Promenons-nous dans les bois [Flashback - Fin Brunissante 1044] [PV Adroit]

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Mer 1 Aoû - 15:13
Lune de Forge
Forgienne en pleine reconstruction
Lune de Forge
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Localisation : Castelcerf
Il râlait encore et encore, en faisant les cent pas dans sa cuisine. Elle soupirait à l'entendre. Constant était d'un naturel anxieux et il se faisait des cheveux pour des broutilles. Sa femme le connaissait par cœur après leurs 23 années de mariage et elle avait souvent la bonne façon de s'y prendre pour le rassurer.
Son problème du jour était que la nuit allait bientôt arriver et qu'il n'avait pas de nouvelles du chasseur qu'il avait embauché pour lui rapporter des gibiers pour l'hiver. Il en avait une grande nécessité car leurs stocks étaient au plus bas et l'hiver cervien n'était pas le meilleur moment pour faire une diète. Non il lui fallut regarnir sa cave avec de bons morceaux. Il lui avait commandé un sanglier ou une biche, des oiseaux et des lapins. Il lui avait versé un premier acompte comme il était coutume de faire pour motivation. Cela pouvait prendre plusieurs jours pour tout ramener l'avait assuré le personnage et Constant lui avait dit que les nuits lui étaient offertes s'il rentrait chaque soir avec une partie du butin. C'était une offre assez généreuse car l'établissement était d'un standing plutôt correct et ses lits très confortables.

Lune n'avait fait qu'apercevoir le chasseur en question le matin avant son départ. Elle travaillait là depuis trois nuits à couper du bois pour l'hiver. Le patron avait été surpris qu'une femme se proposa pour ce poste mais il n'était pas mécontent de son office et lui assurait gîte et couvert en paiement.

" Je vais y aller pour vous. "
La forgienne était rentrée pour se désaltérer. Elle entendit la patronne dire qu'il pouvait envoyer quelqu'un trouver son chasseur si cela lui permettait de se calmer.
" Je suis déjà sale et vous me payez déjà. "
Pour sale, elle l'était vraiment. Ses cheveux étaient parsemées de minuscules éclats de bois, ses mains rougies par le frottement de la hache, sa tunique tachée de terre et de mousse quand elle déplaçait les souches puis les morceaux débités. La jeune femme ne s'économisait jamais. Depuis qu'elle avait été à Forge, qu'elle avait revu les ruines et les fantômes qui les peuplaient, qu'elle avait rencontré ce Noor et qu'elle avait éconduit sa proposition, elle réfléchissait. Bien trop à son goût. Alors elle œuvrait bêtement, machinalement pour ne pas trop penser.

Le patron la jaugea et la remercia avec un soupir de soulagement. Sa femme, en revanche, était plus mesurée. Qu'elle sache couper du bois ne lui garantissait pas que des bonnes rencontres dans les bois...
" Arrête donc femme ! Prépare-lui plutôt un panier pendant que je lui explique.

Ainsi, la blonde partit, un panier avec quelques petites victuailles sous le bras en direction de la forêt* où selon les dires du patron de l'auberge, se trouvaient les meilleurs gibiers du secteur.
C'était un lieu qu'elle n'avait pas traversé régulièrement mais ça lui était arrivé de pousser plus loin dans les terres de Cerf. Mais entre suivre les routes toutes tracées et s'enfoncer dans les bois, il y avait une sacrée différence. Elle eut d'ailleurs un mauvais pressentiment lorsqu'elle y pénétra ; comme une sensation de déjà-vu qu'elle n'expliqua pas.
La nuit mettrait encore une bonne heure à vraiment arriver pour recouvrir progressivement le monde. Les sous-bois étaient frais, pas trop épais et y circuler restait agréable. Pourtant, quelque chose la tracassait.


* Je la situerais bien entre Flétribois et le lac Tuur, plus précisément entre les cours de la Douce et de la Boiserie (si j'arrive bien à lire les noms sur la carte).

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Mer 1 Aoû - 15:56
Adroit
Chasseur révolté
Adroit
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A l’approche de l’hiver, les auberges payaient généreusement quiconque leur ramènerait du gibier pour tenir pendant que les neiges tomberaient et envelopperaient les zones de chasse de leur épais manteau blanc. Les faibles températures pousseraient les bêtes à se dissimuler du froid et les voyageurs un peu téméraires à trouver refuge dans un bon lit, à l’abri. Il s’agissait probablement de la saison la plus rentable pour les taverniers et les aubergistes et Adroit ne crachait pas sur un peu d’argent facile. Il en avait trouvé un qui proposait une somme intéressante en plus d’un toit pour se reposer. Le marché était plutôt honnête et ce séjour permettrait au chasseur et son animal de lien de se retrouver tranquillement et de partager quelques moments, loin du tumulte de la capitale.

Ils s’étaient mis en route dès leur arrivée, en début d’après-midi, et Adroit en avait profité pour commencer par traquer du petit gibier –des lièvres entre autres- pour reprendre doucement ses marques et s’acclimater au le terrain. La forêt n’était pas très dense et offrait des lignes de visée dégageaient, ce qui en faisait un endroit idéal pour chasser à l’arc. Les proies ne pourraient être dissimulées dans leur fuite par les troncs des arbres et promettaient de ne pas trop s’éterniser pour les débusquer. Cependant, ça n’était pas l’idéal pour Griffes, habitué à d’immenses plaines dégagées pour chasser. L’aigle appréciait particulièrement prendre de la hauteur et fondre à toute vitesse sur des proies de petite taille. La commande de l’aubergiste ne lui plaisait que peu mais Adroit l’avait traité de mauviette, qui avait eu le don de froisser l’égo du rapace –et de le convaincre de faire montre de ses compétences dans un terrain qui ne lui était pas favorable. Après avoir repérés quelques petits mammifères sauvages, le jeune homme et son compagnon se décidèrent à se mettre en chasse d’un animal plus imposant, comme le lui avait demandé l’angoissé Constant.

La piste d’un jeune cerf ou de celle d’une biche éveilla leur intérêt. Adroit mit en garde son aigle, le dissuadant d’attaquer de face de crainte qu’il ne se fasse empaler par les bois du mâle. Griffes demeurant silencieux, toujours froissé de la remarque précédent et cela tira un sourire moqueur de la part du chasseur. Il se reconnaissait dans son attitude et ça n’était pas pour rien qu’ils s’étaient liés l’un à l’autre. Au bout d’un certain temps, la traque les ramena non loin de la lisière de la forêt et ce fut l’aigle qui repéra la biche le premier alors qu’il slalomait sans effort près de la cime des arbres. Un bref échange donna l’indication de la bonne direction à prendre et, lorsqu’il tendit son Vif pour localiser l’animal, Adroit banda son arc alors que l’animal lui était caché. Griffes s’installa sur une branche, surplombant leur proie et se mit à glatir pour faire fuir la biche dans la direction souhaitée. L’instant d’après, le chasseur décochait sa flèche.
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Mer 1 Aoû - 18:17
Lune de Forge
Forgienne en pleine reconstruction
Lune de Forge
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Localisation : Castelcerf
La jeune femme continuait d'avancer. Elle se félicitait d'avoir été au bois toute la journée, au moins sa tenue était confortable pour marcher. Et elle était presque même raccord avec l'environnement. Mais elle ne savait pas où elle allait.
Tout d'un coup, elle s'arrêta, secouant la tête de gauche à droite. C'était complètement stupide ! Le but était de retrouver quelqu'un, pas qu'elle se perde. Il fallait qu'elle y mette un peu de méthode. La dernière fois qu'elle avait suivi la piste de... une piste dans un sous-bois, elle avait regardé le sol pour y retrouver des traces de pas. Elle avait l'avantage de suivre sa cible à ce moment-là, même si elle avait gardé de la distance avec elle. Par sécurité. Aujourd'hui, il lui fallait compter sur la chance en plus.

" Une idiote... " maugréa-t-elle entre ses lèvres pincées. Elle avait levé les yeux au ciel, soudain désespérée de sa bêtise. Voilà à quoi cela la menait de faire des efforts, de se montrer serviable et de faire plus que ce qui était prévu.
En vérité, elle savait à peu près quelle direction prendre pour rejoindre la route, ce qui n'était pas si mal. Mais si elle devait s’enfoncer davantage dans la forêt, il y avait de fortes chances que son repère ne soit plus valable. Elle se dit alors qu'il serait peut-être plus judicieux de rebrousser chemin et d'attendre à l'orée du bois que le chasseur ressorte.
Alors qu'elle prenait cette décision, une forme passa dans son champ de vision. Elle lui avait semblé courir mais ne faisait presque pas de bruits. Un animal probablement, du genre grand pour qu'elle ait pu le repérer ainsi. Une cible potentielle pour le chasseur. Devait-elle suivre cette piste ? Pourtant Lune ne prit pas le temps de s'interroger davantage. Elle suivit la direction qu'elle avait cru percevoir, scrutant le sol par la même occasion. Cette fois-ci, elle essaya de faire attention.

La chair de poule grimpait doucement sur son avant-bras. Ça ressemblait trop...
Était-ce d'avoir été à Forge ? D'avoir affronté ses fantômes dans son univers en ruines ? Elle se souvenait si bien, trop bien, des coups de couteaux qu'elle avait assené à son cher et tendre ; mais elle n'avait plus jamais repensé à ce qu'il s'était passé juste avant. Quand elle l'avait suivi, lui et d'autres forgisés dans le premier sous-bois, quand elle les avait surpris en train de dévorer vivante cette pauvre bête... Alors pourquoi y repensait-elle aujourd'hui ? Pourquoi ? Était-ce une question d'odeurs ? De lumière ? Elle sentait son couteau contre sa jambe, comme ce soir-là. C'était en le voyant, moins qu'un homme, pire qu'une bête, qu'elle avait pris la décision d'en finir.

La blonde contourna un dernier arbre, libérant sa vue sur la biche et un homme penché au dessus d'elle. Elle voyait la tête de l'animal, posée sur un tapis de feuilles mortes, son regard flou fixant l'immensité du vide. Elle se tenait à plusieurs mètres encore et elle ne pouvait s'en détacher.

Le panier quitta sa main et percuta le sol. Les pommes qui s'y trouvaient roulèrent sur la mousse, stoppées par des racines un mètre ou deux plus loin. Le reste du contenu resta à ses pieds, mais la jeune femme l'avait déjà oublié. Elle n'était plus vraiment à la fin de la lune de Brunissante, dans ce bois et dans ce temps.
Lune retrouvait encore des fantômes qui se superposaient avec la réalité. Tout ça, à cause d'une biche et de l'aura d'une forêt. Elle tremblait comme une de ces feuilles secouées par le vent qui menaçait de la faire choir. Elle tremblait et serrait les poings.


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Mer 1 Aoû - 21:19
Adroit
Chasseur révolté
Adroit
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Le chasseur avait atteint sa cible et la bête était tombée à terre. Son Vif lui disait qu’il restait un mince fil de vie et l’animal s’y accrochait malgré la douleur lui prenait le thorax. Adroit se hâta de la rejoindre alors qu’elle gisait au sol et il se pencha sur elle. D’une main sur le museau, il l’apaisa pendant qu’il dégaina son poignard. Il lui siffla doucement un chut pour aller de pair avec l’action de son Vif, et il planta la lame dans son cœur pour l’achever. La biche n’avait pas trop souffert. L’enseignement du Lignage lui avait appris que toutes les vies se valaient et qu’elles méritaient une mort rapide, encore plus lorsque l’animal était destiné à rassasier quelques personnes. C’était une manière de l’honorer et de le remercier. Malgré cela, Adroit laissa échapper un soupir lorsqu’il avait emporté la vie de l’animal, sous les yeux de son animal de lien. Tous deux savaient.

