ce qu’elle veut faire de sa vie ? Dur à dire… Elle sait ce qu’elle ne veut pas à tout le moins : être esclave de nouveau, être contrainte à être la femme qu’elle ne se sent pas être. Pas comme les Chalcédiens l’entendent, en tous cas. Les amours dociles, la tenue de la maisonnée et les enfants n’ont pas son affection : elle a abandonné son propre fils aux mains de son maître pour acheter sa liberté, un acte ô combien criminel aux yeux de toute chalcédienne qui se respecte. Mais pour elle, ce fut à peine un sacrifice. Elle ne parvint jamais à s’attacher à cette petite chose braillarde et exigeante.
Car si elle sait être femme, son esprit, ses goûts tendent vers ce que son éducation lui a appris comme étant des arts masculins. Battante face aux obstacles de la vie, elle est le serpent qui danse une fois un sabre à la main, magnifique et mortel. Féroce au combat, sans pitié déplacée mais sans cruauté non plus, elle agit selon des codes moraux bien à elle tout à fait stricts : pas de massacre inutile, mais pas de regrets ni d’hésitation dans le combat non plus, pas de couardise... Son sens de l’honneur et du devoir la lieront toujours à des causes qu’elle croit justes ou à un Seigneur suzerain, souvent les deux en même temps. Le service ne lui déplaît pas intrinsèquement, cela dépend de quoi il est constitué.
Cette ambivalence chez elle, qui la perturbe toujours, font de Shaheen, devenue Arcane pour les Six-Duchés, un être étrange, exotique et mystérieux qui parle peu d’elle. Elle sait utiliser cette aura de mystère qui l’entoure pour maintenir les gens à l’écart tout en se les attachant, se montrant à l’écoute, compréhensive et discrète mais difficile à attraper, comme une brume de chaleur. Aux conversations mondaines elle observe attentivement, répond quand la parole lui est directement adressée et ses réponses sont souvent humoristiques, d’un humour aisément cassant, un peu noir.


   
BIOGRAPHIE

L’esclave peinait à mettre au monde l’enfant qu’il attendait. Si elle y avait été pour quelque chose, il l’en aurait bien fait fouetter de le faire patienter ainsi, lui vrillant les oreilles de ses cris et de ses plaintes dans sa langue natale, rugueuse, des montagnes. Après avoir eu douze filles et trois fils morts si ce n’était à la naissance, dans les jours qui suivaient, le Comte de Suul, Izxyos Arslan, désespérait d’avoir un héritier. Alors délaissant les courbes généreuses des sombres beautés exotiques qu’il affectionnait, il avait acheté cette gamine de treize ans environ capturée lors d’un raid dans les hauts alpages. Deux ans qu’il ne ménageait pas sa peine de lui faire porter un fils, à cette idiote pâle et plate aux cheveux de blé. Il touchait peut-être enfin au but.

Finalement, des cri retentirent, vigoureux. Ça, c’était le fils qu’il attendait ! A sa grande surprise, quelques minutes plus tard, d’autres braillements, faiblards. Des jumeaux ? Bah, le second était sans doute une inutile femelle qu’il revendrait à ses neuf ans, si elle vivait jusque là. Sa mère arriva suivie de sa première concubine, lui présentant les deux enfants. Dans les bras sombres de sa mère, le bébé était vigoureux, il bougeait et regardait son entourage, sa peau caramel couronnée de cheveux blonds, de grands yeux bleus qui déjà le fixaient. L’autre n’avait pas les yeux ouverts. Tout petit et rabougri, il ne vivrait probablement pas, mais était blond à la peau mulâtre également.

« Tu as un fils, » lui annonça sa mère.

Le sourire du comte s’élargit. Enfin. Il alla pour prendre le nouveau-né dans ses bras mais elle s’écarta et la concubine lui tendit l’enfant le plus chétif.

« Cet enfant ne vivra pas, allons, » déclara-t-il en se détournant de la petite chose qui bougeait à peine.

« Mais c’est un garçon. Celle-ci est vaillante. Ce n’est cependant qu’une fille. »


Damnation. Blasé, fatigué de tout ça, il congédia les deux femmes non sans un dernier regard sur le bébé tenu par les bras couleur chocolat chaud de sa mère. Cette mère esclave mais brillante, qui l’avait élevé pour faire de lui l’homme qu’il était : un chef de guerre puissant, respecté et craint à la fois. Mais un fils bâtard qui avait chassé son jeune frère après l’avoir battu et grièvement blessé en duel, l’exilant hors des terres de Suul, pour ceindre à sa place la couronne comtale. Payait-il de cette impossibilité d’avoir un héritier viable ce ‘crime’ de sang ?