Derrière lui, une ombre bougea et attira l’attention de Griffes. « Femme, » souffla-t-il à son compagnon alors qu’il plantait un regard perçant sur la silhouette de l’inconnue. Le jeune homme hocha la tête. Lorsqu’il avait projeté son Vif pour apaiser leur proie, il avait senti qu’une personne approchait tranquillement. Son attention fut attirée par le bruit des pommes et d’un objet lourd tombant au sol. Il pivota la tête dans sa direction et découvrit une femme, d’apparence un peu plus âgée que lui et surtout souillé de la tête au pied. Cependant, ce qui le frappa, c’était le sentiment de panique qui l’envahissait peu à peu au point que même l’aigle le perçut.

« Lien ? » demanda-t-il.
Immédiatement, Adroit le rassura. « Non, la bête était seule. Tu sais que j’y prends garde, que nous devons y prendre garde »
« Pourquoi alors ? »

Ça, il l’ignorait totalement mais les tremblements qui l’agitaient étaient perceptibles et n’auguraient rien de bon. Le chasseur déposa lentement son arc et son carquois ainsi que son couteau, au sol près de la bête qu’il venait d’abattre, avant de se relever avec prudence. Il tendit ses mains en avant, comme pour la rassurer sur ses intentions et indiquer qu’il n’était pas une menace, et avança à pas de loup. Dans le même temps, il projeta son Vif aux alentours et vérifia qu’elle était seule avant de l’effleurer avec sa magie pour déterminer si elle y était sensible ou non. Elle n’eut pas de réaction vive – du moins, il n’en discerna pas- et continua d’avancer. Cette fois, il projeta son Vif vers la jeune femme aux cheveux dorés d’une manière apaisante, la plus paisible qui soit. Son approche était chaleureuse, tel des bras qui enveloppaient un nourrisson contre le sein de sa mère et lui faisait sentir son odeur, sa protection, et le berçait au doux rythme de sa respiration. Malgré ses précautions, il restait sur ses gardes alors qu’il s’approchait de la dame.

« Vous allez bien ? »
la héla-t-il doucement en adoptant une expression avenante sur le visage.


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Jeu 2 Aoû - 14:57
Lune de Forge
Forgienne en pleine reconstruction
Lune de Forge
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Ses lèvres remuaient sans qu'aucun son n'en sorte. Une série muette de "non" comme une psalmodie silencieuse pour conjurer le sort.
Elle s'y revoyait, tapie derrière un bosquet, découvrant la scène d'horreur. Ils se tenaient là autour de la pauvre bête qui remuait et tentait de se dégager de leurs étreintes. Elle avait sûrement déjà une patte blessée pour qu'elle fut une proie aussi facile. Elle râlait pour appeler ses congénères, soit à l'aide, soit pour les prévenir du danger. Puis à mesure qu'ils s'attaquaient à elle, elle n'émit plus que des petits sons rauques, de plus en plus disparates, jusqu'à ce qu'elle s'éteigne enfin. Lune avait eu le cœur au bord des lèvres à contempler la sauvagerie primaire de ces hommes qui n'en étaient plus. Voir Distrait parmi eux, arrachant de ses dents nues des morceaux de chair, se battant pour un bout plus gros, cela avait fini par l'achever. Heureusement qu'elle n'avait rien eu à vomir ce jour-là, sinon elle se serait faite repérer.
En cette fin Brunissante, la forgienne se souvenait. Elle avait l'impression de revoir ce massacre sordide. Au côté de l'homme brun, il y avaient les autres fantômes dont le plus distinct de tous était bien entendu le forgisé aux traits de son mari. C'était un mauvais rêve ! La blonde le savait pertinemment. Un souvenir refoulé jusqu'alors pour son plus grand bien. Il fallait qu'elle sorte de là...

Il se levait, bougeait, avançait vers elle. Aucun n'avait fait ça. Elle était restée silencieuse à les observer et aucun n'avait perçu sa présence. Aucun ne s'était levé pour s'en prendre à elle. Il n'était pas un forgisé. Il n'était pas un forgisé, se répéta-t-elle. Il n'était pas un souvenir. Un cauchemar.
Elle ne sentit pas le Vif agir en elle ; du moins, elle ne pouvait l'identifier comme étant une aide extérieure. Elle en perçut néanmoins les effets. Le chasseur avait la chance que son action silencieuse d'apaisement soit couplée à une action visible dans le monde réel. La scène ne s'était pas déroulée ainsi. Elle pouvait échapper à son tourbillon. Elle pouvait lutter contre ses fantômes.

" Pourquoi revivre ça... ? " lâcha-t-elle au ciel, juste avant de tomber à genoux, vidée de toute énergie.
Son esprit était trop étrange pour qu'elle en comprenne le fonctionnement. Après son délire fiévreux de l'hiver, elle avait cru qu'elle serait tranquille ; pourtant Forge avait été une épreuve plus difficile qu'elle l'aurait cru. Cette hallucination en était-elle une autre ? En quoi revivre les instants douloureux du passé l'aiderait-elle à aller mieux ?

Lune n'avait pas entendu la question d'Adroit. Elle posa les mains par terre, agrippant les feuilles mortes pour les faire crisser entre ses doigts. Voilà un bruit du présent, de l'instant, du réel. Un bruit familier, rassurant. Elle sentit une main se poser sur son épaule. Distrait la rassurait et s'excusait à sa fantomatique manière.
Elle releva la tête. La biche était toujours morte. Mais personne ne la dévorait plus. Ils étaient partis. Lui aussi. Un homme était en revanche bien présent devant elle. Sa mine indiquait qu'il avait tout vu, indiquait qu'il était la fois inquiet et perplexe.

" Désolée... Euh... Un mauvais souvenir. D'un coup... "
C'était la réalité ; ça n'en restait pas moins flippant quand on y était confronté, de l'intérieur comme elle, ou de l'extérieur comme cet inconnu.

" Tu dois être Adroit ? Moi c'est Lu... "
Elle avait tenté de se relever. C'était apparemment un peu prématuré encore.


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Jeu 2 Aoû - 15:55
Adroit
Chasseur révolté
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Alors qu’il s’approchait d’elle, la femme lâcha quelques mots emplis de désespoir avant de s’effondrer au sol. Adroit était trop loin pour la rattraper mais elle ne tomba pas trop lourdement. Il n’eut aucune réaction lorsqu’il s’enquit de son état ni même quand il arriva à ses côtés. Elle était juste absente. C’était quelque chose dont il avait entendu parler, parfois, un Vifier s’oubliait et se perdait dans les sensations de son animal de Lien. Mais il s’agissait d’un débutant qui découvrait son pouvoir et tombait sous l’influence trop forte d’un animal ou d’un Vifier malveillant. Cependant, le chasseur n’avait ressenti aucune réaction lorsqu’il l’avait effleuré et doutait qu’il ne s’agissait de cela. Son air abattu et perdu inquiétait le jeune homme qui se penchait vers elle pour l’aider à se relever. Elle avoua avoir vu un fantôme de son passé, certainement en écho à la scène face à laquelle elle s’était retrouvée. Adroit l’imaginait tomber nez à nez avec une meute de loups en train de dévorer leur proie et s’en prendre à elle dans la foulée. La peur qui devait prendre aux tripes lui donna un frisson et le souvenir d’un tel moment devait être bien désagréable. Ou bien se méprenait-il et avait-elle vécu pire encore !

Il arriva à ses côtés au moment où elle posa son regard sur lui, comme s’il lui apparaissait enfin. En l’appelant par son nom, il comprit que la femme s’était mise en quête de le retrouver et lorsqu’elle se releva, elle vacilla aussitôt pour se retrouver dans sa position initiale. Adroit s’agenouilla à ses côtés et récupéra son panier et les pommes qui avaient roulé sur le sol.
« Prends un peu de temps pour reprendre tes esprits. » Comme elle ne s’était pas embarrassée de politesse, il en faisait de même. Il prit quelques instants pour la détailler du regard. Sous ses mèches blondes parsemées de copeaux de bois, il apercevait le visage d’une femme assez belle et dont les yeux étaient aussi gris que les nuages par un temps d’orage. Elle était un peu poussiéreuse sur elle. S’était-elle prise les pieds dans une racine et avait trébuché dans la foulée ? Ses mains étaient encore légèrement rougies et donnaient du poids à son hypothèse.
« Tu es tombée ? » fit-il en désignant du regard ses vêtements souillés et ses cheveux emmêlés de sciure pour en avoir le cœur net. Si elle s’était cognée, cela expliquerait peut-être que son esprit se soit égaré en même temps que son chemin. Et rester au calme quelques temps lui serait également nécessaire.

Elle fit non de la tête et cela le rassura tout en éveillant sa curiosité quant à ce qui avait pu la mettre dans un tel état sur le plan moral et physique. Adroit s’empara de sa gourde et en ôta le bouchon avant de la tendre à la femme à ses côtés. Un peu plus loin, un aigle s’ennuyait et s’envola en balade dans un bruyant battement d'ailes pour faire part de son mécontentement. Le chasseur n'y prêta même pas attention.
« Lu, c’est ça ? Tu me cherchais ? » lui demanda-t-il lorsqu’elle eut fini de boire et en lui emboitant le pas. Il prit quelques gorgées et se saisit d’une pomme dans son panier, qu’il lui tendit. Si elle se sentait faible, manger lui ferait du bien.
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Jeu 2 Aoû - 17:13
Lune de Forge
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Lune de Forge
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Ne pas réussir à se relever directement, voilà bien quelque chose de déplaisant. Puisqu'elle n'avait pas le choix, la forgienne prit donc le temps de ressentir correctement ses jambes avant de faire un autre essai.
Elle devait avoir une mine affreuse pour que le chasseur s'inquiète ainsi d'elle. Bon, ce n'était pas comme si elle était coquette d'ordinaire. Elle répondit par la négative quand il lui demanda si elle était tombée en venant jusqu'ici. Un an auparavant, elle l'aurait probablement simplement envoyé voir ailleurs si elle y était... Mais un an auparavant, elle ne se serait pas proposée pour donner ce coup de main aux taverniers. Du moins, elle en doutait.

Elle accepta volontiers la gourde tendue, non sans la renifler pour vérifier, cette fois, que ça ne soit que l'eau et pas un alcool fort. Après avoir étanché un peu de sa soif – qu'elle n'imaginait pas aussi forte avant de boire-, elle entreprit de remettre dans le panier ce qui devait s'y trouver : le morceau de pain, le saucisson et un gros bout d'une tomme si son nez ne la trompait pas.

" Lune. " rectifia-t-elle. " Oui. Constant s'inquiétait que tu ne rentres pas avant la nuit et pour les calmer lui et sa femme, je me suis proposée de venir voir où tu en étais. "

Adroit récupéra les pommes avant elle et lui en tendit une. Encore un air de déjà vu. Au moins, n'y avait-il pas de cheval dans les parages...