Sept ans plus tard...


L’enfant était appliqué, sérieux et imaginatif. Face à son père, il jouait à un jeu de stratégie complexe, ayant maîtrisé les règles multiples il y avait déjà plusieurs lunes de cela. Shaheen, du haut de ses sept ans, était l’héritier idéal. Doué à l’épée et à l’équitation, son maître d’armes venu des Îles de Jade ne tarissait pas d’éloges. Son père était satisfait de ses capacités stratégiques, bien que les domaines plus scolaires semblent lui être plus difficiles. Qu’importe. Izxyos voulait que son fils soit un guerrier. Son jumeau, enfermé avec leur mère et un eunuque dans un appartement du gynécée, ne devait jamais sortir avant que le garçon et la fille soient interchangeables. Contre toute attentes, le garçon avait survécu, difficilement. Souvent malade, malingre et peu porté sur les activités physiques, il n’aurait pas fait un bon héritier bien qu’il soit curieux et vif d’esprit.

La fillette était élevée par ses soins. Les femmes et les hommes à son service avaient interdiction de la traiter comme une fille ou simplement de lui laisser à penser qu’elle pouvait ne pas être un homme. Elle n’était d'ailleurs pas spécialement jolie et c’était tant mieux. Son visage aux pommettes marquées était un peu long, comme son nez, ses yeux immenses seuls indices réels de sa féminité. Elle était grande, son corps tonique malgré une certaine finesse. Les jumeaux se ressemblaient énormément. Les intervertir une fois adultes pour que le garçon engendre des fils que sa sœur reconnaîtrait comme siens était tout à fait possible. Quand l'adolescence aurait permis aux deux d'avoir à peu près la même silhouette.

Un plan qui n’était pas idéal, mais qui était mieux que rien. Sans pitié pour l’enfant, il déplaça un pion et gagna la partie, lui demandant alors de lui expliquer pourquoi elle avait perdu, quand elle avait fait une erreur de jugement. Shaheen s’exécuta, les sourcils froncés de concentration. Elle ne mit pas trop de temps à trouver le point de bascule de la partie, alors, elle eut droit à un bref sourire avant qu’il ne la renvoie à ses livres pour la fin des heures calmes de la mi-journée. En retournant vers ses appartements, l'enfant sourit. Il devenait de plus en plus simple d'entendre la bonne réponse depuis l'esprit de son père. Que cette capacité soit magique ou non, l'héritier Arslan s'en moquait : elle lui donnait l'occasion de comprendre plus vite, d'apprendre mieux et surtout, d'obtenir l'approbation paternelle tant recherchée.


Trois ans et demi plus tard, un soir de la saison des pluies, au nord des terres de Suul...


Petit homme sur un haut cheval de guerre pour son âge, petit homme en armure rutilante sous la pluie battante regardait fixement le charnier. Alors, c'était cela, une bataille ? Shaheen avait été très fier de l'armure de plaques en acier damassé, toute gravée à effigie du lion de sa famille dont il portait la crinière dorée comme un signe de la providence. A dix ans et demi, l'enfant s'était senti grand, important. Il entrait de plein pied dans le monde des hommes et bientôt, il lèverait son sabre aux côtés de son père bien-aimé pour pourfendre les rebelles qui s'en prenaient à leurs terres. A cause d'un litige sur leur droit au comté de Suul que son faiblard d'oncle refusait de céder, défaite après défaite, soulevant le peuple compte le véritable chef de guerre Arslan : son père, Izxyos.

Maintenant, les grands yeux bleus balayaient les vallons des contreforts montagneux, pleins de végétation sèche et de rocaille lavés par la pluie incessante, où la bataille décisive avait fait rage.

C'était ça, la guerre : le sang, la puanteur de la sueur des hommes, de la mort. De la peur. Sous ses sourcils froncés dans un effort de présenter un visage grave mais ferme à son entourage les immenses yeux bleus dévoraient la scène, se repaissaient du carnage pour ne jamais en oublier l'horreur. C'était ça, la guerre. Dans son jeune esprit, mille questions se bousculaient. Où était l'honneur dans ce carnage ? Quelle gloire à semer autant de misère ? De souffrance ? Revenant vers son fils qui, comme il le lui avait imposé, n'avait pas bougé de son cheval planté sur une saillie rocheuse, Izxyos marqua un bref signe de mécontentement.