" J'ai passé la journée à couper du bois pour eux pour l'hiver. Ça explique la tenue et sûrement, ce... truc... "

En y réfléchissant, une journée entière debout, dans l'effort, sans avoir beaucoup mangé, c'était parfaitement logique... Pourtant la veuve était très résistante et sans cette hallucination, la journée serait passée comme une autre. Mais il avait fallu la forêt, la biche et son esprit fatigué avait fait le reste, la laissant sans énergie pour avoir eu à encaisser le choc.
Elle croqua dans le fruit qui libéra ses sucs dans sa bouche, tout en la rafraîchissant encore un peu. Elle avait finalement besoin de manger. En même temps, sa journée était terminée et c'était le repas du soir qu'elle privilégiait toujours.

" Tu as besoin d'un coup de main ?"


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Ven 3 Aoû - 8:04
Adroit
Chasseur révolté
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Lune –donc- s’était proposée pour le retrouver, le commanditaire du chasseur s’inquiétant de ne pas le voir revenir prestement avec un troupeau de sangliers dans la demi-journée qui avait suivi. Constant ne brillait visiblement pas par sa patience et l’idée que les jours suivants ne se voient rythmées par les inquiétudes de l’aubergiste quant à son garde-manger bien rempli ne l’enchantait guère. Heureusement, il payait avec une certaine générosité et cela valait bien de faire quelques efforts.
« Vous avez eu de la chance de tomber sur moi si rapidement ! » répondit le chasseur même si le terme chance n’était pas le plus approprié étant donné que la femme avait tourné de l’œil lorsqu’elle l’avait retrouvé, penché sur la biche. En même temps, la forêt offrait un vaste terrain de chasse et Adroit s’était mis au travail déjà tardivement. Elle avait connu un certain succès en rencontrant le chasseur avant la tombée de la nuit car il n’aurait pas été des plus agréable de s’y balader jusqu’au petit matin.

Après cela, elle le rassura, révélant qu’elle était employée pour couper du bois pour l’hiver –décidément, Constant ne faisait rien lui-même !- et que son dur labeur était effectivement visible sur ses habits et responsable de son petit malaise. Le chasseur hocha la tête en reniflant le fumé du saucisson et l’odeur du fromage. C’est qu’il casserait bien la croûte et que la voir croquer dans une pomme lui avait ouvert l’appétit.
« Hm. Je mangerai bien un bout avant de me remettre en marche à vrai dire, » fit-il en désignant d’un signe de la tête le contenu de son panier alors qu’elle lui demandait s’il avait besoin d’aide. Comme elle ne semblait pas en super forme, lui demander de l’aider à porter le corps inerte de la biche n’était probablement pas une idée lumineuse. Le jeune homme récupéra le morceau de pain qu’elle avait rompu et le fromage qui l’accompagnait.

« Merci, Lune. Vu l’impatience de notre cher employeur, je le vois bien pester tous les jours qu’un troupeau de cerfs ne soit pas venu mourir sur le pas de sa porte. » Il soupira à l’idée de devoir rassurer l’aubergiste quant à la quantité de gibier qu’il pourrait lui ramener. « J’aurais peut-être besoin d’aide pour chasser ou dépecer les bêtes abattues. Tu sais faire ça ? » En réalité, Adroit n’était pas contre l’idée de raccourcir son séjour chez Constant et s’il pouvait finir un jour ou deux en avance, Griffes et lui pourraient se dégourdir les jambes –et les ailes- dans les grandes plaines sur le chemin du retour et tirer au flanc avant de rentrer à Bourg-de-Castelcerf. Et puis, avoir un peu de compagnie n’était pas pour déplaire le jeune chasseur.
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Ven 3 Aoû - 13:51
Lune de Forge
Forgienne en pleine reconstruction
Lune de Forge
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" Plutôt oui. " Carrément même. C'était de la pure chance. Pister un animal ou un homme n'était pas du tout dans ses cordes. La forgienne avait eu du bol de voir la biche courir et que ça soit justement le chasseur qu'elle recherchait qui en était à l'origine. " J'ai failli faire demi-tour de peur de me perdre vraiment. Là Constant aurait été encore plus embêté. "
Il y eut l'esquisse d'un sourire quand elle s'imagina le pauvre erre tourner en rond encore et encore, en proie à cette étrange phobie qui semblait la sienne. Ce n'était pas bien de se moquer mais il était particulièrement bizarre ce patron. Elle avait encore quelques menus travaux à faire pour lui, puis elle s'en irait trouver un autre endroit où elle échangerait ses services contre un lit et des repas chauds.

" Va pour manger alors. "
Elle découpa un morceau de pain et le tendit à Adroit puis profitant d'avoir sorti son couteau, elle entama pour sa part la charcuterie. Oui en même temps que la pomme, c'était original mais les bonnes mœurs des belles tables, Lune ne les employait que rarement. Le saucisson était bon, simple mais bon.

" J'ai déjà dépecé des lapins et plumé des oiseaux. Mais faut pas compter sur moi pour chasser... "
Elle avait essayé. Une fois. C'était tellement désastreux qu'elle n'avait plus jamais retenté l'expérience. Se contenter de réceptionner les bêtes pour les préparer à être cuisiné, c'était bien plus simple. Elle qui n'avait jamais vraiment eu l'occasion de manipuler de la viande – trop chère pour les miniers-, avait appris aux cours de ces sept dernières années à leur enlever peaux ou plumes, à les découper en suivant les jointures des articulations et parfois même à les cuisiner.

La blonde s'était approchée de la biche. La voir étendue là, maintenant, semblait normal. C'était la prise d'une chasse, tout ce qu'il y avait de plus ordinaire. Elle était juste morte, pas déchiquetée. Elle se retint de cligner les yeux, persuadée que si elle fermait les yeux ne serait-ce qu'une seconde, sa vision en serait modifiée.
" Ça fait longtemps que tu chasses ? "
Vite changer de sujet.


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Ven 3 Aoû - 14:58
Adroit
Chasseur révolté
Adroit
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Si elle s’était perdue en faisant demi-tour, Adroit aurait pu être à son tour chargé de la retrouver, entamant un comique jeu de « à toi, à moi » sous les remarques et le regard désabusé d’un aubergiste qui se serait demandé à qui il avait à faire ! Le chasseur sourit à part lui en dégustant le pain et le fromage. Il ponctuait son repas de quelques gorgées d’eau pendant que Lune révéla être plus à l’aise avec des animaux morts que de devoir les abattre. Ça se tenait et chasser impliquer de s’avoir tirer à l’arc ou poser des colliers et les dissimuler. Comme tout métier, il s’agissait d’un art qu’il fallait apprendre auprès d’autrui.

« Dans ce cas, un coup de main ne serait pas de refus » fit-il avant de continuer la bouche pleine « Ch’est que cha va me prendre des chours et… » il déglutit, « … j’ai pas envie de m’éterniser chez Constant. » C’était qu’à laisser une femme s’enfoncer dans la forêt avec tout juste un panier et guère de quoi se défendre alors que la nuit la menacerait peu après n’était pas des plus judicieux et faisait montre de l’impatience du bonhomme pour que le travail soit fait rapidement.
La femme s’était finalement relevée pour contempler le cadavre de la biche. Adroit l’avait suivi, craignant qu’elle ne vacille à nouveau à sa vue. Une certaine perplexité se peignit sur son visage, du moins, ce fut ce que le chasseur crut discerner sur ses traits. Lorsqu’elle demanda s’il chassait depuis longtemps, il s’empara du saucisson en l’interrogeant du regard et s’en coupa un morceau avec son propre couteau. Il avait été généreux l’aubergiste ou alors s’attendait-il à les revoir au petit matin, perdus l’un et l’autre dans le bois ?

« Je viens d’une famille de chasseur alors, toute ma vie ? Je sais qu’au moins, quoi qu’il arrive, je ne mourrais pas de faim et que je serais toujours utile à quelqu’un ! » Il marqua une pose en mâchant son morceau de saucisson avant de reprendre. « Tu coupes du bois, tu prépares le gibier. Tu sais tout faire, non ? C’est l’apanage des gens qui voyagent beaucoup. » Là-dessus, il n’ajouta rien de plus. Qu’une femme dont la beauté certaine se dissimulait derrière la poussière et les copeaux de bois et marquée par de profonds souvenirs arpentent les terres des Six-Duchés, cela ne pouvait signifier qu’une chose : elle avait un lourd passé qu’elle essayait de fuir. Et elle ne voudrait certainement pas en parler avec un inconnu.

Adroit rangea alors son couteau, ramassa l’arc et les flèches qui gisaient à côte de l’animal et les mit en bandoulière. Il était l’heure de rentrer. Dans un effort accompagné d’un râle étouffé, il fit basculer la jeune biche sur ses épaules après avoir attrapé ses pattes. Il se releva, un brin étonné quoi que satisfait du poids de la bestiole. Il arriverait en sueur chez l’aubergiste mais avec une bonne prise. Le jeune homme lança un regard à travers la canopée, apercevant que la nuit menaçait de tomber rapidement.
« Mettons-nous en route où nous risquons de dormir à la belle étoile ! » Puis il se mit en marche en empruntant le chemin d’où elle semblait venir, soufflant sous le poids de la bête. « J’espère qu’un bon repas et un bon lit nous attend ! »
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Ven 3 Aoû - 19:25
Lune de Forge
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Lune de Forge
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La jeune femme finit par détourner les yeux du cadavre animal quand Adroit vint lui emprunter le saucisson pour s'en prendre un morceau également. Il fallait qu'elle se défasse de cette contemplation morbide et malgré son intérêt à la réponse que le chasseur lui fournissait, un coin de son esprit se demandait encore la signification de cette vision.
Toute sa vie disait-il. Il était assurément plus jeune qu'elle, put-elle constater en y faisant enfin attention. Chasser pour se nourrir. Et pour nourrir les autres. Voilà une belle façon de faire sa vie en lui donnant un sens simple et utile. Alors, pourquoi gardait-elle plutôt en mémoire une autre image de la chasse pour se nourrir ? Cette image plus brutale, brusque, violente qu'elle avait réussi pendant tant d'années à remiser au fin fond de son inconscient ?

" Oui on en aura toujours besoin de gars comme toi. "
Elle le regarda récupérer son arc et ses flèches, prêt à rentrer. Elle finit sa pomme sans effort mais remisa le morceau de saucisson qu'elle avait coupé au fond du panier, l'appétit légèrement coupé.
Lune était plutôt soulagée de quitter bientôt ces bois. Elle aurait du écouter son instinct et faire demi-tour quand la mauvaise impression s'était faite sentir.

" Pas tout faire non. Mais l'idée est là... "
Oui elle voyageait même si dans son cas, cela ressemblait davantage à de l'errance. Aujourd'hui surtout, où elle n'avait plus de but... Alors, il y avait les pirates dont elle essayait de croiser la route, ce qui l'amenait à rester près des côtes. Mais maintenant, il n'y avait que l'amertume qui guidait ses pas. Distrait lui avait donné sa bénédiction, Noor lui avait proposé de l'aider. Alors pourquoi n'avançait-elle pas ? Pourquoi semblait-elle tourner en rond où qu'elle aille ?

D'un acquiescement, la veuve valida la proposition de rentrer avant la nuit. Pas question de s'attarder trop dans cet endroit. Adroit chargea la bestiole sur ses épaules, Lune récupéra le panier, jetant le trognon dans les fourrés. Elle le rassura sur ce qui l'attendrait une fois rentrés à l'auberge.
" Les lits sont assez confortables et la patronne cuisine bien. Ça fait deux jours que je suis chez eux ; ils me traitent bien. Ils sont spéciaux mais pas méchants. "
Ça embauchait un peu partout pour préparer l'hiver. Lune faisait souvent la coupe du bois à cette période de l'année, même si nombreux refusaient, prétextant qu'une femme n'était pas capable d'abattre ce travail aussi efficacement qu'un homme. Petite chose fragile, se disaient-ils sûrement en la regardant. Elle laissait dire et allait voir ailleurs en général. C'était un coup à s'attirer des problèmes qu'elle ne voulait pas.

" J'ai jamais dépassé les frontières de Cerf, ou sans m'en rendre compte. Tu as vu autre chose ou tu restes par là aussi ? "
Ils auraient pu se croiser mille fois sûrement, mais il avait fallu que la première fois soit dans cette forêt, autour d'une biche, pris dans un horrible souvenir. Non, elle n'arrivait pas encore à s'en défaire parfaitement. Peut-être était-ce parce qu'elle se trouvait quelques pas derrière le chasseur et qu'elle voyait encore la face de l'animal, comme si celui-ci la regardait ? En quelques enjambées, elle vint se placer aux côtés d'Adroit, vers la croupe de la biche.
" Elle a l'air de peser son poids. Si t'as besoin de décharger tes épaules, les miennes sont résistantes. "
En réalité, elle ne l'avait jamais fait de porter un bestiau pareil, mais passer sa vie dehors dans les activités les plus physiques qui soient, ça vous forge une femme aussi bien qu'un homme. Le grand cervien refuserait probablement mais au moins s'était-elle proposée.

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Sam 4 Aoû - 13:33
Adroit
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Un bon lit et un bon repas, c’était au moins ça, pensa le chasseur lorsque la femme le rassura sur la qualité de l’hébergement qui était fourni. Leurs hôtes avaient, après tout, une réputation à tenir et ceux qui jouissaient du gîte et du couvert gratuitement n’étaient pas bien différents des clients habituels en ceci qu’ils n’hésiteraient pas non plus à critiquer ouvertement pour un service de piètre qualité. Adroit n’était pas non plus quelqu’un d’exigeant. Du moment qu’il avait des draps qui n’empestaient pas la sueur du voyageur qui l’avait précédé et qu’il avait un repas un tantinet décent, cela suffisait à son bonheur.

Le jeune homme continuait son chemin, Lune à sa suite et qui entamait gentiment la conversation pour leur passer le temps jusqu’à l’auberge. Elle se plaça à ses côtés, proposant alors son aide pour porter la biche qui, il fallait l’avouer, faisait bien son poids. Adroit s’apprêtait à répondre par la négative, prêt à arguer qu’il ne souhaitait pas la voir tourner de l’œil une nouvelle fois, avant de se raviser, les copeaux de bois parsemant ses cheveux se rappelant à son bon souvenir. En prenant un travail aussi physique récompensé par seulement quelques piécettes, Lune montrait qu’elle ne rechignait pas à faire un dur labeur et pourrait prendre mal d’être considérée comme moins forte ou capable qu’un homme. Le chasseur répondit alors à sa proposition par un mince sourire. « Je te ferais signe quand je serais fatigué, merci. »

Adroit contourna un chêne au tronc immense avant de devoir un peu se baisser pour contourner les branches bien basses d’un autre arbre. Lorsqu’ils avaient poursuivi les traces de leur proie avec son aigle, le terrain lui avait semblé bien plus praticable. Avec ce poids mort sur les épaules, sa progression était plus lente et enjamber les racines ou les branches mortes demandait un certain équilibre. Il vacilla par moment, gêné par le poids de la bête et la visibilité qui faiblissait peu à peu en même temps que le soleil était chassé par la nuit.

« Pour te répondre, non, je ne crois pas m’être déjà aventuré ailleurs qu’en Cerf. Pas eu l’occasion, ou l’envie. Pourtant, des belles histoires à propos de ce qu’il existe au-delà des frontières, ça en regorge dans les tavernes au Bourg mais ces gars-là ont tendance à ériger en légende un gros coup de veine alors, je fais attention à ce qu’ils racontent. » Suffisait de voir à quel point le nom du Grêlé suffisait à faire craindre le pire au plus solide des gaillards si on prétendait l’avoir aperçu dans les parages. Pour autant, il y avait malgré cela quelques descriptions qui avaient été faites de certains lieux et qui éveillaient la curiosité du chasseur.
« Et toi ? Pourquoi tu restes par-là ? Tu viens d’où d’ailleurs ? »
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Sam 4 Aoû - 14:49
Lune de Forge
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Le chasseur l'assura qu'il prenait en compte sa proposition et qu'il lui remettrait la bestiole quand il fatiguerait. Au ton qu'il employa, Lune comprit qu'il était sincère et même si l'occasion ne se présentait pas, il prenait son aide avec sérieux. Au moins, il ne s'arrêtait pas à son genre comme bien des hommes. Les clients des tavernes et auberges qu'elle fréquentait habituellement lorsqu'elle faisait le service étaient plus intéressés par autre chose que ses compétences. Pour leur grande désillusion.
Elle acquiesça silencieusement.

Le reste du monde. Oui, les gens en parlaient beaucoup. Son grand oncle marin fut celui qui la berça de ses contes fabuleux sur les monstres et légendes d'au delà les mers. Mais elle n'y croyait plus aujourd'hui. Elle avait grandi.
Adroit évoqua les tavernes du Bourg où les gens se vantent de mille aventures. Dans les établissements où elle avait travaillé, il en était question aussi mais elle n'y prêtait pas attention. Comme il disait, c'était plus probablement des anecdotes anodines que les badots transformaient en aventures merveilleuses.

" Par habitude... " répondit la blonde quand la question lui fut retournée. Elle aurait pu dire par commodité aussi. Son temps s'était organisé toujours suivant une même routine depuis sept ans.
" Chuis née sur la côte. J'y retourne pour les beaux jours. Et l'hiver, je vais là où il y a du travail. "
La côte cervienne... L'endroit où ils frappaient inévitablement dès que les vents leur étaient favorables pour prendre la mer. Ils y déposaient la mort et repartaient. Elle y allait pourtant à chaque fois et son intuition avait été payante, une fois. La cicatrice se mit à la gratter sous sa tunique de coton. A chaque fois qu'elle pensait à eux, elle se rappelait à elle, témoin éternel de la grâce d'Eda en sa faveur ce jour-là. La blonde arriva à se retenir d'y porter la main pour la toucher.

Si elle-même avançait assez facilement, malgré la luminosité déclinante, elle remarqua que c'était bien différent pour son compagnon de voyage. Le poids qu'il portait le déstabilisait lorsqu'il s'agissait de passer certains obstacles simples de la forêt. Elle retint une branche qui manqua de lui chatouiller de trop près le visage.
" Tu vas finir par t'en prendre une... Je sais faire des choses mais pas soigner un œil crevé... " constata la forgienne. " Si t'es sûr du chemin, guide-moi que je passe devant. Tu n'auras qu'à me suivre ; je tiendrais les branches qui gênent et ferais gaffe aux racines. "
Lune était une vraie gentille. Elle l'avait toujours été. La différence était qu’aujourd’hui, elle l'était pour des inconnus qui ne faisaient que passer dans sa vie, au lieu des personnes qui comptaient pour elle. Et ces inconnus, elle ne souhaitait pas qu'ils deviennent davantage... C'était effrayant de se dire qu'ils pourraient disparaître eux aussi... Elle avait fait des progrès au cours des derniers mois, prenant le pas sur sa crainte, pour se remettre à aider les autres. Plus naturellement. Plus maternellement. Plus comme la Lune d'avant.

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Lun 6 Aoû - 11:16
Adroit
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Lune resta un brin évasive sur ses origines ou ce qui guidait ses pas. Visiblement, elle n’avait pas très envie de s’étendre sur le sujet. Aussi, lorsque le chasseur se demanda ce qu’une telle femme pouvait faire seule, il se ravisa de formuler sa question à voix haute et continua quelques instant en silence. Porter ce poids mort était plus fatiguant qu’il ne l’avait imaginé. Adroit était un homme agile et plutôt endurant, mais il n’était pas très fort et la biche pesait son poids. Le terrain était aussi difficilement praticable et il glissait régulièrement, manquant parfois de se ramasser les quatre fers en l’air. Cela lui valait de rater un battement cardiaque par moment.

La remarque de la femme le fit sourire malgré l’effort. Elle proposa d’ouvrir le passage en repoussant les branches qui le gênerait et en lui indiquant lorsqu’un obstacle pourrait gêner sa progression. Il la remercia dans un souffle et lui indiqua quel chemin emprunter pour gagner l’auberge. Adroit la suivit, ses yeux s’égarant parfois là où ils ne devraient pas. En punition, Eda se décida à ne pas suffisamment prêter attention aux mises en garde de Lune et le chasseur posa le pied sur une racine où la mousse s’était accumulée pendant des années. Sa botte glissa aussitôt et il chuta lourdement, non sans heurter le tronc de l’épaule et l’épaisse racine lorsqu’il toucha le sol.

Adroit pesta intérieurement après lui pour son étourderie et se releva avec l’aide de la femme aux cheveux dorés. Il la remercia en s’époussetant sa tunique et ses chausses. Quelque part, un aigle glatit, amusé. Le chasseur tourna la tête soudainement, comme s’il avait entendu un bruit inquiétant, et foudroya du regard quelque chose au loin. Pourtant, si l’on observait dans la même direction, on ne discernait que les branches et les arbres de la forêt.

« Désolé, j’ai pas fait suffisamment attention à ce que tu disais… » Il se pencha alors pour ramasser le corps de l’animal abattu et se releva en grimaçant. Sa cuisse afficherait une belle couleur le lendemain ! Il avança d’un pas et, malgré ses efforts, ne put dissimuler qu’il boitait légèrement. Sa cheville allait bien, mais il ressentait une petite gêne au muscle de sa jambe. Il pinça les lèvres en se maudissant intérieurement et se voyait bien en peine de refuser l’aide de Lune alors qu’il avait promis de l’accepter un peu plus tôt. Adroit hocha la tête en l’aidant à la porter sur ses épaules et ouvrit à son tour le chemin, le panier au bras et en écartant les branches sur le passage de la femme. Il voyait déjà l’aubergiste lui lancer une pique en le voyant débarquer les rôles ainsi inversés. Mais le chasseur n’eut pas le temps de trop y penser, car l’auberge était toute près.
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Lun 6 Aoû - 16:48
Lune de Forge
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Suivant les indications du chasseur sur la direction à suivre, Lune le prévenait en retour des obstacles. Cela fonctionna un moment puis elle entendit un gros bruit derrière elle. Se retournant rapidement, elle constata qu'Adroit avait chuté et elle se rendit rapidement à son côté, pour l'aider à se relever.
" T'excuses pas. " répondit-elle en secouant la tête. " Tant que tu t'es rien cassé, c'est pas grave. "

Lorsqu'il se remit debout, le cervien accusa une douleur à la cuisse qui le fit boiter. Même si ce n'était rien de méchant, cela l'empêchait de se mouvoir convenablement, surtout avec une charge sur le dos. La jeune femme lui rappela qu'elle pouvait prendre la relève pour ramener la biche à l'auberge ; elle ne lui laissa d'ailleurs presque pas le choix. Il l'aida à la charger pour récupérer en retour le panier et la place de guide.