« Shaheen, tes manières, » aboya-t-il avant de le dépasser. « Regarde, apprends, » reprit-il plus bas, mais non moins sèchement. « C’est ça, la guerre. C’est de ça dont les soldats ont peur. C’est pour cela que tu dois être au-dessus de la peur, pour les emmener avec toi et ne pas finir là, dans la boue. »

Il talonna sa monture, laissant son héritier peser ces mots. Shaheen ne se formalisait pas du ton rêche de son paternel. Malgré les apparences, son approbation ne faisait aucun doute pour 'lui'. Alors, du haut de ses dix ans, l’enfant s’efforça de reprendre le contrôle de chaque partie de son corps. Respirer, faire le vide, faire taire les émotions.

Dans son esprit, quelques ultimes appels au secours se turent. ‘Il’ s’était fermé au monde qui l’entourait. L’héritier pouvait regarder l’horreur sans broncher : c’était son devoir. Comme celui d’exceller dans les arts martiaux. Il fit demi-tour et appela son maître d’armes. ‘Il’ n’avait pas parfaitement réussi les exercices du jour, alors ‘il’ recommencerait jusqu’à ce que ce soit bon. L’excellence, rien de moins. Même à dix ans. Il n’avait plus que quelques années avant de devoir faire ses preuves en tant qu’homme.


Vallée de Samhaar, à l’Est de Suul, trois ans plus tard


« Shaheen, tu mèneras la cavalerie montée, on va les prendre en tenaille par le nord.
- Bien Seigneur-père, » se contenta de répondre l’adolescent.

Des bruits avaient plus ou moins couru sur l’héritier, qui avaient alimenté cette nouvelle rébellion, il y avait un an de cela. Heureusement, une poussée de croissance des jumeaux avait permis à Izxyos d’endiguer les racontars, mais la population n’aimait pas être dupée et appréciait peu ce seigneur mulâtre, fils d’une catin esclave. Depuis, cela n’avait été que bataille sur bataille. Jusqu’à ce que les deux armées se rassemblent là, à Samhaar, face à face. Ils n’avaient pas l’avantage du terrain, mais la cavalerie légère était dotée de bêtes rapides au pied sûr, laides comme il n’était pas imaginable, qui saurait leur faire passer le défilé de Kandr au nord pour créer une ouverture sur le blanc de l’ennemi. Ils avaient la supériorité numérique, les meilleures armes si son demi-frère n'avait pas réussi à vendre sa cause au Duc de Chalcède.

Tout reposait sur Shaheen. Izxyos avait confiance en lui. Cela faisait des années qu’il ne considérait plus cet enfant, même malgré lui, comme une fille inutile. Shaheen, ‘œil vif’ dans la vieille langue du coin, était son fils. Il hocha la tête et distribua les autres ordres alors que l’adolescent sortait de la tente de commandement, ses sabres au côté, tout en armure et casqué. Ses cheveux blonds, noués sur la nuque, ondulaient dans le vent chaud de la saison aride. Le rebat retomba et le Comte de Suul revint à ses généraux. Il ignorait que jamais il ne reposerait les yeux sur son ‘garçon’.

D’un pas énergique, Shaheen rejoignit sa tente où elle avait rassemblé les sous-officiers de la cavalerie montée. Brève et efficace comme son père lui avait appris à l’être, elle redistribua les ordres, détaillant leur aspect pratique et fixant le départ une demie-heure plus tard. Les soldats étaient censés être déjà sur le pied de guerre.

La guerre, justement, bien qu’intestine à cette région de Chalcède, l’avait transformé. L’enfant avait rapidement disparu, laissant la place à ‘un’ adolescent sobre et observateur, peu loquace mais aux remarques pointues, parfois caustiques, qui se comportait comme un adulte. Son corps aussi avait changé : si sa pilosité restait réduite, surtout pour un homme, Shaheen avait grandi et s’était musclé. Ses os restaient fins, lui donnant une apparence d’asperge montée en pousse. Aussi grand désormais que nombre de ses hommes, sa voix d’alto ne muait pas tout à fait mais suffisait à satisfaire son entourage. Ceux qui l’avaient vu en bras de chemise auraient juré leurs grands dieux que c’était un garçon. Un peu efféminé dans le physique, mais c’était tout. Les premières batailles où il avait pris une partie du commandement avaient fait taire le reste.

Shaheen était doué au combat, il abattait sans ciller sa part d’ennemis, achevait les mourants après la bataille et ne tremblait pas quand il fallait charger. Pourtant, enfin seul pour quelques minutes dans sa tente, le ‘garçon’ se posa des questions : pourquoi la cavalerie légère ? Pourquoi si tard ? Ils auraient pu faire marcher l’infanterie une partie de la veille pour grossir les troupes. Et puis, il n’était pas bon archer et fonctionnait mieux avec la cavalerie lourde, quitte à être sur un cheval. Un soupir, il chassa ses doutes. Le Seigneur de Suul décidait, il n’était que son fils, il obéissait donc.

[…]

La bataille faisait rage depuis deux heures environ, et le soleil approchait de son zénith. Sous son armure, Shaheen pensait mourir de chaud : ‘il’ cuisait littéralement. Que les cuirs d’entraînement lui manquaient ! Mais la brèche qu’ils avaient creusée avançait inexorablement, jusqu’à l’arrière de la mêlée. Ce n’était pas ses ordres. Mais l’héritier en avait assez des combats : il avait vu la garde de son oncle et avait entraîné ses soldats vers le fond, jusqu’à obliger ce félon à combattre.

Son oncle, réalisa-t-‘il’ quand enfin, l’épée au clair, ils se firent face, était un homme chétif mais sans doute agile, avait l’avantage d’être encore frais et d’avoir une armure légère de cuir. Il n’avait pas prévu de combattre. Les hommes s’immobilisèrent autour d’eux. Celui qui gagnait scellerait sans doute la victoire, c’était là un combat à mort. Au moins pour le plus jeune des deux, que son jeune âge avantageait à peine car il était loin d’être frais.

Quelques passes donnèrent à Shaheen la mesure de son adversaire. Pas mauvais, mais très loin d’exceller. ‘Il’ voyait dans son regard expressif ses intentions, ‘il’ les percevait comme un murmure dans son esprit et paraît sans difficulté. Pourtant, si en d’autres circonstances ‘il’ se serait amusé avec sa proie, Shaheen voulait mettre un terme à tout cela au plus vite. Son sabre long fusa, son oncle para des deux siens, le rejetant sur le côté, ouvrant son côté gauche. Le second sabre de Shaheen remonta sur cette faille, tranchant profondément dans les chairs une fois le gambison et le cuir passé. Sans son armure, son oncle aurait perdu le bras en plus de son œil. Le sang gicla sur le métal rayé et cabossé de l’armure de l’héritier qui réarma à dextre pour ôter la vie du félon...et qui s’écroula dans un cri aigu de surprise et de douleur, un carreau d’arbalète plantée dans son omoplate gauche.

La douleur lui vrillait les tympans, embrumait sa vue. Quand les soldats ennemis repassèrent à l’attaque, prenant de surprise ses hommes qui cherchaient le traître dans leurs rangs, ‘l’adolescent’ ne se laissa pas pour autant désarmer aisément. Mais ils ne ‘le’ blessèrent pas plus avant une fois privé de ses armes et assommé : ils tranchèrent simplement les liens de ses chausses et les baissèrent.

« C’est une fille. »

Ce constat laissa un blanc, puis se répercuta en écho dans les rangs. Choqués de ce mensonge, les hommes d’Izxyos arrachèrent leur tabard et se joignirent à leurs anciens ennemis. Shaheen, inconsciente, fut traînée par une paire de vétérans jusqu’à l’infirmerie. La bataille, pour le comte de Suul, était perdue.


       
MAGIE

Mage ou non Mage : Artiseuse
Quel rapport à la Magie ? : C’est une découverte récente pour elle. Elle ne savait même pas ce qu’était l’Art avant d’avoir entendu l’appel d’Eliée. Cela explique néanmoins les murmures et les impressions étranges qu’elle a eu toute sa vie.
Niveau de Magie : Apprentie
Information(s) complémentaire(s) : Spécialité future : Communication, boucliers éventuellement. Elle a une grande puissante brute et la délicatesse d’un taureau qui charge. Elle a aussi beaucoup de mal à résister à l’appel de l’Art.


   
OPINIONS

Le Roi et la Famille Royale : Son ‘Roi’ n’est pas Juste, normalement. Les Six-duchés étant son pays d’adoption. Toutefois, elle soutiendra ce Roi qui, bien qu’elle soit une femme et une étrangère, bien qu’elle soit arrivée trop tard pour aider dans la guerre, l’a acceptée parmi les siens pour lui enseigner la magie de son peuple. Chalcède est derrière elle. Quant à la famille royale, elle a bien compris qu’elle est plus vaste que le couple royal. Or, en l’absence d’héritier, elle s’attend à des conflits.  
Votre Duc, votre Duché : Son ‘Duc’ est le monarque de Chalcède. Sa loi l’a contrainte à la prostitution dès sa puberté, à l’esclavage, alors qu’elle avait été élevée pour régner sur les terres de son père après lui. Et les fils du Duc de Chalcède ont, pour certains, été parmi ses clients… dont l’héritier qui acheta une fortune sa virginité. On ne peut pas dire qu’elle l’apprécie, ou qu’elle apprécie sa famille. Parce qu’il s’est avéré qu’elle était une femme, sa requête contre son oncle n’a même pas été entendue.
Les Pies ? : Elle n’est pas certaine d’avoir bien compris ce qu’ils veulent, mais doute fort que tuer à tour de bras soit le meilleur moyen de donner une bonne image de leur magie.  
L'ouverture du Royaume aux étrangers ? : Elle y est très favorable, du moment qu’il n’y a pas trop de chalcédiens.