" Effectivement, elle est... lourde. " souffla-t-elle en ajustant la position de la bête.
Ne pouvant éviter de solliciter sa nuque, elle fit en sorte que le poids soit le plus équitablement réparti possible entre ses deux épaules. La biche devait bien faire au moins la moitié de son propre poids, si ce n'était pas les deux tiers. La forgienne n'avait jamais eu à porter quelque chose d'aussi lourd mais elle avait acquis les bons gestes pour éviter de se faire trop mal au dos. Ainsi chercha-t-elle à garder la tête la plus droite et haute possible pour ne pas se cambrer inutilement.

L'exercice fut cependant plus simple à mettre en pratique quand ils quittèrent enfin la forêt et ses branchages. Malgré l'aide qu'elle lui apportait alors, elle comprenait mieux que le jeune homme ait fini par se cogner et tomber. Le soleil n'apportait plus assez de lumière pour que les chemins sont praticables sans danger. Sortir du couvert des bois eut également l'avantage d'apporter un semblant d'air sur leurs visages.
Lune ne dit pas un mot durant le reste du trajet, toute à l'effort qu'elle produisait. Bien que morte, la biche lui tenait chaud et les muscles travaillaient doublement. Elle sentait les gouttes de sueur dégouliner lentement le long de sa colonne vertébrale comme jusqu'à son nombril. Heureusement qu'ils étaient en fin Brunissante... Ça aurait été intenable sinon. Elle se souvint néanmoins avec intérêt d'un petit cours d'eau qui serpentait à l'arrière de l'auberge. La bassine de la chambre ne suffirait pas à la décrasser après une journée comme celle-ci. Et tant pis s'il ne faisait pas assez chaud pour s'y baigner.

Constant, bien évidemment, sortit prestement lorsqu'il les aperçut. Il devait être à guetter par la fenêtre.
" La nuit est là. C'est dangereux de... Mais ? Que... ? " buggea-t-il finalement en réalisant que c'était son employée féminine qui se chargeait du transport de l'animal tué. Il l'avait trouvée très efficace pour le bois mais sa mâchoire sembla se décrocher quand il la vit faire descendre la biche de son dos avec presque de la facilité. Autant la soulever seule aurait été difficile, autant la redéposer fut aisé.

Lune s'étira et déclara sans se formaliser du regard qu'il posait sur elle.
" Je vous laisse... parler bestiole ou je sais quoi. Je vais me laver. "
Après un signe de tête à Adroit, elle monta d'abord jusqu'à sa petite chambre pour récupérer de quoi se changer puis ressortit, par la même porte arrière, en direction de la petite rivière voisine, ses affaires sous le bras, simplement guidée par une bougie.


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Mar 7 Aoû - 8:37
Adroit
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La femme s’en sortait plutôt bien compte tenu du poids mort que représentait le corps de la biche. Elle avait certes un peu moins vite mais son aide était la bienvenue car, même sans rien supporter sur les épaules, Adroit boitait légèrement. Ils arrivèrent peu après à l’auberge, accueillis par Constant, interloqué par la scène. Elle posa la bête et s’éclipsa aussitôt. Le chasseur la gratifia d’un signe de tête avant qu’elle ne disparaisse et il reporta son attention sur l’aubergiste qui s’était inquiété de les voir rentrer si tard. Le jeune homme fit claquer sa langue avant de répondre.

- Vous étiez si pressé d’avoir du gibier que je me suis mis en route à peine arrivé. Et si ça tombait du ciel, vous n’auriez pas besoin de moi.
- M’enfin, il fait presque nuit, et pourquoi Lune portait-elle la bête à votre place ?
- Elle voulait me montrer quelle femme forte vous avez employée ! se mit-il à rire. Il valait mieux plaisanter et mettre en avant qu’elle était l’égale d’un homme que de révéler qu’il avait bêtement glissé en la suivant.
- Allons, Constant, reprit-il en lui mettant une main sur l’épaule dans un geste un peu trop affectif qui avait pour but de le rassurer, demain, je me remettrais en chasse avant que le jour ne se lève, et nous l’aurons ta viande pour que tu tiennes tout l’hiver !
L’aubergiste lui lança un regard teinté d’inquiétude qui fut reçu par une expression plus sereine du chasseur. Il lui souriait en hochant la tête. Puis, il l’invita à rentrer pendant qu’il mettait à l’abri la biche des charognes qui viendraient la dévorer si elle gisait au dehors. Adroit envisagea un temps de la dépecer mais il était éreinté de son voyage et de la chasse qui s’était ensuivie. La luminosité baissait à mesure que la nuit tombait et l’idée de travailler la bête éclairé par de faibles bougies de l’enchantait guère. Il écouterait donc sa chasse le lendemain pour s’en occuper.

Le jeune homme monta dans la chambre qui lui avait été attribuée, le lit lui lançant un séduisant appel qu’il se força à ignorer. Il avança près de la bassine après avoir déposé son arc et son carquois et retira sa chemise, découvrant que le sang de l’animal avait laissé une mince rigole sur le tissu. Adroit fit une moue en jetant le vêtement sur son épaule et descendit pour gagner la rivière qu’il avait aperçue en arrivant le matin même. Sur la berge, il retira ses bottes et ses chausses et s’avança dans l’eau qui était fraîche mais revigorante. Le chasseur s’immergea totalement et se frotta le corps pour se débarrasser de la poussière, du sang et de la crasse qui s’était cumulée tout au long de la journée. Il se détendit quelques instant en se laissant flotter sur l’eau, le regard rivé sur l’immense drap sombre qu’était le ciel et dont la lueur d’une pleine lune éclairé les environs. Il laissa échapper un soupir, pensif, avant d’entreprendre de gagner la rive pour récupérer sa chemise et laver le sang dont elle était maculée. En sortant, il aperçut une silhouette et il lui sembla reconnaître Lune qui l’avait probablement imité. Son regard s’attarda un instant sur elle avant qu’il ne se ravise, de crainte d’être surpris.
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Mar 7 Aoû - 14:14
Lune de Forge
Forgienne en pleine reconstruction
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L'eau était effectivement fraîche, mais juste ce qu'il fallait. Elle quitta ses frusques sales qu'elle laissa à aérer sur la berge et s'y glissa avec satisfaction. Assise, de l'eau jusqu'aux épaules, laissant le faible courant caresser sa peau et y enlever les traces des efforts de la journée, Lune profitait d'abord simplement du calme de la nuit et de la solitude. Par la force des choses, elle était devenue sa principale compagne au fil des années. L'astre dont elle portait le nom était beau ce soir, arrivant à son zénith.
La demoiselle essayait de se vider la tête, de ne penser à rien. C'était difficile après une journée pareille... Inlassablement, elle revenait sur cet épisode avec la même sempiternelle question « pourquoi ». Pourquoi revivre ça ? Pourquoi un tel souvenir ? Pourquoi souffrir encore ? s'interrogeait-elle. Lasse d'elle-même, elle se laissa glisser, s'immergeant la tête aussi longtemps que son souffle le lui permit. Ainsi les yeux clos, elle eut l'impression de discerner Distrait qui lui souriait. Que son visage était apaisant. Quelques bulles remontèrent à la surface tandis qu'elle soupirait.

Lorsque la forgienne ressortit la tête de l'eau, elle entreprit de se laver à proprement parler. Elle avait encore de cette herbe moussante et se frotta énergiquement les cheveux avec pour les nettoyer efficacement. Lorsqu'elle eut fini, elle s'assit au bord de la rivière, gardant simplement les pieds dans l'eau et laissant l'air la sécher. Elle suivit du doigt, un instant songeuse, la cicatrice qui la démangeait plus tôt. La lame du pirate avait taillé de part en part dans sa chair, juste au dessus de la poitrine. Sans l'Art, elle serait morte... A chaque fois qu'elle prenait le temps de la regarder, elle s'en faisait la réflexion.
Puis Lune entreprit de tresser sa chevelure blonde, ce qui lui prenait toujours un peu de temps, car elle ne se contentait pas d'une seule grosse natte. Ça lui évitait qu'ils s'emmêlent et ils prendraient une belle ondulation lorsqu'elle les détacherait enfin.
" Tu les préférais comme ça... " pensa-t-elle avec un sourire pour la silhouette fantomatique de son cher et tendre de l'autre côté de la rivière.

La bougie qu'elle avait emmené s'éteignit, soufflée par un brin de vent. Frissonnant elle aussi à ce coup de vent soudain, elle se décida à s'habiller. Se penchant pour récupérer sa chemise propre, elle remarqua alors une silhouette qui n'avait, elle, rien de fantomatique.
Depuis combien de temps était-il là celui-là ? Avait-elle rêvé ou il avait regardé dans sa direction ?
Lune laissa échapper un petit rire. Si Distrait avait vraiment été là, il aurait été lui casser la figure pour avoir maté sa femme. Et pourtant c'était un tendre son homme. Elle n'avait que son fantôme désormais et son couteau pour se protéger. Pourtant, elle ne s'en saisit pas. Si Adroit tentait une approche, elle s'en servirait mais elle ne pensait pas que ça soit son genre. Il serait déjà venu la rejoindre s'il avait espéré en voir ou en avoir davantage. Lune aurait aussi pu s'énerver et lui dire d'aller voir ailleurs si elle y était. Pourtant elle n'en fit rien ; le mal était déjà fait et puis franchement, elle ne se trouvait pas belle depuis si longtemps qu'elle se demandait bien ce qu'il pouvait lui trouver.

La jeune femme passa sa tunique puis enfila la jupe par dessus, comme si de rien n'était, tournée vers la rivière, les yeux dans le lointain. Elle rattacha sa ceinture à sa taille, s'assurant de la bonne tenue du couteau qui s'y trouvait toujours. Ses cheveux toujours mouillés laissaient tomber de grosses gouttes sur son haut, alors elle les rabattit vers l'arrière et les essora une dernière fois.
A la suite de quoi, elle ramassa tout son bazar et entreprit de remonter à l'auberge.

" Tu devrais rentrer. Ils ne servent pas le repas jusqu'à tard. " lança-t-elle à Adroit sans le regarder.

Après avoir posé ses affaires dans sa chambre, mettant ses vêtements à laver sur le bord de la fenêtre, Lune redescendit pour souper. Il n'y avait qu'un couple de clients à part elle dans la salle. La femme de Constant lui amena rapidement une assiette creuse pleine d'une soupe épaisse où baignaient quelques bouts de lards et des champignons. Du bout de sa cuillère, la blonde touilla son repas, l'esprit ailleurs. Elle n'avait pas très faim finalement...


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Mer 8 Aoû - 14:38
Adroit
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Le jeune homme ne l’avait aperçue que furtivement, sans réellement la détailler du regard. Malgré cela, il se sentait un peu idiot de l’avoir surprise dans le plus simple appareil. Adroit s’était hâté de s’occuper de ses chausses pour que son esprit soit occupé par autre chose qu’une vision approximative ou la crainte d’avoir été remarqué. Il mit en vitesse ses chausses et ses bottes et fourra la chemise dans l’eau pour la rincer du sang qui y avait coulé. Lune passa non loin de lui quelques instants après, le maternant en lui conseillant de rentrer prestement pour ne pas rater le souper. L’image d’une mère le frappa même si ce n’était tout à fait ce qu’elle lui renvoyait depuis qu’il l’avait croisée ou même entrevue juste avant. Mais le chasseur préféra ne ignorer pas son avertissement, il avait une faim de loup.