COMPÉTENCES

Lecture, écriture, calcul : Elle lit, écrit et compte sans effort, ayant été élevée comme un futur chef de clan. Elle aime la calligraphie (pratique comme contemplation).
Capacités Intellectuelles :
Langues : outre le Chalcédien, sa langue maternelle, elle maîtrise parfaitement le Terrivillien (dialecte du Jamaillien) et désormais parle couramment la langue des Six Duchés bien qu’avec un léger accent.
Littérature, Histoire, Géographie, Religions : Ayant eu une éducation très complète dès ses trois ans, elle a tout le raffinement que l’on peut attendre de la haute noblesse Chalcédienne : l'histoire de son pays n'a pas de secrets pour elle, pas plus que la géographie. Elle connait moins bien celle des Six-duchés, n'ayant étudié que le point de vue Chalcédien de l'histoire de son pays d'adoption. Elle écrit de la poésie, apprécie d’en écouter.
Musique : Pratique du Oud depuis son enfance, mais aussi pendant sa vie de courtisane. Elle n’est pas une musicienne exceptionnelle, loin de là, remplaçant le talent par l’entraînement elle a cependant un niveau correct. Elle a une voix d’alto mais se contente de chanter juste, rien qui lui permette de se distinguer dans cet art. Elle peut apprécier parfois d'écouter de la musique mais n'aime pas du tout en jouer ou chanter.
Gestion et Stratégie : Élevée pour gouverner de vastes terres entre Saijon et la Pluie, elle a de bonnes bases en gestion de domaine bien qu’elle n’ait aucune affinité pour les chiffres. Elle aime par contre tout ce qui a trait à la stratégie militaire, qui lui a été enseigné comme un jeu et qu’elle a toujours considéré ainsi.

Aptitudes Physiques :
Orateur : « Un chef de guerre qui ne sait pas galvaniser ses troupes avant le combat n’est pas un chef de guerre digne de ce nom. » Ce n’était pas une volonté de sa part d’apprendre l’art de bien parler, de se faire entendre : c’était une nécessité. Elle sait pousser sa voix, la moduler pour lui donner l’intonation appropriée aussi bien pour encourager des troupes que pour donner un discours en public… ou envoûter de sensualité ses propos.
Danse : Enfant, elle a appris les danses traditionnelles de son peuple et surtout, leur version masculine. Courtisane, elle apprit les danses érotiques, la danse du ventre où elle excelle du fait de son corps musclé et souple à la fois. Toutefois, elle ne danse pas par plaisir mais par devoir. Elle aborde désormais les danses de la Cour de Castelcerf mais s’abstient bien de mentionner sa capacité à les exécuter…
Escrime : Elle est douée pour sa pratique et notamment du sabre non pas Chalcédien, mais des Îles de Jade (ndla. type Katana). Ces armes d’une qualité sans équivalent à Chalcède sont devenues, du fait de l’origine de son maître d’armes (un esclave), ses favorites et elle sait parfaitement s’en servir, à pied comme à cheval. Elle n’excelle pas en archerie, loin de là, étant fortement astigmate et très légèrement myope… ce n’est pas tant la technique qui pêche que sa vision.
Équitation : Si elle a une bonne monture, elle peut même dormir en selle… elle a commencé à monter à l’âge de 4 ans et dès ses 8 ans a suivi l’entraînement militaire des troupes montées. Son endurance a cependant un peu baissé du fait de ses années d'esclavage, mais rien qui ne se rattrape avec un peu de volonté.
Couture, broderie, arts féminins : basique voire grossier. Elle saura raccommoder une chemise, mais ce ne sera pas du grand art. Cela tient plus des talents du militaire qui ne veut pas porter un uniforme troué que de quoi que ce soit d'autre.
Cuisine : Capable de touiller la marmite pour que le ragoût n’attache pas… ou de couper les légumes et la viande. Il est presque dangereux de lui demander de cuisiner : elle n’a aucune connaissance en la matière. Elle apprécie de manger mais ne s'est jamais intéressée à la confection du repas.

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