Pour éviter de la recroiser trop rapidement, Adroit s’attarda un peu pour nettoyer sa chemise et une fois certain qu’il pourrait remonter tranquillement, il jeta le vêtement par-dessus son épaule avant d’aller l’accrocher sur l’une des cordes à linge qui était déjà décorée de quelques frusques. Il remonta et fouilla dans son sac pour y dénicher une autre chemise. Elle était enroulée avec d’autres vêtements et lorsqu’il la jaugea du regard, elle lui parut négligée. Si sur les routes, cela ne le dérangeait pas, là, au contact des gens, son apparence l’importait davantage. Mais comme il n’avait rien d’autre à se mettre, il se força à la revêtir avant de jeter son sac dans un coin de la pièce et de descendre se restaurer.

En bas, il n’y avait guère grand monde d’attablé à part Lune. La femme du tenancier le prit de vitesse pour gagner l’âtre où une grande marmite y faisait mijoter le repas. Elle s’empara d’un bol et s’aida d’une louche pour le remplir. Elle rompit un morceau de pain et lui fourra son repas dans chaque main. Du nez, elle désigna la Cervienne assise seule à une table et Adroit porta son attention sur elle. Elle semblait préoccupée, jouant avec sa cuiller comme un enfant qui refusait son repas. Pourtant, le fumé dégagé par la soupe lui semblait appétissant et, un peu plus tôt, elle avait vanté les mérites de leur hôte. Il n’y avait qu’un autre homme et une femme, bien occupés par leur conversation et qui, à l’écart, semblaient demander un peu d’intimité. S’il ne l’avait pas rencontrée le même jour et possiblement été à l’origine de ce qui la dérangeait, le chasseur n’aurait pas cherché à s’asseoir à ses côtés pour s’excuser.

Adroit s’installa face à elle, se faufilant comme un espion pour ne pas la déranger dans le flot de ses pensées. Lorsqu’elle daigna lui accorder un regard, il lui afficha une mine contrite et pinça ses fines lèvres, le regard un peu fuyant. « Tu n’as pas l’air dans ton assiette… Si c’est à cause de tout à l’heure, j’en suis désolé, Lune. Je pensai être seul… »

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Mer 8 Aoû - 18:22
Lune de Forge
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Lune était dans la lune, c'était le cas de le dire. Loin, très loin de s'intéresser à ce qu'elle avait dans son assiette, de faire attention à ce qu'il se passait dans la salle. Elle ne calcula qu'Adroit était assis en face d'elle que lorsqu'il lui adressa la parole.

" De quoi ? " Elle revint au moment présent et se repassant les paroles du chasseur en tête, elle put répondre : " Tu fais ce que tu veux de tes yeux, t'inquiètes. Je pensais juste à... rien. Un coup de fatigue. "
C'était vrai. Elle avait juste eu une phase d'absence, contrecoup de l'ensemble de la journée qu'elle venait de passer. Le bain dans l'eau froide n'avait peut-être pas été une si bonne idée finalement, ayant abaissé son rythme cardiaque en plus de la détendre.

Adroit s’inquiéta : "Comme tout à l'heure ? J'aurais pas dû te laisser porter cette biche. T'avais déjà travaillé toute la journée."

Secouant la tête, elle l'arrêta : " Non, c'est différent. "
Elle cessa de remuer sa soupe, mais la regarda encore quelques secondes avant de reprendre : " Si j'ai proposé, c'est que je me sentais de le faire. Je connais mes limites. C'est rien qu'une bonne nuit ne pourra arranger. "
Au moins la forgienne était sure de bien dormir cette nuit. Enfin, normalement... Si son esprit arrivait à remiser ce souvenir dans les tréfonds de son inconscient, à la place qui était le sien juste avant de remonter si brutalement à la surface.

"Ok, je t'embête pas plus alors. Mais tu devrais manger, t'as bien bossé aujourd'hui."

Cette remarque un brin paternaliste eut le mérite de lui tirer un sourire.
" Si t'es venu t'asseoir ici, c'est pas pour manger en silence, non ? "
Après tout, il aurait eu le loisir de s'asseoir n'importe où ailleurs s'il avait voulu dîner en paix. Donc autant faire la conversation. La jeune femme rebondit alors sur ce qu'il lui demandait plus tôt.
" Tu pensais vraiment que c'était à cause de la rivière que je faisais la tête ? "
Lune avait besoin de reprendre de l'énergie et parler la tiendrait en forme le temps d'avaler la soupe. Celle-ci sentait effectivement bon et lorsqu'elle la porta à sa bouche, elle put confirmer que le goût était à la hauteur de l'odeur. Il n'y avait pas besoin de faire compliqué pour faire bon.

" J'en sais rien, j'ai supposé, c'est tout. Je sais pas ce que t'as dans la tête."

" J'ai pourtant passé l'âge de la jouvencelle qui rougit à laisser voir un bout de peau. Encore que j'ai jamais été comme ça... "
Ah ça c'était sur. A Forge, les jeunes filles n'avaient pas vraiment la possibilité de faire leur difficile ; surtout celles qui s'étaient mises au travail assez jeunes comme elle. Les conditions de travail aux mines n'étaient pas les plus avantageuses pour rester belles et pimpantes tout au long d'une journée. Certaines de ses amies d'enfance, qui n'avaient pas suivi le même chemin qu'elle, avaient pu minauder quelques temps, jusqu'à qu'elles rencontrent elles aussi leur mari. Même si elle n'avait pas eu Distrait, ce genre d'enfantillages ne l'avait jamais attiré.

" C'est un accident. Ça arrive... T'en as vu d'autres de toute façon. "
Lune ne pouvait pas vraiment en dire autant. Un seul homme dans son lit depuis ses quinze ans. Et ce qu'elle avait vu des autres hommes était toujours parfaitement correct. Cela dit, elle s'en moquait aussi royalement. S'imaginer couchée avec un autre n'était même pas envisageable pour l'instant. Un jour peut-être...

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Jeu 16 Aoû - 8:35
Adroit
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"Dit comme ça..." Il haussa les épaules. Elle ne faisait pas grand cas d’avoir été aperçue dévêtue et plutôt que de s’y attarder davantage, Adroit préféra changer de sujet de conversation et en apprendre plus à propos d’elle. "Pourquoi tu arpentes le Duché ? T'as pas de mari ou d'enfants ?"
" Non. " Sa réponse était brute, sèche et directe. Son regard s’était assombri au même instant, indiquant à son interlocuteur que le sujet n’était probablement pas le meilleur qu’il pouvait choisir. Elle prit une respiration un peu plus longue que nécessaire avant de répondre au chasseur. " Et toi ? Tu viens du Bourg c'est ça ? Ta famille y vit encore ? "
Elle éludait le sujet et le jeune homme comprit qu’elle ne voulait pas discuter de ce pan de sa vie. Ca ne le regardait probablement pas mais s’il avait pu songer qu’elle refusait de discuter, elle lui retournait la question. Peut-être n’aimait-elle pas parler d’elle. " Ouais, c'est ça. Mon père est Grand Veneur au château. C'est pas demain qu'ils s'en iront. Et en attendant que moi je m'installe, je reste là-bas "

" Effectivement ! Il n'a pas de raison de bouger. Le roi aura toujours de besoin de lui. "
Un voile passa dans son regard quand elle enchaina : " C'est bien d'avoir un repère, un foyer. Une idée de ce qui pourrait te faire t'installer ? "

S’installer ? Adroit n’y avait pas vraiment songé. Ce n’était pas tout à fait à l’ordre du jour mais il prit un instant pour y réfléchir. Qu’est-ce qui pourrait le faire arrêter la chasse qu’il avait entreprise ? Lune, juste sous ses yeux, en était une représentante parfaite. Il hocha la tête. "Une femme?" Il l'a dévisagea alors un bref instant. Pour quelqu’un comme elle, probablement. Ou une fois sa chasse terminée, s’il y parvenait un jour. "Ou un endroit pour bâtir une maison, pas loin d'un terrain de chasse."

" L'amour c'est souvent ce qui nous motive à plein de choses... Je te le souhaite. "
" Un joli coin c'est bien aussi. "
continua-t-elle après avoir avalé deux gorgées de soupe. Adroit l’imita en portant la cuiller à ses lèvres. Lune avait raison, la femme de l’aubergiste cuisinait bien.

"Merci..." Il lui sourit, tant pour ses mots que parce qu'elle mangeait enfin quelque chose. "Malgré avoir grandi au Bourg, je n'ai pas eu trop l'occasion de côtoyer des femmes. Je ne suis pas certain de savoir m'y prendre.." Il mentait un peu à ce propos. En réalité, il avait grandi dans une forêt pour suivre la formation du Lignage. Il y avait eu quelques jeunes filles mais la découverte des plaisirs du corps et les amourettes n’étaient pas exactement une priorité lorsque l’on découvrait sa magie. L’idée était surtout de faire corps avec la nature, de se lier avec un compagnon, pas de séduire la donzelle. Adroit avait bien eu quelques aventures, mais il avait davantage s’agit d’exercer sa capacité à attirer que pour réellement s’enticher d’une demoiselle. Et lorsqu’il succombait, l’inverse était également vrai. Ce domaine n’était clairement pas une grande réussite.
"Je vais certainement devoir me contenter du joli coin," conclut-il avec un amusement feint.

" Elles mordent pas, tu sais. " essaya-t-elle de le rassurer. Le coude sur la table, Lune posa sa tête sur son poing pour réfléchir. " Et la plupart des femmes demandent pas la lune non plus : un garçon gentil qui la regarde comme la chose la plus précieuse au monde, qui la protège et prend soin d'elle, même quand yen a pas vraiment besoin. A moins que t'aimes mieux les caractères ou les plus expérimentées, c'est comme ça que les jeunes filles pensent. "
"Ah ouais ? Par expérimentées, t'entends plus vieille ? Comme toi ?" lâcha-t-il, les yeux rieurs posés sur la femme qui lui faisait face.
" Si j'avais 20 ans, ça se saurait. " répondit-elle. Pourtant, Adroit la détailla un instant du regard. Elle n’était pas vilaine. Il la trouvait même plutôt jolie cette femme avec ses longs cheveux d’or et son regard gris.
" Mais je t'enverrais chercher ton bonheur ailleurs tout pareil. "
"Oh je vois ! Je suis pas assez gentil !" dit-il, l'air faussement vexé.
" Ca doit être ça ! " répondit-elle en riant avant de reprendre son sérieux. " Ne te prends pas la tête. Reste comme tu es ; si elle ne t'aime pas comme ça, elle n'est pas pour toi. Et c'est la vieille que je suis qui te le dit. "

Adroit fit une moue et plissa les yeux. Avait-il vraiment l’air d’être préoccupé par le sujet ? Ca n’était pas le cas. " J'ai l'air d'être inquiet ?" Il souffla "Quand est-ce que la conversation est devenue si sérieuse ?!"
" Bonne question... Je dois bien être fatiguée. " La journée avait été riche en intensité. Elle avait travaillé le bois, lui terminé son voyage pour se mettre aussitôt au travail pour leur commanditaire. Ils méritaient tous deux leur bonne nuit de sommeil.

"Oui, moi aussi… Si tu n'as rien à ajouter sur le sujet pour me déprimer davantage, je crois bien que je vais monter me coucher !" fit-il poliment.

" Désolée, c'était pas le but. "
" Si je ne suis pas d'une bonne conversation... au moins, la soupe était bonne. "
Lune semblait penser qu’il avait mal pris l’une de ses remarques. Mais il ne s’agissait pas de cela, il lui proposait simplement une porte de sortie si elle préférait aller se coucher ou s’il l’importunait. Cela ne semblait pas être le cas et Adroit s’apprêtait à la rassurer à ce sujet.
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Jeu 16 Aoû - 12:19
Lune de Forge
Forgienne en pleine reconstruction
Lune de Forge
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Elle n'avait plus l'habitude. De parler pour parler, pour faire connaissance. Cela faisait si longtemps qu'elle ne s'y autorisait plus. Elle aurait peut-être dû s'abstenir. Maudite fatigue ! Maudites résolutions à faire des efforts ! Voilà ce qu'elle récoltait à s'essayer, alors qu'elle se sentait fatiguée. Rien de bon, bien évidemment. Lune s'attendait à repartir dans le silence, un silence gêné cette fois par sa faute.
Pourtant Adroit rebondit assez vite, la gratifiant d'un sourire sincère.
"Ne t'inquiètes pas, je plaisante. Et tu es de bonne compagnie, ne t'en fais pas, autant que la soupe l'était !"


" Bon je ne suis pas complètement irrécupérable alors..." sourit-elle en retour. Comme quoi, elle devrait se faire davantage confiance. Voilà une chose bien loin d'être acquise...
"Non ça va, y a des choses intéressantes encore !" lança-t-il, amusé. Parler semblait facile avec un interlocuteur comme Adroit, qui lui laissait donc une autre chance. La forgienne saisit l'occasion pour orienter la conversation sur tout autre chose, un sujet certes sérieux mais moins... personnel quand même.

" En parlant de choses intéressantes. Qu'est ce que tu aimes dans la chasse ? Y'a la tradition de la famille mais tu dois aussi aimer ça sinon tu pourrais pas continuer... Tu as un animal que tu préfères chasser ? "

Le jeune homme répondit, entre deux cuillères de soupe : "La traque, trouver, suivre les traces jusqu'à son gibier. L'abattre est moins... Ça m'intéresse moins, même si c'est le but de la chasse. Il faut bien manger, après tout. Je n'ai pas vraiment de préférences, honnêtement." Peut-être était-il surpris de sa question, ou du moins repensait-il à sa réaction avec la biche. Aussi demanda-t-il :  "Tu n'aimes pas toi, c'est ça ?"

" Non, je n'y connais simplement rien... Enlever une vie... n'est pas..."
Lune chercha son mot. Elle savait bien de quoi elle parlait et pourtant, elle ne devait pas le montrer. Par deux fois, un homme était mort de sa main. Si tant est qu'on puisse dire d'un forgisé qu'il était un homme.
"... anodin."
Oui voilà peut-être le terme le plus juste et le plus large possible. Il n'y avait rien d'anodin à prendre une vie ; au contraire, cela changeait inévitablement celui qui  accomplissait l'acte. Qu'il se sente alors tout puissant, ou que cela le détruise de l'intérieur, cela avait des répercutions.
"Pour un animal ça doit être pareil. C'est peut être pour ça que ça t'intéresse moins ? "

Il laissa échapper un soupir car elle semblait comprendre, sans savoir pourtant qu'il avait le Vif. Ils avaient chacun leur expérience de la vie et pourtant, quelque chose les reliait sur cette question-là sans qu'ils ne puissent l'expliquer à l'autre.
"Oui... mais, il faut bien manger et si je ne faisais pas mon travail, tu mourrais de faim ! Déjà que tu ne manges pas beaucoup !" dit-il en ponctuant sa phrase d'un clin d’œil. Il était vrai que le contenu de son assiette diminuait moins rapidement que celle de son vis-à-vis. La pomme qu'elle avait mangé tout à l'heure n'était pas la seule responsable de son manque d'appétit.

" J'ai toujours été comme ça. Puis, tu sais... J'ai mangé plus de viande depuis que j'erre dans Cerf que dans toute mon enfance... "
C'était un fait. La viande n'était pas au menu quotidiennement à Forge. Davantage le poisson, car il se trouvait à portée, et que de fait, il était moins cher.

"Tu as eu une enfance difficile ?"
Lune fut surprise de cette question. Puis elle se rappela qu'il lui avait dit qu'il venait du Bourg. Son père était Grand Veneur du roi ; sa famille ne devait pas être dans le besoin. Ils n'avaient pas eu la même vie.
" J'ai connu que la mienne donc je pourrais pas dire si elle était difficile. J'étais heureuse même si j'ai travaillé dès mes huit ans. J'avais des parents aimants, plein d'amis et... "
Son regard se fit soudainement triste. Elle ne pouvait finir cette phrase... « Elle avait... »C'était bien là tout le soucis. Elle mit une cuillère de soupe en bouche pour se laisser un peu de temps. Elle ne terminerait pas cette phrase.

Alors puisqu'ils parlaient d'enfance juste un instant plus tôt, la blonde changea de sujet, ou plutôt le détourna d'elle.
" Tu as des frères ou des sœurs ? J'aurais bien aimé en avoir moi. "
Sa mère avait eu d'autres enfants avant elle mais aucun n'avait survécu sinon à la naissance, au mieux à sa première année. Ceux qu'elle porta par la suite n'eurent pas plus de chance. Lune resta donc fille unique.
"J'ai deux frères, plus grands que moi. C'était pas facile d'être le dernier, surtout qu'on a quelques années d'écart alors qu'eux deux n'ont qu'un an. Forcément, j'étais trop jeune la plupart du temps pour faire ce qu'ils faisaient. Ça m'a valu quelques belles frayeurs à les suivre partout !" fit-il en souriant sans pour autant regretter cette partie de son existence.


" J'imagine très bien. Quand on est petit, on veut toujours faire comme les grands. " commença-t-elle, s'imaginant sans peine le petit dernier suivre ses aînés, comme les plus jeunes forgiens cherchaient toujours à copier les plus grands.
Elle ne put mener plus loin sa réflexion. Voyant par dessus l'épaule d'Adroir, elle se rendit soudain compte d'un étrange manège entre Constant et sa femme. Ceux-ci parlaient à voix basse, lançant dans leur direction des regards qu'ils voulaient probablement discrets et souriant bêtement.
" Pourquoi ils nous regardent comme ça eux ?"

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Mar 21 Aoû - 11:11
Adroit
Chasseur révolté
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Le chasseur se tourna dans leur direction pour les voir légèrement sursauter alors qu’ils avaient été surpris avant de  reprendre leurs activités, toujours un sourire espiègle sur le visage. Adroit haussa alors les épaules. "Je ne sais pas, il s'imagine peut-être que nous n'aurons pas froid cette nuit. Ou alors... tu leur as pas dit pourquoi tu es arrivée avec la biche ? Parce que je n'ai pas dit à Constant comment je m'étais ridiculisé !" s’inquiéta-t-il un instant de passer pour un étourdit alors qu’il était déjà assez gêné de s’être casser la figure à cause d’un instant d’inattention… ou d’attention mal placée !


" Promis, j'ai rien dit moi. Ca restera entre nous. " répondit-elle en secouant la tête pour le rassurer. " Faudrait p'être qu'il s'occupe des fesses de sa femme avant de s'intéresser à celles des autres. Enfin... " Elle soupira. Le chasseur répondit par un petit rire en lançant un regard à la femme de Constant. Il reporta alors son attention à la blonde et haussa un sourcil en faisant mine de la jauger un instant même s’il ne voyait rien. Il était évident que certaines fesses étaient plus intéressantes que d’autres.

"Il a 4 clients. Et encore, 2 qu'il paye pour travailler. Niveau ragot, il a pas grand-chose à se mettre sous la dent, si tu veux mon avis !" Elle avait l'air atterré malgré tout. "C'est si gênant, ce qu'il peut s'imaginer ?" demanda-t-il simplement. Peut-être était-elle gênée que l’on puisse l’imaginer dans ses bras.

" Oh non, non ! Il peut imaginer tout ce qu'il veut. Il peut même en faire de beaux rêves si ça lui dit... Encore que j'imagine que ça lui ferait bizarre si c'était toi qui couchais avec moi dans son rêve à lui... " Ca lui tirerait presque un sourire d'imaginer la déception du bonhomme. Puis une moue déçue se dessina sur ses lèvres. "J'ai juste du mal à comprendre que les gens pensent forcement au sexe quand ils voient un homme et une femme parler ensemble. C'est tout. C'est réducteur. " Il comprenait sa réflexion mais, grâce à son lien avec Griffes, il voyait les associations entre les êtres vivants d’une façon différente. Les animaux de sexe opposé restent ensembles pour l’accouplement, pour perpétuer l’espèce. Si ça n’est pas le cas, c’est parce que l’un des deux y trouvent un intérêt, qu’il s’agisse de protection ou de partage de nourriture qu’il s’agisse d’un couple ou d’un plus grand nombre d’individus. Il y a constamment un intérêt pour les différentes parties. Pour les Hommes, il n’y en a parfois aucun pour justifier qu’un homme et une femme se côtoient. Alors on en revient aux bas instincts, comme la reproduction. C’était ce qu’il avait compris de son échange avec Griffes. Aussi, les petits espoirs d’un aubergiste libidineux d’une nuit agitée entre Lune et lui ne l’étonnaient guère. Enfin, c’était le point de vue des mâles qu’il avait. Les femmes pensaient certainement différemment.

"Parce que les hommes ont du mal à parler à une belle femme sans penser au sexe, c'est tout. C'est comme ça. Comme le soleil qui se lève tous les jours. Ca n'est réducteur que si tu t'y attardes ou si tu y attaches de l'importance." Il se redressa et la toisa un instant du regard. "Tu devrais plutôt être flattée, si tu veux mon avis." Et c’était vrai. Lune était une très belle femme. Simple, mais très belle.

Reposant sa tête sur sa main, les yeux bleus gris de la femme soutinrent le regard d'Adroit : " Du coup, tu m'avoues y avoir pensé aussi ? "

Le regard perçant de Lune le mettait légèrement mal à l'aise et il se tortillait sur le banc avant de lui répondre. "Tu es une belle femme, Lune," lui avoua-t-il, avec ce que cela sous-entendait. Il marqua une pause, comme si le temps s'était arrêté après ses paroles. "Mais te mettre dans mon lit n'est pas ce qui me pousse à te parler." Il la trouvait intéressante et c’était probablement la plus longue conversation qu’il ait pu avoir avec une femme. Elle éveillait sa curiosité à conserver ce voile de mystère sur son passé et, s’il respectait qu’elle ne le partage pas avec lui, il se demandait ce qui avait pu faire d’elle la femme solitaire qu’elle était désormais.
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Mar 21 Aoû - 12:12
Lune de Forge
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Lune de Forge
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Voilà que la conversation avait pris un tournant imprévu. Il y avait une éternité qu'elle n'avait pas abordé ce genre de sujet. Il y avait bien eu Capuche sur la plage, l'hiver passé, mais elle avait été si cinglante dès le départ qu'elle n'avait pas su s'il envisageait vraiment de coucher avec elle ou si c'était le fruit de l'imagination débordante de la pirate rousse. Bon, à sa décharge, le gars n'avait cherché qu'après elle toute la soirée et l'invitait ensuite à une sorte de rendez-vous en bord de mer. Ça pouvait porter à confusion. Au moins était-elle fixée plus clairement avec Adroit.

" Tu m'en vois ravie. "
Lune sourit avec sincérité. Elle ressentit pourtant le besoin d'ajouter une précision, pour dissiper tout éventuel malentendu. " Tu es très charmant mais tu aurais été déçu car ce n'est pas à mon ordre du jour, ni avec toi, ni avec personne... "

Le chasseur sembla accueillir le sourire avec joie. Ils étaient rares alors que son visage semblait s'illuminer quand ses lèvres s'étiraient. "Tu me feras signe lorsque ça y sera, à ton ordre du jour."

En elle-même, la réplique était concasse et elle l'amusa même plutôt. C'était une manière élégante de dire qu'il tenterait bien sa chance si l'occasion se présentait. Pourtant, la jeune femme lui répondit rapidement avec un air triste : " T'as plus de chance de trouver ton bonheur avant... "
Elle marqua une pause, le temps d'avaler une gorgée d'eau.
"Que tu es pessimiste !" l'entendit-elle répondre avec un sourire comme pour l'aider à chasser ce voile triste de son visage. Elle se sentait plutôt réaliste, mais ne savait effectivement pas de quoi demain serait fait. Elle pensait bien ne plus jamais pouvoir s'attacher à quelqu'un et elle envisageait pourtant de rejoindre Noor et son équipage pour se laisser une seconde chance. Même si l'idée ne commençait que doucement à mûrir dans son esprit, elle avait au moins le mérite d'être là. Alors peut-être... Oh par Eda qu'il était dur de s'imaginer dans les bras d'un autre !
Elle salua l'initiative d'un hochement de tête et rajouta, plus jovialement :
" En tout cas, merci pour le compliment... J'ai plutôt droit à des mains aux fesses d'ordinaire. C'est moins délicat. "

Adroit réprima alors un rire.
"Effectivement, c'est moins raffiné. Mais certains sont limités alors, ils s'accrochent à ce qui est à leur portée."

Elle en avait malheureusement rencontré, trop à son goût, de ces gros lourds qui avaient la fâcheuse tendance de se croire tout permis, sitôt qu'un jupon passait à proximité. Ils confondaient souvent serveuse et fille facile, même s'il était vrai que certaines cumulaient les deux offices sans se poser trop de questions.
" Oui, limités, c'est un peu l'idée... Puis ils rencontrent très vite une autre partie de moi qui les séduit beaucoup moins. Un genou ou un poing suivant l'inspiration du moment. Bizarrement, ils m'aiment moins à ce moment-là. "

"Vraiment ? Ils ne savent pas t'apprécier à ta juste valeur ! " lâcha-t-il après l'expression d'une surprise amusée.

" Ah tu es d'accord toi aussi ? " ironisa-t-elle également." Et on ose dire que je suis difficile pour mes moyens ! "
Ce qu'elle était véritablement mais c'était particulier, rappelons-le. Lune préféra ne pas épiloguer trop longtemps là-dessus et le fit savoir : " Assez parlé de mes déboires sentimentaux ! Parle-moi de toi un peu ! Je suis curieuse maintenant. "

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Mar 9 Oct - 10:29
Adroit
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Malgré la légèreté de l’échange et l’absence de sérieux d’Adroit, son vis-à-vis restait évasive et ne s’ouvrait que par bribes, et sans jamais qu’il ne s’agisse d’une réalité trop éloignée de l’instant présent. Lune semblait se satisfaire de la solitude et souvent, ce masque impassible qu’arboraient ceux qui étaient dans le même –en particulier les femmes, attirait les lourdauds qui n’y voyaient qu’une personne un peu coincée qu’ils dérideraient volontiers. Et généralement, leur préférence allait à l’intimité d’une couche, ou d’un lit de paille pour les plus romantiques d’entre eux. Pas étonnant que malgré le comique du répondant de la femme aux cheveux d’or, elle ne souhaita pas s’appesantir davantage sur ce genre d’expérience. D’ailleurs, elle reporta la discussion sur le chasseur, qui en pinça les lèvres. Comme elle, parler de soi n'était pas son sujet de prédilection. Il termina son bol d'une gorgée et le reposa sur la table.

"Qu'est-ce que tu veux savoir ?" lâcha-t-il avec l’absence d’entrain.
" Tu me disais avoir vécu des aventures avec tes grands frères. C'est quoi ton meilleur souvenir avec eux ? "

La question qui survint le prit au dépourvu. Le jeune homme ne s’était pas attendu à ce qu’elle lui demande quelque chose d’aussi personnel. Il s’agissait pourtant de quelque chose de léger, d’heureux même. Mais pourtant, c’était à propos d’un temps qui lui semblait si loin qu’il s’aperçut qu’il lui manquait affreusement. Jamais plus il n’avait été aussi proche de ses frères, ni aussi innocent. La dure réalité du temps avait fait son office en les contraignant à grandir et à découvrir la triste fatalité qu’était le vaste monde qu’il ne pensait pas être plus grand que les collines entourant le bourg et le château. Adroit réfléchit alors un instant avant de répondre. Même s’l n'y avait pas que des souvenirs heureux en leur compagnie, ils s’aimaient. Cadet et plus jeune qu'eux, il était régulièrement mis à l'écart et rares étaient les fois où ils prenaient sa défense, la faute à la pression du groupe qui voyait d’un mauvais œil un petit garnement trop court sur pattes pour fuir après avoir fait un mauvais coup. Mais il y avait bien quelques belles journées où ils étaient tous unis. "Des fois, sur la grève, on jouait à la bagarre, pour savoir qui était le plus grand guerrier. Même les filles voulaient le titre et certaines y allaient de bon cœur." Il sourit à la femme en l'imaginant donner des coups. "Tu aurais eu tes chances, je pense ! Tout le monde voulait toujours tomber contre moi et je finissais régulièrement en pleurs. Mais à chaque fois, ils me défendaient et me vengeaient avant de venir me consoler. Ils m'expliquaient que je n'étais pas fait pour la bagarre. Ils m'appelaient petit oiseau et ils disaient qu'ils m'apprendraient à voler pour que les coups ne puissent pas m'atteindre." Un mince sourire s'afficha sur ses lèvres et la nostalgie de ces moments perçait dans son regard. Ils avaient tous bien grandi, rattrapés par le monde réel et ses problèmes. Adroit renifla brièvement au souvenir de ces mots. Ils n’avaient pas pu voir plus juste. Au loin, un oiseau de proie déploya ses ailes et s’envola de sa branche malgré la nuit. Nous volons, murmura-t-il à son compagnon en lui projetant les images des ombres d’une forêt et de versants seulement discernables grâce à la clarté de la lune et à un regard aussi perçant qu’une flèche.


" Je suis nulle pour me battre. Je sais juste taper par surprise. " répondit-elle rapidement avant de le laisser finir son histoire et le tirer de la mince pensée envoyée par Griffes. " C'est en tombant qu'on se relève. C'est en prenant des coups qu'on devient plus fort... Paraît-il. Enfin, tu voles de tes propres ailes maintenant. Ils n'ont pas eu tort, tu vois. Que font-ils eux aujourd'hui ? Ils chassent aussi ? "


Le jeune homme lui répondit par un timide sourire. Elle n'avait pas tort. Eux non plus, en définitive. Mais le monde d'aujourd'hui était bien plus sombre que ses yeux d'enfants ne le voyaient alors. "Veneur doit prendre la suite de notre père, quand il aura estimé avoir fait son temps au service du Roi pour guider sa chasse. Quant à Flèche, il est dans l'armée du Roi, c'est un excellent archer." Le chasseur s'aperçut, en disant tout haut ce que ses frères étaient devenus ou destinés à être, qu'il était le seul de la fratrie à avoir une vie banale, loin des guerres et des intrigues de la cour. Enfin, s'il ne s'était pas mis en chasse d'un gibier bien particulier.
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Mar 9 Oct - 22:37
Lune de Forge
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Ce qui paraissait être un sujet banal prenait une fois de plus une dimension plus sérieuse qu'ils ne l'auraient voulu tous les deux. Le souvenir qu'il choisit d'évoquer n'était pas le plus glorieux, ni le plus heureux. Il restait cependant celui où il avait eu un véritable témoignage de l'affection de ses aînés pour lui. Aujourd'hui, il lui semblait que l'homme assis en face d'elle avait bien grandi entouré de cet amour fraternel. La famille était importante pour se construire ; les autres qu'ils soient du même sang ou amis du cœur apportaient leur bienveillance, leurs attentions et leurs expériences à l'enfant qui grandissait.

Lune s'était naturellement intéressée à ce que faisaient ses frères désormais. Ainsi, ils avaient tous deux une carrière, un avenir tout tracé alors que le petit dernier qu'était Adroit se cherchait encore. Bien qu'il possède lui aussi un bagage intéressant, il s'interrogeait sur l'endroit où il le poserait pour vivre sa vie. Il n'était destiné à rien de précis, à prendre aucune relève, à ne prendre aucune part dans l'histoire des Duchés.
C'était néanmoins une chose parfaitement normale que de se poser la question de sa place en ce monde. Lune elle-même se l'était posée bien des fois depuis que Forge avait été détruite. Mais encombrée par ses fantômes, elle n'avait jusqu'alors pas eu la réponse. Ou du moins, ne la comprenait-elle pas encore... ou ne le voulait-elle pas.

" Profite de la liberté d'oiseau alors ! " répondit-elle rapidement en le voyant ainsi soudainement perplexe. Pour étayer son propos, la jeune femme commença : " Je pensais avoir ma voie toute tracée moi aussi "
Une ville, une maison, un métier prévu depuis l'enfance, un mari aimant et l'avenir devant eux.
" Et quand elle s'est brisée, je me suis retrouvée..."
… vide, brisée, esseulée, déboussolée, perdue, seule, épuisée, folle, éplorée, anéantie... Il y avait trop de mots qui pourraient convenir et combien d'autres qu'elle ne connaissait pas... ou auxquels elle ne pensa pas immédiatement. Alors sa voix s'était enrouée d'un coup, faisant mourir l'idée de terminer un jour cette phrase trop douloureuse.
Son monde s'était effondré ; la terre aurait pu s'ouvrir sous ses pieds qu'elle n'aurait pas été plus ensevelie par le désespoir. La forgienne n'avait jamais eu à réfléchir sur sa vie ; son chemin était tout prêt, tracé droit devant elle depuis sa naissance et les écueils qu'elle avait connu jadis n'étaient que des taupinières face au ravin dans lequel elle se trouva après ce jour d'enfer. Elle ne se voyait plus que comme une âme errante qui pleurait sa vie passée, son amour disparu ; un fantôme, une illusion et une meurtrière. Elle était là, dans ce monde, sans l'être vraiment. Torturée par la peur, la vengeance et les ténèbres silencieuses de tout jugement. Bien des jours sombres avant qu'enfin, elle perçoive le soleil au dessus de sa tête.

" Tu as eu la chance d'avoir le choix de ta vie. C'est pas donné à grand monde. "
Malgré le tumulte qu'elle ressentait en son cœur, après tant de pensées amères et de souvenirs douloureux, Lune souriait doucement ; elle était sincèrement heureuse pour le chasseur. Heureuse de la chance qui lui était donné de se construire la vie qu'il souhaitait. Elle qui peinait tant à se relever... n'avait jamais rien souhaité de plus que le bonheur aux autres.

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